Fin du mois, vous attendez tous avec impatience la tombée du salaire, et avec encore plus d’impatience la révélation de notre nouveau Top 10 ! À l’approche de l’abandon du sigle New 52, nous avons jugé opportun de revenir sur une ère de DC Comics qui a suscité moult débats auprès des fans, se disputant au sujet d’un univers tout neuf lancé pour attiré d’éventuels nouveaux lecteurs. En vf, Urban a accordé une large place aux New 52, partagée entres ses kiosques (Batman SagaGreen Lantern SagaDC puis Justice League Saga et enfin Superman Saga) et sa collection DC Renaissance en librairie. Pour un listing plus détaillés des sorties nous vous invitons à retourner sur le formidable listing vo et vf des New 52.

Pour ce top, nous essayons une nouvelle formule qui consiste à proposer aux autres membres du staff de rédiger les paragraphes d’entrées qui leur tiennent particulièrement à coeur. Toutes les explications qui ne seront pas expressément signées seront donc de la plume de votre humble serviteur.

Comme d’ordinaire, nous lirons avec intérêt vos propres classements que nous vous invitions à mettre en commentaire !


Batwoman_Vol_2_1 10. Batwoman

Publication : 2011-2015
Noms marquants : J.H. Williams III
ReviewHarley Huntress

Créée par Greg Rucka dans la série hebdomadaire 52Batwoman est une héroïne vivant à Gotham City au costume fantastique tout de rouge et de noir. On retient souvent d’elle son homosexualité, mais ce serait réducteur de se tenir à ce seul aspect pour résumer la carrière du personnage. Le titre New 52, qui à son démarrage était écrit et dessiné par le phénoménal J.H. Williams III (auquel notre bien-aimé Baccano avait consacré un Art Of) s’inscrivait d’une certaine manière dans la filiation d’un run de quelques numéros de Greg Rucka et le même J.H. Williams III sur Detective Comics avant le lancement des New 52 qui mettait également en scène Kate KaneUrban a d’ailleurs décidé de publier cette sorte de prologue dans un Tome 0, avant le Tome 1 qui reprend les premiers numéros de la déclinaison New 52 du titre.

Si vous entendez un mordu de cette série, il y a des chances qu’il vous parle en long et en large, non de l’homosexualité de Kate Kane, mais des planches hallucinantes de J.H. Williams III, qui agit en véritable révolutionnaire des codes esthétiques du comic book dans la manière d’agencer son découpage. Hélas, une fois le grand artiste parti du titre, celui-ci se voit privé d’une grande partie de son intérêt et on ne saurait vous recommander de pousser l’effort jusqu’aux derniers numéros de la série – d’ailleurs Urban a décidé dans ce sens de ne pas aller au-delà du numéro #24.

Earth_2_Vol_1_1 9. Earth 2

Publication : 2011-2015
Noms marquants : James Robinson, Tom Taylor
ReviewBiggy (Green Lantern Saga #13)

Traditionnellement, dans la période pre-Crisis, Terre 2 ou Earth 2 en anglais était la planète où étaient restés les héros de l’Âge d’Or : les premiers Flash et Green Lantern Jay Garrick et Alan Scott, le premier SandmanDr Fate, le Spectre, etc. Autrement dit, tous les membres de la Société de Justice, association de justiciers qui anticipaient la création de la Justice League en 1960. La réapparition des terres parallèles dans les New 52 se fit à deux niveaux : tout d’abord, on la doit un peu à Grant Morrison (qui d’autre?) qui montrait dans les pages d’Action Comics la vision d’une Terre où Superman serait un président des États-Unis afro-américain ; en second lieu, DC Comics décida de lancer, dans la deuxième vague des nouvelles séries, un titre qui se plaçait sur une Terre parallèle : Earth 2.

Cependant, cette planète n’était pas qu’une reprise banale de la Terre 2 pre-Crisis, car si on y retrouvait le roster traditionnel de cette planète (à savoir, les membres de la Justice Society mentionnés plus haut), ceux-ci subissaient une réécriture complète qui pouvait les faire changer d’ethnie (Dr Fate) ou d’orientation sexuelle (Alan Scott). Aux commandes, on retrouvait James Robinson, qui avait accompli un run exceptionnel sur le titre Starman dans les années ’90 mais qui révèle ces derniers temps des trous d’inspiration parfois décevants ; plus tard Tom Taylor, couronné du succès de son travail sur Injustice, s’empara du gouvernail et entreprit de faire exactement ce qu’il avait accompli dans Injustice en faisant de Superman la grande menace de cet univers. Le succès correct de Earth 2 incita DC Comics à lancer une série hebdomadaire en automne dernier se déroulant sur cette planète (Earth 2 : World’s End). L’importance que semble prendre cette terre parallèle dans les publications de DC Comics a incité Urban à rééditer cette série en librairie, alors qu’elle était jusque là réservée au kiosque.

All_Star_Western_Vol_3_1 8. All Star Western

Publication : 2011-2014
Noms marquants : Justin Gray, Jimmy Palmiotti, Jordi Bernet
ReviewFreytaw

Témoin de la variété parfois oubliée des publications New 52, le titre All Star Western s’inscrivait en fait dans la continuité de la série Jonah Hex écrite par les mêmes Justin Gray et Jimmy Palmiotti depuis 2006 et qui en était à son 70e numéro au lancement des New 52. Le nouvel univers marqua toutefois un léger changement de direction pour le titre, qui se rapprocha davantage du DC Universe, en déplaçant l’action à la Gotham City du 19e siècle et en associant le chasseur de prime balafré Jonah Hex – le héros du titre – à Amadeus Arkham.

Rajoutez-y quelques voyages dans le temps et d’autres invités inattendus, et vous obtenez un authentique comic book, en plus poussiéreux, plus sanguinolent et plus western. Une véritable pépite chouchoutée par notre cher Freytaw jusqu’à son annulation prématurée l’an dernier. Aucune publication en français prévue par Urban, mais s’il y a une série qui devrait vous pousser à franchir le pas vers la vo pour en profiter quand même, ça pourrait être All Star Western !

Aquaman_Vol_7_1 7. Aquaman

Publication : 2011-…
Noms marquants : Geoff Johns, Ivan Reis, Jeff Parker, Paul Pelletier
Review : Nathko

Lors de sa création en 1941, Paul Norris et Mort Weisinger ne pensaient sûrement pas que leur personnage serait moqué d’une grande majorité des lecteurs de comics, et pire, même pas ceux qui n’en lisent pas. Un mec qui parle aux poissons, se balade à dos d’hippocampe et s’habille en or et vert, c’est très loin des canons super héroïques d’aujourd’hui. D’autres versions ont vu le jour, un peu plus hargneuses, violentes et visuellement plus brutes. Cela n’a hélas empêché personne de toujours se moquer du personnage parce que finalement il n’a pas non plus un très gros historique si l’on se réfère uniquement à son palmarès qualitatif. Heureusement pour Arthur Curry, les New 52 font lui offrir un nouveau départ et faire de lui un héros comme les autres, et même mieux !

C’est Geoff Johns qui a la lourde tâche de lancer la nouvelle série et pas question pour lui que l’on se moque d’un de ses personnages favoris. Il va alors tout mettre en œuvre pour faire d’Aquaman est héros qui mérite d’être respecté en lui offrant un univers bien à lui, une mythologie riche et qui s’enrichit toujours plus encore aujourd’hui alors que Jeff Parker a repris le flambeau. Entre crossover hollywoodien et histoire personnelle, Arthur a droit à des aventures bourrées d’action, de mystère et de sentiments contraire. À la veille de Convergence et de l’arrivé d’un nouvelle auteur sur la série, Aquaman est une valeur sûre pour tous les lecteurs de comics...
– Nathko

Batman_Incorporated_Vol_2_1 6. Batman Incorporated

Publication : 2011-2013
Noms marquants : Grant Morrison, Chris Burnham
Review : Biggy

Techniquement rattachée aux New 52, la déclinaison New 52 de Batman Incorporated (puisqu’il existe en effet une première série Batman Incorporated qui s’acheva juste avant le lancement des New 52) prend en réalité ses racines bien des années plus tôt, dès l’arrivée de Grant Morrison aux commandes du titre Batman. Conclusion fantastique de son run, elle jure un peu avec le côté ‘vierge’ des autres séries puisqu’elle est intrinsèquement liée avec le travail accompli par Grant Morrison en amont. D’ailleurs, Urban a décidé de ne pas publier cette dernière ligne droite dans la collection DC Renaissance, mais dans la collection DC Signatures où l’éditeur a rassemblé tout le travail de Morrison sur la Chauve-Souris.

Batman Incorporated, c’est une association de justiciers inspirée des ‘Batmen de tous les pays’ du Silver Age, dirigée par Bruce Wayne pour lutter contre le terrorisme moderne de la mystérieuse organisation Leviathan. Mais si on ne devait retenir qu’un seul apport de Grant Morrison de toute son oeuvre sur Batman, ce serait à n’en pas douter la création de Damian Wayne, le fils de Bruce Wayne et de Talia Al-Ghul, qui est au centre de l’intrigue étalée sur ces douze numéros, profitant d’une écriture excellente qui arracha des larmes à des nombreux lecteurs à la conclusion du titre. Grant Morrison = 5 étoiles, parfois, nos running jokes sont justifiés.

Green_Arrow_Vol_5_17 5. Green Arrow

Publication 2011-…
Noms marquants : Jeff Lemire, Andrea Sorrentino
Review : Deiimo

Après des débuts difficiles marqués douloureusement par le passage de l’effrayante Ann Nocenti, l’Archer Vert n’a reçu le traitement qu’il méritait qu’à partir du numéro #17, qui signa l’arrivée d’une nouvelle équipe créative de choc constituée de Jeff Lemire et Andrea Sorrentino. Tandis que le second fournissait des planches à se rouler par terre tellement c’est beau, Jeff Lemire approfondissait le background d’Oliver Queen en développant son passage sur l’Île, en jouant avec sa relation avec son père et en l’opposant aux Outsiders. Parallèlement, des ponts étaient jetés vers la série de la CW avec par exemple l’introduction du personnage de Diggle, une manière peut-être d’inciter des téléphiles à franchir le pas vers les comics.

En éditeur avisé, Urban a boudé le titre jusqu’à l’arrivée de Lemire, qui le poussa d’abord à intégrer la série aux abonnées présentes du magazine Justice League Saga, avant d’aller encore plus loin en accordant une place à Green Arrow dans leur catalogue DC Renaissance.

Batman_Vol_2_1 4. Batman

Publication : 2011-…
Noms marquants : Scott Snyder, Greg Capullo
Review : Deiimo

Inutile de vous présenter le Chevalier Noir qui est la tête d’affiche de DC Comics depuis maintenant 75 ans (n’en déplaise aux fans de l’Homme d’Acier). Le personnage créé par Bill Finger et Bob Kane continue ses aventures dans différents titres des New 52, dont celui-ci est le porte étendard. Chapeauté par le scénariste Scott Snyder et l’artiste Greg Capullo, le titre est le seul chez DC Comics à se vendre à plus de 100 000 exemplaires par mois, et Urban le sait bien puisque le titre peut se retrouver chez l’éditeur à la fois au format librairie et au format kiosque.

Scott Snyder a une volonté de s’approprier la mythologie de Batman et surtout d’en construire une nouvelle, d’apporter du changement, ce qui se manifestera par la création de nouveaux vilains (La Cour des Hiboux), d’une relecture des origines du personnage (An Zéro) ou du changement de statu quo de personnages iconiques (Endgame). Avec la venue d’un All-New Batman en juin 2015, nul doute que Snyder n’a pas fini de transformer le Bat-verse à son bon vouloir, et si l’homme reste critiqué par certains pour ses conclusions d’arc, le succès critique et commercial de son run est indéniable.
– ArnoKikoo

Wonder_Woman_Vol_4_1 3. Wonder Woman

Publication : 2011-…
Noms marquants : Brian Azzarello, Cliff Chiang
ReviewNathko

Pour le relaunch des New 52DC Comics plaça à la tête du titre de Wonder Woman une équipe de choc : Brian Azzarello (100 BulletsHellblazer) au scénario, et Cliff Chiang (Human Target) au dessin. Les deux bonhommes, qui avaient déjà collaboré sur Tales Of The Unexpected, ont accompli dès le début un formidable travail qui a enchanté les fans, et c’est les yeux couverts de larmes qu’on apprit leur départ du titre au numéro #35.

Partant d’une retcon sur les origines de Wonder Woman en faisant la fille illégitime de Zeus, Brian Azzarello a emprunt le titre d’une direction mythologie savoureuse, construisant son intrigue autour du personnage de Zola, maîtresse de Zeus enceinte de celui-ci pourchassée par Héra. Cet aspect mythologie doit s’entendre au sens large, puisque c’est également un des titres des New 52 qui impliquaient le plus le Fourth World de Jack Kirby, une mythologie en soit également.

The_Multiversity_Vol_1_1 2. The Multiversity

Publication : 2014-2015
Noms marquants : Grant Morrison, Ivan Reis, Jim Lee, Frank Quitely
Review : Freytaw

Il est amusant que constater que souvent lorsqu’un projet est très attendu, sa sortie est au final décevante. Quand on sait que Grant Morrison travaille sur The Multiversity depuis au moins 2008, dire que le titre était attendu au virage serait un euphémisme ! Je vous vois venir, on est dans un top sur les titres New 52, alors que vient y faire The Multiversity ?? Sachez qu’un débat identique a eu lieu au sein des bureaux de DC Planet et au final la vision large de la chose a été validée. Car en effet, bien que publié en parallèle des titres New 52, cette mini série de huit épisodes propose un tour d’horizon des différentes Terres du Multivers DC. On y retrouve une série de one-shots qui peuvent se lire indépendamment (car tous focalisés sur une seule terre en particulier) mais qui pourtant lus dans l’ensemble forment une histoire complète reliée par un fil conducteur : le comics !

Est-ce que selon moi The Multiversity est une réussite ? Oh que oui, et haut la main ! Pourquoi ? Pour différentes raisons. L’hommage clair et assumé à DC Comics, ses différents personnages et son histoire. Chaque histoire est à la fois accessible pour le plus grand nombre (sauf quand même pour un néophyte absolu) tout en proposant pléthore de références, clins d’oeils et même réinterprétation qu’un passionné prendra plaisir à découvrir. Multiversity c’est juste génial, seul l’avenir nous dira si cette série mérite le statut de chef d’oeuvre mais je ne suis pas trop inquiet.
– Hyanda

Batman_and_Robin_Vol_2_1 1. Batman & Robin

Publication : 2011-2015
Noms marquants : Peter J. Tomasi, Patrick Gleason
Review : ArnoKikoo / SuperAudy

Batman & Robin, c’est pas la meilleure série du siècle, mais c’est ma préférée des New 52. Pourquoi ? Car elle est portée par un Damian Wayne tout en force, mauvais caractère et émotion. C’est une lutte perpétuelle et poignante entre le fils et son père qui n’est autre que Batman, le seul et unique. Peter J. Tomasi nous livre un duo qui affronte tout à tour des ergots, des gang de Jokers, le Joker lui même, puis un destin tragique qui nous apporte une multitude de duos avec des guests comme la Bat-family, Frankenstein, Wonder Woman, Aquaman, papi al Ghul et même un détour à Apokolips .Que dire de plus ? Il y a tout dans cette série ! Et puis bon, c’est pitchoune quoi <3
– Harley Huntress

Un grand classique des New 52 qu’on peut retrouver en vf à la fois dans une série dédiée dans la collection DC Renaissance et dans les kiosques Batman Saga !


Si c’est Batman & Robin qui décroche, et de loin, la première place de notre classement grâce au merveilleux travail de Tomasi sur la relation entre Damian et Bruce, c’est en revanche The Multiversity qui a conquis le plus de premières places en interne, figurant en tête de six des classements personnels – contre quatre pour Batman & Robin. La compatibilité la plus réussie revient à MadAsAHatter dont le seul choix qui ne figure pas ici est The Flash ; à l’inverse la dissidence se trouvera chez Nathko et Deiimo, qui ont opté pour des choix aussi saugrenus que Red LanternsJustice League Dark ou encore Demon Knights et Frankenstein : Agent of S.H.A.D.E. (deux séries pas mauvaises du tout mais à la reconnaissance réduite hélas). À noter que Nathko, en plus de son top 10 régulier, s’est contenté de mettre ‘Grant Morrison‘ en position 0 de son classement pour ne pas avoir à trancher au milieu des travaux de l’auteur super-créatif.

Si les New 52 ont attiré moult critiques, ce classement sera peut-être une preuve qu’on y trouve aussi des bonnes choses. On relèvera que s’il s’accorde avec les chiffres de vente sur certaines entrées (The MultiversityBatman), All Star Western par exemple ne galopait pas au sommet des ventes (ce qui a entraîné son annulation prématurée), tandis que d’autres pourtant vendeurs comme Justice League ou Green Lantern n’ont pas été retenus par le staff. À ce sujet, le Green Lantern-verse dans son ensemble a été largement boudé, n’apparaissant quasiment pas dans les sélections à l’exception d’une pioche de Red Lanterns ici et d’une pioche de Green Lantern là.

À vous maintenant ! Que retenez-vous des New 52 ?


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