Les séries CW reprennent cette semaine, et toujours aucune trace du bilan de fin de saisons précédentes. Puisque vous êtes nombreux à me l’avoir demandé (une personne), j’ai décidé qu’il valait mieux tard que jamais. Voici donc le bilan des séries CW pour les saisons 2018/2019 !


Précédemment…


Arrow – Saison 7

Ce que je retiendrais de cette saison, c’est surtout une relative prise de risque. Arrow s’était empêtré dans un schéma qui se répétait inlassablement, mais a su ouvrir la voie à un certain renouvellement qui s’accentue ici. Dans cette seconde partie de saison, Oliver Queen quitte sa prison pour revenir dans la vie civile mais avec un secret maintenant connu de tous. Bien qu’un retour en arrière aurait été possible par un tour de passe-passe scénaristique, Arrow assume jusqu’au bout ce nouveau statu-quo. Sachant que la série touche à sa fin, les scénaristes peuvent se lâcher un peu plus et donner de vraies conséquences, mais ont aussi pour devoir de donner une conclusion à l’histoire d’Oliver Queen. Il y a ici une vraie envie de boucler la boucle, mais surtout de la briser en confrontant le personnage à son passé, et ce afin de lui dresser un héritage qu’il espère meilleur. Les enjeux sont ainsi plus personnels tout en tentant de se dresser comme plus importants encore, mais malheureusement la saison n’atteint pas l’efficacité et la puissance d’une saison 5. La menace du présent manque d’ambition (surtout quand on la compare à sa version comics), la menace du futur manque clairement de relief et de saveur, et les deux sont expédiées sans feu d’artifice. En lieu et place, Arrow préfère dans son dernier épisode se consacrer à une conclusion intime de la série, tout en préparant le terrain pour le prochain crossover. Quelque part, la série semble consciente de son paradoxe, de ses volontés qui s’opposent, de son désir premier de proposer quelque chose de très terre-à-terre et qui a finalement pris une ampleur inimaginable. Comme Oliver le dit lui-même, il est dépassé par l’étendue de ce qu’il a créé en débutant sa croisade, aussi bien que la série est dépassée par le phénomène qu’elle a créée.


The Flash – Saison 5

Qu’on se le dise sans préambule : cette saison 5 est très largement l’une des meilleures. Et cela, on le doit facilement à Nora Allen, autant pour le personnage en lui-même que les dynamiques qu’elle entretient avec les autres et les thématiques qu’elle apporte. C’est même pour cela qu’on est tenté d’oublier le caractère assez décompressé du fil rouge, notamment du à un Cicada qui n’a pas pas vraiment de matériel sur lequel s’appuyer, et qui bénéficie d’énormes facilités scénaristiques pour s’échapper et tenir toute la saison. Bien qu’elle prenne son temps, la série dispose d’un plan qu’elle finit par mettre en place et qui a le mérite d’enrichir le vilain autant que de relancer l’intrigue avec un twist bienvenue. En parallèle, tout le développement effectué autour de Nora est ultimement utilité pour nous servir un retournement assez déchirant, aussi bien dans son écriture que son interprétation. Aussi bien en terme de thématiques que d’utilisation du mythos de Flash, la série revient à ce qu’elle sait faire de mieux, et même presque à ce que le personnage a de mieux à offrir.


Supergirl – Saison 4

La première partie de Supergirl Saison 4 s’attachait à dépeindre un climat de peur et d’hostilité grandissante envers les aliens, métaphore évidente du climat américain actuel. Maintenant que la série a développé en nuance les Enfants de la Liberté, représentants extrémistes de cette peur globale, elle se permet de les afficher bien plus clairement comme des antagonistes. Forcément, la série fait preuve de plein de bons sentiments pour faire passer son message, le tout n’est pas des plus subtils, mais il est tout de même appréciable de voir comment des héros peuvent lutter contre une idéologie et défendre la leur sans sombrer dans l’autoritarisme. Malgré cette lutte couplée à un bouleversement de statu quo séparant Kara et Alex, le duo pilier de la série, Supergirl connaît un léger passage à mou après sa reprise. Il faut attendre l’arrivée de Lex Luthor, magistralement incarné par Jon Cryer, pour voir ce que la série a vraiment dans le ventre. En vérité, les scénaristes proposent ici un scénario véritablement digne d’un bon comics, tant dans son ambition que dans sa façon d’entrecroiser les différentes intrigues. Si chaque récit n’est pas exempt de défauts, la peinture d’ensemble est assez impressionnante et astucieuse.


Legends of Tomorrow – Saison 4

La reprise a été difficile pour Legends of Tomorrow. Ce ventre mou s’explique en partie par le nouveau personnage de la saison, Mona, qui n’a rien de très intéressant pour soi et qui symbolise presque le pire des productions CW. Couplez ça avec un maquillage de loup-garou kitch à souhait, et vous voyez bien que la série ne se rend pas service. Heureusement, quand les projecteurs se recentrent sur le reste de l’équipe et que l’histoire se remet vraiment en route, le tout devient bien plus intéressant. Il y a quelque chose d’assez maladroit dans Legends of Tomorrow, mais la série sait contrebalancer avec sa dynamique d’équipe qui fonctionne toujours assez bien malgré la certaine division de celle-ci, qui sert notamment à les développer chacun leur tour, bien qu’avec un intérêt inégal. Surtout, Legends semble être bien consciente de ce qu’elle est devenue, le dernier épisode en étant la meilleure preuve. Cette auto-dérision lui donne les droits aux délires les plus improbables, revenant souvent en running joke, tout en faisant avançant une intrigue qui se veut volontairement gentillette. Qu’on se le dise, cette saison 4 permet toujours de bonnes tranches de fous rires et un attachement à quelques personnages qui, pour les plus intéressants, sont voués à disparaître. Le futur de la série est assez inquiétant à cet égard, mais si Legends doit s’arrêter là, elle aura au moins eu le droit à une belle course et aura su imposer son propre style.


Black Lightning – Saison 2

Black Lightning était une vraie surprise lors de sa première saison, et elle a su globalement garder le cap cette année. Comme toujours, sa grande qualité reste l’accent mis sur son aspect familial toujours aussi plaisant et qui continue d’évoluer avec les défis que rencontrent les Pierce. Ici, il s’agit surtout de Jennifer qui apprend posséder un pouvoir qui n’a d’égal que sa difficulté à le contrôler, et toute la famille se voit chambouler, chaque membre rencontrant en parallèle ses propres développements plus ou moins intéressants. On retiendra surtout la vie civile de Jefferson Pierce qui se voit perdre sa position de proviseur et doit trouver un nouvel équilibre. Toujours très politisée, la série parvient à s’en sortir honorablement dans sa représentation du mouvement Black Lives Matter. Maintenant, il faut tout de même pointer du doigt un élément particulièrement irritant et cliché : la religion, à base d’un pasteur absolument hystérique qui ne fait que hurler des paroles vides de sens. A côté de cela, la série continue de tisser son fil rouge de façon qu’on peut largement qualifier de décompressée et qui manque malheureusement d’envergure pour le moment : Tobias Whale ne fait que réagir, il n’a pas de plan précis ni d’objectif intéressant. Si l’acteur fait un travail efficace, la position du personnage est relativement artificielle : on nous répète qu’il est impossible de le mettre en prison, mais le dernier épisode le fait d’un revers de la main, balayant les difficultés établies précédemment. Dans ce sens, on peut aussi relever l’aspect décontracté de la série à base de musique jazz, initialement une qualité de la série mais qui se retrouve à jouer en sa défaveur tant les enjeux et la tension ont du mal à s’installer. Fort heureusement, Black Lightning en a encore sous la manche puisqu’elle introduit cette saison une menace des plus sérieuses, le pays fictif de Markovie, qui obligera la série à sortir de sa zone de confort.


Cet exercice du bilan n’est pas particulièrement aisé. Juger une saison ou rien qu’une mi-saison présente un certain challenge tant le contenu est dense. Ajoutons à ça un visionnage pas particulièrement frais, et le tout se révèle périlleux. Pour ceux qui se demandent pourquoi une telle différence de texte entre les séries, je dirais simplement : le plus court c’est, plus la qualité de la série a su effacer les ombres au tableau. Maintenant, si certains sont encore présent, j’aimerais connaître votre avis sur ces saisons afin d’en discuter. C’est ce qui reste le plus pertinent. Aussi, si vous avez des envies particulières  d’articles ou de forme de critique pour les saisons de cette année, n’hésitez pas !