Comme je l’avais fait l’an dernier, il est temps de dresser le bilan de mi-saison des séries de la CW, qui se comptent désormais au nombre de cinq. Il était temps me direz-vous (ou pas), puisque leur retour s’opère dans quelques jours, mais que voulez-vous, j’ai accumulé le retard cette année. Je me concentrerai ici sur les séries en elles-mêmes et non sur le crossover Elseworlds, qui a déjà fait l’objet de trois reviews et d’un article bilan.


Arrow – Saison 7

Cette septième saison voit Beth Schwartz devenir la nouvelle showrunner de la série, et cela se ressent pour le mieux. En effet, un réel sentiment de fraîcheur se dégage de cette mi-saison qui s’émancipe du schéma habituel. Pour cause : Oliver Queen est désormais en prison, il y reste jusque l’épisode 7, et même après, le statu quo n’est plus le même et ne le sera plus jamais. Cette intrigue est la plus plaisante à suivre de cette saison car elle met Oliver face à lui-même et lui permet d’évoluer dans un environnement très hostile, complètement seul. Mais ce retrait en prison signifie une autre chose bien moins plaisante : une mise en avant de Felicity comme on en avait jamais eu avant, et spoiler, elle ne va pas en s’arrangeant la pauvre. Reste deux intrigues moins avancées : l’une dans le futur, particulièrement intéressante et significative d’une fin de série (mais où Felicity est symboliquement centrale), et une bien moins captivante avec ARGUS qui fait en fait partie d’un dessein plus grand. C’est ce qui est particulièrement agréable : Schwartz voit sur le long terme et avance ses pions intelligemment petit à petit. Pas la meilleure saison, mais une qui a le mérite d’apporter un certain renouveau pour mieux conclure la série.


Black Lightning – Saison 2

Comme pour sa première saison, Black Lightning se démarque particulièrement de ses congénères, les personnes la développant n’étant pas les mêmes. C’est notamment pourquoi elle continue de plaire et parvient à creuser son chemin parmi la multitude de séries super-héroïques diffusées aujourd’hui. Pour ceux qui ont aimé la première saison, nul doute que vous continuerez à prendre votre pied ici puisqu’il s’agit ni plus ni moins que sa suite logique, que ce soit en terme de tonalité ou de développement des personnages. Le temps d’écran se voit peut-être d’ailleurs encore plus partagé entre les différents Pierce sans qu’une intrigue ne soit moins intéressante qu’une autre. Si l’on devait trouver quelque chose à redire, ce serait peut-être sur Tobias Whale qui semble errer sans but, bien que chacune de ses scènes restent appréciables de par le charisme de son interprète. Honnêtement, s’il y a une série CW que vous devriez voir, c’est bien celle-ci.


Legends of Tomorrow – Saison 4

Vous vous souvenez du dernier épisode de la saison 3 où Beebo faisait face à Mallus ? Et bien cette saison applique ce genre de délire à chaque épisode désormais, comme si c’était tout ce qu’elle avait pour tenter d’intéresser le spectateur. Autant dire que la frontière en l’humour grotesque et le ridicule absolu est assez fini désormais, et que la sauce ne prend pas toujours. En fait, votre appréciation dépendra de votre état d’esprit et de votre type d’humour, c’est aussi subjectif que cela. De plus, on ressent un certain manque de souffle tant la recette a été utilisé jusqu’à la moelle. Même l’arrivée de Constantine peine à convaincre, le personnage étant écrit comme une caricature pendant une bonne partie de la saison. Malgré ces constats, on parvient à toujours passer un bon moment pour peu qu’on soit attaché aux personnages et qu’on accepte ce que la série est devenue, celle-ci ayant encore de bonnes tranches de rigolade à nous offrir.


Supergirl – Saison 4

Supergirl prend un tournant dangereux cette saison, puisqu’elle choisit de s’inscrire plus que jamais dans l’actualité en reproduisant un climat sociétal hostile à la diversité. Si avec le premier épisode on pouvait craindre un portrait trop manichéen et sans subtilité, le reste de cette mi-saison a su prouver à nouveau que la série savait écrire ses thématiques assez justement et poser de bonnes questions. Il en résulte une menace inédite pour Supergirl, qui ne doit pas se battre contre un simple vilain, mais contre une peur ambiante, matérialisée à travers un personnage en particulier, mais de façon intelligente. Au final, c’est peut-être ce qu’il fallait au personnage pour prouver sa force idéologique et symbolique. Cette saison marque également un bouleversement de statu quo à tous les étages, ce qui apporte un léger souffle de fraîcheur bien que le tout soit un peu timide. Là où le bât blesse, c’est dans l’introduction du vilain Manchester Black, vraiment méconnaissable et écrit sans subtilité : on peine à voir où les scénaristes veulent vraiment aller avec lui. Bref, une mi-saison efficace et qui en garde sous la manche pour la suite avec l’arrivée prochaine de la Red Daughter.


The Flash – Saison 5

Ne nous le cachons pas : la saison 4 de The Flash était franchement décevante et ne paraissait n’être qu’une grande introduction de la cinquième. L’espoir reposait donc sur Nora West-Allen, qui débarque pleinement dans nos vies et celle de Barry cette année. Si les producteurs avaient promis que la saison 4 opérerait un retour à l’ambiance de la première, celle-ci ne se voit tenue qu’à partir de maintenant. La mise en avant de thématiques familiales est réellement salvatrice pour cette série qui peinait à se renouveler. La dynamique qu’entretiennent Barry/Iris/Nora est réellement touchante et percutante, que ce soit par son écriture ou l’alchimie innée entre les trois acteurs. On peut même aller jusqu’à dire que la série ose faire ce que les comics n’osent plus vraiment avec le personnage, ce qui offre une belle alternative bienvenue. Le reste des intrigues se montre plus faibles mais pas inintéressant pour autant, que ce soit du côté de Killer Frost ou des origines de Cicada, qui est un vilain à la hauteur jusqu’ici. C’est donc un grand oui pour cette saison 5 qui promet d’y aller à fond les ballons dans sa seconde moitié, et que l’on ne pourra que conseiller aux nostalgiques des débuts de la série.