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wonder woman infinite tome 3
Wonder Woman Infinite Tome 3

Wonder Woman Infinite Tome 3 – Urban Comics – 21€

  • Scénario: Becky Cloonan, Michael W. Conrad, Joëlle Jones, Stephanie Williams, Vita Ayala
  • Dessin: Joëlle Jones, Laura Braga, Skylar Patridge, Elena Casagrande, Alitha Martinez, Rosi Kämpe, Becky Cloonan, Adriana Melo

Parmi les titres Infinite, Wonder Woman se trouve malheureusement loin du haut du panier. Après un tome absolument oubliable, le titre se lance désormais dans un crossover pour le moins ambitieux puisqu’il promet de réunir toutes les Amazones pour un grand tournoi prenant place à Themyscira. A l’image de Diana, Becky Cloonan et Michael Conrad ne sont cette fois-ci plus seuls à l’écriture et se voient rejoindre par une multitude de camarades. Autant dire que ce tome 3 intitulé Le Tournoi des Amazones ne manque pas de raison de se réjouir et d’espérer un événement à la hauteur de ce que Wonder Woman mérite.

Le point éditorial

Le Tournoi des Amazones n’est pas seulement un événement mais aussi un crossover, c’est-à-dire qu’il réunit plusieurs titres : Wonder Woman, Nubia et Wonder Girl. Les deux derniers n’ayant pas été édités par Urban Comics (c’est tout de même l’équivalent de trois tomes), l’éditeur nous gratifie d’un long récapitulatif en prologue afin de bien cerner les différents enjeux. A cela, on aurait peut-être pu ajouter une galerie des personnages, ceux-ci étant nombreux et pas forcément toujours très familiers, mais cette absence ne nuit pas à la compréhension du récit.

Les Amazones gardent les portes du péril

Contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, l’arc proposé ici ne met pas en scène l’antagoniste teasé à la fin du tome précédent, qui devra attendre le prochain arc et se cantonner à quelques apparitions ici pour nous remémorer son existence. Le Tournoi des Amazones part en fait d’un simple postulat : Nubia étant désormais reine de Themyscira, son poste de gardienne des portes du péril (l’accès direct aux enfers que les Amazones ont juré de protéger) est désormais vacant. Est alors mis en place un tournoi visant à désigner sa successeuse et auquel comptent bien participer deux autres tribus Amazones ne vivant pas sur l’Île du Paradis : les Bana-Mighdall, que les amateurs de Wonder Woman connaissent déjà, et les Esquecida, récemment introduites dans le titre Wonder Girl d’où provient le nouveau personnage Yara Flor.

Crisis on Infinite Amazons

Tout d’abord, il faut parler du réel plaisir que procure l’exploration de cette grande société amazone unie par des origines communes mais rapidement divisée pour diverses raisons, notamment politiques. Comme pour le tome précédent, on devine aisément qu’il s’agit là du réel intérêt du duo Cloonan/Conrad, qui prennent avec leurs camarades un malin plaisir à confronter les différentes tribus. Il ne s’agit en fait pas de dépeindre une simple confrontation amicale pour désigner une gardienne, mais une crise politique plus profonde soulignant les inégalités s’étant creusées au fil du temps.

Entre les Esquecida dont l’existence est à peine découverte, les Bana-Mighdall qui se sont exilées pour divergences politiques et les amazones de Themyscira qui se sont imposées comme la tribu centrale, autant dire qu’il y a de l’orage dans l’air. Le titre original de l’arc, Trial of the Amazons, reflète d’ailleurs mieux cela que la traduction française puisque le terme “trial” peut autant signifier une compétition qu’un procès. Néanmoins, ce sont en réalité davantage les deux dernières qui s’affrontent ici, les Esquecida étant assez transparentes et sans revendication réelle. C’est fort dommage tant il semble y avoir à faire avec cette nouvelle addition à l’univers de Wonder Woman, qui reste complètement inexploitée jusque là.

Les tribus Amazones sont réunies autour d'un banquet

Si l’annonce de cet événement était aussi exaltante, c’est aussi parce que l’on pouvait espérer que cette grande réunion d’amazones remettrait en avant certaines d’entre elles que DC Comics a perdues de vue, comme Donna Troy ou Cassie Sandmarks. Bien que l’on puisse en effet noter leur présence, elles sont malheureusement en retrait et peinent à trouver un véritable rôle, au point même où leur intégration paraît imposée. Le bilan n’est pas bien glorieux pour Diana non plus : celle-ci ne se démarque pas particulièrement de ses sœurs, que ce soit par le rôle qu’elle tient ou par la noblesse qui devrait la caractériser. Si elle effectue un choix unificateur qui lui permet de se démarquer, il n’est que symbolique et n’est suivi par rien de bien concret.

L’union ne fait pas toujours la force

Bien que le postulat initial de l’événement soit réellement attractif, l’exécution ne s’en montre malheureusement pas à la hauteur. Tout d’abord, si l’idée de réunir tous les auteur.rice.s et artistes des titres Wonder Woman est séduisante, elle ne fonctionne pas toujours et donne lieu à une écriture inégale et qui manque d’homogénéité : les différentes voix se font parfois trop évidentes quand bien même elles ne nous sont pas forcément familières.

De plus, si nous parlions d’un réel intérêt pour le fonctionnement de la société amazone, l’équipe créative semble avoir pensé que les querelles intestines de celles-ci ne suffisaient pas et y ont ajouté un élément perturbateur avec la mort d’un personnage important de cet univers. Malheureusement, celui-ci ne reçoit clairement pas le soin et la fin qu’il aurait mérité, en plus de n’avoir au final pas tant d’impact que cela sur les événements. Le traitement même de l’enquête sur son décès est traité par-dessus la jambe et n’aboutit sur aucune réelle résolution.

Nubia découvre un meurtre

Dans le même état d’esprit, une menace supplémentaire et désincarnée s’ajoute inutilement aux hostilités en fin de tome et ne se révèle être qu’une facilité scénaristique pour résoudre le tout. Pour vous donner un ordre d’idée, le récit se conclut sensiblement de la même façon et à peu près sur le même degré de satisfaction que le film Wonder Woman sorti en 2017.

Si l’on devait résumer Le Tournoi des Amazones, on pourrait dire qu’il s’agit d’un début des plus prometteurs, malheureusement mal exploité par la suite, pour se conclure sur une déception. Le titre Wonder Woman de Cloonan et Conrad laisse décidément un goût assez amer tant il passe à côté de ses opportunités. Réside tout de même un dernier espoir avec le prochain tome qui devrait mettre en scène un nouvel ennemi prometteur.

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Mocassin

Mocassin

Dernier représentant de la tribu des Mocassins, il prit le nom de celle-ci afin de la faire perdurer. Avant de s'exiler sur les terres dites civilisées, il trouva une pantoufle précieuse. Plus tard, il comprit qu'il avait en sa possession la pantoufle unique, la maîtresse des dix-neuf autres chaussons. Il était devenu le seigneur des godasses. Avec ce nouveau pouvoir, il fonda la communauté des fragiles, où seuls les braves osant exprimer leurs sentiments étaient acceptés.