Couverture de Justice League of America tome 1 Le nouvel ordre mondial
Les points positifs :
  • Tous les membres sont très bien traités
  • Des méchants secondaires mis en avant
  • Un gros pavé jamais ennuyeux
  • Morrison tient à son Multivers, c’est mignon
Les points négatifs :
  • C’est pas beau
  • Superman… bleu… arglgh…

« L’Hyperclan me croit mort. Je ne suis « qu’un humain ». Ils ne me croient pas capable de pénétrer leur forteresse. Ile ne me voient pas comme une menace. Erreur. » – Batman


  • Scénario : Grant Morrison, Mark Waid & d’autres – Dessins : Howard Porter, Oscar Jimenez & d’autres Colorisation : Pat Carrahy & Tom McCraw Encrage : Celuikilice Aétinquon

Plus d’un an après la publication de Justice League of America tome 0, Urban décide finalement de nous présenter le début de la série originale, avec Grant Morrison au commandes. Avec JLI l’année passée, il s’agit donc d’une partie historique importante de l’équipe légendaire qui s’offre à nous. Nous retrouvons donc dans l’équipe la trinité, accompagnée de Wally West, Kyle Rayner et J’onn J’onzz. Il s’agit donc à la nouvelle génération de Flash et Green Lantern, qui succède à Barry Allen et Hal Jordan qui ont trépassé entre temps. Cet album contient Justice League : A Midsummer’s Nightmare #1-3, JLA #1-9 et JLA Secret Files #1.

Une équipe de super-héros, l’Hyperclan, débarque sur Terre et proclame vouloir sauver la planète. Mais la Justice League, Superman en particulier, restent très sceptiques vis-à-vis de ces personnes dont on ne sait rien. Leurs craintes vont-elles se révéler pertinentes ?

Tous les personnages sont cools

Il est assez difficile d’avoir simultanément plusieurs personnages bien traités et bien caractérisés dans une histoire. Mais face à une telle difficulté, l’auteur a déchiré son manteau est s’est écrié « c’est un travail pour Grant Morrison ! ». Tous les membres de la Ligue de Justice (je suis le seul à trouver cette traduction dégueulasse ? La Ligue des Justiciers ça passait bien pourtant !) sont bien caractérisés, et cela donne vraiment l’impression de retrouver tous ces personnages qu’on aime bien.

Cela passe par des petites choses. Par exemple : Green Lantern. Exit les bulles ou les banals murs, ici Kyle Rayner va toujours faire appel à son imagination lorsqu’il voudra faire quelque chose. Appeler la Ligue ? Hop, une cabine téléphonique. Se battre contre un géant ? Bam, un robot géant parce que c’est badass. Le personnage de Kyle lui-même est aussi attachant (même si parfois son humour est un peu lourd). Il est le plus jeune de l’équipe, et son inexpérience souvent raillée est très bien montrée.

Parlons de Batman. Oui, oui, la badassitude ultime, voilà, tout ça on connaît. Mais lorsque Bruce est au sein de la ligue, sa puissance en est forcément réduite à côté de Superman ou Flash. Ce n’est pas la première fois qu’un tel concept est développé dans un comics, mais la dimension qui est donnée ici est particulièrement bien vue. Je ne vais pas tout raconter, mais Morrison utilise cet élément judicieusement dans le premier arc avec l’Hyperclan.

Les méchants comme les gentils

Parce que oui, les super-héros on les connaît depuis belle lurette, mais les vilains ? Une combine bien connue est d’utiliser des personnages célèbres pour tenir lieu d’antagoniste. Voyons, on ne peut pas faire revenir Darkseid ou Lex Luthor à chaque histoire, m’enfin ! Mais c’est sous-estimer Morrison que de penser que les méchants seraient moins bien traités que les gentils.

Il y a quatre histoires majeures dans ce tome, et les quatre ont un antagoniste qui a le mérite d’exister. Oui, je nuance quand même, parce que ce ne sont pas les meilleurs méchants qu’on ait vu, mais l’un (l’Hyperclan) est inventé et les autres sont plutôt underground. L’auteur arrive donc à nous faire un minimum intéresser aux vilains, mais c’est surtout pour les histoires elles-même si on apprécie chacun des trois arcs. J’aimerais surtout noter avec quel aisance Morrison s’éloigne du schéma classique (gentil. méchant. gentil aller taper méchant.) et arrive à toujours raconter une histoire différente.

Et là-encore, les trois histoires principales, non-seulement sont bien rythmées, mais font aussi preuve de beaucoup d’originalité. Ce sont des histoires qu’on a très rarement vues dans d’autres arcs. La deuxième histoire fera d’ailleurs probablement rappeler les épisodes avec les Reach de la série animée Young Justice, et celle avec l’ange Asmodel a le mérite d’introduire pour la première fois le personnage de Zauriel. Mais il y a aussi une cinquième histoire, plus petite, qui raconte la brève vie de Tomorrow Woman. Cette histoire présente une rivalité entre Ivo et T.O Morrow, deux génies qui sont passés du côté obscur, et qui sont plutôt sympathiques le temps de cette brève histoire. Les cinq histoires sont très bien et méritent toutes qu’on s’attarde dessus.

M’en fous, je veux mon multivers !

Bien sûr, Morrison est un excellent scénariste. Sa narration est parfois un peu confuse, mais le gars fourmille de bonnes idées et sait très bien comment ne pas être ennuyant. Mais la qualité qui est selon moi la plus importante chez le monsieur, c’est que c’est un énorme fan de l’univers DC. Il connaît son histoire sur le bout des doigts, sait comment traiter tous les personnages qui lui tombent sous la mains, et, comme on l’a vu avant, n’hésite pas à en ressortir de ceux qu’on avait oublié. Tout chez l’auteur transpire d’un amour inconditionnel de l’univers DC.

Vers la fin des années nonante, forcément, le multivers, c’est de l’histoire ancienne. Morrison ne peut pas utiliser les personnages de Terre-2, Terre-3 ou d’autres, vu que celle-ci n’existent plus. Ou pas encore. Mais des version alternatives de notre univers, l’auteur britannique se débrouille tout de même pour en faire apparaître à travers les rêves de la ligue lors de l’histoire contre la Clé.

J’insiste là-dessus parce que l’univers décrit dans ce rêve fait énormément penser à une Terre parallèle. Tomar-Re s’est écrasé sur Krypton est a donné son anneau de puissance à Kal-El, Bruce a eu des enfants avec Catwoman qui ont repris le flambeau de Batman et Robin… Bref, vous avez compris l’idée.

Mais ça ne s’arrête pas là. Le cliffhanger final (que je vais spoiler !!!) fait apparaître une version alternative de la Justice League, une version méchante. Et l’explication derrière est qu’ils viennent de « l’univers négatif ». Vous le voyez, on sent bien que l’auteur est frustré de la disparition de Terre-3. Mais il fait ce qu’il veut, hein. Après tout, un Syndicat du Crime made in Morrison je dis pas non.

D’accord les dessins c’est moins important… mais… quand même…

Ce tome brille par son scénario, son histoire, ses personnages, et d’autres trucs, certes. Mais niveau dessins… C’est pas beau. On est pas au niveau d’un Liefeld, mais on peut pas vraiment dire que le trait de Howard Porter est réussi. Le monsieur s’est beaucoup amélioré depuis, croyez-moi. Le problème vient notamment des visages qui n’ont jamais des traits naturels. Et c’est presque pire lors des gros plans, où les personnages se mettent à ressembler à des polyèdre en 3D faits à la va-vite sur Blender. Et la colorisation, qui ne consiste que trop souvent à de simples dégradés, accentue cet effet artificiel. Les visages ont souvent des proportions pas au top, avec de temps en temps un oeil, un nez ou un sourcil qui va dire coucou à l’oreille. On est trop souvent dans la vallée dérangeante.

Aussi, les visages passent très vite de l’inexpressif au sur-expressif. Et certains personnages, comme Wonder Woman, ont vraiment une apparence de cartoon. Bien sûr, c’est supportable. C’est pas immonde, c’est pas affreusement moche, et on a vu bien pire. Mais ça reste très en-dessous de ce qu’on pouvait attendre du titre phare de DC de l’époque. Les dessins ne donnent pas envie de vomir, mais le fait est : ils ne sont pas beaux.

Et puis Superman Bleu… Ne jetons pas la pierre au britannique, ce n’est pas son idée. Mais bon dieu, qui a pu imaginer un truc aussi affreux ? Premièrement, le costume est dégueulasse, ça c’est clair. Un truc qui sent bon les années nonantes. Et deuxièmement, ses pouvoirs. Il peut créer des trucs magnétiques et électriques, qui lui permettent de faire… Bah, tout et n’importe quoi. Ce n’est pas la première fois que je le dis : balancer des explications sans queue ni tête ne fais que sortir le lecteur de l’histoire, vu qu’il se dit « Superman a sûrement un autre pouvoir absurde pour sauver le monde. »

La partie graphique est le seul défaut important du tome. C’est toujours jouissif de voir nos héros favoris réunis, mais quand en plus on colle un fan ultra-hardcore de DC comme Morrison aux commandes, comment faire pour ne pas apprécier ? Tous les membres ont un traitement et une place adéquate. Les histoires permettent de bien sonder l’univers DC avec des personnages undergrounds et malgré tout intéressants. C’est bien rythmé, et surtout : c’est riche. Riche en personnages. Riche en bonnes idées. Riche en intrigues. Riche en tout. Un indispensable absolu.

9 COMMENTS

  1. Si je comprends bien c’est la réedition d’un ancien run de Morrison sur la JL?
    Combien de tomes de prévu?

    • Réédition partielle. Trois des comics collectés, la minisérie Justice League: A Midsummer’s Nightmare de Mark Waid qui introduit cette nouvelle JLA, est inédite en VF.

  2. d’accord avec toi pour le Superman bleu electro ! c’était la mauvaise idéé. je savais même pas qu’on avait osé retouché le costume comme sa !!

  3. Il y a aussi un bug pour les cheveux de Superman. Ce premier arc ce passe juste après le mariage de Lois & Superman, qui lui se passe après son retour de l’arc « Doomsday ». Ses cheveux longs Superman se les coupe pour son mariage avec Lois et là il a de nouveau les cheveux longs !

  4. Je suis ravi de la sortie de ce tome car j’avais littéralement adoré le premier (tome 0 par Waid/Kitson), ma lecture « justice league’ préférée à ce jour.
    Je n’ai encore lu que la première histoire de ce tome mais elle m’a laissé sur ma faim… un cas de réalité distordue, un petit côté « House of M » avant l’heure (les héros ont oublié qui ils sont, des gens normaux ont soudain des super-pouvoirs) mais mal amené et mal expliqué, ou je n’ai pas dû tout comprendre ! …ça promet pour la suite !

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