Après un premier tome tout à fait correct, Death Metal poursuit son petit bonhomme de chemin dans ce second ouvrage un peu différent. Réunis autour de Wonder Woman, les super-héros ont maintenant choisi de tenter le tout pour le tout afin de sauver le Multiverse entier…

La construction du tome

Ce second tome de Death Metal est un peu particulier. En effet, alors que le précédent contenait trois numéros de la série principale éponyme écrite par Scott Snyder, celui-ci n’en contient qu’un (le #4 donc). Le reste du tome est en fait constitué de cinq tie-ins différents qui viendront principalement développer des intrigues parallèles mais qui se révèlent aussi parfois étrangement essentiels. C’est le cas de celui qui ouvre le volume, Trinity Crisis, qui fait directement suite à l’intrigue principale en établissant un plan d’attaque divisant les différents personnages en trois groupes distincts, qui auront chacun droit à leur propre tie-in avant de se rejoindre à nouveau dans Death Metal #4.

Death Metal #4

Si la politique de DC Comics est assez questionnable et étrange, celle d’Urban Comics fait en revanche des merveilles. Jamais on n’aura été aussi content que l’éditeur français compile chaque tie-in au sein de ses ouvrages, en plus de les remettre dans un ordre chronologique, puisque cela nous permet ici de suivre l’aventure de façon fluide et organique sans rien manquer du récit principal. On aurait peut-être aimé que l’éditeur aille jusqu’à nous épargner les tie-ins les plus dispensables et inutiles (Robin King, je pense à toi), mais ces éditions ont le mérite de nous proposer une expérience complète. Un choix qui se veut particulièrement appréciable ici vu la qualité générale des différents numéros compilés.

Une déclaration d’amour

Ce qui marque particulièrement à travers certains de ces tie-ins, c’est notamment l’amour qui est témoigné envers le DC Universe. Après de longues années à être malmené, l’univers de The Flash retrouve enfin une forme de gloire dans Speed Metal. Outre les pages absolument parfaites du dessinateur Eddy Barrows, on sent une forme de libération chez Joshua Williamson, qui termine ainsi son run sur le titre qu’il écrit depuis 2016 avec une merveilleuse note. Fini le temps des limitations, la Flash Family peut enfin s’exprimer et s’assumer complètement autour du véritable retour de Wally, qui semble finalement retrouver symboliquement la place qui lui est due.

Speed Metal - Death Metal

A une échelle encore plus large, on découvre The Rise of the New God écrit par James Tynion IV. L’auteur nous propose ici de prendre du recul et de la hauteur en accompagnant un nouveau personnage complètement extérieur au conflit et qui n’est là que pour observer. C’est comme si Tynion IV arrêtait le temps afin de pouvoir contempler cet univers une dernière fois et constater son unicité, sa beauté. Le numéro se veut assez verbeux, sans action et sans véritable nouvel élément, mais fonctionne pourtant très bien en tant que manifeste d’amour.

Snyder vs Snyder

Au milieu de tout ça, Scott Snyder continue de disséminer (pas forcément très subtilement) quelques messages, que ce soit sur son œuvre même ou plus généralement sur la situation éditoriale de DC Comics. Dans Multiverse’s End, Tynion IV montre une certaine conscience de l’absurdité que représente la surenchère du Dark Multiverse, une idée qu’il qualifie de « stupide » et qui sera rapidement oubliée, tandis que les créations plus « sobres » de l’éditeur (ici Owlman) sont immortelles. Snyder n’en a pas fini de dénoncer puisqu’il ramène également Barbatos dans Trinity Crisis (dessiné par la main magique de Francis Manapul), à travers qui il déclare que le DCU est en échec depuis des années maintenant.

Trinity Crisis - Death Metal

Évidemment, l’auteur a également ses ratés. Il est donc temps de parler du Robin King, nouveau Batman du Dark Multiverse créé pour Death Metal. Si les nouvelles créations sont dans l’ensemble des parodies, Snyder semble bien prendre le Robin King au sérieux. L’origin story qui lui avait été donnée dans le tome précédent en quelques pages était pourtant bien suffisantes, mais voilà que l’auteur choisit d’en remettre une couche avec un one-shot entier lui étant dédié. Attelé à cette tâche, on retrouve un Peter Tomasi qui ne fait malheureusement pas de miracle ici. Le numéro est long, irritant et inutile. L’idée derrière le personnage ne méritait clairement pas autant de développement.

Étant une anthologie de tie-ins, ce tome ne progresse que peu dans l’intrigue mais se révèle malgré tout assez qualitatif. Que vous soyez un adepte de Death Metal ou non, vous pourrez alors possiblement trouver votre bonheur tant l’offre est diverse ici.

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