En 2013, la Chine est devenue la première puissance économique mondiale. C’est probablement dû à ce fait, d’ouverture économique mais aussi culturelle, qu’est née l’idée pour DC de créer une figure représentative de l’identité et des valeurs de l’Empire du milieu. Avec ce Super-Man, DC Comics consacre pour la première fois un  super héros chinois, avec les capacités de notre bon vieux Superman, comme héros de sa propre histoire. Gene Luen Yang nous raconte dans ce récit complet les débuts de ce nouveau personnage.

LA FERVEUR D’UN ADOLESCENT

Les débuts de cette intrigue se passe dans la ville de Shanghai où l’on suit Kong Kenan voguer à ses occupations de voyou: racketter les plus faibles. En effet, le personnage principal est un jeune adolescent insolent au physique bedonnant. Très rapidement, il fera face à l’arrivée du premier vilain de ce récit, Blue Condor, dont il s’en sortira grâce à son tempérament impétueux. Les scènes d’exposition vont ensuite s’enchaîner de manière plutôt fluide et claire, nous présentant la personnalité de l’adolescent, son environnement socio-familial, et les raisons qui vont pousser le jeune Kong à arborer le costume de Super-Man. Le héros étant dans une période de crise où ses hormones entrent en ébullition, on suivra ses choix et ses erreurs face à un groupe de super-vilains qui s’en prend à des cibles bien précises. Il sera souvent aussi en rébellion contre l’autorité, nous montrant ainsi qu’il cherche à trouver sa place dans ce monde.

Au niveau des autres personnages, le premier chapitre réussit l’exploit de nous montrer les convictions et les motivations de plusieurs d’entre eux dont deux notamment. Le premier est Zhongdan Kong, le père du héros, obsédé par la théorie du complot d’une organisation cherchant à maintenir l’ordre par le contrôle. Puis, vient le Dr Omen qui avait déjà été vue dans le tome Superman – Requiem (paru en 2016 chez Urban Comics). Elle apparaît presque comme un ersatz de Amanda Waller avec ses mensonges, ses missions secrètes et ses expériences douteuses. L’originalité est qu’elle fait partie de la dite organisation que cherche à compromettre Zhongdan. De nombreuses oppositions vont se dessiner au nom de l’idéologie de chacun, et voilà comment les bases se posent dans ce premier arc. Pour les non-initiés, les révélations et les twists n’apporteront aucune surprise. L’ensemble reste sympathique mais tout est assez prévisible et l’on devine assez facilement certaines vérités. Enfin, Kong Kenan se verra entouré tout au long de l’aventure du Bat-Man et de la Wonder-Woman de Chine. C’est ainsi qu’ils se font appeler, et malgré leur costumes plus ou moins inspirés de leurs modèles américains, ils ne leur ressembleront en rien. Ils ont cependant une personnalité très différente de Super-Man, ce qui les mettra beaucoup en opposition lorsqu’il s’agira de travailler en équipe, mais aussi de se compléter grâce aux connaissance et compétences de chacun.

SUPER-MAN MADE IN CHINA

Autant le dire tout de suite, ce récit ne s’adresse pas à tous les lecteurs. Bien qu’il semble destiné au public du marché chinois, cela s’adresse surtout à des lecteurs jeunes. Récompensé en 2015 d’un Eisner Award (l’Oscar de la bande dessinée américaine délivré lors de la San Diego Comic Con) pour l’écriture de la suite de l’animé Avatar: The Last Airbender; Gene Luen Yang montre qu’il n’en est pas à son coup d’essai. Cela se lit, et surtout se ressent. Le discours est simple, compréhensible pour les petits et grands, et ne va pas se perdre en intrigue trop recherché. On regrettera que la culture chinoise ne soit pas vraiment mise en valeur dans la narration et dans les dessins. Mise à part des noms de lieux ou de personnes, ici la Chine sert plus de prétexte à montrer que c’est une autre juridiction, et que les héros américains ne peuvent s’y affranchir.

L’histoire en elle-même se veut plus un spin-off de Superman qu’une réinvention. D’une part parce qu’il s’inscrit dans la continuité après Superman New 52 (DC Renaissance chez Urban Comics), et d’autre part parce que ces deux personnages n’ont que peu de choses en commun au fond. Et c’est bien dommage qu’il faille lire la suite pour constater tous les pouvoirs de Superman en action car c’est trop léger ici.

Bogdanivic nous livre des planches nettes, simples et très colorées. Quelques clins d’œil à la version US des héros s’invitent aussi par-ci par-là pour rendre hommage au mythe de Superman et à la Ligue de Justice d’Amérique. Loin d’être grossier mais certains visages sont grimaçant et peu détaillés. C’est moins réaliste, ce n’est pas ce qu’on a lu de plus beau, mais la lecture est sympathique au final. Cela remplit le cahier des charges pour exposer à la lumière de la population un Super-Man assez naïf mais sincère.

Ce New Super-Man est clairement destiné à un public (très) jeune ou novice. Le fait que l’intrigue se passe en Chine n’apporte absolument rien, dommage. Difficile de se prononcer sur la qualité de l’œuvre de Gene Luen Yang, mais on attend plus de développement dans l’identité tant la Chine regorge de richesse en terme de culture et de géographie (voire de politique).

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Les +
- Lecture facile à suivre
- Bon point d'entrée pour les novices
- Sympathique…
Les -
- Peu d'enjeu
- Pas de réelles surprises
- ...mais assez naïf dans certains passages
- Ambiance chinoise absente
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