[Review VF] La cible de Deadshot
Les points positifs :
  • Un méchant charismatique
  • Scénario solide
  • Un bon point sur les origines de Deadshot
Les points négatifs:
  • Couverture un peu trompeuse
  • Composé en grande partie d’une histoire des années 80 dont le graphisme peut ne pas plaire

“Tu ne VEUX pas me tuer.” – Batman


  • Scénario : John Ostrander, Kim Yale, Christos N. GageDessins : Luke Mc Donnel, Jim Calafiore, Phil WinsladeCouleurs : Julianna Ferriter, Michael Atiyeh, Jason Wright


Apres la lecture de “Les tourments de Double-Face“, issu de la même collection DC Nemesis, une question s’était faite jour, est ce que pour garnir son “Villains Year”, Urban n’avait pas un peu fait les fonds de tiroir pour trouver d’autres vilains que le Joker et varier les plaisirs ? La réponse est non, car “La cible de Deadshot” présente un contenu de qualité sur un méchant qui sort un peu des sentiers battus habituellement (autre que le Joker, quoi !), le cahier des charges est donc enfin rempli avec ce livre.

La cible de Deadshot

Le choix éditorial qui a visiblement été fait pour cet ouvrage est de nous présenter des histoires qui reviennent sur les histoire familiales et les origine de Deadshot. Et c’est donc trois histoires différentes,  de différentes périodes qui nous éclairent sur le personnage :  Deadshot #1 à 4, une mini-série de 1988 , Legend of the dark knight #214 de 2007 et Secret Six #15 de 2009. Et là je vais pousser un petit coup de gueule, la couverture peut franchement tromper un peu le lecteur en présentant un graphisme très moderne, alors que les deux-tiers de l’histoire proviennent des années 80, avec un graphisme plus daté. Si je comprend que ce soit plus vendeur, cela peut paraître un peu  trompeur et ce n’est pas la première fois qu’Urban Comics nous fait le coup (il avait déjà fait ça avec “Power Girl Tome 1“).

L’histoire principale est scénarisée par John Ostrander et Kim Yale et dessinée par Luke Mc Donnel. Elle met en parallèle l’enquête de l’ancienne psy de Floyd Lawton sur ses origines et son parcours, et la traque par Deadshot des kidnappeurs de son fils. Car oui, des gens (probablement complètement inconscients) ont enlevé le fils de Deadshot à sa mère pour faire pression sur lui et l’obliger à honorer un contrat vieux de 20 ans. L’enquête et la traque vont se terminer autour d’un personnage commun, source de bien des malheurs de Lawton. Les dessins, s’ils sont évidement un peu datés, passent très bien, malgré un manque de détails sur certains visages et des décors parfois un peu vides.

La cible de Deadshot

J’ai beaucoup aimé cette histoire qui réussit a mêler une aventure musclée et passionnante tout en créant un background original, intéressant et rendant le personnage très attachant. Vraiment une réussite !

La deuxième, scénarisée par Christos N. Gage et dessinée par Phil Winslade, elle, raconte comment Batman tente de convaincre Deadshot d’abandonner un contrat. Une gageure, car la réputation de ce dernier s’est faite sur son opiniâtreté et son obsession du contrat bien exécuté. Un affrontement psychologique se joue donc entre les deux protagonistes. Franchement, encore une fois, c’est d’la bombe bébé, on évite le bourrinage en règle tout en maintenant une vraie tension. Et on atteint le nirvana avec des dessins superbes, détaillés, parfaitement colorisés. C’est génial.

La cible de Deadshot

Puis retour de John Ostrander, cette fois avec Jim Calafiore aux dessins dans la troisième histoire qui revient sur un thème cher à Ostrander : les origines de Deadshot. Celui ci est pris d’une envie irrépressible et incontrôlable de tuer et demande à rencontrer un révérend, l’occasion de revenir sur la première rencontre avec Batman. Une plongée dans la psyché de Lawton qui m’a, là aussi beaucoup plu et qui achève de nous éclairer sur le personnage complexe qu’est Deadshot. Les dessins sont géniaux (la couverture est d’ailleurs celle de ce numéro), avec des jeux de lumières magnifiques. Chapeau bas !

En bref, trois histoires, trois histoires de qualité, avec en fil rouge les motivations profondes de cet être complexe qu’est Deadshot. Ce numéro fait honneur à la philosophie de la collection DC Nemesis et ceux à venir devraient suivre cet exemple !


UN DEUXIÈME AVIS C’EST BIEN AUSSI !!

Vaguement popularisé par ses apparitions dans Arkham City et Arkham Origins, Deadshot n’a pas le charisme visuel de personnages comme le Joker, Double-Face, le Pingouin ou même Killer Croc, beaucoup plus bariolés et avenants. La Cible de Deadshot est une réussite dans la mesure où elle compense cette fadeur externe du coup trompeuse, par un portrait psychologique solide et un détail subtil des motivations du personnage. Sans retomber dans des pistes déjà explorées cent fois en faisant de Deadshot le psychopathe sadique et cruel qu’on pourrait y voir à priori, John Ostrander et son épouse teintent le personnage d’un cynisme amené de manière exemplaire, parfois nuancé d’un soupçon de mélancolie bienvenue. On en tire une des meilleurs origin story de la galerie des villains de Batman pour un de ses représentants plutôt secondaires. Une excellente surprise !.

– The Riddler

10 Commentaires

  1. entièrement d’accord avec Riddler : malgré une couv’ (et une preview urban) trompeuse(s) au niveau contenu (je pensais pas que l’opus était autant rempli de pages des années 80), j’ai découvert un vilain au background vraiment dense. Un pur anti-héros finalement.

    J’aime vraiment cette collection Nemesis. Il y a certes du moins bon, mais ça donne une épaisseur non négligeable aux seconds couteaux de Gotham.

  2. Reçu par d’extraordinaires amis pour mon anniversaire, j’étais intrigué et ravi. Autant Deadshot ne m’avait pas intéressé dans Arkham City, mais son interprétation dans la série Arrow dans l’épisode Suicide Squad m’avait cette fois accrochée.
    Il y a seulement la dernière histoire que j’ai moins apprécié que le reste, un peu redondant/décevant vu comme j’ai dévoré le tome de se ressasser les origines. Mais les dessins compensent ;) D’ailleurs, même si la couverture est trompeuse, elle ne me gène pas du tout car j’ai apprécié et savouré la première histoire (les dessins ne m’ont absolument pas gênés même si comme dit dans la review, ca fait vide par moment), du coup j’aime bien revoir cette couverture “qui claque” plutôt qu’une couverture année 80.
    Superbe découverte, je ne m’attendais à rien de particulier pour cette série Némésis, mais pour le coup, je vais garder l’oeil ouvert sur les prochaines publications

  3. Cette compilation Deadshot m’a plu. La dernière série plus que les autres. J’ai vraiment apprécié les dessins croisés symbolisant la névrose de Floyd Lawton. Les séries de John Ostrander et Kim Yale creusent vraiment la psychologie des personnages ce qui est, pour moi, vraiment appréciable.

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