Introduction

1. Les fondations (2012)

2.  L’univers se partage (2013-15)

3. Des frontières en mouvement (2014-16)

4. Politisation et Transmédia (2015-17)

5. Les prémices de Crisis (2018)

6. La fin d’une ère (2019-20)

2. L’univers se partage (2013-15)

The Flash : Le début d’un univers partagé

Malgré une volonté de ne pas présenter de méta-humains ou de concepts loufoques comme le voyage dans le temps, Berlanti a lancé dès la première saison l’idée d’introduire The Flash. Il faut savoir que Greg Berlanti et Marc Guggenheim n’en sont pas à leur coup d’essai avec le personnage puisqu’ils avaient écrit ensemble le scénario d’un film dédié au personnage et qui aurait du se placer dans l’univers partagé débuté par Green Lantern. Ce dernier s’est finalement vu être un échec et a entraîné avec lui tout l’univers qu’il aurait du introduire. Mais Berlanti et Guggenheim n’ont pas dit leur dernier mot, et réutiliseront les grandes lignes du scénario du film pour l’intrigue de la première saison de The Flash (découvrez-en plus ici).

Greg Berlanti est un fan du personnage qui lui a laissé un souvenir indélébile dans Crisis on Infinite Earths. “Barry Allen n’était pas le super-héros le plus fort, le plus vieux ou le plus sage, mais il avait le plus grand cœur et croyait qu’il était de son devoir d’agir ainsi, même si cela signifiait de faire le sacrifice ultime.” Un amour qu’il partage avec Geoff Johns, auteur culte qui a longtemps écrit sur Wally West et a ramené Barry Allen d’entre les morts en 2009. Ayant déjà travaillé sur Arrow, notamment pour introduire Huntress, c’est tout naturellement qu’il se joint aux festivités quand il s’agit de son personnage préféré.

Barry Allen dans Arrow + The Flash
Médaillon jaune : Geoff Johns / Médaillon vert : Greg Berlanti

C’est ainsi que Barry Allen se retrouve à visiter Starling City dans les épisodes The Scientist (S02E08) et Three Ghosts (S02E09), espérant trouver une piste sur le mystérieux meurtre de sa mère. Alors que Arrow a mis en place une substance dopante pas très vraisemblable (le fameux Mirakuru), il s’agit du moment opportun pour introduire un personnage à la recherche de l’impossible. À la fin du deuxième épisode, Barry Allen rentre à Central City et se fait frapper par la foudre, c’est le début de The Flash. Si le personnage devait initialement apparaître dans un troisième épisode d’Arrow servant de backdoor pilot (un premier épisode de spin-off au sein de la série mère), la CW a été si impressionnée qu’elle a immédiatement donné son feu vert pour un pilot (un premier épisode) en bonne et due forme.

The Flash vole alors de ses propres ailes, et sera d’après Geoff Johns la série DC la plus représentative des valeurs de l’éditeur. Dans cette optique, Barry se voit très rapidement donner le nom de Flash ainsi qu’un costume réalisé sans concession. Le choix de l’acteur est déjà effectué, et il s’agit encore une fois du premier postulant qui remporta le gros lot. Si Grant Gustin n’avait pas l’âge ou même la capillarité recherchée initialement, il a immédiatement conquis le cœur de Peter Roth, qui considère Gustin comme l’incarnation du cœur et de l’âme de Flash.

The Flash se pose comme une série indépendante qui ne nécessite pas de suivre Arrow, mais se place tout de même dans la lignée de sa prédécesseur. Pour commencer, le premier épisode reprend directement là où Arrow avait laissé le personnage. Mais surtout, elle assume être la seconde pierre d’un univers plus grand, preuve en est la scène où Barry vient chercher conseil auprès d’Oliver, qui contribuera à faire de lui le héros qu’il est.


Le premier crossover

Étant donné que The Flash a fait ses débuts dans Arrow, l’idée de croiser les deux séries à nouveau allait de soi, et fut ainsi prévue dès le début. Il faut dire que les scénaristes de ces deux séries sont eux-mêmes fans de comics, médium dans lequel il est plus que courant de voir les protagonistes de chaque titre interagir entre eux, soit pour s’affronter ou coopérer. “Flash vs Arrow” naît ainsi de ce vieux fantasme de fan : l’opposition entre deux héros pour voir qui sortirait vainqueur. Quand l’entourage des deux héros débat pour savoir qui gagnerait dans un combat (qui se produit en fin d’épisode), c’est l’âme d’enfant des scénaristes qui s’exprime. Qui plus est, avec un crossover en deux parties, Arrow et Flash ont également l’opportunité de coopérer contre un ennemi commun. Pour une première réunion, le programme est déjà complet.

Flash vs Arrow

En réalité, le seul vrai imprévu pour ce crossover est sa date de diffusion, puisqu’il était envisagé qu’il se déroule dans le septième épisode de chacune des deux séries, avant qu’il se soit déplacé un épisode plus tard pour raison budgétaire. Tous les crossovers à venir garderont ce créneau jusque Elseworlds, à savoir celui de l’épisode précédant le mid-season finale. Réaliser un crossover en fin de saison serait impossible vu la quantité de travail déjà demandée à cette période, chaque série ayant déjà fort à raconter individuellement. Pour autant, Berlanti & cie n’abandonnent pas complètement l’idée et font débarquer Oliver dans l’avant-dernier épisode de The Flash, et vice-versa.


Supergirl : L’univers se décline sur CBS

En septembre 2014, le site Deadline annonce qu’une série télévisée portant sur une nouvelle interprétation de Supergirl serait en cours de développement par Greg Berlanti et Ali Adler (Chuck, Glee). Ne portant pas encore de nom bien défini (on réfléchit à inclure “Super” ou “Girl” sans savoir comment), le projet n’a pas encore de chaîne pour le recevoir. CBS ne disposant pas encore de série de super-héros, c’est elle qui accueillera Supergirl. Un choix stratégique puisqu’il permet de développer l’univers DC sur tous les networks, mis à part AMC qui est inaccessible de par son affiliation à Marvel. À travers ce choix de CBS, Supergirl s’inscrit dans un format procédural propre à la chaîne, c’est-à-dire une enquête différente à résoudre chaque semaine.

Cette acquisition entre parfaitement dans la volonté de la chaîne, qui souhaite proposer un large panel de séries féminines et féministes. Pour Nina Tassler, la présidente de CBS, Supergirl est l’occasion de dépeindre un arc sur la longueur, celui d’une femme qui se construit comme indépendante et accomplie, en embrassant aussi bien ses forces que ses insécurités. Les comics ont beau servir d’inspiration, Kara Danvers luttera bien avec ses propres problèmes, qu’ils soient familiaux ou professionnels, quitte à s’éloigner des tenants plus “super-héroïques” et verser dans la comédie romantique (ce qui laisse perplexe certains).

Supergirl Saison 1
En haut gauche : Ali Adler / En bas à gauche : Nina Tassler

Pour incarner un personnage aussi fort et important, CBS n’a pas l’intention de choisir la première venue (bien que ce soit encore une fois ce qu’il s’est passé). Selon Nina Tassler, qui se définit elle-même comme une féministe, l’actrice doit incarner à la fois la fraîcheur et l’exubérance d’une jeune femme relevant les défis du monde d’aujourd’hui, et surtout, pouvoir porter à elle seule une série si importante. Parmi les prétendantes, on trouve Melissa Benoist, connue à ce moment pour son rôle dans Glee (tout comme Grant Gustin lorsqu’il fut choisi pour incarner Barry Allen).

C’est le coup de cœur pour le directeur de casting David Rapaport, qui indiquera que l’optimisme de son audition fut tel qu’il a influencé l’écriture du pilote. Pour mettre toutes les chances de son côté, Rapaport fait en sorte que Benoist soit la première à être vue par les producteurs, comptant alors sur le caractère superstitieux de Greg Berlanti et Andrew Kreisberg. Quand bien même, le processus de sélection dure pas moins de trois mois, la chaîne doutant du manque d’expérience de Melissa Benoist, qui obtiendra tout de même le rôle en janvier 2015 après moult auditions.


Heroes Join Forces : Legends of Tomorrow

Dès janvier 2015, l’idée d’un nouveau spin-off est évoquée par Greg Berlanti, qui indique que de premières conversations ont été entamées pour le personnage de Ray Palmer, aka The Atom. Il ne faudra attendre qu’un mois pour que ce projet soit confirmé, mais sous une autre forme puisqu’il s’agira d’une série d’équipe. Le casting se révèle alors constitué de personnages secondaires de The Flash et Arrow : Ray Palmer, Leonart Snart, Mick Rory, Martin Stein et Sara Lance. Alors même qu’un pilot n’a pas encore été diffusé, et encore moins tourné, la CW commande au mois de mai une saison entière de ce qu’on apprend être nommé Legends of Tomorrow. La chaîne diffuse pourtant un premier trailer présentant le concept et l’équipe (dont le meneur, Rip Hunter incarné par Arthur Darvill), fruit de scènes inutilisées des autres séries et d’un tournage d’un soir par Glen Winter, un vétéran déjà à l’office sur Flash vs Arrow ou encore le pilote de Supergirl (entre autres), et qui réalisera également les deux premiers épisodes de Legends. Rien ne sera réutilisé par la suite.

Legends of Tomorow 1er trailer + Heroes Join Forces
Oliver Queen et Barry Allen sont présents dans le 1er trailer de Legends of Tomorrow

Après que Mark Pedowitz (président de la CW) ait annoncé en début d’année vouloir rendre annuel le principe du crossover, on apprend en août que celui de 2015 servira de rampe de lancement pour Legends of Tomorrow. Une nouvelle façon d’aborder le concept qui s’accorde à la volonté de Berlanti & cie, souhaitant éviter la redondance, apporter du neuf et créer un nouveau challenge chaque année. Alors que le précédent crossover était divisé en deux parties distinctes, celui-ci racontera une seule et même histoire à suivre dans Arrow et The Flash. Forts de leur première expérience, Berlanti & cie savent désormais qu’une majorité de spectateurs regardent les deux séries et les voient comme un ensemble. La chaîne et Warner Bros leur accordent également un soutien supplémentaire, leur permettant de ne pas avoir à se soucier des mécaniques de diffusion.

Pensé en amont, le projet se paye le luxe d’être préparé en douceur au sein des deux séries mères, notamment avec l’introduction de Jax Jackson (Franz Drameh) Kendra Saunders (Ciara Renée) dans The Flash. Le crossover Heroes Join Forces finira de présenter les deux derniers membres du casting avec Carter Hall (Falk Hentschel) et Vandal Savage (Casper Cramp), véritables moteurs de l’intrigue qui se jouera dans Legends. En réalité, il ne s’agit pourtant pas de leur première performance dans ces rôles puisque le tournage de Legends a déjà commencé, quelques semaines avant celui de Heroes Join Forces. Une coopération d’autant plus importante est alors demandée entre les équipes, qui devront faire coïncider les agendas de chaque acteur et leur imposer des changements de plateaux permanents. Ces difficultés, les showrunners les utiliseront malgré tout à leur avantage puisque cela permet de renforcer la cohérence de leur univers et l’inter-connexion des séries. Legends of Tomorrow met cependant cet équilibre fragile en danger puisqu’il y sera question de voyage dans le temps, il est donc important d’y édicter des règles strictes.

Legends of Tomorrow Saison 1 vs Saison 3
En médaillon : Phil Klemmer / A droite : Beebo, symbole du “nouveau” Legends of Tomorrow

Lorsque Phil Klemmer arrive sur le projet en tant que showrunner, Legends of Tomorrow n’existe que théoriquement et se construit par la main de Berlanti. Autrement dit, Klemmer n’est pas le commanditaire, mais bien un exécutant qui, de son aveu, ne connaît au départ que les pouvoirs des personnages. La saison 1 est diffusée, peine à trouver sa voie, sa tonalité, et ne convainc qu’à moitié. La CW renouvelle pourtant sa confiance à travers la commande d’une suite sur laquelle se greffera Keto Shimizu en tant que productrice exécutive, et qui développera avec Klemmer un nouvel état d’esprit pour la série, plus centré sur la comédie, les voyages dans le temps et le dysfonctionnement de l’équipe. Si la saison 1 nous révélait que les “Legends” étaient finalement des ratés, la saison 2 jouera pleinement là-dessus. Autre changement de plan : alors que Legends se voulait initialement être une série anthologique mettant en avant une toute nouvelle histoire et équipe à chaque saison, un format plus traditionnel est finalement emprunté.

3 COMMENTS

  1. Très cool comme dossier, Malgré tous ses défauts, l’Arrowverse aura au moins le mérite d’avoir lancé ce qui semble être un futur radieux pour les séries DC Comics, passant d’une adaptation non assumée à un comic book à la construction d’un multivers rassemblant toutes les adaptations Live Action de la maison d’édition, ces séries qui vont bien plus loin que ce dont les films sont capable de nous offrir en terme de générosité d’adaptations… ?

  2. Bon dossier ! C’est sympa d’en savoir un peu plus sur les dessous de la réalisation des séries de la CW

    Après j’avoue que c’est bizarre, pourquoi Warner interdit qu’il y est Deathstroke et la Suicide Squad à la télé avant qu’ils apparaissent dans des versions cinématographiques. Pourquoi la section cinéma n’autorise pas que la section télévision développe leurs versions ? Par peur qu’une version existante cache la visibilité d’une nouvelle ?
    Pour le reste je suis quand même sceptique pour la suite de l’univers partagé de la CW. Pour moi ça va avoir le même problème que Endgame, après avoir fait un final grandiose/épique pour son univers qui semble sonner comme une conclusion, est ce que le public va suivre ? Va t’il trouver l’intérêt de continuer un univers qui semble avoir trouvé une fin ?

    Bref, très bon boulot Moca pour ce dossier, j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire.

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