Que serait un super-héros sans super-méchants lui gravitant autour ? Pas grand-chose, et je dirais même que ce qui rend un super-héros si attractif, si apprécié, ce sont ses adversaires ! Plus ils seront coriaces, cruels et sans limites et plus notre héros en sortira grandi, en sortira plus fort, et plus il sera apprécié.

Difficile de faire un classement des méchants de l’univers Batman, je ne m’aventurerais donc pas à en faire un. Alors oui certains trouveront qu’il en manque un, d’autres que certains n’ont pas leur place. Ce classement ne fait que ressortir les méchants qui ont, selon mon expérience et mes lectures,  leur place dans le panthéon des tordus de Gotham. Et comme vous allez le voir, la plupart des ces personnages ont un point commun hormis Batman : leur enfance. À croire que Gotham souille tous ceux qui l’approchent…

Pour un côté plus pratique, le dossier est séparé de 1 à 5 et 6 à 11. Il ne s’agit pas d’un classement comme il a été fait sur le Dossier des vilains de Superman.


1. De 1 à 5

2. De 6 à 11


Double-Face

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Dans l’univers de Batman, le Joker n’est pas le seul à devenir un ennemi coriace du justicier suite à une rencontre quelque peu détestable avec des produits chimiques. Un autre personnage s’est retrouvé avec le visage marqué par cette rencontre avec la chimie : Harvey Dent, Double-Face !

Harvey Dent, et non Kent comme cela était  au départ, n’était pas un ennemi de Batman, mais un ami, un allié. Création de Bob Kane et Bill Finger, dans Detective Comics #66 en 1942, Harvey Dent était au départ un procureur de Gotham. Il forme rapidement une sorte de trinité avec James Gordon et Batman afin d’éradiquer la criminalité des rues. Tout se déroulait à merveille jusqu’à ce qu’ils s’en prennent à la mauvaise personne dans la hiérarchie mafieuse : Salvatore Maroni !

Maroni, avec l’aide de l’assistant du procureur, Vernon Field, lança de l’acide au visage d’Harvey. À moitié défiguré, sa schizophrénie latente se réveilla et pris le contrôle. Double-Face venait de naître et il commença ses méfaits, toujours dictés par sa pièce de monnaie qu’il utilise pour juger.

Au fil du temps, plusieurs auteurs viendront travailler et enrichir l’enfance d’Harvey Dent, afin de montrer que sa schizophrénie est là depuis longtemps. Les vraies raisons du traumatisme nous sont données par Paul Jenkins dans Batman : Jekyll & Hyde. Il nous dévoile l’existence d’un frère aîné : Murray. Véritable peste et pyromane dans l’âme, il convainc Harvey d’enflammer un rideau du salon. La pièce prit feu et Harvey s’enfuit en fermant la porte à clé derrière lui pour se protéger. Son frère agonisa dans les flammes. Suite à cette tragédie sa mère se suicida et son père se mit à le détester. Harvey explique à Batman que Double-Face c’est Murray et que lui est prisonnier…

Post New52, Double-face s’est montré discret, on l’à vu à Arkham devenir un monstre sous stéroïdes (Batman, le Chevalier Noir), et en mafieux en pleine guerre des territoires (back-up de Batman). Nul doute que le personnage va finir par frapper de nouveau dans le Batverse.

La mafia ! S’il y a bien un personnage qui, par de son look, sa façon d’agir et son comportement, nous y fait bien penser, c’est bien le Pingouin !

Le Pingouin

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Oswald Chesterfield Cobblepot ! Le Pingouin ! Il est le riche héritier de la toute puissante famille Cobblepot. Famille à ranger au même rang que la famille Wayne. Il est apparu pour la première fois en décembre 1941 dans Detective Comics #58. Son sobriquet vient de la cruauté des enfants. Avec sa petite taille, son côté dodu, son nez crochu et sa démarche dandinante, il n’en fallait pas plus pour que les autres enfants l’appellent Pingouin. Souffre-douleur durant l’enfance, paria de la haute société une fois adulte, il ne restait qu’une seule voie à Oswald pour assurer la prospérité de sa famille : se tourner vers le monde du crime.

C’est lors de son enfance que tout se joue. En plus des autres enfants il est la cible de ses frères et même de son père à cause de ses difformités. Gardant un peu d’humanité par l’amour étouffant de sa mère, il s’enferme peu à peu dans la solitude au milieu des oiseaux. Il mise tout sur la ruse et l’intelligence et réussit, encore enfant, à se débarrasser de ses frères et de son père. Restant, jusqu’à ce qu’elle s’en aille à son tour, auprès de sa mère.

Le Pingouin a un rapport bien différent vis-à-vis de Batman, contrairement aux autres vilains de Gotham, le Pingouin est sain d’esprit, cultivé, il vient de l’aristocratie. Au fil des ans il devient de plus en plus un équivalent, pour les méchants, d’Oracle. Il fait dans le trafic d’influence, il devient la plaque tournante d’informations des réseaux de la pègre dans Gotham. C’est un homme de pouvoir qui sait vendre ses informations. Informations qu’il partage avec Batman, et en échange le chevalier noir ferme les yeux sur ce que le Pingouin trafique dans son club « la Banquise », flottant dans la baie de Gotham.

Plus le temps passe et plus les auteurs font du Pingouin un personnage proche du Parrain. Criminel à col blanc, il agit à visage découvert et battit son univers criminel par la ruse, son extrême intelligence, l’intimidation et la torture mentale, sans n’avoir quasiment jamais à se salir les mains lui-même.

Depuis les New52, le Pingouin s’est fait très discret, il a été aperçu dans l’un des pitoyables run de Tony S. Daniel sur Detective Comic, où il dirigeait toujours son club. On le verra également lors de Death of The Family où le Pingouin va être forcé de quitter Gotham… À suivre dans nos reviews. Notons également que ses origines ont été confirmées et renforcées dans l’excellente saga Pain and Prejudice (la Splendeur du Pingouin).

Qui dit personnage rappelant le Parrain, dit forcément hommes de main. Et dans l’univers de Batman, il y a un méchant qui est souvent cantonné à ce rôle là, alors qu’il est bien plus, et qu’il mériterait bien plus de par sa force destructrice. J’ai nommé : Killer Croc !

Killer Croc

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Créé en février 1983 dans les pages de Detective Comics #523 par Gerry Conway et Don Newton, Waylon Jones est atteint d’une maladie de la peau qui la recouvre d’écailles, lui donnant l’aspect d’un crocodile. L’un des rares ennemis à « pouvoirs » (force hors du commun, résistance aux blessures grâce aux écailles, sens surdéveloppés, aptitude à l’apnée) de Batman a, comme beaucoup de ses collègues, eu une enfance difficile. Sa mère est morte en le mettant au monde, son père l’a abandonné et il a été recueilli par une tante ivrogne. De plus il est souvent raillé par les autres enfants ; rajoutons à cela une psychologie affectée par sa maladie et l’on se retrouve avec un enfant très violent. Il commettra son premier meurtre en prison, à seize ans, en tuant un détenu qui l’insultait. Résultat : 18 ans de prison.

Le pire, un peu comme le Lézard chez Marvel, c’est que Waylon n’a pas forcément un mauvais fond. C’est lors de ses accès de colère, de rage, qu’il devient incontrôlable et agit plus par instinct qu’autre chose. Et très souvent, il est manipulé par les autres ennemis de Batman, qui voient en lui un tas de muscles que l’on peut sacrifier. Et ils sont nombreux : le Joker, Black Mask, le Chapelier Fou ou encore le Pingouin. Et toujours par cet instinct, Croc ne s’oppose pas toujours à Batman, il lui arrive d’affronter d’autres méchants comme Solomon Grundy ou encore Bane durant la saga Knightfall.

Mais attention, Killer Croc n’en reste pas moins un ennemi de Gotham, allant même, lorsqu’il décide à sa sortie de prison de devenir King Croc, chef de la pègre de Gotham, à tuer les parents de Jason Todd. Sa folie et sa maladie n’excusant pas tout, loin de là.

Depuis les New52, Killer Croc a été plus que discret, n’étant apparu simplement que dans un flash back sur Roy Harper et en pion par le groupe Medusa dans Batwoman.

Après la faune, la flore. Après l’un des animaux les plus effrayants de Gotham, place à l’une des plus belles plantes y habitant. Poison Ivy.

Poison Ivy

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Telle une plante venimeuse, Pamela Isley est majestueusement belle mais tellement dangereuse. On doit sa création à Robert Kanigher et Sheldon Moldoff dans Batman #181 en juin 1966.

Pamela Isley, fille d’une riche famille, est étudiante en botanique et biochimie. Elle étudie sous la direction du Docteur Jason Woodrue. Le bon docteur n’hésite pas à séduire la jeune fille et à en faire une cobaye pour ses expériences… Elle se voit injecter des poisons et des toxines, ce qui lui vaut une transformation cellulaire radicale. Elle peut désormais entrer en symbiose et commander aux plantes. Mais cela lui ramollit un peu le cerveau, la pauvre prenant maintenant toutes les plantes pour ses enfants et devient limite bi-polaire, passant de gentillesse à la méchanceté, de la douceur à la violence en deux secondes.

Très vite elle deviendra une adversaire acharnée de Batman, seul homme qu’elle n’arrive ni à influencer, ni à contrôler. Mais elle ne s’installera pas de suite à Gotham. En effet après leur première rencontre, elle partira dans les Caraïbes, pour transformer une île en véritable paradis. Enfin heureuse, la chute n’en sera que plus dure lorsque des testes d’armes anéantiront l’île ! Elle retournera alors à Gotham punir les responsables et prendra alors la décision de ne plus quitter la ville tant qu’elle ne l’aura pas purifié.

Mais Poison Ivy est aussi capable d’accomplir de bonnes actions, comme lors de No Man’s Land où elle prend sous son aile seize orphelins dans le Parc Robinson qu’elle déclare être son territoire. Batman passera même un accord avec elle pour qu’elle fournisse des légumes et des fruits à la ville. Elle soignera également Harley Quinn avec qui elle créera des liens très forts.

Après être redevenue une simple humaine grâce à Batman, puis avoir récupéré des pouvoirs encore plus puissants à cause de Silence, elle continuera sa lutte contre les entreprises néfastes à la faune et la flore.

Lors des New52, Poison Ivy a eu une actualité assez riche. Elle a fait partie des Birds of Prey à la demande de Black Canary, avec notamment Katana. Après des actes d’héroïne elle finit par trahir son équipe et la contrôler. Katana tente alors de la tuer. Poison Ivy revient à Gotham et contrôle Clayface pour en faire son mari mais surtout son homme de main dans ses activités criminelles. Ses activités qui vont faire que le Pingouin va mettre sa tête à prix et finir par l’enterrer vivante. Ogilvy va la libérer mais malheureusement Clayface cherche à se venger… À suivre dans nos reviews.

Dans la faune de Gotham, un autre ennemi de Batman se sert principalement de poisons pour accomplir ses méfaits : l’Epouvantail !

L’Epouvantail

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L’Epouvantail, un personnage qui se résume à un mot : la peur ! C’est par la peur que Jonathan Crane, personnage créé par Bill Finger et Bob Kane en 1941 dans World’s Finest Comics #3, s’attaque à ses ennemis. Préférant les faire mourir de peur, plutôt que de se battre avec eux. Très souvent sous-estimé, il n’en reste pas moins un personnage terriblement dangereux !

L’Epouvantail, voilà un surnom bien ringard, qui vient de l’enfance de Jonathan Crane, alors déjà grand et maigre, habillé comme un vieux, avec ses grosses lunettes. Le raccourci était tout trouvé. Lors de sa première vengeance envers deux des enfants s’étant moqués de lui par le passé, il se déguise en Epouvantail et surgit devant eux une fausse arme à la main. Terrorisés les deux jeunes gens sortent de la rue et ne se relèveront jamais.

Peut-être un look et une allure ringarde mais Jonathan Crane n’en reste pas moins quelqu’un de très intelligent et il finira par devenir professeur en psychologie. Il se spécialise dans la peur, les craintes, les phobies. À tel point que cela en devient une véritable obsession. Une obsession qui devient vite dangereuse, surtout pour les cobayes de ses expériences, cobayes qu’il prend parmi ses élèves. Il est alors renvoyé, il se venge avec son costume d’Epouvantail. Dès lors il n’a de cesse de créer de nouveaux poisons et autres solutions pour déclencher la peur la plus effroyable qui soit.

Par la suite, on voit l’Epouvantail dans quasiment toutes les grandes sagas de Batman, mais la plupart du temps en duo avec un autre personnage. Avec le Sphinx contre Catwoman à Rome, avec le Joker dans Knightfall, avec le Pingouin dans Comme à col d’oiseau (où l’Epouvantail est muté en Epouvantable), avec le Sphinx et Silence dans Hush ou récemment avec Black Mask dans la Cour/Nuit des Hiboux.

Depuis les New52, l’Epouvantail a enlevé Poison Ivy pour Bane et récemment, dans une grande saga de Gregg Hurwitz dans Batman le Chevalier Noir (review que vous pouvez lire sur DC Planet) où le passé de Jonathan Crane nous est révélé, il a tenté d’asphyxier Gotham avec son nouveau gaz de peur.

On l’a vu également dans Swamp Thing.

Si Jonathan Crane inspire la peur par ses poisons et autres décoctions, un personnage l’inspire par la puissance et la violence qu’il dégage : Bane !