Alors que la planète entière se prépare à rentrer dans une nouvelle année il m’a semblé logique et opportun de vous livrer un petit bilan personnel de ce qu’on été les douze derniers mois, du point de vue du fan de DC Comics que je suis – et qui, je l’espère, se retrouve un peu en chacun de vous. Bien que je sais qu’il y aura pas mal de points avec lesquels vous pourrez être en désaccord (l’avantage, c’est que vous aurez les commentaires pour vous exprimer). Petit inventaire, donc, avant d’aller oublier qu’on a tous vieilli entre temps !

Comics

Ce sera toujours plus fort que moi, les comics passent en premier. Malgré le succès toujours croissant des adaptations en tous genre, le support papier reste primordial à mes yeux, et heureusement 2016 nous a gâté de ce côté là. Nous avons eu droit à des oeuvres attendues depuis pas mal de temps et qui nous ont régalé, en témoignent Wonder Woman : Earth One de Grant Morrison ou l’émouvant Dark Night : A True Batman Story de Paul Dini. Deux oeuvres fantastiques que le public français pourra découvrir l’an prochain. Preuve est, avec d’autres titres comme le Wonder Woman : The True Amazon que DC Comics parvient à éditer des OGN de grande qualité qui viennent compenser leur faible quantité (on est toujours sans nouvelles du Aquaman : Earth One de Francis Manapul).

Bien entendu, si je parle de comics, il sera impossible de passer sous silence le relaunch Rebirth qui à mon sens a fait le plus grand bien à l’éditeur. Bien que j’ai apprécié la période DC You pour sa fièvre expérimentatrice, il faut reconnaître qu’un retour aux sources n’est pas forcément négatif. En limitant le nombre de séries j’ai l’impression que DC s’éparpille moins ce qui permet d’avoir un socle solide de publications, qui permettra à plus ou moins long terme des expériences à côté. Superman est le personnage qui profite le mieux du relaunch et a enfin un ensemble de titres qui se suivent avec plaisir, Wonder Woman en a enfin fini de sa période Finchesque, et même Red Hood and the Outlaws est devenu assez bon. En témoignent les chiffres de ventes (même si je sais que le commercial ne vaut pas le critique), on peut espérer que DC maintienne enfin un certain cap pour les années à venir, après cinq ans qui auront été difficiles. Il reste beaucoup de zones d’ombre concernant Rebirth, notamment un certain lien avec une autre oeuvre majeure de l’éditeur, et Johns est clairement attendu au tournant là dessus. Comme je le disais dans notre récent dossier, 2017 va continuer de disséminer les indices, et les lecteurs auront tout intérêt à être attentifs.

C’est aussi avec une certaine joie qu’on aura vu l’éditeur se risquer à sortir de sa zone de confort en proposant de nouvelles gammes, voir un nouvel imprint – et ce n’est pas fini ! La relance de titres de l’univers Hanna-Barbera n’est rien d’exceptionnel mais offre des visions nouvelles (et pour la plupart, très plaisantes) de ces vieux dessins animés, et le nouveau DC’s Young Animal risque bien de marquer une nouvelle identité chez DC, avec une sorte de proto-Vertigo à l’ancienne en devenir. Concernant la branche indé de l’éditeur, force est de constater que les efforts mis en 2015 sont loin d’avoir payé et si j’ai toujours l’impression d’assister à une lente agonie, certains titres comme Frostbite ou The Sheriff of Babylon nous rassure quant à la possibilité de voir publiés des hits autre part que chez Image et ses consorts.

Il y aura bien entendu eu quelques couacs cette année, à mon coeur c’est l’annulation de la seconde partie de Prez qui m’a le plus chagriné, et j’ai toujours du mal à comprendre pourquoi Dan Didio est revenu sur sa promesse, mis à part que sa volonté n’a été guidée que par le pognon. Enfin, difficile de ne pas avoir encore une pensée émue pour cette année qui, malgré tout ce qu’elle a pu apporter, nous aura enlevé deux énormes artistes de l’industrie. Une pensée pour Darwyn Cooke et Steve Dillon, dont les oeuvres, elles, resteront ici à jamais.

Cinéma

Ce sera la partie la plus polémique surement et je ne compte pas m’étendre et refaire les débats qui n’ont pas cessé depuis mars 2016 et la sortie de Batman v Superman. Les enjeux étaient énormes, l’attente également, au fur et à mesure que les trailers arrivaient on sentait la hype – et les tensions – monter. L’année est passé, le DCEU est définitivement lancé, et la seule chose à constater franchement est que cet univers pour l’instant n’arrive pas à fédérer, ni les fans de DC ou de comics, ni le grand public. Malgré des rentrées d’argent qui restent impressionnantes, Warner semble aller dans une direction qu’on a encore du mal à définir (ou peut-être que je me mets des oeillères pour lutter contre le négativisme ambiant), et il devient difficile de vouloir rester optimiste alors qu’une large partie de la sphère comics s’est mise d’accord pour dire que tout ce qui sort de chez JohnsSnyder et autres sera pourri jusqu’à l’os par une vision qui ne serait pas la bonne, ou par la main mise de producteurs on ne peut plus casse-couilles.

Les espoirs se font donc ténus, l’intérêt pour le DCEU est retombé (malgré les vis débats encore de temps à autre sur le site, je sens malgré tout que les gens guettent moins les prochains films DC) et si je pense que Wonder Woman et Justice League peuvent encore sauver les choses, les dernières annonces (Gotham City Sirens, le projet The Flash qui s’embourbe) laissent également de quoi craindre beaucoup. Heureusement, il y a le film Lego Batman qui arrive, et je crois qu’on tient déjà une oeuvre culte en devenir, même si elle n’est pas encore sortie.

Petit écran

Ici je parlerai enfin de télévision et de jeux vidéo ; les choses là aussi divisent les fans, notamment à cause du CW-verse, en fonction de qui arrive à se détacher de l’esprit de la chaîne pour apprécier les aventures des héros. Et de qui arrive à voir que ce ne sont que des productions formatées qui abîment un univers à coups de poncifs et de mauvais effets spéciaux. Si j’ai beaucoup de mal avec Legends of Tomorrow, qui se rallonge à chaque saison alors que, franchement, une seule (mini)-série évènementielle aurait pu être suffisante, je trouve qu’Arrow s’est vraiment améliorée (toutes proportions gardées, hein) et que Supergirl profite également de son passage sur la CW pour être plus intéressante, notamment dans ses thématiques, et ce malgré d’autres défauts inhérents. The Flash reste encore la petite chouchoute du quatuor, alors que Gotham continue de nous montrer qu’il y a des gens qui s’en battent proprement les couilles d’un des univers les plus connus du grand public, et j’espère honnêtement que le show ne dépassera pas cette troisième saison qui transpire la coke par tous les orifices.

L’année 2016 nous a offert en revanche deux superbes nouveautés : Preacher sur AMC qui a permis d’avoir une série Vertigo (non parce que iZombie ou Lucifer hein… C’est pas pour rien qu’on ne vous en parle plus sur le site) avec un vrai standing de qualité, et un amour et respect de son oeuvre initiale. Il était bienvenu de parier sur un préquel pour ensuite se lancer dans le comicbook d’origine, et clairement je porte beaucoup d’espoir dans la seconde saison qui vient de commencer sa production. Enfin, du côté de l’animation, je ne pouvais espérer mieux que l’arrivée de Justice League Action pour savourer mes dimanche matins. Alors oui, on aurait pu avoir un format plus long, des intrigues de long terme, un ton plus sérieux. Mais la richesse de l’univers DC aussi bien explorée, autant de fun et d’humour, parfois méta, et des héros qu’on reconnaît vraiment, jusqu’à leur caractérisation : si vous n’avez toujours pas essayé, je ne saurais que vous dire d’aller vous jeter sur les épisodes déjà disponibles ! 2017 nous apportera en plus le retour de Young Justice pour une 3ème saison, il y a donc fort à parier que l’année prochaine sera plus qu’enthousiasmante.

Toujours dans l’animation, on gardera un bilan mitigé au niveau des films d’animation. Dans la ligne du nouvel univers animé DC, il est pour moi assez clair que Justice League vs Teen Titans a réussi à sortir du lot par rapport aux précédents en exploitant mieux les personnages de son roster, et en incluant un aspect magique qui n’était pas encore présent ; en ce sens, la venue prochaine de Justice League Dark est également plus enthousiasmante. Cependant là aussi, on n’arrive pas encore à atteindre des sommets de qualité dignes de l’époque d’un Mask of the Phantasm ou Return of the Joker. La sortie du film d’animation Batman ’66 : Return of the Caped Crusaders est pourtant là pour montrer qu’en termes d’animation, il y a du niveau atteignable et les fans de la batmania ont certainement dû se régaler avec ce premier long-métrage « classique » et on est assez curieux de voir ce que nous donnera la suite. Bien entendu, le film de l’été qui aura fait polémique (il faut croire que WB et DC raffolent de ce terme) c’est l’adaptation de Killing Joke et son prologue qui aura fait couler beaucoup, beaucoup d’encre, en allant bien au-delà du simple ajout inutile pour parfois se transformer en un pamphlet contre Bruce Timm qui, par je ne sais quel miracle, est passé du génie berceur de votre enfance à un gros dégueulasse pervers et pédophile. Mais bon, la retenue sur internet, c’est une bien belle chose, des fois.

Je terminerai avec un petit mot chiche du côté des jeux vidéo, qui aura été assez mince finalement. Je ne sais pas combien de personnes attendent réellement le jeu Injustice 2 qui n’a pas l’air de vouloir proposer plus qu’un bon défouloir – mais j’espère me tromper et que le mode Histoire saura se montrer intéressant, ou permettra de retrouver un comicbook par Tom Taylor aussi bien qu’à la première année du précédent. Et il aurait été plaisant de retrouver la Suicide Squad dans un jeu d’action qui aurait pu briser les limites que se sont fixées les producteurs de Warner Bros pour leur version ciné. Visiblement il faudra encore attendre un peu. On pourra malgré tout se consoler avec la série Batman de Telltale Games qui, malgré ses défauts techniques et une trop faible durée de vie, reste à mon sens l’une des meilleures oeuvres sur le Chevalier Noir de l’année, et une preuve supplémentaire, s’il en fallait que l’univers DC a encore de beaux jours à vivre sur tous les supports.

En définitive chacun fera son propre bilan en choisissant de ne garder que ce qui l’a marqué. J’espère que l’année prochaine sera moins clivante pour notre communauté de fans, notamment au niveau des adaptations sur grand écran qui, pour l’instant, sont celles qui ont encore bien du mal à fédérer tout le monde. En espérant que Geoff Johns me lise quelque part : s’teuplé mec, fais nous rêver.