Sans aucun retard, le Three Jokers de Geoff Johns arrive d’ores et déjà à sa conclusion. Il est donc l’heure de dresser le bilan de cette courte aventure sur laquelle tous les yeux sont rivés.

Pourquoi Three Jokers ?

Il est venu le temps des réponses, ou plus précisément celui de compléter celles qui ont été apporté dans le précédent numéro. La nature concrète de ce trio de Joker n’est plus à révéler, comme le démontre l’introduction de ce Three Jokers #3. On observe alors la futilité de l’enquête initiée dans le premier numéro : son but n’était pas tant de créer un mystère que de réintroduire l’idée des Trois Jokers. Devant ce constat, l’absence de lien avec Darkseid War se montre discutable et presque condamnable puisque son simple rappel aurait évité de perdre inutilement ce temps de re-contextualisation.

Se pose alors (à nouveau) la question de la nature de Three Jokers : dans la continuité ou en dehors ? Très pragmatiquement, on relèvera tout d’abord dans ce numéro #3 une incohérence de taille avec Darkseid War, ce qui tend à dissocier les deux œuvres. En réalité, l’intérêt de cette interrogation se trouve ailleurs : dans la volonté artistique de Johns, assez floue dès le départ. Cette incohérence questionne alors sur l’idée initiale de l’auteur et sur les changements qui se sont produits durant ces quatre dernières années. Avait-il lancé une idée en l’air ? Ses plans se sont-ils vu modifiés par l’éditeur ? A-t-il lui-même choisi de les changer ? Impossible d’y répondre en l’état.

Review VO - Batman : Three Jokers #3 1

Quand le Joker pleure

Ce que l’on sait néanmoins, c’est que l’idée initiale se voulait audacieuse. Ce que l’on sait également, c’est que Three Jokers s’annonçait comme marqueur d’un tournant dans le rapport Batman/Joker et, plus globalement, pour la Bat-family. Si le précédent numéro semblait aller dans cette direction en préparant un feu d’artifice, celui-ci essaye davantage d’éteindre l’étincelle. Le final dangereux de Three Jokers #2 se montre finalement inoffensif en tant que tel, et s’il apporte un vrai bon point (dont on parlera plus bas), on aurait préféré un Johns qui se mouille réellement.

La lecture de cette conclusion se veut d’autant plus étrange qu’elle donne le sentiment d’un auteur qui ne sait pas réellement sur quel pied danser. Entre un propos “méta” qui se veut plutôt consensuel quant à la nature du Joker et une révélation finale qui va à l’inverse, on aurait presque l’impression que Johns lui aussi s’est démultiplié pour ce récit. Cela est d’autant plus dommage que, à l’instar des précédents numéros, l’auteur apporte des éléments assez intéressants quant à la dynamique (ou aux dynamiques) qui anime Batman et le Joker, dont la lutte est néanmoins établie comme destinée à tourner en rond.

Three Jokers #3 : Joker vs Batman

Quel impact pour la Bat-family ?

Si Johns a choisi de faire de Three Jokers une œuvre autonome, on devine facilement que c’est pour se concentrer sur les personnages sans avoir à se soucier d’imbriquer le récit dans un tout plus grand, ce qui aurait pu rediriger l’attention. Si l’aspect humain était une grande force du précédent numéro, le constat se veut plus amère ici.

Du début jusqu’à la fin, Barbara Gordon se veut assez inébranlable, ce qui est autant une force pour le personnage que pour le message qu’elle apporte sur le traumatisme et la guérison (nous avons besoin de ça). D’un autre côté, certains lecteurs pourront regretter qu’elle ne soit jamais écorchée directement par les événements -mais plutôt par la façon dont ils affectent sa famille- alors que Johns avait promis un récit qui bouleverse profondément chacun des trois héros.

Jason Todd est probablement le personnage qui aura été le plus affecté directement, et ce dès le premier numéro. En lui faisant commettre l’irréparable, Johns tendait réellement à redéfinir la Bat-family en la mettant dans une situation où la morale de chacun est au défi. Des interrogations et confrontations intéressantes entre chaque membre du trio nous sont proposées, mais sans malheureusement aller beaucoup plus loin. Au final, Jason “n’a jamais compris” (je cite le numéro), et il ne comprendra jamais puisque son seul espoir de “rédemption” est aussi rapidement établie -on n’y croit donc jamais- qu’il n’est effacé.

Review VO - Batman : Three Jokers #3 2

En réalité, on retiendra surtout -notamment dans ce numéro- le développement de Bruce, en particulier sur son traumatisme moteur. Ce n’est pas là où on attendait Three Jokers, mais Geoff Johns donne une émouvante progression au personnage, bien qu’assez facile dans son déroulement. On comprend alors ce que l’auteur signifiait quand il déclarait que Three Jokerstouche à un traumatisme profond de Bruce Wayne en le connectant au Joker d’une façon qui changera leur relation à jamais“. Si je suis d’avis de juger un récit pour ce qu’il est plutôt que pour son impact postérieur, on ne peut malgré tout pas ignorer que ce récit ne changera en réalité rien.

Ce numéro se veut dans la forme être ce que l’on pourrait attendre d’un grand final : un dernier affrontement au sommet et une place importante pour l’action. Artistiquement, tout était réuni pour livrer une conclusion de taille puisque le travail de mise en scène de Jason Fabok et Anderson se révèle aussi spectaculaire que puissant. A contrario et malgré quelques bonnes idées, Geoff Johns se montre décevant (et ça me fait mal de le dire).

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Un joli tournant pour Bruce
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3 Commentaires

  1. Un numéro final en demi-teinte. Un retour au statut-quo des Jokers dommage. Mais un final très intéressant pour la psychologie de Batman. Bref ce n’est pas un immense récit, je pense que le temps aura créé une attente trop forte, mais je pense que c’est un récit marquant.

    Je n’ai pas saisi ce que tu appelle “incohérence avec Darkseid War”?

    • !!! Attention Spoiler !!!

      Bah disons que si Bruce connait le nom du Joker depuis le départ, il n’avait en fait aucune raison de le demander à la Chaise de Mobius…

  2. L’autre incohérence c’est qu’il semble que le joker a même existe en plus que 3 exemplaires, avec sa pile de cadavre et qu’on peut continuer à en créer. Donc techniquement la réponse est un peu incorrect.

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