Pour s’aligner sur la sortie du film d’animation Batman : The Killing Joke en cette fin de mois, nous avons choisi de vous emmener à travers la bibliographie d’Alan Moore, riche en pépites, pour célébrer l’héritage qu’il a laissé, peut-être à son plus grand désespoir, chez DC Comics. La tâche n’étant pas aisée entre les titres initialement publiés chez d’autres éditeurs (V For Vendetta), ceux dont les droits n’appartiennent que partiellement à DC Comics (League of Extraordinary Gentlemen), le caractère impétueux d’Alan Moore et les imbroglios juridiques qui en ont résulté ont rendu l’idée d’une restriction à ses œuvres pour DC Comics malaisée. Nous avons donc décidé d’aller au plus englobant en acceptant tout titre qui aurait été publié, une fois ou l’autre, soit sous le label DC Comics, soit sous le label Vertigo, ce qui a abouti au classement suivant.

Est-ce que vous rejoignez notre avis ? On espère que non, histoire que ça vous incite à balancer votre propre sélection en commentaires !


Promethea_Vol_1_1A 10. Promethea

Publication : Août 1999 –  Avril 2005
Détails : Promethea #1-32
Dessin : J.H. Williams III, Mick Gray & Charles Vesse
Review : 

Entre l’imaginaire ésotérique de Sandman et l’incompréhensible mystique des Invisibles, il y a Moore et son Promethea. Focalisé sur le symbolisme et la pensée générale de l’auteur vis a vis de la magie, de la culture et des chemins de l’existence, cette série retrace comment une jeune étudiante va devenir l’incarnation d’une entité symbolisant l’imagination, Promethea. Entre différents pans d’intrigues factuels, le récit prend des détours de plus en plus philosophiques et culturels, avec toutes les références posées par l’auteur vis à vis des différentes mythologies et une grande part de symbolisme sur l’écriture et le développement humain.

Critiquée à sa sortie pour la lourdeur de son script et de ses métaphores (en plus des prises de parti radicales de Moore contre les comics mainstream à l’époque), Promethea est vue par pas mal de lecteurs comme l’aboutissement de la carrière du scénariste, et l’une des dernières avant que celui-ci ne coupe les ponts avec WildStorm et le mainstream en général. Il y met autant sa culture littéraire que religieuse, son goût pour la magie et le guide qu’elle incarne dans la vie de chacun, le cheminement symboliste du Tree of Life, et même une petite auto-référence (ou deux) avec l’apparition de Tom Strong sur la fin. C’est aussi de jolies planches de Williams, et l’une des rares BD de l’auteurs où le dessin a été plus retenu que le scénario.

– Corentin

Green_Lantern_Vol_2_188 9. Mogo Doesn’t Socialize

Publication : Mai 1985
Détails : Green Lantern (Vol. 2) #188
Dessin : Dave Gibbons
Review : TheRiddler / Darthfry

Court récit estampillé ‘Tales of the Green Lantern Corps’ inséré à la fin du single où il est apparu, « Mogo Doesn’t Socialize » met en scène la quête de Bolphunga l’Implacable (« the unrelenting » en vo) décidé à occire le plus coriace des Green Lanterns, a-t-il entendu, qui répond au nom de Mogo. L’histoire, racontée par Tomar-Re à la jeune Arisia, montre la créature se rendre sur la planète où se terrerait Mogo pour réaliser après des heures de vaines recherches que Mogo… est en fait la planète elle-même ! Apeuré, le terrible Bolphunga prend alors la poudre d’escampette, et laisse Mogo retourner à sa calme vigilance.

Ce script d’une simplicité déroutante souligne la richesse de l’univers cosmique qui entoure les Green Lanterns, et Alan Moore l’exploite en y concevant des porteurs d’anneau autrement plus originaux que de simples bipèdes d’inspiration souvent très humanoïde, en dépit de la crête de coq qu’ils peuvent arborer. Si les scénaristes qui lui ont succédé n’ont pas toujours fait un excellent usage des possibilités infinies mises à disposition par l’univers auquel ils s’attelaient, beaucoup ont néanmoins repris les personnages créés par Alan Moore dans cette dizaine de pages, donnant à Mogo et Bolphunga des rôles proéminents à de nombreuses reprises, et à Alan Moore un héritage prégnant sur le Green Lantern-verse.

Top_10_1B 8. Top 10

Publication : Septembre 1999 – Septembre 2001 (Top 10) ; Octobre 2003 – Mai 2004 (Smax) ; Mars 2006 (The Forty-Niners)
Détails : We3 #1-3
Dessin : Gene Ha, Zander Cannon, Andrew Currie
Review : Leonidas / Biggy (12) / TheRiddler

Et si les super-héros évoluaient dans notre réalité tangible ? C’est un des gimmicks de Watchmen ; maintenant allons plus loin : et si ces super-héros étaient systématiquement déportés dans une ville définie où ils seraient libres de fixer des lois à même de s’accorder avec leur nature extraordinaire ? C’est le concept de Top 10, une mini-série, puis un univers, qui suivait à la base le quotidien d’une brigade de super-flics dans la cité de Neopolis, peuplée de super-citoyens.

Publiée chez America’s Best Comics comme d’autres entrées de ce classement, Top 10 connut, après sa série-mère, deux spin-offs. Le premier s’est présenté sous la forme d’une mini-série concentrée sur le personnage de Smax, l’occasion pour Alan Moore de s’essayer à une satire originale de l’heroic fantasy, le second, The Forty-Niners, sous la forme d’un graphic novel racontant les aventures de la génération précédente des Top 10. D’une inventivité folle, Top 10 s’inscrit dans la partie de la carrière d’Alan Moore où il s’amusait à jouer avec les codes du genre super-héroïque, un domaine où il excella tant qu’il en est arrivé à définir la direction des comics pour les décennies suivantes.

Superman_Annual_Vol_1_11 7. For The Man Who Has Everything

Publication : Novembre 1984
Détails : Superman (Vol. 1) Annual #11
Dessin : Dave Gibbons
Review : Watchful

Souvent associé à Whatever Happened To The Man Of Tomorrow ? à cause de la proximité de leurs sorties respectives, For The Man Who Has Everything voyait se réunir le duo de WatchmenAlan Moore et Dave Gibbons, pour gratifier Superman d’un nouveau panorama de son monde d’origine, Krypton. Comme le Whatever, cette histoire s’inscrit d’ailleurs partiellement dans l’héritage des imaginary stories typiques du Silver Age.

Se rendant à la Forteresse de Solitude à l’occasion de l’anniversaire de l’Homme d’AcierBatman et Wonder Woman sont surpris de découvrir leur ami dur-à-cuire immobile, le regard vide, et portant une curieuse… …chose… …sur son torse, en guise de médaillon. C’est là le coup d’envoi d’un récit merveilleusement servi par le style intemporel de Gibbons, dont le plus grand mérite est d’offrir, à travers une séquence de rêve, une des plus belles visites sur Krypton auxquelles les fans ont eu droit depuis la fin du Silver Age.

LEG_1 6. The League Of Extraordinary Gentlemen

Publication : Mars 1999 – Septembre 2000 (Vol. 1) ; Septembre 2002 – Novembre 2003 (Vol. 2) ; Novembre 2007 (Black Dossier)
Détails : The League of Extraordinary Gentlemen (Vol. 1) #1-6, The League of Extraordinary Gentlemen (Vol. 2) #1-6, &he League of Extraordinary Gentlemen: Black Dossier
Dessin : Kevin O’Neill
Review : 

Aimant jouer avec le concept de super-héros, comme il l’a montré à de nombreuses reprises au cours de sa carrière, Alan Moore donne vie à l’idée d’une équipe de personnages extra-ordinaires… évoluant en Angleterre victorienne. C’est l’occasion pour Alan Moore, assisté par Kevin O’Neil au dessin, de récupérer une ribambelle de personnages issus de la production littéraire du XIXe siècle, du Dr Jekyll (Stevenson) au Capitaine Némo (Jules Verne) en passant par Mina Harker (Bram Stoker).

Le Britannique opposera son casting rafraîchissant à des menaces tout aussi vintage, comme Moriarty, la célèbre némesis de Sherlock Holmes, ou l’invasion de la Guerre des Mondes de H. G. Wells. Mais la Ligue est également connue pour les scandales l’entourant, liés à des problèmes de copyright. Elle a en effet donné naissance à ce qui est considéré comme l’une des pires adaptations de comics jamais réalisées au cinéma, amenant Alan Moore à désavouer systématiquement les portages de ses oeuvres sur grand écran. La League est également au centre de la polémique créée par Jim Lee lorsqu’il décida de céder Wildstorm à DC Comics. En effet, America’s Best Comics, par le biais duquel la série était publiée, était une de ses maisons filles, contraignant de fait Alan Moore à briser son serment selon lequel il ne travaillerait plus jamais pour DC. Le battage médiatique qui entoura l’affaire vit Alan Moore publier les suites aux deux volumes principaux chez un autre éditeur, Top Shelf, n’empêchant pas le public de continuer à savourer la créativité et les références à foison qui faisaient le génie de The League of Extraordinary Gentlemen.

Superman_v.1_423 5. Whatever Happened To The Man Of Tomorrow ?

Publication : Septembre 1986
Détails : Superman (Vol .1) #423 ; Action Comics (Vol. 1) #583
Dessin : Curt Swan
Review : Watchful

Sachant que l’event historique Crisis On Infinite Earths allait ouvrir les portes à un nouvel univers, Julius Schwartz cherchait une manière de clore la continuité précédente en fanfare avant de laisser le champ libre à John Bryne pour redéfinir les contours de leur nouvelle figure de proue avec sa mini-série Man of Steel. Incapable de faire exceptionnellement revenir Jerry Siegel selon son désir initial, il se tourne vers Alan Moore, avec lequel DC entretenait de bonnes relations, pour lui demander d’offrir à l’Homme d’Acier un récit fédérateur achevant près de cinquante ans de continuité.

Alan Moore dépassera toutes les attentes, sublimant le personnage en rassemblant une kyrielle d’éléments faisant son essence qu’il parvint à comprendre de manière exemplaire. À la manière des « imaginary stories » du Silver Age, l’Anglais décida de raconter littéralement la mort de Superman dans un récit raconté en flasback dans la bouche de Lois Lane, qui réunissait autant d’amis – KryptoSupergirl – que d’ennemis – Brainiac et Luthor unis dans une même terrible destinée. Le rôle conclusif de ce mini cross-over se trouve d’autant plus affirmé puisque c’est à Curt Swanthe dessinateur emblématique de Superman, qu’a échu la tâche d’épauler l’auteur de Watchmen. Un incontournable.

Swamp_Thing_Vol_2_20 4. Swamp Thing

Publication : Janvier  1984 – Septembre 1987
Détails : Swamp Thing (Saga Of The …) #20-64 + Annual #2
Dessin : Stephen Bissette, Dan Day, John Totelben, Shawn McManus, Ron Randall & Rick Veitch
Review : ArnoKikoo

En 1982, DC relança une série Swamp Thing pour profiter de la visibilité du personnage offerte par le film de Wes Craven. Le scénariste original parti faire de la télévision, Len Wein offrit le poste au jeune Alan Moore, dont ce fut l’un des premiers travaux outre-atlantique. Lorsque la future fondatrice de Vertigo Karen Berger arriva aux commandes, elle fit savoir à Alan Moore qu’il avait carte blanche sur le titre, et Dieu sait si le Britannique sut faire usage de cette liberté.

Commençant en fanfare par une retcon d’une intelligence rare opérée sur le personnage, le présentant comme un amas de végétation persuadé d’être Alec Holland, Alan Moore bâtit sur plus de quarante numéros un des meilleurs runs de l’histoire des comics, n’hésitant pas à embrasser le DC Universe dans son ensemble – on assiste ainsi aux conséquences de Crisis On Infinite Earths – tout en conservant un ton horrifique évoquant la production de EC Comics, avec un sens littéraire d’une fraîcheur alors inédite. Plus massif mais moins reconnu qu’un WatchmenSwamp Thing reste pourtant, aux yeux de beaucoup, le meilleur travail d’Alan Moore à ce jour, et deux paragraphes ne suffiraient pas à en détailler les mérites.

V_for_Vendetta_1 3. V For Vendetta

Sortie : Mars 1982  – Décembre 1984 (partiellement, chez Warrior) ; Septembre 1988 – Mai 1989 (chez DC Comics)
Détails : V For Vendetta #1-10
Dessin : David Lloyd
Review : TheRiddler

Beaucoup l’ignorent, mais la publication de V For Vendetta débuta initialement en Angleterre dans les pages de l’anthologie Warrior, publiée par Quality Communications. La mini-série ne put toutefois s’achever puisque le magazine fut annulé prématurément, laissant le récit sans conclusion. DC se mit d’accord avec Alan Moore, qui venait d’y écrire Watchmen, pour rééditer intégralement V For Vendetta sous son propre titre, avec une nouvelle colorisation. Le titre fut plus tard rapatrié sous le label Vertigo en raison de sa maturité et de ses distances avec le DC Universe.

V For Vendetta se situe dans une Angleterre dystopique aux mains d’un régime fasciste. Aussi bien influencée par le climat politique anglais du début des années huitante, avec Thatcher au pouvoir, que par la littérature du genre (Orwell, Bradbury), la série propose au lecteur de suivre les efforts d’un mystérieux terroriste, dont l’identité reste dissimulée sous un masque énigmatique, pour ébranler la stabilité du gouvernement en place. Le grand public a toutefois découvert V For Vendetta bien plus tard, par l’intermédiaire du film scénarisé par les Wachowski, qui, en dépit d’un relatif succès critique, ne saurait faire de l’ombre à l’œuvre dont il s’inspire, tant elle détonne avec la production d’alors par son ton, ses thèmes abordés, l’originalité de son univers, la richesse de ses références, et la maîtrise narrative qu’étale Alan Moore, notamment dans la gestion d’intrigues éparses aux temporalités diverses.

Batman_-_The_Killing_Joke 2. Batman : The Killing Joke

Sortie : Mai 1988
Détails : Batman : The Killing Joke
Dessin : Brian Bolland
Review : darthfry

Alors que les relations entre DC Comics et Alan Moore commençait à se dégrader suite au cafouillage juridique entourant les droits de Watchmen, le Britannique accepta de réaliser un autre travail pour l’éditeur sous l’impulsion de son compatriote Brian Bolland, à qui l’on avait proposé d’offrir au Joker une origin story définitive.

Le résultat dépassa toutes les attentes, révélant ce qui est considéré par beaucoup comme le meilleur comics de Batman jamais publié. Réparti sur deux lignes temporelles différentes, l’une retraçant le parcours d’un anonyme, comique raté devenant criminel glaçant, l’autre la traque du Joker par Batman, le Prince Clown du Crime ayant kidnappé le commissaire Gordon et estropié sa fille adoptive (tragédie qui l’amènera plus tard à adopter l’identité d’Oracle). Acclamée aussi bien pour le trait d’une précision chirurgicale de Bolland que pour son atmosphère sombre, malsaine et poisseuse, Killing Joke devint vite un incontournable, amenant, près de vingt ans plus tard, à l’adaptation en long-métrage animé qui nous a inspiré ce top 10.

Watchmen_1 1. Watchmen

Publication : Septembre 1986 – Octobre 1987
Détails : Watchmen #1-12
Dessin : Dave Gibbons
Review : Biggy

Ce ne sera une surprise pour personne de voir « le plus grand comics de tous les temps » décrocher la première place de ce classement. Irréprochable au niveau de sa trame, de sa richesse, de sa profondeur de lecture, et de son esthétique, la mini-série de Alan Moore et Dave Gibbons reste encore aujourd’hui une référence en matière de comic book, une sorte d’étalon de la perfection que ses successeurs s’acharneront à égaler.

Dans un univers étrangement semblable aux nôtres, un ex-super-héros, issu de la seconde génération des « Gardiens », est retrouvé assassiné. Un de ses anciens collègues, qui n’a de son côté jamais rangé le costume, suspecte une conspiration visant à éliminer chacun des Watchmen, et se met à la recherche de ses anciens associés pour les prévenir de la menace qui les guette. Mais peut-être que cette menace cache en réalité des dimensions autrement plus ambitieuses… Chef d’oeuvre incontournable, Watchmen a bénéficié en 2009 d’une adaptation sur grand écran par Zack Snyder qui, en dépit d’une fidélité inattendue pour son support d’origine, a rencontré un accueil commercial et critique timide. Une raison parmi tant d’autres de jeter plutôt votre dévolu sur ces douze numéros qui, si c’était encore nécessaire, confirment peut-être le statut de la bande-dessinée en tant qu’art véritable, aux côtés du cinéma et de la littérature.


La carrière de Alan Moore a longtemps été d’une constance assez impressionnante dans sa qualité hors-norme, et on aurait évidemment souhaité s’étaler davantage sur des œuvres comme Tom Strong ou la courte origine donnée au Phantom Stranger, voire même Supreme mais crotte, ça n’était pas chez DC. Est-ce que cette sélection rend justice ou non à l’auteur, ce sera à vous de le dire, mais si elle a pu vous donner envie de vous pencher sur l’un ou l’autre de ses travaux moins connus, c’est déjà une réussite !

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TheHolyBat
TheHolyBat

Perso je préfère The Killing Joke à Watchmen…

Jimmy Wayne
Jimmy Wayne

Moi j’aurais rajoute MiracleMan mais je crois pas que ça soit publié chez DcComics de tête

Skully
Skully

Top ten mériterait mieux !!

Harle
Harle

Une bonne fois pour toutes car on le voit écrit partout, Dorian Gray n’est pas dans les Comics de la Ligue des Gentlemen, uniquement dans le film (où il est d’ailleurs assez éloigné de celui de Wilde).

Spic
Spic

Je suis globalement d’accord avec le classement (sauf pour 2 par ignorance car j’ai pas lu la league et swamp thing…).

Suprême compte pas :p ? C’est quand même un des meilleurs hommages à Superman et une de mes histoires de Superman préféré :D

DarkChap
DarkChap

Une liste intéressante.
Par contre, League of Extraordinary Gentlemen est un comic book creator-owned (ce qui explique que la série soit désormais chez d’autres éditeurs). A la différences des autres adaptations de son travail, Moore a lui-même directement vendu les droits à un studio et les a laissé en faire le résultat qu’on connait, et il ne peut reprocher le résultat qu’à lui-même.

urbanvspanini10
urbanvspanini10

Ferait vous un top 10 sur « les meilleurs travaux de Geoff Johns »?