De retour pour 10 ans de DC, où cette semaine, avec Claygan, nous reparcourons une année 2016 très riche en événements. C’est une très grosse année pour DC, avec un renouveau complet au niveau des comics, quelques départs douloureux et une grosse remise en question côté cinéma…

DC Universe Rebirth

En janvier 2016 Dan DiDio et Jim Lee tweetent une image d’un rideau bleu avec inscrit dessus Rebirth. Le mois d’après est annoncé l’initiative Rebirth. Après les New 52 et le reboot de l’univers DC, l’éditeur veut donc plus ou moins revenir à son ancienne continuité. Plus ou moins car même s’ils reprendront des éléments de cette continuité pré-Flashpoint, une partie des éléments des New 52 resteront. 

Le premier numéro fut un one-shot de 80 pages signé Geoff Johns. Celui-ci introduit des éléments qui seront essentiels à l’initiative Rebirth. Déjà la mort de Pandora qui n’aura au final servie à rien, tandis que l’on se rend compte qu’une nouvelle menace est présente dans l’univers DC et que c’est elle qui est responsable des New 52 (non ce n’est pas Dan DiDio). Tandis que l’élément majeur, attendu par les fans depuis longtemps, est le retour de Wally West

– Claygan

10 ans de DC

Débuts de Young Animal

Avec Rebirth, DC s’essaie à une nouvelle politique de labels à l’identité marquée. L’objectif de base est peu ou prou le même que lors de DC You : attirer de nouveaux lecteurs à travers une offre très ciblée. L’un des premiers labels lancés est Young Animal, supervisé par Mark Doyle à l’exécutif, avec un management éditorial par le tandem Jamie S Rich/Molly Mahan et Gerard Way, auteur de comics et frontman de My Chemical Romance en tant que « programmateur ». 

Très clairement, Young Animal se présente comme le digne successeur de Vertigo, comme le montre la présence de Doom Patrol et Shade dans les titres phares du label. On le voit également dans la volonté de réinventer des personnages obscurs de la continuité DC comme Cave Carson, à l’image du proto-Vertigo qui avait réinventé Sandman ou Animal Man. Indéniablement, Young Animal a provoqué un souffle de fraîcheur dans les comics de l’éditeur, renouant avec un esprit alternatif, indie et psyché. Les fans se rappellent des playlists, des teasers cryptiques, des tribunes de Gerard Way et Molly Mahan, qui ont donné aux lecteurs ce sentiment d’appartenance à une petite tribu, à une niche d’explorateurs et de défricheurs de nouvelles réalités en 2D. 

Malheureusement, Young Animal, depuis sa fondation, souffre de l’esprit dilettante de son « programmateur » Gerard Way, qui n’arrive pas à gérer ses plannings et s’engage dans trop de directions à la fois. Après l’excellent crossover Milk War, une deuxième vague de titre relaunchés se lance, qui se transforme subitement tous en mini-séries alors que Way repart écrire et promouvoir Umbrella Academy. Et après un troisième relaunch, porté par Doom Patrol, Far Sector et Collapser, il semblerait que le label retombe doucement (pendant que Way retourne avec son groupe). Young Animal se pose ainsi comme l’une des initiatives les plus enthousiasmantes de cette fin de décennie chez DC, tout comme l’un de ses plus grands gâchis. 

myplasticbus

10 ans de DC

Batman chez Telltale

Connu pour ses jeux épisodiques basés sur des licences fameuses, telles que Wolf Among Us ou Walking Dead, Telltale Games s’est lancé en 2016 sur l’univers du chevalier noir avec Batman : The Telltale Series. Au programme, une jolie réinvention toute en fidélité de l’univers. Les fans habitués de Batman ont pu se laisser surprendre par quelques bons twists et un scénario efficace, laissant la part belle à Bruce Wayne. Le jeu laisse transparaître ci et là un véritable amour du personnage, de son univers, et même des comics. Malgré une esthétique et un gameplay typiquement Telltale, le studio a réussi à fournir un bon travail plutôt salué par la critique, malgré sa fin décevante. 

myplasticbus

10 ans de DC

Les fiascos BvS et Suicide Squad

Le tant attendu cross-over est enfin arrivé. Cela faisait des années que les fans attendaient de pouvoir voir Superman et Batman en live action dans un même film et c’est maintenant bel et bien le 23 mars avec la sortie de Batman v Superman : Dawn of Justice. La “suite” de Man of Steel retrouve son réalisateur Zack Snyder, son scénariste David S. Goyer et son Superman Henry Cavill. Qui plus est, sous les lamentations des fans, qui ont une vie bien triste, Ben Affleck enfilera le masque de Batman et Gal Gadot le costume de Wonder Woman. L’intrigue du film se passe donc quelques mois après les événements de Man of Steel et voit Batman partir dans une croisade contre Superman, tandis que Lex Luthor manipule les choses dans l’ombre. Et il y a aussi Wonder Woman. Le film est très mal reçu par la majorité des critiques (28% sur Rotten Tomatoes) et une partie du public. Le film qui réunit pour la toute première fois les icônes que sont Batman et Superman en live n’atteint même pas le milliard de dollars. Une vraie déception. 

Mais ce n’est pas le seul échec critique de l’univers cinématographique DC cette année-là. Le 3 août sort Suicide Squad, réalisé et scénarisé par David Ayer. Le film qui voit arriver Harley Quinn et l’escouade X pour la première fois sur grand écran a été très mal accueilli par les critiques (27% sur Rotten Tomatoes). Que ce soit son scénario, sa réalisation, sa représentation des femmes et surtout Jared Leto, peu de choses trouvèrent grâce aux yeux des critiques. Néanmoins même si le film est sujet d’énormément de critiques, il s’avère qu’il rapporte 746 millions de dollars, pour un budget de 175 millions. Ce qui représente un score plus que respectable.

Claygan

10 ans de DC

Geoff Johns devient président et CCO de DC Entertainment 

Dans la foulée de ses échecs critiques au cinéma, DC Entertainment cherche à redorer leur blason. Et pour ça, il leur faut une figure de proue assez forte à mettre en avant pour susciter confiance, enthousiasme et approbation des fans de la maison. C’est donc Geoff Johns qui est choisi cette tâche. Déjà Chief Creative Officer depuis 2011, le scénariste phare de DC est promu président tout en gardant son rôle de CCO. Il accède donc ainsi à des fonctions peu ou prou similaires à celles de Kevin Feige chez Marvel, appelé à poser des stratégies globales sur tout DC Entertainment.

Une promotion pas nécessairement surprenante pour ceux qui observaient son implication dans les coulisses de l’univers DC. Peu après les débuts de Rebirth, Johns a pris en stature et en importance, y compris sous la direction cinéma. Il co-écrit ainsi Wonder Woman, est appelé à écrire Batman avec Ben Affleck (qui s’en rappelle ?). Quelques temps après, il fut associé à la tête de DC Films aux côtés de Jon Berg. Voilà quelques temps qu’il était considéré comme un personnage de confiance par les fans et la maison-mère.

Cependant, avec du recul, difficile de ne pas considérer cette promotion comme un échec. Johns a vu son poids diminuer au secteur comics, condamnant progressivement Doomsday Clock et toute la trame Rebirth. Deux ans après, il se fait limoger de son rôle de président suite à l’échec Justice League (pour lequel il n’a été que très peu impliqué), puis perd place de CCO au profit de Jim Lee. L’architecte de DC est devenu son président, pour retomber au simple rang de producteur associé. C’est bien triste. 

myplasticbus

10 ans de DC

Shelly Bond éjectée de Vertigo

Après 23 ans de bons et loyaux services, Shelly Bond suit sa mentor et plie ses bagages pour quitter Vertigo, plus ou moins de force. Embauchée en 1993 en tant qu’assistante éditoriale, alors que Vertigo n’a officiellement qu’un petit mois, elle travaille en tandem avec Karen Berger. Sur le label, elle a monté les échelons jusqu’à devenir éditrice en charge de l’exécutif en 2013, au départ de Berger. Dans sa carrière, elle a passé du temps à accompagner les séries de l’univers Sandman, tout comme Invisibles ou Fables. En tant qu’éditrice en chef, elle a tenté de tenir la main sur la maison, lançant de jolis projets tels que The Wake, Dark Night : a true Batman Story, FBP ou Sheriff of Babylon (dont elle ne verra pas l’aboutissement), mais avec de sacrés bâtons dans les roues, lui laissant une marge de manœuvre pour le moins limitée. Avant son départ, elle collabore également avec Mark Doyle et Gerard Way sur le lancement de Young Animal, et sera même à la barre éditoriale des premiers émois de Shade the changing girl. Young Animal est d’ailleurs un projet qui résonne bien avec le travail et la personnalité de Bond, plus que Berger

Alors que Shelly Bond est mise de côté par DC, cela soulève d’autres questions dans le petit monde des comics. Avec le départ de l’éditrice, c’est une autre personnalité féminine majeure qui est envoyée à la porte par DC. Et il n’en faudra pas deux pour que beaucoup commencent à dire tout haut ce que certains murmuraient depuis un moment : pourquoi Shelly Bond est renvoyée sans ménagement pour restructuration en prévision d’un relaunch, alors qu’Eddie Berganza, connu dans le milieu pour ses agressions sexuelles répétées, reste en poste de group editor sur les titres Superman ? Il faudra attendre près d’un an et demi et un article sur le massif Buzzfeed pour que Berganza soit aussi dirigé vers la porte… Ca en dit long sur certaines pratiques dans le monde des comics. 

myplasticbus

10 ans de DC

Décès de Darwyn Cooke et Steve Dillon

2016 est aussi l’année où l’on perd malheureusement deux grands artistes. En effet en premier lieu cette année vit le décès de Darwyn Cooke. L’artiste canadien, qui n’avait que 53 ans, était une des légendes du monde des comics. Il a commencé sa carrière en réalisant des storyboards pour les séries du DCAU, notamment Batman TAS. D’ailleurs le style de Bruce Timm aura une vraie influence sur le sien. Le scénariste et artiste se lancera donc dans les comics dans les années 2000. C’est d’abord avec Batman: Ego, sans doute un des meilleurs récits sur le personnage que l’artiste commence à prouver son talent auprès des amateurs de comics. Récit introspectif sur ce qu’est Batman et sur son combat quotidien contre le crime. Cependant c’est pour son chef d’oeuvre sorti en 2004 que l’artiste est le plus célèbre, DC : The New Frontier. La série rend hommage à toute l’histoire du Golden et Silver Age, et est un énorme succès. Elle rapportera à l’artiste ni plus ni moins que trois Eisners.  

Dans un second temps, c’est Steve Dillon, l’artiste britannique de 54 ans qui nous quitta. Celui-ci a commencé sa carrière dans les années 80 en Angleterre, mais il trouvera son partenaire ultime à la fin de la décennie avec Garth Ennis. Tous les deux signeront un long run de Hellblazer, run particulièrement apprécié des fans de Constantine. Mais, c’est avec la série Preacher qu’ils trouvèrent un succès immense.

– Claygan

10 ans de DC

A la semaine prochaine pour un voyage en 2017 dans 10 ans de DC !