Review VF – The Riddler : Année Un

Sur le tournage de The Batman, l’acteur Paul Dano avait tant d’idées pour son personnage de Riddler que le réalisateur Matt Reeves lui dit « Tu devrais écrit un comics« . L’idée a fait son chemin, Dano choisit Stevan Subic pour illustrer son récit, et voilà que nous avons cette nouvelle origin-story pas comme les autres entre les mains.

Une plongée dans l’intimité du Riddler

L’histoire prend place un an avant les événements du film, quand Batman est déjà établi donc, et raconte réellement l’émergence du Riddler sur une année. Elle porte donc parfaitement son nom, héritage du culte Batman Année Un de Miller et Mazuchelli. A l’instar du début et de la fin du film avec Bruce Wayne, on suit les pensées du personnage, son journal intime, la différence étant que cette narration est tenue tout au long du récit ici. Ceci est naturellement plus réalisable en comics et, de plus, Edward Nashton n’a pas vraiment d’entourage avec qui échanger (ce qui est un point important). Cette narration, très commune en comics, renforce ici sa solitude. Le duo Dano/Subic va même plus loin en proposant un numéro quasi entièrement composé de pages du journal de Nashton pour entrer encore davantage dans son intimité, décidément bien bordélique si l’on considère aussi l’état de son appartement. La lecture de ces pages n’est pas pénible, au contraire, Subic les rendant très graphiques.

The Riddler : Year One

L’artiste serbe, nouveau dans le monde du comics américain, effectue un travail absolument extraordinaire et unique où la subjectivité du titre devient aussi visuelle. La plongée dans la psyché d’Edward devient grâce à lui complète, rien n’est net, tout s’étire, se déforme, voir tourne à l’horreur. Dès le départ, sans ambiguïté possible, le trouble de cet esprit est évident, mais sans pour autant tourner au cliché. L’alliance Dano/Subic permet de comprendre le personnage, mais sans pour autant qu’il ne soit glorifié ou romantisé, alors que cela pourrait être une erreur facile et dangereuse. Donnant la parole à l’artiste, l’annexe de l’édition Urban Comics nous fait comprendre que le travail de l’artiste est encore plus précis qu’on pourrait le penser et donne envie de s’y replonger.

The Batman/The Riddler : Le miroir inversé

L’annonce d’un comics écrit par un acteur laisse toujours craintif, mais Paul Dano se révèle être une excellente surprise en tant qu’auteur, prouvant qu’il a bien et grandement participé à l’élaboration de son personnage pour le film. Grâce à lui, on apprend comment un « simple » comptable a pu démasquer la grande imposture de Gotham, pour ensuite la faire deviner à Batman sous sa propre forme choisie. Ce qui pourrait être redondant avec le film, et l’est un peu malgré tout puisque la finalité est la même, reste intéressant dans la mesure où l’enquête est menée sous un autre angle et explore des éléments qui ne l’ont pas été, élargissant la corruption du système gothamien, y ajoutant même une petite touche glauque.

Edward est donc le héros de sa propre histoire, et même presque un héros dans le sens noble du terme puisqu’il met à jour le mal qui profite des plus démunis et leur nuit. Ce qui l’en éloigne est qu’il ne le fait pas par altruisme mais par besoin de trouver du sens à sa vie, puis par vengeance, ce qui continue de le rapprocher de Batman. Autrement, il n’use pas de moyens vraiment répréhensible moralement, ce n’est que dans le film qu’il devient un meurtrier très étrange. La filiation entre les deux personnages est déjà implicite dans le film, mais elle prend ici une tournure très concrète puisque le Chevalier Noir est en fait le créateur du Riddler malgré lui.

The Riddler : Year One

La notion du Batman responsable de ses ennemis n’est pas nouvelle, elle pourrait même être éculée, mais elle est ici explorée sous un axe plus sociologique. Un article de journal développe même un propos sur la conjonction entre violence et responsabilité de l’Etat. Dans une cité corrompue jusqu’à la moelle, Batman incarne pour Edward le dernier rempart, le seul gothamien prêt à s’élever contre la peur et l’apathie qui la régissent. Il devient un véritable modèle, un ami à qui Edward pense être lié, en qui il se reconnaît, avec toute l’ironie que cela implique.

Loin d’être accessoire, The Riddler : Année Un apporte une réelle plus-value au film de Matt Reeves en nous plongeant dans la psyché malade d’un personnage abandonné par un système corrompu. Paul Dano réussit ici un certain tour de force : son travail revient principalement à expliciter ce qui était alors suggéré, mais il le fait avec une grande justesse et profondeur qui rend le récit passionnant. Couplé à l’incroyable talent de Steven Subic, cette nouvelle origin-story pourrait bien faire date tant elle est singulière, son seul bémol étant que sa conclusion est dépendante du long-métrage.

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Mocassin

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Ma bio est en mission sur Warworld, elle reviendra dès que possible.
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