Review VF - DMZ Intégrale Tome 2

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Review VF - DMZ Intégrale Tome 2
Geoff Johns Présente Green Lantern Intégrale Tome 1
Les points positifs :
  • Une belle critique de la guerre
  • Tristement toujours d’actualité
  • Un récit profondément humain
  • Dépaysant
  • De bons artistes et une jolie colorisation…
Les points négatifs :
  •  …mais certains dessinateurs pas toujours au niveau
  • Un rédacteur jaloux du succès du héros avec les femmes

« Journaliste… Pour la première fois j’avais l’impression de mériter ce titre »- Matthew Roth


  • Scénario : Brian WoodDessins : Riccardo Burchielli, Kristian Donaldson, Nathan Fox, Danijel Zezelj – Couleurs : Jeromy Cox
  • Urban Comics – Vertigo Essentiels – DMZ Intégrale Tome 2 – 10 mars 2017 –  424 pages – 28€

Avec le mois dernier, une réédition sous forme d’intégrale de 100 bullets, Urban continue dans cette voie en proposant ce deuxième tome 2 des aventures de Matthew Roth, comprenant les numéros #13-28 de DMZ. La série continue-t-elle sur sa lancée en terme de qualité ? Réponse tout de suite !

Notre journaliste est toujours cantonné à l’intérieur de la DMZ après avoir sauvé la situation in extremis dans le tome précédent. Plus qu’une lutte de pouvoir, se joue ici une lutte contre le terrorisme dans laquelle Matthew va se retrouver mêlé par erreur en infiltrant une cellule de poseur de bombes/kamikazes. Brian Wood est un scénariste dont le thème de prédilection est le réalisme. Que ce soit avec Northlanders, Rebels et Starve, il a montré au fil des années son talent à créer et écrire des histoires sombres et réalistes qui arrivent à être toujours d’actualité encore aujourd’hui. Ce n’est  malheureusement que trop vrai dans le cas de DMZ. En effet, dans sa gestion de la crise du terrorisme, l’humanité ici dépeinte n’est que trop proche de notre société même cinq à dix ans après la fin de la série. Triste constat.

Néanmoins, rendre un univers crédible passe avant tout par une bonne gestion de ses personnages et des personnalités de chacun. Pari réussi. Tous les protagonistes présentés dans ce tome apparaissent profondément humains, rendant l’oeuvre à la fois intelligente mais aussi véritablement touchante. En effet, ne se concentrant pas uniquement que sur Matthew, une suite de numéros est consacrée à dresser le portrait de différents résidents de ce no man’s land en plein cœur de New York. Certains sont durs, d’autres poétiques, en particulier celui d’un artiste de rue dont le but et de peindre des trains pour créer une oeuvre couvrant l’ensemble de la zone de confinement. Il est néanmoins un peu dommage que les dessinateurs présents sur le titre ne soient pas tous au même niveau. Sérieusement Kristian Donaldson ? Tu nous as habitués à mieux tout de même.

L’auteur se livre ici à une véritable critique des guerres menées par les USA post 11 septembre (Irak et Afghanistan). Mais alors qu’un autre scénariste se serait attaqué aux raisons de ces guerres afin de mieux les analyser, Wood se contente de présenter les conséquences de celles-ci sur les soldats. Employant notre héros journaliste comme relais à ces histoires de soldats, le personnage enchaîne pendant une grande partie du tome les interviews afin de voir les conséquences traumatisante d’un conflit armé sur la psychologie humaine. Le récit est sans concession et la violence est crue, reflétant bien l’enfer de la guerre. De plus, ne donnant pas uniquement la parole à des soldats américains, le créateur de la série laisse aussi l’autre camps s’exprimer, notamment au travers de Amina, ex-terroriste sauvée par Matthew. De quoi transmettre un beau message sur le problème de l’embrigadement et son impact sur les individus dont la liberté de pensée est ainsi réduite.

Néanmoins, comme le dirait Emile Verhaeren, le personnage le plus intéressant de ce récit est avant tout la DMZ en elle-même. Majestueuse et imposante, tantôt vivante et colorée, tantôt apocalyptique et désespérante, l’auteur en dévoile progressivement plus sur cette dernière – dommage ne pas avoir une petite carte comme celle fournie dans le tome précédent. Le tout est aussi renforcé par le travail de colorisation de Jeromy Cox, le Di Caprio des Eisner Awards qui, après cinq nominations, n’a jamais reçu aucune récompense. Donnez lui enfin une statuette, qu’on en finisse.

Si vous aimez le journalisme, les récits réalistes et les dystopies teintées d’une pointe de poésie, ce récit est fait pour vous. L’auteur, en plus de se livrer à une véritable critique de la guerre, s’en donne à cœur joie pour dépeindre un univers crédible et planter des personnages à la fois attachant et profondément humains. Il ne me reste donc plus qu’à attendre le prochain tome, pour lequel nous nous donnons déjà rendez-vous. Lisez des comics, lisez DMZ et surtout lisez du Vertigo, un label malheureusement en péril à l’heure actuelle !!! 


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