Review VF – Flashpoint Beyond

urban comics

Onze ans après Flashpoint, Geoff Johns revient avec Flashpoint Beyond sur cet univers qui a bouleversé en profondeur l’histoire de DC Comics. Le pari est osé : ce monde est censé ne plus exister, tandis que son Batman est mort il y a peu, et les deux signent pourtant ici leur grand retour. Est-ce la suite de trop ou un nouveau coup de maître ?

Flashpoint Prélude

Il était une fois deux auteurs : Jeremy Adams et Tim Sheridan, chacun ayant d’abord débuté dans la section animation de DC avant d’écrire leurs propres comics (The Flash pour le premier, Teen Titans Academy pour le second). Un beau jour, les deux amis ont une idée : et si Flashpoint existait encore ? Ils se dirigent alors vers l’éditeur et Geoff Johns pour proposer leur projet. Ainsi naquit Flashpoint Beyond : pas de l’initiative du concepteur de cet univers, mais de celle de deux fans désireux de poursuivre les aventures de Thomas Wayne.

Il faut dire que le Batman de cet univers alternatif n’a jamais vraiment disparu. Lors de Rebirth, il apparaît dans le crossover Le Bouton où il rencontre son fils, avant de revenir dans le run Batman de Tom King en tant qu’antagoniste souhaitant détourner Bruce de la voie de Batman. Comprenant qu’il ne s’agit pas pour son fils d’un fardeau mais d’un symbole d’espoir, Thomas accompagne finalement la Justice League Incarnée dans leur voyage à travers le Multivers, où il périt par la main de Darkseid (ça vous semble familier ?). Comme si la mort ne voulait pas de lui, le voici à présent de retour dans un monde ayant lui aussi miraculeusement survécu et évolué. 

Thomas Wayne se réveille dans le monde de Flashpoint qu'il croyait disparu

Passation de pouvoir

S’il n’est pas à l’initiative de ce projet, Geoff Johns ne fait pas que le valider : il en est auteur. C’est même lui qui ouvre le titre dans un numéro #0 qu’il écrit seul, accompagné aux dessins par Eduardo Risso, qui signait déjà la mini-série Batman Knight of Vengeance (compilée dans Le Monde de Flashpoint Tome 1). Celle-ci relève d’ailleurs (avec Flashpoint) d’une importance plutôt significative ici, tant pour mieux saisir le contexte dans lequel évolue Thomas que ses origines et sa psyché. Les autres lectures précédemment citées sont quant à elles toujours bienvenues mais moins essentielles, si ce n’est pour mieux comprendre l’intensité de Thomas qui a pu rencontrer son fils pour le perdre cruellement une nouvelle fois.

Ce sentiment est renforcé par le retour de Risso, qui n’a rien perdu de sa superbe et nous permet de replonger immédiatement dans cet univers déformé et impitoyable. Pour la suite, il transmet les rênes au tout aussi talentueux Xermanico, dont le style tranche radicalement tout en s’inscrivant à merveille dans le monde de Flashpoint. Plus accessible que son prédécesseur, l’artiste apporte beaucoup de structure dans ses pages, qu’elles arborent un découpage très classique ou un cadre plus stylisé pour certaines scènes. De plus, que ce soit dans les traits ou la colorisation, l’esthétique se veut plus spectaculaire et solennelle. A sa patte s’ajoute celle tout aussi reconnaissable et efficace de Mikel Janin pour les parties du récit se déroulant à l’extérieur de Flashpoint.

Batman est là pour botter des culs

C’est également une fois le prologue passé que Sheridan et Adams rejoignent Geoff Johns à l’écriture, qui tient alors en plus un rôle de mentor et superviseur. De leurs propres mots, Adams se démarque par sa passion débordante pour l’univers DC, qui rejoint celle de Johns, ainsi que son goût pour les récits riches en action et en cœur. Sheridan, quant à lui, se dit plus intéressé par les dynamiques et émotions des personnages, qu’il met au centre du récit. Tout en servant de guide au sein de son univers, Johns module et assure un équilibre entre les talents et idées des deux jeunes auteurs, qui parviennent à insuffler de leur âme au récit de façon parfaitement organique.

Quand rien ne compte

Pour Geoffrey Johns, une histoire ne peut exister sans avoir en son cœur un arc émotionnel puissant, autour duquel on peut ensuite faire graviter des concepts plus larges. C’est exactement ce que l’on trouve avec ce Thomas Wayne toujours incapable de faire le deuil de son fils, pour lequel il est plus que jamais prêt à tout. Pour le personnage, Flashpoint n’est qu’une erreur qui n’aurait jamais dû se produire et qui s’effacera à nouveau une fois sa quête réussie. Tout en s’inscrivant dans un concept de science-fiction, le trio Johns-Sheridan-Adams livre un récit terre-à-terre et humain qui explore la notion universelle du deuil et le cynisme qu’il provoque. “Rien ne compte” devient alors le mantra nihiliste de ce Batman qui ne se soucie plus des conséquences de ses actions, qu’importe qui elles blessent ou la trainée de poudre laissée derrière lui.

Thomas délaisse l'orphelin qu'il a recueilli

Thomas Wayne n’est cependant pas le seul Chevalier Noir naviguant en eaux troubles, son fils (le Batman que l’on suit chaque mois) prenant lui aussi des allures de vilain. Bruce se révèle rapidement comme celui manipulant l’espace-temps (il va falloir accepter quelques facilités scénaristiques), jouant donc avec le sort de son père qui, lui, est poussé par l’idée que son fils a su devenir un Batman agissant pour le Bien. Cocasse. En dressant un portrait aussi surprenant, les auteurs jouent avec nos attentes et ajoute une nouvelle couche de mystère qui mêle elle-aussi le méta-physique à l’humain. Étroitement liées, les deux intrigues influent avec une certaine ironie l’une sur l’autre jusqu’à un final aussi puissant que touchant. En s’opposant à la philosophie du « tout compte” actuellement en vigueur chez DC Comics, l’auteur lui ajoute du sens et tire une conclusion toute sauf cynique.

Le Divin Continuum

A l’heure où le concept du Multiverse s’est largement popularisé et tient la place centrale chez DC, notamment avec Dark Crisis, l’auteur choisit de développer son autre versant : l’Hypertime. Conceptualisé par Grant Morrison et Mark Waid des années plus tôt, celui-ci constitue la face temporelle du DCU. Johns en profite alors pour remettre à plat la cosmogonie de l’univers et théorise avec pédagogie un grand tout qu’il nomme le Divin Continuum. Il ne s’agit pas de se l’approprier dans un trip mégalomaniaque, mais de mêler ses travaux à ceux de ses collègues pour justement poser un ensemble cohérent et unifié. Son œuvre s’intègre d’autant plus dans la continuité qu’il sème des références aux récits qui se déroulent parallèlement (et même à d’autres abandonnés).

La montre de Janey Slater stabilise la boule à neige

S’il joue collectif, Johns ne perd pas le nord pour autant puisque cela sert également ses propres intérêts. Flashpoint Beyond a beau être un récit résolument complet, il sert aussi de rampe de lancement aux futurs projets de l’auteur, pour lesquels il sème de nombreuses pistes. Ce récit lui-même s’inscrit dès les premières pages comme une forme de suite à Doomsday Clock (qu’on vous conseille même s’il n’est pas nécessaire de lire ici), principalement pour permettre la résurrection de l’univers Flashpoint, mais aussi pour dévoiler la plus grande ambition de Johns.

Flashpoint Beyond, c’est la combinaison idéale entre une histoire poignante sur le deuil et une exploration fascinante de la cosmogonie de DC. Alors qu’il aurait pu s’avérer superflu, ce retour collégial de Flashpoint prolonge son aîné avec intelligence et le surpasse aisément. Plus discret ces derniers temps, Geoff Johns prouve qu’il n’a rien perdu de son talent et a encore beaucoup à raconter sur l’univers DC pour lequel il lance d’ambitieux projets.

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LE MONDE DE FLASHPOINT, À l’ORIGINE DU GRAND BOULEVERSEMENT DE 2011, EST DE RETOUR !

Après avoir tout sacrifié pour aider Flash à remodeler l’univers et sauver la vie de Bruce Wayne, Thomas Wayne se réveille dans un monde qu’il croyait disparu. Contraint d’enfiler à nouveau le masque de Batman, il arpente les rues de Gotham à la recherche de réponses. Une quête qui pourrait bien l’envoyer aux quatre coins du monde ; notamment en Europe.

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