1. Qu’est-ce que le “Villains Month” ?

2. Succès Commercial ?

3. Le Villains Month, ça racontait quoi ?

4. La Sélection Top/Flop de la rédaction

5. (Re)Découvrez nos avis

6. Publication du Villain Month en France


3. Le Villains Month, ça racontait quoi ?

 

Lorsque le Villains Month avait été annoncé, on nous avait dit que chaque série serait momentanément interrompue pour être remplacée par un numéro qui se concentrerait sur un super-vilain du DC Universe. Mais sans plus de précisions. Du coup, beaucoup s’attendaient à voir débarquer des numéros de nouvelles origin stories – ce qui était assez problématique pour certains méchants dont les origines avaient déjà été explorées auparavant dans les New 52 -, ou bien des numéros se consacrant aux événements de Forever Evil (le Villains Month arrivant au début de l’event, juste après Trinity War), ou bien encore autre chose ? La réponse est facile, puisque nous avons eu droit à un peu de tout ça. En lisant en effet la totalité de ces pseudo one-shots, on se rend compte qu’on peut grossièrement les classer dans trois catégories que je vais vous présenter. Avant toute chose, je précise que ce classement pourra vous paraître arbitraire, et il faut savoir que chaque numéro n’est pas à 100% composé d’un seul élément narratif. C’est-à-dire qu’un numéro peut raconter les origines d’un vilain, tout en faisant le lien avec Forever Evil. Mais j’ai effectué ce classement en fonction de la part qui prédominait très clairement l’ensemble des 20 pages de chaque numéro. J’aimerais ajouter que j’ai essayé de présenter les numéros tout en n’en racontant le moins possible, mais le lecteur avisé de ce dossier fera bien attention aux légers spoilers qui peuvent ce trouver ça et là. Ceci étant pris en compte, ne perdons plus de temps et voyons ce que le Villains Month avait à nous proposer !!

a. Tell me a story, an origin story.

L’un des buts du Villains Month était de présenter les origines façon New 52 d’un grand nombre de figures sombres du DC Universe. Un pari plutôt osé puisque les origines des vilains ont déjà été racontées, qui plus est par de talentueux auteurs (on ne citera qu’Alan Moore pour le Joker) et le risque de faire un faux pas est grand. En effet, il fallait pour chacun essayer de faire quelque chose de “nouveau” (la partie “New” des New 52) sans pour autant dénaturer les caractéristiques fondamentales du personnage traité, et ne pas se contenter également de faire un simple copié-collé de ce qui avait déjà été écrit auparavant, mais avec des dessins différents.

À ce petit jeu, tout le monde ne s’est pas posé au même niveau. Si on en revient à Joker que j’ai cité auparavant, il va sans dire qu’un tel vilain avait des origines déjà contées, et on peut se demander si un tel personnage avait réellement besoin d’origines. C’est la question à laquelle Andy Kubert a voulu donner réponse dans un Batman #23.1 : Joker unanimement décrié par la critique, avec un Joker dont on voit l’enfance douloureuse – dont on ne voulait pas voir l’enfance en fait, alors que d’un autre côté il s’occupe d’élever un singe qu’il appellera Jackanapes. On peut d’ailleurs se demander, par rapport à ce numéro, si ce Joker fait réellement partie de la continuité New 52 telle qu’on l’entend puisque Jackanapes sera à nouveau présent dans Damian : Son of Batman qui est censé présenter un futur alternatif. Aurions-nous eu donc droit à des origines “alternatives” ? Ce serait en tout cas une bonne excuse pour les responsables chez DC qui souhaiteraient désavouer le travail réalisé sur ce numéro.

darkseid

Dans un tout autre genre, c’est Greg Pak, qui avait alors récemment intégré DC Comics, qui se démarque en livrant les origines de Darkseid dans Justice League #23.1 ainsi qu’à Zod dans Action Comics #23.2, ce dernier n’étant pas encore apparu à ce moment dans les New 52. Plus qu’un récit d’origines, ce dernier permet de présenter un personnage qui sera ensuite ré-utilisé dans la série Superman/Wonder Woman qui doit sortir le mois suivant. Là où le numéro sur Darkseid marque également des points c’est qu’il permet de relier de façon intelligente des événements survenus dans les séries Justice League et Earth 2. Et si vous lisez cette dernière maintenant et que vous vous replongez dans le numéro, vous vous rendrez compte que la venue d’un personnage maintenant très important nous était déjà annoncée à ce moment là… Mais ce n’est pas sur ce seul numéro que le procédé a été utilisé : en effet dans Justice League Dark #23.2 : Eclipso, si l’avènement du super-vilain est raconté, on nous propose sur une double-page de contempler des extraits issues des autres séries de l’univers Dark, comme Sword of Sorcery ou Demon Knights (et même Grifter), une façon plus ou moins subtile, note de l’éditeur à l’appui, de faire découvrir des séries alors sur le déclin et qui auraient bien besoin d’un coup de pouce pour trouver leur lectorat en format TPB.

ocean master

Certains personnages ont connu plusieurs incarnations avant les New 52. C’est par exemple le cas de Killer Frost, qui avait même été déjà présentée dans la série Firestorm à ses débuts. C’était alors Loren Frontier qui était supposée avoir le titre, mais Sterling Gates décide de ne pas en tenir compte et raconte l’histoire de Caitlin Snow (un choix de nom subtil), une scientifique dans l’âme qui se heurte aux manigances du H.I.V.E. Nous avons par ailleurs ici un excellent exemple du numéro qui démarre par le récit d’origines pour se conclure avec les événements de Forever Evil, nous laissant apercevoir un avenir pour l’utilisation du personnage. Ce qui est par exemple également le cas pour Shadow Thief qui bénéficie d’une nouvelle identité, féminine cette-fois, et que nous reverrons par la suite dans la mini-série Forever Evil : A.R.GU.S. Dans Earth 2 #15.2 c’est Solomon Grundy (et donc, pas la version Bat-vilain qu’on connaît, mais le représentant du Rot d’Earth 2) qui a également droit à son propre récit, aux origines particulièrement sordides – âmes sensibles s’abstenir. En même temps c’est souvent le cas lorsqu’on s’intéresse au Rot. En revanche, ici nous ne serons pas invités à poursuivre la lecture dans des événements à suivre mais plutôt à nous replonger dans les premiers numéros de la série Earth 2. Autre personnage “nouveau”, c’est The Ventriloquist (Batman : The Dark Knight #23.1) qui dans les New 52 passe aussi du côté de la barrière féminine ; et ici, c’est à la série Batgirl que le numéro renvoie les lecteurs. Enfin, Green Lantern #23.1 présente le nouveau méchant Relic, un scientifique cosmique qui cherche à élucider le mystère du spectre des couleurs ; le numéro fait l’originalité de ne proposer que des pages pleines et permettra également à son auteur Robert Venditti de poser l’introduction de son prochain crossover Lights Out.

doomsday

Certains numéros ont beau paraître sous la bannière “Justice League” ou “Batman” (et ses trois autres itérations), ils sont les plus ou moins fiers représentants d’une autre série publiée par DC, et servent finalement de faire-valoir pour les dites séries. Prenons comme exemple Justice League Dark #23.1 : Creeper qui renvoie directement à la série Katana (alors elle aussi bien mal en point) ou Batman : The Dark Knight #23. 4 : The Joker’s Daughter qui va elle vers la série Catwoman. Vous voyez le point commun ? Oui, il s’agit bien des deux séries chapeautées par la terrible Ann Nocenti. On se demande dans quelle mesure ces numéros ont réussi à attirer l’intérêt du lecteur pour ses séries, sachant que Joker’s Daughter est en plus un numéro qui est parti très vite, puisqu’il permettait l’introduction toute nouvelle du personnage dans les New 52, alors que qualitativement, il se dispute la palme du pire numéro du mois… De même, Harley Quinn était publié sous la bannière Detective Comics alors que le numéro constituait une pré-introduction à sa future série publiée deux mois après.  Action Comics #23.1 : Cyborg Superman était complètement rattaché à la série Supergirl et offrait d’ailleurs aux lecteurs la révélation de la réelle identité du super-vilain ! Les autres numéros rattachés à la Super Family présents dans cette catégorie étaient en soi plus “classiques” : BrainiacParasite – ce dernier pouvant vraiment se lire tout seul-, ou encore Metallo même si ce dernier, comme d’autres, fait le lien dans ses dernières pages avec l’avènement des vilains qu’on observe dans Forever Evil.

zod

L’une des plus grosses surprises de ce mois spécial aura été Justice League #23.2 : Lobo. Car encore plus fort que de proposer de nouvelles origines New 52, ici on nous aura proposé un nouveau personnage, avec explications comme quoi le Lobo qui était présent dans la série Stormwatch ou Deathstroke n’était en fait qu’un imposteur. On se demande encore qui a eu cette idée qui n’aura eu pour mérite que de faire parler du personnage et de révéler au grand jour la scénariste du numéro, Marguerite Bennett, alors toute nouvelle – et franchement, pour un de ses premiers boulots, c’était pas très sympa de la mettre là-dessus puisque tout le monde l’attendait au tournant.

Si les groupes Superman et Batman ont eu le plus de numéros dédiés à leurs vilains (ce qui est presque chose normale compte tenu de la renommée de ces deux-là), les autres super-héros du DC Universe ne sont pas forcément en reste : ainsi The Flash aura un numéro centré sur Reverse FlashSwamp Thing un numéro sur ArcaneWonder Woman sur le First Born et Green Lantern sur Sinestro. À noter que ce dernier est un brin particulier puisqu’il constitue plus un long résumé des actes du personnage tout au cours du run de Geoff Johns sur la série Green Lantern qu’une histoire d’origines. On pourra également observer que plusieurs numéros n’échapperont pas à la règle cliché et vieillotte de l’enfance malheureuse. Que ça soit un père maltraitant (Joker), la mort de toute sa famille (Deadshot), les moqueries et le rejet subits (Killer Croc), ou le désintérêt de ses parents (Count Vertigo), plusieurs vilains auront droit à ce traitement au final très, voire trop classique. Detective Comics #23.1 présente également l’enfance de Poison Ivy, mais en évitant de trop jouer dessus (et surtout que la transformation du personnage en vilain arrive plus tard) le numéro évite le piège dans lequel d’autres sont malheureusement tombés.

b. Forever Evil : les ties-in avant l’heure

Si la partie précédente concernait le plus gros des numéros du Villains Month, je vous avais prévenu en introduction que nous n’aurions pas que droit à des origin stories. On peut y trouver plusieurs raisons : par exemple les origines de Scarecrow et de Clayface avaient déjà été, ou étaient en train d’être, abordées dans la série Batman : The Dark Knight et il était donc inutile de refaire à nouveau un numéro centré là-dessus. L’autre raison est que l’event Forever Evil allait se doter de multiples ties-in et également de 3 mini-séries spin-off et qu’il fallait bien essayer de leur faire une introduction, donner quelque chose au lecteur qui puisse le pousser à acheter ladite série par après – une stratégie commerciale dont je vous laisse être juges de la pertinence.

C’est ainsi par exemple le procédé qu’a utilisé Peter J. Tomasi pour amorcer les événements de la mini-série Forever Evil : Arkham War au travers des numéros qu’il a écrits : Batman & Robin #23.1 : Two-Face et Detective Comics #23.2 : Scarecrow s’occupaient de montrer comment Gotham City devient proie au dictat de tous les ex-détenus d’Arkham avec Scarecrow qui essaie de tous les fédérer pour se préparer contre une menace qui arrive, et cette menace est représentée dans Batman #23.4 : Bane car ce dernier souhaite depuis quelques temps (et c’était vu dans la série Talon) envahir la ville de Gotham et nous assistons donc à ses préparatifs. Avec ces trois numéros, Tomasi réussit donc à mettre en place les différentes pièces sur son échiquier de façon à ce que dès Arkham War #1, tout le monde soit déjà en train de se taper dessus. Un peu de la même façon, Wonder Woman #23.1 : The Cheetah expose le personnage sur Terre en plein Forever Evil et balance également Steve Trevor de façon à lancer la mini-série Forever Evil : A.R.G.U.S. dans laquelle les personnages que je viens de nommer tiennent un rôle très important. Enfin, de la même façon que TomasiBrian Buccellato s’est emparé des numéros consacrés à Grodd et The Rogues pour construire les débuts de son intrigue dans Forever Evil : Rogues Rebellion. À noter que Grodd a un statut particulier puisque sa première partie sert également d’épilogue à l’arc “Gorilla Warfare” et voit le retour du gorille au moment où la Justice League est terrassée. Le numéro sur les Rogues place quant à lui la responsabilité de Captain Cold sur le reste de son équipe et débouche directement sur la mini-série qui leur est dédiée.

Forever Evil

Les autres numéros dans cette catégorie (arbitraire, je le rappelle), n’appellent pas forcément à présenter une nouvelle mini-série mais servent à situer l’intrigue des personnages représentés quant aux futurs événements à venir. Ainsi, Action Comics #23.3 : Lex Luthor fait curieusement le pont scénaristique entre la dernière fois où il avait été aperçu dans Trinity War et le moment où on le retrouve dans Forever Evil – un procédé qui aura fait gagner à Johns une vingtaine de pages sur l’event principal. Justice League of America #7.4 : Black Adam revient légèrement sur le passé du personnage et raconte surtout ce qu’il arrive au personnage après sa disparition constatée dans les pages des back-up de la série Justice League. Cette trame est importante puisque Black Adam reviendra ensuite dans l’event principal via les pages de Justice League #24. La Secret Society est également mise en avant dans les pages de Justice League #23.4 même si le numéro est assez particulier (et offre une couverture mensongère) puisqu’il ne s’intéresse pas vraiment à la Society mais à la relation entre Owlman et l’Outsider, et tease également un secret très important qui ne sera à priori révélé que dans… Forever Evil, pardi.

Les numéros d’Aquaman #23.1 et #23.2 respectivement centrés sur Black Manta et Ocean Master se déroulent également en plein event puisque leurs passés respectifs n’avaient plus besoin d’être détaillés. À la place nous observons la réaction des deux personnages face aux événements qui arrivent avec une focalisation assez importante sur la psychologie de Black Manta et sur l’étude de la haine qu’il éprouve pour Aquaman. On observera tout autre chose pour Ocean Master pour qui les événements qui l’entourent ne sont pas si importants, lui qui méprise au mieux la race humaine. Chose amusante, chacun des vilains aura droit à son petit caméo dans le numéro de l’autre. Enfin, Clayface voit également son intrigue appliquée à Forever Evil et nous voyons l’ex-comédien raté tenter de tout faire pour devenir important en rentrant dans la Secret Society. Si le personnage reviendra par la suite dans Arkham War mais également Rogues Rebellion, ce numéro n’en sert pas d’introduction (ni à l’un ni à l’autre) mais reste une tentative de caractérisation du super-vilain et explique en quoi il sera retrouvé dans les pages des autres séries par après.

c. Des numéros au contenu… différent

Ceux qui sont attentifs auront remarqué que je n’ai pas encore listé la totalité des 52 numéros du Villains Month, et pour cause, certains d’entre eux ne proposaient ni une origin story complète, ni une histoire en rapport avec Forever Evil, mais quelque chose d’autre. Certains numéros se proposent de raconter simplement une histoire sur le personnage sujet, comme Batman #23.2 : The Riddler ou Batman #23.3 : The Penguin, Chacun de ces numéros porte son personnage dans une petite histoire qui peut se lire sans avoir besoin de poursuivre la lecture ailleurs par la suite, même si Riddler sera évidemment retrouvé dans Zero Year et que Penguin fait partie de l’intrigue d’Arkham War. À noter que le numéro sur Riddler, d’un point de vue chronologique est assez particulier car dans celui-là les forces de police sont montrées comme étant toujours en place alors que Gotham est montrée dévastée dans les autres numéros des Bat-vilains (Poison IvyScarecrow…). Il s’agit donc peut-être d’une histoire réellement indépendante.

mr freeze

Dans le même genre, on pourra noter Batman : The Dark Knight #23.1 : Mr Freeze qui, s’il revient en partie sur l’enfance de Freeze (et là aussi, elle était malheureuse, un de plus !), raconte la quête du vilain pour retrouver le père qui l’avait abandonné ; on tient ici une sorte de drame familial à l’issue macabre, mais rien qui ne soit très important pour le personnage. Le numéro sur Killer Croc (enfance malheureuse, toujours…) est également à part, car les flashbacks sont mineurs, et l’histoire racontée (Croc attaque des policiers dans les égouts) ne présente pas de lien avec Forever Evil – sauf sur la toute dernière fin, avec une situation présentée qui sera ré-utilisée par la suite dans Arkham War. Green Lantern #23.2 : Black Hand expose quant à lui simplement le retour du personnage – mais on ne voit pas d’où il vient, comment il est devenu ce qu’il est – dans le DC Universe, et nul doute qu’il reviendra par la suite dans une série du bloc Green Lantern. Quant à Earth 2 #15.1 : Desaad, il montre ce que le disciple de Darkseid fabrique sur Terre depuis qu’il y est arrivé. L’histoire peut donner quelques éléments pour ceux qui veulent ensuite suivre la série Worlds’ Finest sans pour autant en faire la promotion de façon habile (pas de gros cliffhanger, pas de grosse question laissée en suspens)…

Dans un autre registre, certains numéros servent, avec un contenu différent, à faire une transition et de la publicité en même temps pour une autre série. Démonstration : Batman & Robin #23.2 : Court of Owls, écrit par James Tynion IV, explore quelques parties du passé de la Cour tout en montrant certains de ses membres prendre une décision qui sera alors annoncée comme importante pour la suite de la série Talon (scénarisée par le même auteur, pour rappel). Un procédé qu’on sait aujourd’hui superflu puisque Tynion n’aura au final jamais utilisé le contenu de ce numéro avant de quitter la série. De même, le numéro sur Ra’s al Ghul n’avait d’autre intérêt que d’encourager les lecteurs à aller lire l’autre série du scénariste, Red Hood and the Outlaws, dans laquelle le personnage fera une irruption remarquée (mais pas forcément pour de bonnes raisons). On note également Detective Comics : #23.4 : Man-Bat qui est en continuité directe avec la série Detective Comics et qui poursuit l’histoire commencée dans le numéro #19 et le back-up du #21 de la série. On peut noter que, comme presque tous les vilains du Bat-verse, Man-Bat sera quand même retrouvé dans Arkham War par la suite.

bizarro

Enfin, certains numéros ont un contenu assez particulier. Superman #23.1 : Bizarro, par exemple, est un numéro sur Bizarro mais qui ne montrera jamais Bizarro – du moins pas celui que l’on verra par après dans Forever Evil, mais s’attarde sur les premiers essais ratés de Luthor à fabriquer son clone de Superman. On a donc une sorte de numéro d’origines, mais qui ne parle que très peu du personnage principal. C’est assez curieux. Dans le même genre Batman/Superman #3.1 : Doomsday n’expose pas les origines du personnage mais le présente comme un personnage de conte pour effrayer les enfants. Le personnage est dépeint, montré en grandes pompes, mais on ne sait pas forcément si l’histoire que l’on voit est réelle… On pourra également parler de Superman #23.2 : H’El dont l’histoire est en continuité directe avec H’El on Earth puisqu’elle permet d’expliquer vraiment d’où vient le super-vilain créé par l’immense Scott Lobdell (note : le but de cette partie n’est pas de parler de la qualité des numéros, juste de leur contenu ; mais pour avoir lu tous les numéros, celui-ci doit être le seul, j’insiste bien, le seul que je n’ai pas réussi à comprendre), et de faire le pont avec le prochain arc/crossover du scénariste, Krypton Returns.  Enfin, comment ne pas finir cette catégorie “fourre-tout” avec l’incroyable Justice League #23.3 : Dial E, qui n’a aucun rapport avec la Justice League, qui n’a aucun rapport avec Forever Evil ou tout le reste, qui n’a de rapport qu’avec la série Dial H puisqu’il en constitue en fait la véritable conclusion. En bref, un numéro limite imbuvable pour qui n’aurait jamais lu la dite série auparavant.

d. En conclusion

Que peut-on retenir au final sur le contenu du Villains Month ? Et surtout, ce mois particulier a-t-il réussi son pari ? Hé bien cela dépend de ce à quoi il prétendait. En effet, si on suppose que chaque numéro devait se présenter comme un one-shot centré sur un vilain, et par one-shot j’ai envie de dire un numéro qui se suffit à lui-même, alors clairement non, c’est raté. La raison en est toute simple, et si vous avez lu jusque là, vous aurez remarqué que les titres qui ne font pas référence à une autre série, qui n’appellent pas des événements à se poursuivre après, ou qui ne sont pas au final simplement des prologues/conclusions à quelque chose d’autre sont très rares (de tête, je peux vous citer Riddler ou Deadshot qui peuvent vraiment se lire sans rien à côté). Alors forcément DC a besoin de donner aux lecteurs l’envie de continuer à lire ses comics et les raccords faits avec Forever Evil ou d’autres séries sont à la limite obligatoires, et il était impossible au final d’offrir de vrais one-shots avec une histoire complète et qui n’aille pas piocher à droite à gauche pour se rattacher aux autres séries en cours. Pour certains, il n’y a au final pas vraiment eu d’interruption pour certaines séries (H’ElLuthor, Black MantaScarecrowRelic…) puisque la trame narrative était toujours la même et n’offrait qu’un point de vue différent. Un comble quand on sait (et ça a été souvent reproché) que certaines équipes créatives ont profité du Villains Month pour s’en accorder une, de pause (Snyder et Capullo pour ne pas les citer).

Ce qu’on remarque aussi c’est qu’il n’y a pas eu de véritable ligne de conduite pour ces numéros – et ça se voit dans la diversité qui est proposée. Ça peut être vu comme une bonne ou mauvaise chose : d’un côté on pourra être content de ne pas avoir le même type d’histoire à chaque fois (encore que, avec les enfances malheureuses, hein…), de l’autre on a l’impression que le Villains Month n’était pas si bien préparé que ça et que les auteurs/artistes ne savaient pas trop ce qu’ils devaient faire. Un manque de direction et de cohésion dans l’ensemble de l’event qui aura été sauvé par l’aspect matériel des couvertures 3D. On peut également contester la décision de vouloir livre des histoires sur les super-vilains en seulement 20 pages (plusieurs fois on aura l’impression que l’auteur a encore pas mal de choses à dire), et également le choix des super-vilains sélectionnés (comme explicité plus tôt dans le dossier). L’effet de “pause” sur les différentes séries aura été plus ou moins apprécié et on peut reconnaître à DC Comics d’avoir eu l’idée de proposer quelque chose d’original – mais c’est dans l’exécution de cette idée qu’il y aurait pu avoir mieux. Quant à la qualité des numéros publiés, elle n’aura pas réellement évolué pendant ce mois : il y aura eu de bon numéros, de très bons même, à côté d’une majorité de numéros moyens, et quelques catastrophes. C’est au final ce à quoi on a droit chaque mois…

Mais pour parler plus en détails de la qualité des numéros du Villains Month, je vous invite à poursuivre votre lecture du dossier dans les deux prochaines parties, dans lesquelles vous aurez droit à un Top/Flop de la rédaction mais également, en guise de rappel, à l’intégralité des review que nous avions rédigées au cours de ce mois spécial.

67 Commentaires

  1. Bravo, encore du boulot magnifique, et finalement ce n’était pas la catastrophe annoncé ce mois? Mais bon DC a quand même intérêt à relever son niveau (éditorial, scénaristique etc…)

      • Ouais ils ont l’air de mettre le paquet pour 2014!! En plus ils peuvent justifier de l’omniprésence de Batman vu que papy fête ses 75 ans^^ Blague à part depuis le début de l’année les récits sont de plus en plus intéressants, comme en témoigne le dernier de numéro de zero year qui est est sublime et ô combien intéressant!! Allez on vire Lobdell et on est bon ;-)

  2. arf le villain month aura surtout saigné mon compte en banque, et même faire vomir mes yeux tant j’ai lu des récits infâmes^^ well done arnokikoo et the edge, votre dossier “poutre”.

  3. Bravo les gars, c’est beau ! (oui, un peu d’auto-congratulations ne fait jamais de mal)
    Sinon, les reviews, fallait les ressortir ! Ne serait-ce que pour la pertinente review de Nathko sur H’El ! :D

    Sinon, j’avais absolument rien foutu ce mois là moi haha.

  4. Excellent article.
    Cet événement est très bien analysé et ça donne envie de se faire sa propre opinion en lisant les numéros présentés.

    Félicitations aux auteurs !

  5. Très très bon dossier qui donne envie de retourner harceler son libraire pour voir si il ne reste pas un ou deux numéros du Villain Month en stock !
    Personnellement je n’avais lu que Mongul, Sinestro et Killer Croc, tous les 3 n’étaient pas assez bon pour qu’on en parle clairement dans le dossier (même si Kilelr Croc est un retcom intéressant). Enfin Sinestro a été pas mal massacré quand même !
    Bref, vous m’avez donné envie d’aller voir d’autres Villain Month si possible, tous même, au pire, j’attendrais (comme Relic) la parution française pour éviter tout spoiler.

    (Seul défaut du dossier, à moins que je sois passé à travers, les chiffres de ventes sont passionnants, mais ça aurait peut être été plus instructif avec la moyenne des ventes de DC de janvier à août 2013 par exemple, voir à quel point on peut parler de “bond”).

  6. Super article c’est du très bon boulot tous ça !! ça apprends beaucoup de choses !! merçi aux auteurs en tout cas !!

  7. J’ai lu pour respecter le travail fourni (c’était bien d’ailleurs) mais vu que je suis pas trop news 52 pour l’instant ça ne m’a pas apporté grand chose.
    En fait la “vraie” raison de mon post c’est une question. J’ai lu ça dans la première partie: “Les héros ayants disparu” et je me demandais si c’était pas plutôt “ayant disparus” (mais je suis absolument pas certain de ce que j’avance, c’est juste pour signaler “au cas où” )

    • C’est même mieux que ça, c’est “ayant disparu” ;)
      Comme quoi, même après plusieurs mois, on trouve encore parfois quelques coquilles (je vais avoir des coups de fouet à cause de ça maintenant). Merci :)

      • Ah oui effectivement, verbe avoir pas d’accords, etc …
        Et donc si tu as droit aux coups de fouet à cause de ça, j’en cherche d’autres !! ;)
        Et chose promise chose due, voici un passage où je “pense” avoir relevé une faute d’accord (au bout de 5 minutes de lecture, je te l’accorde ^^): “une grande majorité de ces 52 titres étaient en grosse partie dédiés”. C’est pas la “grande majorité” le sujet de “était”, ce qui ferait de même “dédiée” ?? Après je suis pas certain mais il me semble ;)

  8. Merci pour cette dernière page récapitulative pour la VF.

    Mine de rien, même si on n’aura pas la totalité des numéros sortis on est quand même pas trop mal lotis je trouve.

    Surtout qu’on peut très bien penser que certains numéros vont être utilisés pour donner une plus-value à l’édition librairie (ex : mettre Superman #23.3 H’El #1 dans le tome de Supergirl consacré à H’El on Earth).

    Là où je suis assez curieux, c’est à propos d’Earth 2… déjà que la série est à la traîne, Urban prendra t il le temps de publier ses 2 numéros bonus ?

  9. Je pense qu’on aura les numéros de batou manquant dans le prochain Batman saga. J’espère aussi qu’on aura le numéro sur blackmanta.

  10. Justice league of America # 7.2 Killer Frost # 1 sera publié dans le Forever Evil # 3 en kiosque le 29 Aout

  11. […] L’éditeur français Urban Comics dévoile aujourd’hui la preview de Wonder Woman Tome 4 – La Voie du Guerrier qui sortira le vendredi 17 octobre. De la collection DC Renaissance, ce quatrième tome rassemble les numéros #19 à 23 de la série New 52 ainsi que le one-shot Wonder Woman 23.2 : First Born publié lors du Villains Month. […]

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