Comme chaque année depuis 2014, la CW nous revient en cette fin d’année avec un crossover des familles, cette fois-ci nommé Elseworlds. Et comme chaque année, la chaîne repousse la limite du faisable en étendant ses ambitions toujours plus loin. Si ce nouveau crossover s’annonçait au départ comme plus intimiste, avec pour principale mission d’introduire Batwoman, les annonces ont rapidement fait prendre conscience de ce qui se dessinait sous nos yeux : une introduction à Crisis on Infinite Earths, teasé depuis 2014 également.

« Pretty sure that’s not your line »

La situation de départ de ce crossover est simple : Oliver et Barry voient leur identité être échangée, ainsi que les pouvoirs et capacités qui vont avec (ainsi que leur maîtrise, c’est important de le dire). Une réécriture de la réalité dont eux seuls sont conscients, et qui marque profondément la tonalité de ce première épisode : c’est une comédie. Et oui, les scénaristes se donnent à cœur joie de jouer sur ce comique de situation. Un postulat rafraichissant dans un genre où les personnages peuvent vite avoir tendance à se prendre au sérieux. Le potentiel comique des deux acteurs est ainsi exploité, et il est assez surprenant de voir Stephen Amell aussi à l’aise dans ce registre. Bref, ça fonctionne magnifiquement bien tant certaines répliques sont savoureuses.

Mais, car il y a bien souvent un mais, cette situation n’est pas sans défaut. A travers ce « freaky friday », le but est de mettre en opposition les deux héros, ramenant entre eux la relative hostilité qu’ils entretenaient au début de leur relation. Le message des scénaristes est ici le suivant : pour être Green Arrow, il faut puiser dans le drame, et pour être Flash, il faut puiser dans la joie. En soi, rien de particulièrement choquant, il s’agit d’un constat qui s’applique à Oliver et à Barry de par leur vécu et leur identité. Seulement, le développement donné aux personnages par cette intrigue veut que chacun adopte la façon de pensée de l’autre. Il n’est certainement pas inintéressant de traiter ce qui fait le moteur des héros, mais le message et l’exécution semblent erronés. Parce que nous sommes toujours dans le registre de la comédie, chacun prend à cœur d’adopter ces nouvelles règles, ce qui est particulièrement artificiel, tout comme la façon dont cette leçon était amenée. S’il ne s’agissait que de faire rire, cela ne poserait pas de problème, mais puisque ce développement est pris au sérieux par les personnages eux-mêmes, un décalage se crée. Reste à savoir maintenant comment les deux prochains épisodes géreront cela, bien qu’on puisse facilement imaginer le dénouement psychologique de cette intrigue.

« Somebody save me »

Si vous avez suivi Smallville, il ne fait nul doute que vous avez lu ce sous-titre avec la voix de Remi Zéro. Et si vous avez suivi la campagne de communication autour de ce crossover, vous savez d’ores et déjà que la célèbre ferme des Kent est de retour, mais cette fois-ci avec de nouveaux interprètes pour ses habitants. Tyler Hoechlin marque ainsi son retour dans le rôle de Superman après l’avoir incarné pendant trois épisodes, et il est désormais accompagné de Bitsie Tulloch dans le rôle de Lois Lane. L’actrice livre ici une interprétation tout à fait satisfaisante du personnage, et cela malgré le peu de temps qui lui est donné. Il est en effet quelque peu regrettable de la voir faire figuration, et notamment manquer d’interaction avec les personnages de Terre-1, d’autant plus quand autant de journalistes sont réunis dans le même épisode.

Néanmoins, si l’on excepte cette occasion manquée, autant dire que le plaisir est immense. Alors que cela semblait impossible jusqu’ici, la CW continue de pousser la générosité de son offre en donnant aux fans une rencontre entre tous ses personnages. Autant dire que pour qui suit cet univers depuis ses débuts, cette réunion est un nouvel aboutissement, ainsi qu’un plaisir ultime. Le CW-verse est un peu le MCU de DC : il se construit petit à petit, introduit peu à peu ses personnages en créant de l’attachement, et finit par les réunir chaque année dans un événement spectaculaire récompensant les fans. C’est notamment le cas avec une grosse bataille menée de concert par les quatre héros et qui s’inscrit dans une certaine tradition, renforçant l’impression d’avoir sur notre écran la ligue réunie. La récompense se trouve également dans les références au premier crossover, ainsi que dans la création de nouvelles aventures dans un lieu si emblématique que la ferme de Smallville.

« None of you can stop what have been set in motion »

Tout cela, c’est bien beau, mais quid de Crisis on Infinite Earths ? Bien que cet épisode soit particulièrement introductif, c’est tout de même le Monitor qui ouvre le bal avec l’annonce d’une menace imminente et invincible, qu’on devine aisément être l’Anti-Monitor. Si la menace de ces deux personnages semblent lointaines au début de l’épisode, elle s’approchera au fur et à mesure pour s’adresser directement à nos héros à la fin. Impossible de savoir encore où nous mènera exactement ce crossover puisque la Crise est originellement prévue pour 2024, mais le danger est bien là. Pour preuve : le ciel est d’ores et déjà rouge et la foudre frappe, tout comme dans le comics, tout comme décrit dans les articles de journal du futur. Une annonce bien excitante qui pourrait l’être encore davantage si les scénaristes n’avaient pas choisi d’exclure Nora West-Allen sans même donner de motif, elle qui pourrait reconnaître immédiatement le danger.

Par ailleurs, Elseworlds se heurte quelque peu à son statut assez bâtard : il ne s’agit vraisemblablement pas encore de la Crise, mais il l’annonce de façon assez frontale. Seulement trois épisodes et autant d’intrigues et de personnages pour un tel événement, cela fait beaucoup, et ça se ressent au montage. L’exemple le plus parlant est la scène d’introduction, que l’on connaît déjà puisqu’elle a été diffusé à la fin de chaque série la semaine dernière. Ici, elle est coupée de partout afin d’accélérer le rythme pour pouvoir tout caser. Le Dr. Deegan, vilain par intermédiaire de ce crossover, est ainsi lui aussi très et trop vite introduit. Il n’est qu’un pion, un personnage fonction au cœur d’une intrigue qui le dépasse et qui semble trop grande pour 120 minutes de développement. A voir dès demain comment se goupillera la suite, qui promet déjà un voyage à Gotham et une rencontre avec Batwoman.

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« d’autant plus quand elle se trouve dans la même pièce que Iris »
Mais Lois n’est justement pas venue sur Terre-1 donc à aucun moment elle n’est dans la même pièce qu’Iris

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