Après Tom King face au ComicsGate, ce sont les scénaristes qui s’offensent au refus de nouveaux jeunes scénaristes n’ayant pas déjà écrit, en relatant leurs premières expériences chez l’éditeur même. Ce refus rejoint quelque peu cette pensée « À qui sont destinés les comics ? », en touchant un peu à la question « À qui doit-on donner le droit d’écrire des comics ? ».

Une question de confiance… ou de considération

Réguler les scénaristes de comics peut se comprendre. Un éditeur cherche forcément à soigner ses produits, son image. Ainsi, nous n’entendons plus parler de Jeff King après son oeuvre qu’est Convergence. La Wonder Woman de Meredith Finch restera incontournable, encore quelques années. L’éditeur n’hésite pas à écarter certains noms suite à un échec. C’est également à l’issu des séries en échec que de grands artistes ont été révélé. Aujourd’hui, qu’y a-t-il d’étonnant dans cette demande d’expérience pour écrire chez l’éditeur ?

Les comics sont des produits commerciaux populaires, destinés au peuple, créés par le peuple. Il fait parler ceux qui ne se font pas entendre (cf. Tom King la semaine passée). Je pourrais vous raconter comment s’est fait embaucher Todd McFarlane chez DC – en qui l’éditeur n’a pas eu tellement confiance, ou Jim Steranko qui a simplement réclamé un titre auprès de Stan Lee, sans savoir qu’il allait marquer le personnage de Nick Fury. À 17 ans, Gerry Conway écrivait son premier script pour DC Comics, en 1969. Qu’est-ce qui a changé ? Les comics ont simplement évolués. Il a gagné en importance, en reconnaissance, il est la nouvelle mine d’or d’Hollywood, et les artistes s’entassent dans les écoles créées pour l’occasion. Les études ne vont pas foncièrement à l’encontre de l’activité d’artiste de comics, mais les refus qu’ils imposent de ce fait à certains dénote.

Les éditeurs (notamment les Big Two) voient de nombreuses connexions cross-média. De cette manière, on voit de temps à autres des scénaristes de séries TV officier sur des comics, sans vraiment avoir de véritables connaissances du milieu. Ils y font rarement carrière, malgré quelques exceptions comme J. M. Straczynski ou Marc Guggenheim (oh wait, on vient d’apprendre qu’il se tire du merveilleux X-men : Blue).

Exigence ou normalisation ?

De cette manière, le comics « mainstream » de DC ou Marvel tend grandement à se normaliser, dans cette recherche d’auteurs expérimentés. Un point de vue à considérer, d’autant plus que Jim Lee sait de quoi il s’agit, puisqu’il a essuyé un refus auprès de l’éditeur dont il est à la tête aujourd’hui. La colère des scénaristes se comprend. Il s’agit tout autant de compassion (ceux concernés ont tous percé par leur unique passion ou par une chance saisie, ne se considérant que comme de simples fans), que de défendre le média mis en danger.

Sans même passer par la case commune du paradoxe « Ayez de l’expérience dans cette profession pour l’exercer » que nous connaissons bien en France, exclure la mise à l’essai de jeunes talents, c’est refuser l’éthique première du comics, sa caractéristique naturellement populaire. On se posera alors la question : À qui seront adressés les comics écrits par des auteurs à qui n’étaient pas adressés les comics auparavant ?

On se plaint de l’industrialisation du comics (appliquée depuis bien longtemps). Heureusement, les scénaristes actuels sont une ligne de défense forte sur les réseaux sociaux, et le sujet lancé par Neil Gaiman a su faire des remous chez les scénaristes de comics, tout éditeur confondu, qui ont fait part de leurs premières expériences et de leur insertion dans cette industrie.

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Watchful
Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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Mocassin

Ah ah, lundi dernier j’hésitais justement à te proposer d’en parler !

Claygan

Watchful qui nous fait un petit diptyque d’humeur du lundi, sans pression. En tout cas c’était très intéressant !

Billy Batson

Watchful, c’est toujours sans pression qu’il écrit des papiers délicieux comme celui-ci.

Tim Drake4
Tim Drake4

Mais DC avait pas lancé un programme depuis quelques années pour permettre l’arrivée de jeunes scénaristes sans expérience ?

Tim Drake4
Tim Drake4

C’est bon je viens de le retrouver. Ce programme se nomme DC Talent Workshop. Il n’est plus actif aujourd’hui ?

mavhoc
mavhoc

Toujours très bien Watchy, je regrette juste que tu ne fasses pas plus durer le plaisir :sleep