Le elseworld est bien arrivé de quelque part, et Batman : Gotham by Gaslight en est l’un piliers. Créé bien avant le concept du elseworld, ses auteurs se sont forgés un nom avec cet univers à part qui a su jouer du charme du steampunk bien avant toute cette mode et son exagération. Assez méconnu du grand public, le récit s’offre une nouvelle édition chez Urban Comics accompagné d’une copie du film animé fraîchement sorti.

Oeuvre concise, large succès

Batman : Gotham by GaslightL’album présente deux récits. Gotham by Gaslight, qui prête son titre à l’album. Comme tout recueil, il est accompagné de sa « suite » : Master of the Future. Le premier est donc l’oeuvre originale, qui trouve sa place dans les louanges des lecteurs depuis sa publication. Le concept est l’originalité de l’oeuvre, comme un retour au source pour Gotham dans son esthétique gothique associée au charme anglo-saxon. Pour autant, le synopsis présentant une opposition entre Batman et Jack l’Éventreur pourrait sonner comme la rencontre la plus absurde donnant au lieu au nanar le plus hilarant. Cet univers est autant un retour au source pour Gotham que pour Batman. La retranscription du personnage s’adaptant à l’époque et à son esthétique parvient à conserver la dimension iconique du personnage et ne conserver que ce qui fait de Batman, Batman.

Cette esthétique pourrait se résumer à Mike Mignola. L’auteur, à l’aube de sa création dans ses germes de la destruction, témoigne d’une connaissance profonde de la construction de la scène et une maîtrise de la transmission d’information par l’image. Profondément sombre, Gotham by Gaslight renoue avec le Batman de Bob Kane. Humain, violent, et sombre. Ce récit se suffit à lui-même. Il en déroutera plus d’un, et nécessitera chez les lecteurs de comics modernes une relecture. Il s’agit d’une oeuvre courte, qui demande à prendre son temps et gère ce temps de lecture à sa manière. Elle sait néanmoins utiliser tout un univers et le présenter, sans jamais donner l’impression d’aller trop vite, ni celle de s’attarder sur des éléments secondaires ennuyeux pour épaissir la reliure.

Théorie de l’inimitable

Batman : Gotham by GaslightLe second récit relève autant d’une réécriture que d’une suite. On retrouve ce même Batman dans ce qu’on aurait pu craindre d’un Batman dans ce dit contexte. Master of the Future dénote complètement avec le récit précédent, et l’associer à celui-ci n’est pas la bonne manière de l’apprécier, puisque sa place actuelle ne fait qu’appuyer une comparaison qui lui nuit. Alors que le premier récit présente un Batman sombre et violent, Batman apparaît dans des pages aux couleurs vives et dans un univers relevant d’une science-fiction déroutante. On pourrait associer cette évolution esthétique à l’image de l’évolution qu’a pu subir le personnage de Batman, mais serait-ce vraiment bienvenu ? Ce second récit doit être pris en tant qu’elseworld n’ayant pour autre lien que son scénariste, Brian Augustyn.

Cet album est accompagné du film animé dont vous pouvez retrouver notre critique approfondie ici. Dans sa relation à l’oeuvre et à l’univers dont il s’inspire, ce film animé est d’un goût douteux. Son approche sombre et ses traits raides rappelant le style de Mignola (bien trop souvent présenté comme source d’inspiration au style de Bruce Timm). Le film d’animation aurait voulu s’approprier l’intrigue principale du premier, pour présenter de nouveaux rebondissements. Malheureusement ceux-ci sont bien moins organisés, mal venus, et présente un scénario qui penche bien trop vers une surexploitation de l’univers de Batman.

En somme, cet album est un must-have pour son premier récit, en tout point emblématique, un véritable chef d’oeuvre, qui présente le comics sous sa forme la plus noble. Le second récit dénote avec ce premier, mais tient le rôle d’extension de l’univers à travers une prolongation et une aventure relevant d’un genre et d’un ton bien différent. Voyez le film animé (en dernier) comme un divertissement acceptable, mais n’en faites pas votre motif principal d’achat.

1 COMMENTAIRE

  1. Je ne savais pas qu’il y avait ce second recit pourrie! Rien que pour ça je ne me le prendrais pas je me contente du film en blu ray qui est génial et m’a agréablement surpris en me faisant penser au Fantôme Masqué.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.