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Robin
robin infinite tome 1

Robin Infinite Tome 1 – Urban Comics – 16€

  • Scénario : Joshua Williamson
  • Dessin : Gleb Melkinov

La nouvelle ère Infinite Frontier a bénéficié à certains personnages, dont Robin, qui se voit consacrer un titre solo. Après avoir vécu des aventures en équipe (avec les Teen Titans et les Super Sons), Damian Wayne quitte toute attache et décide de mener ses aventures seul. Pour les écrire, c’est nul autre que l’architecte de ce relaunch, Joshua Williamson, qui s’attèle à la tâche avec le dessinateur Gleb Melkinov.

L’esprit Shōnen

Amateurs de shonen, Robin Infinite s’adresse à vous ! Dans la pure tradition du genre, il est en effet ici question d’un tournoi opposant les plus terribles combattants. Néanmoins, ne vous attendez pas à voir entrer en compétition de grands noms tels que Deathstroke, Cassandra Caïn ou encore Batman : une grande majorité des compétiteurs sont en réalité de nouveaux personnages créés par Williamson et Melkinov (et c’est justifié dans le récit).

Si vous êtes amateur de bagarre, vous êtes au bon endroit, d’autant plus que dans cette compétition, les combats se déroulent jusqu’à la mort d’un des compétiteurs. Le récit est ainsi basé sur la violence et le meurtre, avec des scènes sanglantes voir glauques, mais ne connaît pourtant aucune restriction d’âge. Malgré ce postulat, Robin Infinite est en fait un titre qui se veut plutôt adolescent, les personnages qu’il met en scène en étant eux-mêmes.

Robin Infinite Tome 1

Williamson s’amuse donc à créer une galerie de jeunes combattants haute en couleur, chacun ayant son gimmick, en plus de ramener Rose Wilson sur le devant de la scène (ainsi qu’un autre personnage, mais on vous laisse la surprise). Malheureusement, peu d’entre eux bénéficieront d’un véritable intérêt scénaristique ou même graphique, leurs combats défilant sans qu’on ne s’y attarde vraiment. Melkinov s’amuse davantage à effectuer des démonstrations dynamiques de coups (pas toujours très lisibles) plutôt que de dépeindre de véritables combats à suivre.

L’artiste est néanmoins un choix tout à fait approprié pour un tel titre. Grâce à son trait assez « cartoon », la violence des combats n’est jamais déroutante. A titre d’exemple, quand un personnage s’empare littéralement du cœur de son opposant, cela n’est pas écœurant. Ces actes de cruauté deviennent presque amusants tant les conséquences sont inexistantes : en effet, sur l’île de Lazare, la mort ne signifie pas la fin (on est presque dans un jeu-vidéo). L’artiste semble tout de même parfois devoir se « censurer » lui-même pour ne pas choquer, certaines actions se déroulant en dehors du cadre.

Robin Infinite Tome 1

Quand Damian part en solo

Bien que le récit mette en scène un certain nombre de personnages, Williamson n’oublie jamais que Damian en est le héros et nous en fait un portrait vraiment réussi. Si le fils de Batman reste le même petit con arrogant et asocial qu’on a appris à apprécier, l’auteur n’en oublie pas sa fragilité, sa sensibilité. Ici, on retrouve un Damian profondément ébranlé par la mort d’Alfred Pennyworth, qui représentait pour lui une figure paternelle bien moins imparfaite que Bruce.

Comme nous pouvons le lire dans les back-up qu’Urban Comics a eu la riche idée de collecter en guise de prologue, le jeune ado a perdu ses repères au point de revenir dans un premier temps vers sa mère, Talia Al Ghul. Sans jamais faire lui faire admettre sa vulnérabilité à haute voix, Williamson trouve de bonnes idées pour parvenir à nous la partager, et ce relativement subtilement.

Robin Infinite Tome 1

L’auteur semble en effet plus à l’aise ici que sur ses précédentes publications chez DC Comics. Malgré son amour pour la continuité et l’héritage, Williamson semble mieux se retrouver sur un titre plus indépendant et moins ambitieux. Même ses dialogues s’apprécient davantage à travers la bouche d’adolescents, avec qui on pardonne peut-être plus facilement un manque de subtilité ou des réactions à fleur de peau.

Si on pouvait légitimement avoir des craintes avec Williamson à la barre, l’auteur se montre dans Robin Infinite bien plus à l’aise qu’à l’habitude. On peut même dire qu’on prend plaisir à suivre ce Damian, aussi arrogant que vulnérable, dans sa quête d’émancipation. Avec l’aide d’un Melkinov pertinent, l’auteur crée un titre tout à fait singulier et divertissant, presque absurde dans son paradoxe entre battle royal et colonie de vacances.

Mocassin

Mocassin

Dernier représentant de la tribu des Mocassins, il prit le nom de celle-ci afin de la faire perdurer. Avant de s'exiler sur les terres dites civilisées, il trouva une pantoufle précieuse. Plus tard, il comprit qu'il avait en sa possession la pantoufle unique, la maîtresse des dix-neuf autres chaussons. Il était devenu le seigneur des godasses. Avec ce nouveau pouvoir, il fonda la communauté des fragiles, où seuls les braves osant exprimer leurs sentiments étaient acceptés.