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Superman infinite tome 3

Superman Infinite Tome 3 – Urban Comics – 17€

  • Scénario : Phillip Kennedy Johnson
  • Dessin : Daniel Sampere, Miguel Mendonça, Ricardo Federici, Dale Eaglesham, Will Conrad

Après un second tome de transition, Superman Infinite saute enfin à pieds joints dans la mission de libération de Warworld. Le titre retrouve alors son auteur principal, Phillip Kennedy Johnson, bien décidé à faire vivre à ses personnages la plus grande épreuve de leur existence.

Warworld : l’affrontement final ?

Maintenant que les enjeux sont posés et la tension insufflée, PKJ se permet d’aller droit à l’essentiel et oppose Superman et Mongul dès le second numéro de ce nouvel arc. Malgré le départ de l’excellent Daniel Sampere, qui signe le premier numéro et laisse sa place à Miguel Mendonça puis Ricardo Federicci, le grand spectacle est bien au rendez-vous et donne à chaque personnage son moment. Néanmoins, si les hostilités débutent aussi tôt, c’est pour y donner fin tout aussi rapidement. L’auteur ne recule réellement devant rien pour nous démontrer à quel point Mongul est une menace à prendre au sérieux tant il est préparé.

Superman et la nouvelle Authority font face à Mongul et ses généraux

Plus encore, il s’agit de mieux intensifier le défi de nos héros. Il n’est ici pas question d’une « simple » histoire de libération apportée à coups de poings par des étrangers venus en sauveurs. A leur surprise, Superman et son équipe ne sont pas acclamés mais rejetés par les nombreux esclaves de Warworld, qui vénérent leur oppresseur Mongul comme leur propre héros défendant leurs intérêts. Inspiré par son expérience de volontaire dans la lutte contre le traffic d’êtres humains, PKJ dépeint des individus dont l’esprit a été retourné pour valoriser leurs chaînes.

Un voyage d’apprentissage

Ainsi, quand bien même Superman parviendrait à vaincre Mongul, les esclaves de Warworld resteraient prisonniers de leur formatage et considéreraient cette libération comme le réel asservissement. Pour PKJ, un changement durable ne peut être provoqué de l’extérieur mais doit provenir du peuple lui-même. Il dépossède alors l’homme d’acier de son costume et de ses pouvoirs et en fait à son tour un esclave qui devra combattre pour sa vie et apprendre à connaître la culture warworldienne.

Superman devient gladiateur sur Warworld

A travers la saga du Warworld, l’auteur souhaite en réalité tester et démontrer le véritable pouvoir de Kal-El : sa capacité à inspirer le meilleur, même dans le pire environnement. Toujours dépeint comme un roc inébranlable, le héros n’est pas amené à changer mais à enseigner : il est le centre de gravité autour duquel évolue tous les autres personnages. Si les esclaves de Mongul ont appris à considérer l’entraide et l’empathie comme des faiblesses, Superman leur montre concrètement qu’il s’agit au contraire de la plus grande des forces.

Un récit choral et dense

Si Superman est assurément le cœur du récit, le soleil de ce système, PKJ n’en oublie pas pour autant ses planètes et satellites. Après tout un tome à introduire la nouvelle Authority, il serait bien dommage de la mettre de côté, et ce n’est clairement pas l’intention de l’auteur (qui l’a par ailleurs composé avec Morrison). Rapidement séparés, chacun des membres de l’équipe suit son propre arc découlant organiquement de l’affrontement débutant le tome, sans jamais que cela ne puisse être ennuyeux même le lecteur le moins familier. Parmi eux, PKJ montre une affection particulière pour Midnighter qui est écrit avec grande saveur dans le dernier numéro où il tient la place du protagoniste.

Un esclave de Warworld découvre l'espoir grâce à Superman

Dans le même temps, l’auteur continue son développement de la culture et mythologie de Warworld, mais sans pour autant effacer ce que ses prédécesseurs ont pu en faire. Il joue au contraire de cette multiplicité de versions et fait littéralement de cette planète une superposition de couches d’histoires enfouies les unes sous les autres. Au-delà du simple plaisir que procure l’exploration d’un environnement aussi vivant et complexe, rien ne se montre superflu, chaque élément nourrit le récit.

Avec le retour de Phillip Kennedy Johnson, Superman Infinite confirme être un indispensable pour tout fan de l’homme d’acier. Avec la saga du Warworld, l’auteur mélange son amour du personnage et de la fantasy pour créer un récit captivant, riche et poignant. Grâce au cadre idéal qu’il a construit, rarement n’auront été aussi bien démontrées la puissance et la pertinence des valeurs du héros.

Mocassin

Mocassin

Dernier représentant de la tribu des Mocassins, il prit le nom de celle-ci afin de la faire perdurer. Avant de s'exiler sur les terres dites civilisées, il trouva une pantoufle précieuse. Plus tard, il comprit qu'il avait en sa possession la pantoufle unique, la maîtresse des dix-neuf autres chaussons. Il était devenu le seigneur des godasses. Avec ce nouveau pouvoir, il fonda la communauté des fragiles, où seuls les braves osant exprimer leurs sentiments étaient acceptés.