La semaine dernière a été assez chargée en débat du côté de Twitter. Le Comicsgate, qu’on aurait pu croire mort depuis l’année dernière, a fait pas mal de remous du côté des scénaristes. Le Comicsgate a malheureusement été le lieu d’un regroupement d’extrémistes refusant les évolutions de certains personnages populaires, en désaccord avec leurs visions racistes du monde et leurs penchants politiques. Un débat relancé, entre autres, avec le tweet volontairement provocant, cherchant à rallier le défunt Darwyn Cooke auprès d’eux. Même si sa femme a su remettre les choses au clair, l’opposition au Comicsgate a nourri un débat stérile, de la part des partisans, mais intéressant de la part des auteurs. Entre autres, un certain Tom King qui y a écrit ceci :

On se demande alors à qui s’adresse les comics. Malgré son caractère très sélectif et une vision presque stéréotypé du lecteur, Tom King viserait juste sur le rapprochement entre les créateurs du média et le public qui resterait, lui, inchangé. Toujours dans une certaine poésie, Tom King rappelle les origines du comics avec de multiples connexions : avec l’idée qu’il a du public premier lecteur de comics et l’opposition avec les idées défendues du ComicsGate. La beauté du message est à la fois dans la défense que présente Tom King envers les comics et son respect des fondateurs. Si eux sont tombés, le rôle des comics resterait inchangé et les lecteurs ciblés seraient toujours les mêmes, des Peter Parker en attente d’une araignée.

Ce message a nourri lui-même un débat très complexe. Des centaines de personnes présentent leur profil de lecteur pour désamorcer le message de Tom King, clamant que les comics sont pour tous. Et en effet, ils l’ont même toujours été. Tom King parle bien d’une certaine sensibilité du lecteur et d’une fonction du comics qui est de donner de la voix. Mais dans ce message, la sensibilité du lecteur paraît innée, alors qu’elle peut tout aussi bien être créée par les comics. Et c’est sur ce point qu’on peut se dire que Tom King présente là une fonction du comics, celle qu’il aime, celle qu’il cible et qu’il utilise pour les défendre, au détriment des autres. Il ne s’agit que d’une fonction utilisée comme bouclier face à ce groupuscule, par choix, ou par pertinence.

La diversité des publics, Tom King en aurait évidemment conscience, mais il lie le média à un profil généralisé. Simple vision de la relation entre les fondateurs et les lecteurs américains, et leurs passés d’immigrés, de l’idée d’un caractère reclus, ou alors parole d’une expérience vécu et d’un ressenti, Tom King présente une vision du comics aussi attrayante que problématique. Il est regrettable que la plupart des réactions ne s’attardent que sur une approbation ou une désapprobation. En attendant, il est agréable de voir émerger des artistes populaires capables de prendre position de la sorte. Tom King n’est pas un cas isolé, juste celui associé à DC, qui a fait le plus parlé de lui et dont les propos touchent une problématique touchant la définition même du comics.