Ce papier n’est pas à lire pour ceux qui ne serait pas à jour sur les événements en VO

En mai 2016 commençait une toute nouvelle période pour DC, la dénommée Rebirth. Cette nouvelle période arrivait après les très controversé New 52. Héros effacés, continuité disparue, un ton Grim & Gritty souvent de mauvais goût et beaucoup, beaucoup de très mauvaises séries. Il était donc certain que la grande majorité des lecteurs DC attendaient du changement et du gros changement. C’est à ce moment-là que fut annoncé et lancé Rebirth. L’idée était de renouer avec l’esprit familiale, lumineux et l’optimiste historique de DC. Cependant aujourd’hui les choses sont beaucoup plus timorées, que s’est-il donc passé ?

Wally et le retour de la continuité

Au départ de Rebirth ce nouvel esprit était incarné par le retour de Wally West, personnage ô combien aimé et pourtant effacé, assez injustement, par les New 52, dont le retour était attendu par tous les fans depuis bien trop longtemps. Cependant ce n’était pas tout, Geoff Johns ne comptait pas s’arrêter là et il a donc dans un même temps entrepris deux nouvelles choses. Premièrement il voulait ramener un semblant de l’ancienne continuité dans l’univers DC. Tout en ramenant, avec, une bonne poignée de super-héros disparus depuis trop longtemps (la JSA et la Légion en premier plan). Deuxièmement il voulait apporter une réponse à l’idée véhiculé par Watchmen que le monde n’avait pas besoin de super-héros. Ce sont autant d’éléments qui devaient trouver leurs réponses dans sa toute nouvelle série en douze numéros, Doomsday Clock.

Cependant les choses ne se passèrent pas aussi simplement. Doomsday Clock pris un immense retard et passa d’un rythme mensuel à un rythme bimestriel. Alors qu’aujourd’hui nous aurions dû être à seulement quelques semaines du grand final de cette maxi-série en douze numéros, nous nous retrouvons seulement en face du septième. Bien entendu ce retard n’est pas sans conséquences. Déjà il s’avère que Johns aurait perdu le monopole de certains personnages et équipes (JSA, Legion of Super Heroes, Shazam). Ce qui en soi ne représente pas tant un problème, mais est tout de même assez déconcertant. Cependant le plus gros problème que tout cela engendre est que Doomsday Clock semble avoir perdu toute ampleur. Entre un événement Metal et une série Justice League orchestré par Scott Snyder, dans lesquelles les menaces toujours plus gigantesques se succèdent et qu’il n’a pas l’attention de lâcher de sitôt. Et pour couronner le tout, une nouvelle crise. De plus à tout ça il faut ajouter une chose et non des moindres, Geoff Johns n’est plus le directeur créatif de DC Comics, rôle qu’il a partagé avec Dan Didio, pendant huit ans. Ce départ doit être gardé en tête à la vue de l’ensemble des événements actuelles chez DC.

Aujourd’hui il semble donc bien difficile de croire à un vrai impact durable pour l’univers DC de la part de cette série. Et il est même encore plus dur de croire au retour d’un univers globalement lumineux et optimiste à la fin de cet événement et ce à la vue de tout ce qui se passe actuellement dans les autres publications de l’éditeur.

Le retour en force du Grim & Gritty ?

Une toute nouvelle tendance semble se dégager tout récemment chez DC, nouvelle n’est peut-être pas le bon mot, le retour d’une vieille tendance semblerait plus juste. Aujourd’hui plusieurs titres ont subi de grands chamboulements, parmi eux on peut lister ; Teen Titans, Titans, Red Hood, Nightwing. Chacun de ces titres arborant un ton plutôt léger au début de Rebirth s’est vu doter d’une toute nouvelle direction lorgnant du côté du dark, très dark. Que ce soit Teen Titans accusant d’un esprit pseudo controversif, en balançant dès le premier numéro un Damian Wayne flingue à la main, tuant (présumément) un Black Mask désarmé, le tout sur fond de pose digne de mauvais clip de rap. Pour Titans c’est au niveau des personnages qu’une nouvelle norme est donnée, chacun accusant maintenant un trauma plus ou moins marqué. L’alcoolisme et la dépression pour Donna, un syndrome poste traumatique et la peur du rejet pour Beast Boy. Quant à Red Hood, on se retrouve avec une pseudo violence dans l’intention, mais rien dans les faits. Pour ce qui est de Nightwing, Dick Grayson n’est plus et aujourd’hui on se retrouve mis face à un personnage du plus pur style emo, typé années 2000, écoutant des chansons emo en boucle. Le personnage n’a plus rien à voir avec ce qu’il représentait et la volonté de pousser une atmosphère dark à souhait est péniblement visible. Avec l’arrivée du fameux Scott Lobdell -qui n’a définitivement pas besoin de traverser la rue pour qu’on lui confie du boulot- il est légitime d’avoir peur pour le futur de ce titre.

Mais en soi il serait assez normal de se dire ; Mais ce sont juste quatre titres, sur l’ensemble des publications DC cela reste très peu et ils n’augurent peut-être en rien de l’ambiance générale chez DC. Ce qui serait une remarque tout à fait légitime, cependant il y a un nom qu’il faut mentionner car il pourrait très bien être la cause de cette nouvelle direction.

Tom King

L’ascension de Tom King chez DC aura été aussi fulgurante qu’inattendue, aujourd’hui avec pas moins de quatre séries en cours il s’agit d’un des acteurs les plus importants de tout l’éditeur. Aujourd’hui il n’est plus vraiment utile de présenter Tom King ; ancien de la CIA devenu auteur, … l’histoire commence à être bien connue maintenant. Tom King ne partage pas vraiment les thèmes d’optimisme et de luminosité introduit par Geoff Johns et son Rebirth. Lui ce qui l’intéresse majoritairement c’est la vie et il faut bien le dire la vie c’est loin d’être toujours drôle. Cependant il est bon, avant tout, de mesurer un peu ces propos. Tom King est capable d’écrire des choses moins sombres et moins « dépressives », la preuve en est avec son histoire écrite pour le numéro 1000 d’Action Comics. Néanmoins il est clair que ce n’est pas une chose qu’il recherche particulièrement. Que ce soit dans Batman, ou dans Mister Miracle, il y a une sorte de dénominateur commun, la volonté de montrer la vie de personnage à vif, souvent au bord du gouffre, son deuxième arc sur Batman se nomme tout de même « I am Suicide », il faut le rappeler. C’est donc dans la poursuite de ses thèmes de prédilections que fut lancé un tout nouvel événement chez DC, Heroes in Crisis.

A la vue du grand succès que rencontre l’auteur, cela ne semblerait pas inenvisageable de se dire que Dan Didio a pensé qu’il pourrait de nouveau tenter une direction globale beaucoup plus sombre. Aspect qu’il avait déjà essayé de pousser à plusieurs reprises au cours de sa carrière chez DC. Cela semble en fait être une constante chez lui. Rien que les New 52 étaient le summum de cette volonté du dark à tout prix. Une déclaration récente de Gail Simone étant particulièrement éclairante.

Toute la période des New 52 était étrange, et je suis loin d’être la seule auteure ayant lutter avec ce qui semblait être une ligne éditoriale incohérente. […] Ma plainte était que je voulais faire ce que l’on avait décidé, mais tout ce que DC voulait c’était du dark, du dark et du dark.

Et le problème c’est qu’ici DC semble se diriger tout droit vers une nouvelle ligne incohérente, à la limite de la schizophrénie.

Bendis is there

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’arrivée de Brian Michael Bendis a fait du bruit. L’ancien auteur star de chez Marvel désertait sa maison pour arriver chez DC. Le tout rappelait à tout et chacun l’arrivée d’un certain Jack -the King- Kirby il y a de cela presque 50 ans maintenant. Bendis posait ses valises chez l’éditeur pour reprendre le personnage phare de l’écurie aux deux lettres, Superman. Bendis amenait avec lui le retour d’un vieil ami perdu de vue depuis des années, le slip rouge. Retour qui finira par faire des émules d’ailleurs. Rien que cet élément marque déjà d’une espèce de cassure avec l’esprit dont on parlait plus tôt. Difficile de faire du dark, quand on ramène l’élément le plus iconiquement lumineux de l’homme d’acier. Cependant l’ancien de chez Marvel ne comptait pas s’arrêter à Superman. Il y a de cela quelques jours, nous a été annoncé l’arrivée d’un tout nouvel imprit chapoté par le créateur de Miles Morales. Wonder Comics. Déjà avec un nom pareil difficile d’y voir un appel à la noirceur. Chose encore plus visible quand on se penche sur les séries que contiendra cette nouvelle ligne. Ce sont tous des retours de personnages attendus depuis des années et tout ce que l’on voit -et sait- fait penser à une ligne avait tout diriger vers la légèreté et l’optimisme.

Cependant ce n’est pas tout, dans peu de temps on va voir l’arrivée de nouveaux sur certaines séries, comme Grant Morrison ou Kelly Sue DeConnick. Le premier pour une relance de Green Lantern et la deuxième pour Aquaman. Tous les éléments que l’on connaît déjà laisse penser que les séries auront leurs tons bien à elles, sans verser dans une note d’attention particulièrement noir. De plus on peut quand même supputer que ce n’est pas dans le genre de ces deux-là, d’arriver -ou de revenir- chez un éditeur pour se voir dicter la façon dont il devrait écrire leurs séries.

En somme aujourd’hui on peut le dire Rebirth est mort, assassiné en même temps que son porte-parole officielle. Et une toute nouvelle ambiance bien plus portée sur l’aspect sombre et torturé est en train de faire tache d’huile chez DC. On ne peut savoir de quoi sera fait demain, mais il est certain qu’il va falloir s’attendre à voir une résurgence de cette ambiance qui déplait tant à une bonne partie des fans. Et il est légitime de se demander si c’est un bon calcul de la part de l’éditeur de réitérer une chose qui n’a déjà pas fonctionné par le passé. Cependant il ne faut pas omettre que d’un autre côté certains auteurs ne semblent pas verser vers cet aspect dark. Donc quel résultat est à escompter ? Va-t-on assister à un ligne éditoriale schizophrénique dans laquelle certains seront dénaturer dans la seule volonté de donner dans la dramatisation à l’excès ? Où va-t-on voir émerger un univers diversifié, où chacun pourra trouver ce qui lui convient ?

Rebirth est mort. Vive DC ?

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urbanvspanini10
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Voilà un édito sur lequel je suis d’accord sur beaucoup de points.
Effectivement avec 4 directions différentes pour DC (Johns, Snyder, King et Bendis) tous cela va prendre des dimension schizophrène pour cette univers..
Mais en même temps c’est intéressant la remarque qu’on aura un DC diversifié dans les mois à venir et c’est ce qui est peut être mieux, d’avoir un éditeur où les lecteurs trouvent ce qui leur conviennent.

Après pour cette période « sombre » lancé depuis HiC je dirais que c’est seulement temporaire, que si ça se trouve quand Doomsday Clock se finira on aura un relaunch pour quelques séries pour un retour « lumineux ».

PS : C’était donc de cette article que tu parlais dans les commentaires, bon boulot !

PS 2 : Perso je suis pas contre les séries « sombre » si c’est bien fait (GA par Grell par exemple)

Sindri Windback
Sindri Windback

Après toutes les séries ont pas à être unifiées dans un même style. Même si il y a une part de respect à la sacro sainte continuité, moi ça ne me dérange pas d’avoir un batman sombre avec King, un Supeman lumineux avec Bendis et Justice League… Au moins c’est joli ^^. Après je vous vois beaucoup cracher sur les New 52 sur ce site, dire que tout le monde attendait le retour de quelque chose de plus lumineux, comme avant… Mais il faudrait se rappeler que les New 52 ça a quand même été l’une des meilleures portes d’entrée de DC comics de ces dernières années, la preuve je suis rentré par là, et puis après oui forever evil, trinity war c’était très sombre par rapport à Rebirth, mais bon on en parle d’Identity crisis, d’infinite crisis, de toute cette période des crises entre 2006 et 2010. C’était sombre mais c’était aussi assez qualitatif, et puis au niveau du rebirth, doomsday clock est aussi assez sombre par rapport à ce que nous vendait dc universe rebirth.

Cielo
Cielo

Je tiens quand même à rappeler que c’est Johns qui a décidé de quitter le navire, je dis ça je dis rien après ^^. Et avoir un univers diversifié en terme de ton je ne trouve pas ça déconnant, surtout quand on voit le style très différent entre les 3 principaux auteurs en ce moment que sont King, Bendis et Snyder. Par contre le petit spoil à la fin pour ceux qui auront compris c’est pas cool cool ^^. Un très bon sujet pour ce OMM, même si bien évidemment les avis seront très différents.

newlink974
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