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Par où commencer Batman
Sommaire

Lourde tâche que de pondre un Par où commencer Batman, tant l’univers du personnage est riche en histoires marquantes, en sagas cultes, en moments intenses. Et pourtant, en ce mois anniversaire de notre chauve-souris héroïque préférée, il n’est rien de plus normal que de lui offrir également cette chronique. Et dans cette tâche ardue c’est un plaisir de pouvoir à nouveau faire équipe avec Freytaw (et en remerciant énormément nos deux consultants Darkchap et une autre personne qui préfère garder l’anonymat de peur de recevoir des tomates ou menaces de mort pour un travail peu pertinent… et merci aussi à notre correcteur de l’extrême, ArnoKikoo, sans qui cet article serait blindé d’affreuses fautes, et aussi parce qu’il aurait boudé si nous ne l’avions pas mentionné…) !

Autant être clair tout de suite, cette liste est non exhaustive, elle n’a pas l’ambition de faire office de guide de lecture absolu sur Batman, loin de là. D’ailleurs n’hésitez pas à partager vous aussi vos lectures si vous trouvez qu’elles auraient mérité d’être présentes. Car on en a « oublié », c’est une certitude.

Comme pour toute liste, il a fallu faire des choix. Retenir certaines œuvres, en zapper d’autres. Nous vous proposons donc une sélection sous trois axes. Deux axes temporels, avant et après les New 52, et un axe avec d’autres titres indispensables, autres que ceux de l’époque dite « moderne » (sans évoquer concrètement les Elseworlds, qui seront eux, détaillés dans un dossier annexe). Chacun des titres (ou run) présentés ici peuvent faire office de point d’entrée dans l’univers de la chauve-souris.

Batman est un personnage un peu à part dans l’univers DC, il est une petite exception au milieu de tous les autres super-héros de l’éditeur. En effet, la plupart d’entre eux ont vu leurs origines très souvent retravaillées, remises au goût du jour, réactualisées à la suite des différentes Crisis qu’ils ont traversées. Tous sauf Batman ! Le justicier de Gotham est pratiquement toujours ressorti identique de chacune de ces Crisis, conservant depuis soixante-quinze ans sa continuité quasiment intacte. La sélection de la première partie se base sur des œuvres ayant été écrites après Crisis On Infinite Earths, après 1985, marquant ainsi la fin du Bronze Age des Comics et le début du Dark Age puis du Modern Age. Nous avons choisi ce gros focus car ce sont aujourd’hui les lectures que les lecteurs souhaiteront rattraper en premier lieu.  Si l’on ne met qu’en second plan les histoires se situant avant, ce n’est absolument pas pour un manque de qualité ou d’intérêt, bien loin de là. Personnellement nous sommes des fans inconditionnels de cette période, où les histoires étaient ce qu’elles étaient, de simples histoires sans forcément de longues ramifications sur des mois et des mois à travers cinq ou six séries portant sur un même personnage. Non, des histoires simples avec un début et une fin, mais pas forcément aptes à marquer profondément l’esprit du lecteur à elles seules (du moins pour la majorité d’entre elles). Cependant, comme nous l’évoquions précédemment, l’univers de Batman n’a jamais vraiment connu de reboot (de grosses retcons tout au plus), il est donc important de noter que quelle que soit l’époque par laquelle vous décidez de vous engager, il y a matière à retrouver son chemin jusqu’à l’âge moderne, même si les New 52, apportent eux aussi, leur gros lots de retcons, surtout sur l’ensemble de la bat-family et moins sur Batman lui-même. Et cette dernière partie « bonus » est donc à notre sens, tout aussi indispensable pour comprendre l’étendue de l’univers du Chevalier Noir. Et vous le comprendrez très vite avec les quelques titres que nous avons choisis. De la même manière, sur l’ensemble du dossier, nous nous concentrons sur les titres dans lesquels la chauve-souris est l’héroïne. Nous donnerons cependant quelques pistes pour faire suivre vos lectures vers un univers plus étendu, sans rentrer foncièrement dans le détail de ces dernières.

Et comme Batman est un être qui évolue finalement, rarement seul, si ces titres ne feront pas l’objet de résumé et de focus particulier, nous vous donnerons quelques pistes pour explorer tout les recoins de la Bat-Family et comprendre comment découvrir ces autres personnages. Ou tout simplement des précisions sur d’autres titres Batman que nous n’avons pas pris la peine de détailler pour des raisons de pertinence et/ou de qualité mais qui ont quand même droit à un regard. Ce bleu-grisé très saillant vous indiquera ces passages bonus avec précision (bonus que nous vous recommandons de lire avec attention même si vous pouvez faire le choix de les zapper dans un premier temps).

Un dernier petit mot pour vous dire que nous évoquons, si existant, les titres VF des arcs présentés ici, ainsi qu’une mention de la dernière édition existante (dans un souci d’accessibilité du comic book en question). Ne vous étonnez pas de voir plus d’Urban Comics que de Panini donc.

Avant les New 52

Par où commencer Batman


Batman : Year One (1987) / Batman : Année Un (2012 – Urban Comics)

Year One

Commençons donc par le premier titre qui a révolutionné la continuité du personnage dans l’air moderne (en dehors de TDKR), avec Year One ! Quoi de plus logique que de commencer avec la saga de Frank Miller qui voit le jeune Bruce Wayne, âgé de 25 ans, se décider à enfiler le costume de Batman pour nettoyer les rues de Gotham. Au même moment, un nouvel inspecteur arrive en ville ; son nom : James Gordon. Excellent travail de Frank Miller qui nous offre une narration bien distincte pour chacun de ces deux nouveaux venus à Gotham City. Une bien belle façon de se lancer dans Batman, qui n’a jamais autant représenté l’espoir dans une Gotham dystopique. L’arrivée de Batman, et de Gordon (ayant une importance tout aussi grande que Batman ici) est comme une petite lumière dans la pénombre enveloppant Gotham. C’est ce même Miller qui quelques années plus tôt, inspiré lui-même par la mouvance sombre d’autres auteurs, a imposé un standard plutôt noir sur la franchise Batman avec The Dark Knight Returns.

En bonus, on notera que la même année, Dennis O’Neil sort Shaman, dans la nouvelle série Legends of the Dark Knight, arc qui est tie-in à Year One, avec des évènements se passant avant, pendant et après cet arc, nous reparlerons des travaux de l’auteur plus en détail plus tard, mais n’hésitez pas à jeter un oeil à ce titre aussi.

Et histoire d’en rajouter une couche, un autre titre presque, lui aussi, tie-in à Year One, revient de manière plus globale sur les origines de Catwoman, même si le personnage sera complètement revisité par Ed Brubaker plus tard (mais on y reviendra rapidement), il s’agit de Catwoman : Her Sister’s Keeper (1989), mini-série en quatre (de qualité moyenne ceci-dit), écrite par Mindy Newell.

Et après ça ? | Batman and the Monster Men (2005) / Batman et les Monstres (2007 – Panini)

Monster Men

Pas nécessairement indispensable, mais souvent cité comme histoire revisitant les premières années de Bruce Wayne sous le masque (d’où l’idée de lire ce titre juste après Year One pour évoquer l’idée d’une continuité post-crisis). Matt Wagner, revient au travers d’une mini-série, des années plus tard, sur les premières années de Batman dans cette « nouvelle continuité ». Ce tome présente sa première confrontation avec Hugo Strange. Il sortira une seconde mini-série, intitulé Batman : The Mad Monk (2006), qui sera une séquelle à celle-ci, et se place avant The Man Who Laughs, de Brubaker, en terme de continuité brute.

Et après ça ? | Batman : The Mad Monk (2006) / Batman et le Moine Fou (2008 – Panini)

Batman : The Man Who Laughs (2005)

The Man Who Laughs

Toujours en suivant l’idée d’une continuité post-crisis, nous avons maintenant The Man Who Laughs. Si Year One est une formidable vitrine sur l’arrivée de Batman et Gordon à Gotham, c’est également une histoire qui a très largement inspiré Ed Brubaker pour remettre au goût du jour l’arrivée d’un autre personnage essentiel de l’univers de Batman : le Joker ! Dans The Man Who Laughs (l’Homme qui Rit), Ed Brubaker utilise le même système de narration partagée entre Gordon et Batman, alors que le Joker, nouveau criminel, sévit pour la première fois. L’histoire, bien que récente, est un approfondissement de la première apparition du Joker, une remise au goût du jour. Batman et Gordon ont du mal à cerner ce nouvel ennemi, d’un nouveau genre, très dangereux. Si la double opposition Batman/Gordon était plus dans l’affrontement dans Batman : Year One, elle est ici dans une relation de confiance. Ce titre est entièrement collecté dans Joker : Anthologie d’Urban Comics.

Ed Brubaker retravaillera très largement sur l’univers de Batman avec notamment sur ses titres réputés que sont Gotham Central (2004) (le tome 1 vient de paraître chez Urban) et Catwoman (2002) (à retrouver en VF dans Ed Brubaker Présente Catwoman, Tome 1 à 4), qui sont elles aussi, des lectures indispensables pour qui veut élargir ses connaissance sur l’univers de la chauve-souris.

Et après ça ? | Batman : The Long Halloween

Batman : The Long Halloween (1996) / Batman : Un Long Halloween (2013 – Urban Comics)

Un Long Halloween

Avec Batman nous avons un peu le sentiment qu’il a eu deux périodes. Une période où il n’était opposé qu’à de simples vilains, principalement la pègre locale de Gotham (même si ce genre d’ennemis reviennent souvent). Puis une période, toujours d’actualité, avec des méchants complètement barges. Un Long Halloween de Jeph Loeb, est le point de balance idéal pour découvrir cette bascule entre ces deux aspects. Cette saga est en quelque sorte une suite directe à Year One. On y suit Batman dans une enquête s’étalant sur un an, la série faisant plus ou moins office d’année deux (posant d’ailleurs beaucoup de retcons par rapport au titre Batman : Year Two (1987), de Mike Barr et Alan Davis) ! Où le tueur « Holiday » commet un meurtre à chaque jour de fête. Les victimes sont les membres des familles Maroni et Falcone. Cette saga fait la part belle à la pègre mais également à toute la faune des méchants plus loufoques de Batman. Saga essentielle dans l’univers de Batman (tant pour l’univers de Batman que pour notre justicier, pour son alter-ego Bruce Wayne, pour Harvey Dent ou encore pour Catwoman), servie par des dessins magnifiques de Tim Sale.

Et après ça ? | Batman : Dark Victory (1999) / Batman : Amère Victoire (2013 – Urban Comics)

Amere Victoire

Jeph Loeb et Tim Sale poursuivent leur histoire avec cette séquelle. Un an après l’affaire Holiday, Gotham est de nouveau la cible d’un jeu de piste macabre, et la guerre est toujours omniprésente entre les familles de la pègre et les tordus de l’asile d’Arkham. Et si Alberto Falcone n’était pas le tueur Holiday ? C’est ce que laisse supposer cette nouvelle vague de crimes, toujours les jours de fête, sauf que ce ne sont plus les mafieux les cibles, mais les policiers ! Dark Victory (Amère Victoire) nous offre une suite à Un Long Halloween tout aussi prenante et captivante. Sombre histoire de vengeance avec un récit intelligent. Cet arc conte aussi les origines de Dick Grayson, premier Robin à suivre Batman dans ses aventures.

Et si vous voulez encore du Jeph Loeb, il y a un travail notable du monsieur, sur Catwoman (et toujours avec Tim Sale), avec le titre Catwoman : When in Rome (collecté dans Batman : Des Ombre dans la Nuit (2014), chez Urban Comics). Sinon, il y a tout simplement Hush, sur lequel nous revenons en détails un peu plus loin.

Et après ça ? | Batman : Birth of the Demon

Batman : Birth of the Demon (1987) / La Saga de Ra’s Al Ghul (Juillet 2014 – Urban Comics)

Birth of the Demon

Si le Joker est l’ennemi préféré de Batman, le plus barré, le plus coloré, la palme de l’ennemi le plus mortel et le plus charismatique revient indéniablement à Ra’s Al Ghul. Suite à Crisis on Infinite Earths, beaucoup de personnages sont remis au goût du jour. C’est le cas pour Ra’s. Et c’est son créateur Dennis O’Neil et le dessinateur Norm Breyfogle qui s’en chargent. C’est néanmoins dans les histoires du silver et bronze age republiés dans le TPB Tales of the Demon que nous découvrons les premières apparitions de Ra’s Al Ghul. Nous détaillons ce contenu dans la dernière partie du dossier. Nous vous conseillons d’ailleurs de lire ce titre là avant celui-ci.

Le TPB décrit ici regroupe trois arcs. Dans Birth of the Demon, nous découvrons que le méchant a six cents ans, et est un modeste homme de science, marié et fidèle à son roi. Mais c’est cette dévotion qui causa sa perte, en voulant sauver le fils du roi grâce au Puits de Lazare, ce dernier devient fou et tue la femme de Ra’s, qui finira de plus en prison. La vengeance appelant au drame Ra’s Al Ghul se relève, se rebelle et terrasse le roi et son fils. La Ligue des Assassins naît à ce moment.

C’est dans Son of the Demon (lui aussi collecté dans ce TPB) que Morrison est allé chercher sa plus belle invention : Damian Wayne. Dans ce graphic novel de Mike W. Barr et Jerry Bingham, Batman s’allie temporairement avec Ra’s Al Ghul pour défaire un nouvelle ennemi : Qayin ! C’est également dans cette histoire que Batman a une aventure avec Talia, Damian est conçu à ce moment. Mais Talia dira au Chevalier Noir avoir perdu le bébé lors du combat final avec Qayin.

Dernière partie de cette trilogie avec Bride of the Demon toujours de Mike W. Barr mais accompagné cette fois-ci de Tom Brindberg. Suite à une nouvelle résurrection Ra’s Al Ghul s’amourache d’une star du cinéma, qu’il veut même épouser. Mais il se retrouvera confronté à la jalousie de sa fille.

Ce tome sortira en Juillet 2014 chez Urban Comics.

Et après ça ? | A peu près ce que vous voulez… Les premières années du Batman moderne sont dans votre poche.

Batman : The Killing Joke (1988) / Batman : The Killing Joke (2014 – Urban Comics)

Killing Joke

C’est l’histoire d’un mec… Le Joker s’échappe donc, et décide de montrer que chacun peut être le Joker, s’il vit les mêmes choses que lui. Et sa cible sera le commissaire Gordon. Après avoir tiré sur sa fille à bout portant, Gordon va vivre une expérience traumatisante, malsaine, dérangeante et absolument insoutenable pour n’importe quel père, humiliante pour n’importe quel homme. Le Joker veut le faire craquer, il veut le voir se transformer comme lui s’est transformé en perdant les êtres les plus chers à son cœur avant de perdre son visage et sa raison. Bien entendu, Gordon peut compter sur Batman, qui à son tour va avoir le droit à un monologue du Joker, laissant supposer que Batman est tout aussi fou que lui, mais ne l’accepte pas, ou pire ne le sait même pas. Les deux meilleurs ennemis se retrouveront alors face à face, et le Joker ira à raconter une blague à Batman, et tous deux se laissant aller à rire de bon cœur comme deux amis de longue date. Alan Moore (accompagné de Brian Bolland aux dessins) arrêtant son récit là-dessus, laissant aux lecteurs tout le loisir de penser, d’imaginer la fin qu’ils veulent. Grant Morrison, dira en 2013, qu’en fait pour lui, Batman tuerait le Joker après cette blague. Ce qu’il en est vraiment, nous ne le saurons jamais. C’est la propriété de chacun. Chacun ayant sa vision des choses.

Et pour un peu de mise en contexte, cette histoire étant aussi connue comme la fin de Batgirl, il faut savoir qu’au moment de la sortie de Killing Joke, Barbara n’avait pas de titre pour elle. Pour les lecteurs acharnés qui veulent comprendre comment Batgirl est arrivée dans la bat-family, elle a vu ses origines réécrites et transposées dans l’âge moderne dans Secret Origins #20, en 1987. Et il y a aussi eu ce numéro spécial la même année que Killing Joke, où Barbara arrête sa lutte contre le crime, dans Batgirl Special #1 (1988) qui se situe chronologiquement, juste avant donc. Pour des origines modernes plus complètes sur le personnage, vous pouvez aussi lire Batgirl : Year One (2003) (hélas pas de sortie française) de Scott Beaty, Chuck Dixon et Marcos Martin.

Et après ça ? | Batman : Death in the Family

Batman : Death in the Family (1988) / Batman : Un Deuil dans la Famille (2013 – Urban Comics)

Death In The Family

Tout grand héros passe par des moments dramatiques afin de pouvoir se relever encore plus fort. Un Deuil dans la Famille est l’un de ces moments. Pourtant tout commence comme une histoire banale avec le Joker se retrouvant marchand d’armes en Afrique. Par un triste concours de circonstances, Jason Todd, recherchant sa mère, va se retrouver sous le pied de biche du Joker qui va le battre à mort avant de le faire sauter avec une bombe. Batman va alors se confronter pour la première fois, depuis qu’il porte le costume, à la mort d’un être cher. La colère et la vengeance vont prédominer au départ, puis se transformer en culpabilité et tomber de tout son poids sur un Bruce totalement abattu. Ce récit est servi par Jim Starlin et Jim Aparo. Il a marqué son temps car DC Comics avait laissé le choix aux lecteurs de faire mourir Robin ou non. Par le même fait, cette histoire est donc toujours citée dans la continuité, pas le meilleure point d’entrée concernant le vilain (il vaut mieux considérer The Killing Joke pour une histoire d’accroche avec le Joker), cependant, l’histoire reste intéressante sur la chronologie des Robins.

En guise de bonus, et en parlant de la chronologie des Robins, si vous nous avez bien suivis, il vous manque le passage de flambeau entre Dick Grayson (introduit dans Dark Victory) et Jason Todd (pour le passage entre lui et Tim Drake, c’est juste après). C’est assez difficile à trouver étant donné le peu de matériel collecté à ce sujet, mais vous pouvez tenter de remonter aux premières origines de Jason directement dans les numéros de Batman #357-359 et Detective Comics #524-526 parus en 1983 (ces numéros représentent un seul arc, et à ce moment là, Jason n’est pas directement introduit en tant que Robin, et c’est encore Dick qui possède ce rôle). Sinon, il reste les origines de Nightwing qui ont connu un peu plus de focus et qui permettent (en quelque sorte) d’avoir une légère vision sur les premières années de Jason Todd en Robin pour ce qui est de la période « moderne ». Il y a pour ça deux points : Secret Origins #13 (Avril 1987) écrit par Dan Mishkin ou alors, Nightwing : Year One (2005), toujours écrit par Chuck Dixon et Scott Beaty (comme pour Batgirl). Voilà pour cet aparté.

Et après ça ? | Batman : A Lonely Place of Dying (1989)

A Lonely Place of Dying

Le propre de l’homme est de toujours réussir à traverser les épreuves qui lui sont présentées. Il en va de même pour nos personnages de comics. Cette réussite est longue pour Batman, et depuis la mort de Jason, il a beaucoup de mal à agir comme un justicier, laissant bien souvent la colère et l’agacement avoir le dessus. C’est alors que va rentrer dans sa vie le jeune Tim Drake. Petit génie, il va découvrir de lui-même la double identité de Bruce Wayne mais également celle de Dick Grayson, et comprend que Batman est en deuil. C’est de façon totalement désintéressée qu’il va tout faire pour aider son héros à se relever. A Lonely Place of Dying est une suite parfaite à Un Deuil dans la Famille, pour découvrir le passage témoin entre Jason Todd et Tim Drake sous le costume de Robin. Les dessins sont toujours de Jim Aparo (accompagné de Georges Pérez) et le scénario est de Marv Wolfman. À noter que dans les derniers TPB VO de A Death in the Family, et dans l’édition d’Urban Comics du même titre, cet arc est inclus.

Et après ça ? | A peu près ce que vous voulez. Vous devriez avoir une vision plus clair sur la Bat Family à cette période de sa vie.

Batman : Knightfall (1993) / Batman : Knightfall (2012 – Urban Comics)

Knightfall

Au début des années 90, DC Comics décide de taper dans la fourmilière et d’offrir à ses lecteurs des sagas, très, très longues sur ses héros emblématiques. Comme la Mort de Superman par exemple pour le protecteur de Métropolis. Pour Batman, c’est à Chuck Dixon et Doug Moench qu’il incombe de changer le monde du chevalier noir. Pas de décès ici, mais un dos cassé ! Gotham voit l’arrivée d’un nouvel ennemi : Bane. Ce dernier veut Gotham et veut se débarrasser de Batman, qu’il considère comme son adversaire idéal. Pour cela il va l’user psychologiquement et physiquement en libérant tous les patients d’Arkham. Il a ensuite le champ libre pour un duel d’une rare violence avec Batman. Notre héros finira brisé et en fauteuil roulant. Batman quitte alors Gotham et laisse le costume de la chauve-souris à un illustre inconnu : Jean-Paul Valley… Si la qualité jugée parfois moyenne et la longueur de cette saga peuvent vous rebuter, ce titre n’en est pas moins représentatif des comics des années 90, et constitue en soit une porte d’entrée « moderne » concernant les grandes sagas tournant autour du chevalier noir. Cette saga inclus les arc Knightquest et Knightends, tous deux aussi de qualité moyenne, mais renforçant le coté grandiloquent de l’évènement. À ne lire que si vous êtes vraiment curieux ou que vous voulez connaitre tout les pans de la mythologie Batman.

Encore un rapide point pour situer un peu le personnage de Jean Paul Valley. Vous pouvez avoir un focus important sur le personnage dans le comic book : Batman : Sword of Azrael (1992) (La Lame d’Azrael – Urban 2014), par Dennis O’Neil (on a pas fini de parler de lui) et Joe Quesada. Et pour pousuivre l’histoire sur Bane, vous avez sinon, l’arrêt au stand Batman : Bane of the Demon (1998) (La Revanche de Bane – Urban 2012) par Chuck Dixon.

Et après ça ? | Batman : Cataclysm (1998) / Batman : Cataclysme (2014 – Urban Comics)

Cataclysme

Dans Cataclysm, Gotham City est frappée par un séisme de très grande ampleur. Gotham a alors été évacuée, et les personnes désirant y rester ont été abandonnées et isolées. Gotham devient un No Man’s Land ! Et tous les ponts permettant d’accéder à la ville sont détruits. Il n’en fallait pas plus pour permettre aux criminels de Gotham de s’approprier la ville, qui se retrouve avec seulement Gordon et Huntress, sous le costume de Batgirl, pour protéger la ville, Batman ayant disparu. On se retrouve alors avec une sorte de guerre des gangs multipliée par la puissance des méchants qui se battent. Beaucoup d’événements marquants et tragiques, les manigances de Lex Luthor, le Joker qui s’en prend, encore, à Gordon. Il y a beaucoup d’auteurs sur cette saga, mais Chuck Dixon reste le principal architecte de l’ensemble.

À noter qu’avant Cataclysm, si vous voulez plus d’exhaustivité, vous pouvez vous tourner vers d’autres prologues qui mènent (plus ou moins) à No Man’s Land : Batman : Contagion et Batman : Legacy.

Et après ça ? | Batman : No Man’s Land (1999) / Batman : No Man’s Land (2014 – Urban Comics)

No Man's Land

No Man’s Land fait suite à Cataclysme, mais se déroule trois mois plus tard. Trois mois où Gotham a lentement sombré dans une guerre des gangs, mêlant pauvres gens, vilains et policiers. Batman n’est plus là au début de l’arc et la ville n’est plus rattachée aux Etats-Unis, c’est devenu tout simplement un no man’s land. No Man’s Land n’est pas une saga c’est un nouvel état de fait, qui va durer très longtemps pour nos personnages. Une année durant laquelle nos héros vont devoir revoir, en profondeur, leur façon d’agir, de penser, de s’opposer à leurs ennemis. Des alliances improbables se font, Gordon et Double-Face, Batman et Poison Ivy… Des trahisons également bien entendu ! Des personnages se mettent en avant comme Huntress ou la nouvelle Batgirl. Et comme bien souvent, à la fin, c’est le clown qui rit !

No Man’s Land est l’occasion pour des artistes tels que Greg Rucka, Chuck Dixon, Paul Dini, Alex Maleev, Dan Jurgens, Dale Eaglesham et bien d’autres de nous offrir de nouvelles histoires dans un environnement totalement inédit.

Et après ça ? | Bruce Wayne : Murderer ?

Batman : Hush (2002) / Batman : Silence (2013 – Urban Comics)

Batman : Silence

On retrouve ici Jeph Loeb qui aime les grandes enquêtes d’envergure pour notre Batman. Et il adore faire défiler toute la galerie de méchants lors de ses sagas. Après Un Long Halloween et Amère Victoire c’est à nouveau le cas dans Silence.  Exit Tim Sale aux dessins et bonjour à Jim Lee (non je ne dirais pas que l’on perd au change dans un souci d’impartialité, non je ne dirais pas QUE L’ON PERD AU CHANGE…). Un nouvel ennemi frappe à Gotham, son nom est Silence ! Et il se plaît à mettre le chaos dans la ville en manipulant les ennemis de Batman mais aussi ses alliés. Nouveau jeu de piste donc pour notre héros, où malheureusement le schéma devient vite répétitif, une scène, un ennemi, un blabla, next. Là où un Long Halloween et Amère Victoire étaient des œuvres d’auteur où l’intérêt prime sur l’action, Batman Silence est un pur blockbuster hommage à Batman où l’action prime sur l’intrigue. Quelques surprises néanmoins et l’avantage de pouvoir le mettre entre n’importe quelles mains, même celles d’un néophyte. Dans le genre « je veux commencer par du Batman bourrin mais classique », vous pouvez y aller !

Hush ramène Jason Todd sur le devant de la scène. Jason fera un véritable come-back dans l’arc Under the Hood (2005) de Judd Winick (publié en kiosque chez Panini en 2007), assez connu pour sa controverse de ramener un personnage décédé dans les rangs des vivants (avec l’excuse la plus moisie de tous les temps). Nous verrons comment Batman gère ce retour.

Et pour continuer sur du Loeb (une nouvelle fois), il est difficile de ne pas citer à ce stade, la série Superman/Batman (2004) avec les arcs World’s Finest (en librairie VF chez Semic en 2005) et Supergirl : Return from Krypton (en kiosque chez Semic et Panini en 2005), dont les éléments majeurs ont même été adaptés en animé. Alors oui, ça parle de Superman, mais c’est, nous pensons, l’un des meilleurs ponts entre les deux univers, car Batman y est développé à parts égales, donc cela reste très important pour le personnage. D’autant que cela met bien en évidence la relation qu’il a avec Clark. Ce pont pourra aussi vous emmener vers la Justice League !

Et après ça ? | Batman : Heart of Hush (2008) (ou War Games pour respecter la chronologie… ou tous les autres titres cités plus haut, bon courage !)

Batman : Heart of Hush

Mais la vraie suite de Hush, c’est celle-ci. Paul Dini débarque à l’écriture et réintroduit, 6 ans plus tard, le personnage d’Hush de fort belle manière (on le place tout bonnement ici pour ne pas taillader le run de Morrison en pièce). Ce dernier revient exercer sa vengeance et va s’en prendre à la bat-family, mais aussi et surtout à Catwoman (dans la continuité logique de l’arc précédent). Ce qui aura pour effet de totalement déstabiliser Bruce qui ne peut plus cacher ses sentiments à la belle, alors qu’elle est alitée à l’hôpital. Ce titre n’a pas encore connu de version française, et c’est bien dommage (Morrison étant en pleine bourre à cette période, cet arc a été un peu occulté il semblerait). C’est un titre majeur pour l’évolution du chevalier noir dans ses dernières années pré-Flashpoint, ne serait-ce qu’en terme de relationnel, relation qu’il gardera avec Catwoman, et même Morrison s’en accommodera. De plus, le personnage d’Hush prend ses aises et décidera d’évoluer sous l’apparence de Bruce Wayne pour tromper son monde (ce qui servira bien à couvrir la double identité de Bruce Wayne lorsque ce dernier sera « mort »). On y verra aussi une Zatanna (personnage très cher à Dini) qui servira de faire valoir (malgré elle) à la relation entre Bruce et Catwoman. Le titre est dessiné par un Dustin Nguyen au style si particulier.

Les deux compères donneront une séquelle à leur histoire, après la prétendue mort de Batman, alors que Dick est sous la cape, dans l’excellente série Streets of Gotham, dans l’arc Hush Money.

Et après ça ? | Batman : Hush Money (2009) (ou Morrison avant, peut-être… c’est mieux !)

Batman : War Games (2004) / Batman : Jeux de Guerre (2005 – Panini)

War Games

Ce qui est fascinant avec Batman, c’est qu’il a un plan pour tout, pour chaque situation. Ainsi que de nombreuses identités. Dont Matches Malone ! Matches Malone est un alias de Batman, qui doit lui permettre d’unir toute la pègre de Gotham et d’en prendre le contrôle. Lors de War Games (Jeux de Guerre) Stéphanie Brown découvre ce plan, sans pour autant savoir que Matches Malone est Batman. N’étant plus Robin, elle cherche à récupérer la confiance de Bruce et déclenche ce plan ! Malheureusement, Batman n’étant pas au courant, Matches Malone ne sera pas là… La pègre va effectivement s’unir mais sous l’égide de Black Mask ! Ce titre vous permettra d’aborder Batman et son univers sur une histoire très récente et axée sur ses nombreuses facultés de détective. Beaucoup d’auteurs (et de séries) sont passés sur cette saga/crossover, avec entre autres Bill Willigham, Ed Brubaker et Greg Rucka pour l’écriture et Raymon Bachs, Pete Woods et Brad Walker pour les dessins.

Nous vous parlions d’un pont à prendre vers la Justice League avec Superman/Batman un peu plus haut. Si vous avez eu ce courage, nous vous invitons à suivre l’évolution du Chevalier Noir, à travers les pages d‘Infinite Crisis (2005) (en TPB chez Panini, sortie en 2011), et avant ça, dans O.M.A.C. Project (2005) (en kiosque chez Panini dans Batman et Superman, en 2006, sinon il vous suffit d’attendre Infinite Crisis Tome 1, à paraître en septembre, chez Urban Comics), prélude à cette crisis. Bon moyen de découvrir la paranoïa de Bruce Wayne (et pour les plus courageux vous pouvez faire un crochet par Justice League : la Tour de Babel (2012 – Urban Comics), parue dans les pages de la JLA (2000) de Mark Waid et Howard Porter, histoire très centrée sur le caractère de Batman elle aussi).

Et après ça ? | O.M.A.C. Project, Infinite Crisis et tout ça… ou directement le run de Morrison

Batman and Son (2006) / Grant Morrison Présente Batman Tome 1 (2012 – Urban Comics)

Batman and Son

Nous arrivons en 2006, année charnière pour notre justicier, qui voit arriver sur le titre un certain Grant Morrison. Durant plus de sept ans le génial Ecossais va œuvrer sur Batman afin d’offrir au héros une cohérence sans faille entre toutes ses histoires existantes. Nous allons maintenant nous concentrer un peu sur ce run. Même si l’auteur présente quelques problèmes de compréhension pour les non initiés, son run reste tout de même un point d’entrée assez fort dans l’univers de Batman. Et clairement un indispensable de ces dernières années (si ce n’est le plus indispensable).

Son premier arc sera Batman and Son, où il ramènera sur le devant de la scène, l’idée que Batman ait un fils. C’est ainsi que nous découvrons Damian Wayne ! Rejeton de Batman et Talia al Ghul. Elevé par la Ligue des Assassins, Talia décide de le laisser aux bons soins de son père. Autant dire de suite que la découverte de l’autre ne va pas être des plus faciles. Et que dire du face à face entre Damian et Tim

Et après ça ? | Batman R.I.P. (2007) / Grant Morrison Présente Batman Tome 2 (2012 – Urban Comics) (ou Heart of Hush, juste avant…)

Batman RIP

Avant d’attaquer cette partie, il est nécessaire de noter aussi l’importance de Batman: The Black Casebook, publié en partie en VF dans Grant Morrison Présente Batman Tome 4, dont vous retrouverez les détails dans la partie « autres indispensables ».

Dans Batman R.I.P. l’année suivante, Grant Morrison oppose Batman au Gant Noir et au terrible Docteur Hurt ! Le médecin a, il y a bien longtemps, mis au point un terrible stratagème psychique pour défaire Batman. Il a mis un piège à l’intérieur même de son cerveau ! Batman, qui est sans doute l’homme le plus parano (à juste titre) du monde avait prévu une telle éventualité (j’y pense moi-même tous les jours) et s’est créé une identité, subconsciente, de substitution : Le Batman de Zurr-en-Arrh ! S’engage alors une terrible bataille entre tout ce beau petit monde, et où Batman va se retrouver avec le Joker comme allié de circonstance…

Et ce que ne raconte pas R.I.P., c’est Final Crisis (2007). Une autre crise, pas indispensable en soi pour la compréhension du personnage, mais c’est tout de même un arc où il « meurt ». Et c’est toujours écrit par Grant Morrison.

Important aussi de noter un petit « entre deux » de Neil Gaiman sur le titre. Une histoire hommage à Batman que nous détaillons dans la troisième partie du dossier, Whatever Happened to the Caped Crusader ? (2007), qui fait suite à la prétendue mort de Bruce.

Et après ça ? | Batman and Robin (2009) / Grant Morrison Présente Batman Tome 3 et Tome 6 (2012) (ou pour les plus fous : Final Crisis, puis Whatever Happened to the Caped Crusader ?)

Batman et Robin

Lors de Final Crisis, Batman est envoyé à travers le temps par Darkseid. Grant Morrison forme alors un nouveau duo dynamique avec Dick Grayson sous le costume de Batman et Damian Wayne sous celui de Robin. Non content de cette nouvelle équipe, Morrison ne s’en contente pas, et inverse également, le temps de quelques épisodes le moteur de l’équipe. Robin prenant le pas sur Batman. Il leur oppose également des méchants inédits avec le taré Professeur Pyg ou l’assassin Flamingo. La saga est marquée par le lien très fort qui se tisse entre les deux héros. Lien fait de défis et de respect. Mais très vite l’ombre de Bruce Wayne se fait sentir…

Il vaut mieux respecter l’ordre de publication des titres Grant Morrison Présente pour mieux apprécier la logique de l’oeuvre, mais il est vrai que le titre Batman et Robin, a été en VO, publié plus ou moins en même temps que la « suite »… que voici.

Et après ça ? | Batman : The Return of Bruce Wayne (2010) / Grant Morrison Présente Batman Tome 5 (2013) (ou Hush Money, juste avant…)

Return of Bruce Wayne

Dans Return of Bruce Wayne, Grant Morrison nous narre, ce qui est, sans doute, l’odyssée la plus fantastique, la plus bizarre et la plus compliquée du Chevalier Noir ! Bruce Wayne qui est remonté jusqu’à la préhistoire, traverse moult épreuves marquantes et terrifiantes pour réussir à rejoindre son époque. C’est à travers cette saga que Grant Morrison s’amuse le plus avec la mythologie de Batman. Durant ce voyage, Batman, ou plutôt Bruce Wayne va emprunter des chemins tortueux et allant au-delà de tout ce qu’il a pu vivre jusqu’alors. Son retour marquera alors un grand changement…

Et après ça ? | Batman, Incorporated Vol. 1 (2010) / Grant Morrison Présente Batman Tome 7 (2014)

Batman Inc 1

Et quel changement ! Toutes les histoires de Morrison sur le passé et le présent de Batman n’avaient qu’un seul but ! Mener à Batman Incorporated ! Une fois revenu à notre époque Bruce Wayne déclare au monde qu’il finance Batman ! Et qu’en plus il souhaite développer le « principe » Batman à travers le monde. Un tel changement n’est pas sans raison. Un nouvel ennemi se profile à l’horizon, un ennemi plus grand, plus gros, plus énorme que tout ce que Batman a pu affronter jusqu’alors. Un ennemi agissant au niveau mondial : Leviathan ! Dans la première « série » Batman Inc, Batman traverse le monde afin de trouver un allié, un nouveau « Batman » dans chaque pays du monde. Mais là où il trouve un allié, Leviathan en trouve cent ! Grant Morrison en profite pour utiliser le plus de personnages possibles, récents ou anciens. Et il en profite surtout pour prendre un sacré virage dans son approche de Batman. Une saga différente, colorée, brillante et tellement intelligente. Mais qui du coup ne plaît pas à tous. La série se conclura au reboot des New 52, mais aura droit à un one shot Batman : Leviathan Strikes ! publié en décembre 2011 en VO et dans un Batman Showcase (chez Urban) en VF. Il est aussi présent dans le tome 6 traité ici.

Et après ça ? | Batman Incorporated Vol. 2 (2012) / Batman SAGA HS #2-4 (2013 – Urban Comics) / Grant Morrison présente Batman Tome 8 (2014 – Urban Comics)

Batman Inc 2

Nous nous aventurons ici en terre New 52, mais il est difficilement concevable de séparer cette fin de run avec tout ce qui l’a initié auparavant. Car New 52 certes, mais Morrison arrive à jongler suffisamment bien pour respecter l’ancienne et la nouvelle continuité (même si c’est plutôt cette dernière qui s’adaptera de gré ou de force).

La seconde « saison » de Batman Inc, voit la confrontation entre le groupe de Batman et Leviathan exploser ! Et avec la mort, tragique, de Damian Wayne, provoquée directement par sa mère, le conflit se cristallise et se focalise entre Batman et Talia. Et peu importe le résultat du combat, avec de tels événements, il n’y a pas de vainqueur…

Et après ça ? | Vous pouvez mourir en paix.

Batman : Black Mirror (2010) / Batman : Sombre Reflets (2012 – Urban Comics)

Sombres Reflets

Scott Snyder fait ici ses premiers pas sur le chevalier noir. Et si vous appréciez l’auteur ou que vous voulez le découvrir, c’est par ce run qu’il vous faut commencer. Beaucoup diront que c’est son meilleur travail sur la franchise, même par rapport à ce qu’il fait sur les New 52. Le tout étant formidablement renforcé par les traits de Jock et Francavilla.

Dans cet arc, nous retrouvons Dick Grayson sous le masque de Batman. Mais ce dernier est moins au centre de l’histoire que ne l’est finalement James Gordon qui voit le retour de son fils, James Jr. à Gotham City. Ce dernier souffre de troubles de la personnalité et ramène avec lui tout un tas de mauvais souvenir pour les membres de sa famille. Très sombre, très dense, et souvent considéré comme très bien écrit, ce titre met l’accent sur la relation Batman/Gordon, et le côté détective du chevalier noir qui doit faire face aussi à des problèmes liés à la pègre de Gotham. Une véritable gageure pour Dick Grayson, fraîchement équipé du masque de son mentor.

Pour information complémentaire, ce tome se situe pendant le run de Morrison, plus ou moins pendant les tome 6 et 7, Bruce Wayne faisant ses apparitions aussi dans Sombre Reflet. Par la suite, Snyder co-écrira la mini série Gates of Gotham, qui mettra en place quelques éléments pour sa future « Cour des Hiboux ».

Et après ça ? | Batman : Gates of Gotham (2011) et « Les New 52 » !

A partir des New 52

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Batman est un des rares héros à ne pas avoir subi de reboot complet lors du passage de la franchise DC aux New 52. C’est encore plus le cas avec le travail de Grant Morrison et Batman Incoporated. Ce qui comporte autant de défauts que de qualités, surtout qu’avec le temps, les retcons reviennent toujours un peu plus sur les origines de l’univers de Batman, ce qui est encore plus vrai depuis Zero Year (aussi traité rapidement dans cette chronique). Les New 52 restent cependant un point d’entrée largement convenable à tout néophyte, et voici une liste (là aussi non exhaustive) des meilleurs titres par lesquels commencer.


Batman : The Court of Owls (2011) / Batman : La cour des Hiboux (2012 – Urban Comics)

Cour des Hiboux

Suite aux New52, Scott Snyder et Greg Capullo souhaitent frapper un grand coup, pour clairement signifier les choses. Pour cela Scott Snyder nous offre un nouvel ennemi. Un ennemi tentaculaire et implacable tissant sa toile dans l’ombre, et contrôlant la destinée de Gotham depuis des siècles et des siècles. Ce que Batman ne prenait que pour une simple comptine pour enfant, va se retrouver être un groupuscule terriblement dangereux, gangrénant Gotham à tous les niveaux et dans chaque bâtiment : La Cour des Hiboux ! Et que dire de leurs bras armés : les Ergots, assassins impassibles ne craignant pas la mort, capables même d’en revenir. La Cour a tranché, Bruce Wayne et d’autres bienfaiteurs de Gotham doivent disparaitre ! Batman sera à deux doigts de sombrer dans la folie, et toute la Bat-family va être mise à contribution, jusqu’au point d’orgue de la Nuit des Hiboux et la bataille fratricide qui nous a tous surpris. À noter que cet arc s’est étalé sur un an de publication en VO, et se forme en deux tomes en librairie chez Urban, La cour des Hiboux et La nuit des Hiboux.

Et après ça ? | Batman : Death of the Family (2013) / Batman : Le Deuil de la Famille (2013 – Urban Comics)

Death of the Family

Le second arc de Snyder et Capullo sur Batman voit revenir, après plus d’un an d’absence, le Joker ! Ce dernier, après s’être fait retirer son visage par le Taxidermiste, avait disparu des radars durant une année entière (ces évènements sont retracés dans la série Detective Comics, parfaitement dispensable à ce stade), s’est vêtu d’une combinaison de mécano avec son visage séché porté en masque et va faire un retour fracassant en attaquant le commissariat ! Et quel retour, cela va glacer le sang de James Gordon pour un long moment. Ce retour va se répandre sur toutes les séries de l’univers de Batman. Certains trouveront d’ailleurs, à tort ou à raison que cela fait beaucoup.

Le Joker en veut à Batman de l’avoir oublié et pense que tous les Robin, les Nightwing et autres Batgirl sont des poids pour lui. Mais plus qu’une attaque physique le retour du Joker vise à frapper les esprits, surtout lorsqu’il révèle connaître l’identité de tous sous leurs masques. Une révélation qui va jeter un froid dans les rangs des alliés de Batman. Et aussi sur le lecteur (accessoirement).

Et après ça ? | Batman : Zero Year (2013) / Batman : L’an zéro (2014 – Urban Comics, kiosque)

Zero Year

Snyder poursuit son run en faisant un bon dans le passé et en revisitant les origines du chevalier noir. Un chapitre (ou deux) sont parus actuellement en VF, nous empêchant ainsi de trop vous en dire, mais la première année de Batman sous le masque ne sera pas de tout repos. Impliquant ainsi l’arrivée de nouveaux vilains (connus pour la plupart), faisant à la fois du neuf et de la redite, dans un melting-pot très Snyder autant sur la forme que sur le fond. Le tout est dessiné par un Greg Capullo en très bonne forme (le seul point sur lequel tout le monde arrive à s’accorder concernant cet arc).

Et après ça ? | Batman Eternal (2014)

Batman and Robin (2011) / Batman and Robin (2012 – Urban, kiosque / Juillet 2014 – Urban, librairie)

Batman and Robin

À côté de Snyder sur le titre Batman, un autre scénariste fait des merveilles sur le titre Batman et Robin : Peter J. Tomasi ! La série se focalise sur le lien qui se crée entre Bruce et son fils. On passe de l’incompréhension aux tensions, du mépris au fait d’apprendre à se connaître, de la recherche de la confiance à celle de la fierté pour arriver à l’amour père/fils. Les histoires de Tomasi sont admirablement bien écrites, tissant toujours un peu plus fort le lien qui lie Bruce à Damian. L’auteur joue beaucoup sur les sentiments, les émotions et tout cela sera encore davantage exacerbé lors du décès de Damian. Si la mort de Jason Todd avait été difficile pour Bruce, celle de Damian, son propre fils, est un véritable calvaire et son deuil, une torture. Deuil magnifiquement retranscrit par Tomasi à travers des chapitres illustrant les différentes étapes de ce long et douloureux parcours. Le tout est dessiné par un Patrick Gleason qui, s’il ne perd pas de temps avec les détails sur les fonds de case, arrive généralement bien à personnaliser les personnages et leurs émotions. Si vous ne deviez lire que deux séries Batman dans les New 52, celle-ci est obligatoire (et trois avec Batman Inc.).

Tomasi et Gleason ont su briller pendant les New 52, mais à vrai dire, ils ont commencé à écrire sur les personnages sur la série Batman and Robin pré-New 52. En alternance (plus ou moins) avec Grant Morrison. Vous pouvez trouver ces histoires dans les TPB VO de la série pré-New 52.

Les indispensables

Par où commencer Batman

Comme vous vous en doutez, il y a d’autres titres tout aussi importants que ceux déjà cités concernant la mythologie du Chevalier Noir que nous devons aborder ici. Et comme on vous expliquez lors de notre longue introduction, que finalement, Batman n’a jamais connu de reboot, la question de savoir si c’est important ne devrait même pas se poser. Questions titres hors continuité, il y a bien sûre les Elseworld. Hors, Batman est vieux de 75 ans, et en dehors des Elseworlds, il y a aussi le Golden Age, le Silver Age et le Bronze Age. C’est sur ce genre de lecture que nous allons revenir pour cette partie. Et si certains d’entre vous s’inquiètent de ne pas voir votre chouchou Batman : The Dark Knight Returns, sachez qu’un dossier sur les Elseworlds de la chauve-souris arrive très bientôt sur le site pour compléter ce Par où Commencer. Il est très difficile de trouver des lectures pré-Crisis en VF (voir même impossible), c’est pour cela que la majorité des titres traités ici seront hélas, exclusif à la VO.


Batman Chronicles (2005)

Batman Chronicles

Les première aventures de Batman ont été rééditées sous de nombreuses formes. Mais notre favorite est celle-ci. Les TPB appelés « Chronicles » réimpriment les histoires du Golden (et Silver Age) dans un ordre chronologique de publication sans en oublier aucune. Il existe plus d’une dizaine de Batman Chronicles à ce jour et c’est le meilleur moyen de découvrir Batman selon Bill Finger et Bob Kane. La génèse de ce super-héros iconique, pour qui a la curiosité et le courage d’affronter ces histoires d’un autre temps. En VF, on ne notera pas d’équivalent de ces Chronicles, même si nous avons eu droit à une traduction des premier Batman Archives, qui repose sur un principe similaire mais se contente de réimprimer seulement quelques séries et non tout… Ainsi, on zappe de nombreux Detective Comics de l’époque, d’où ma préférence à ce format Chronicles. Apprenez l’anglais ou attendez une éventuelle édition d’Urban… On ne sait jamais. Et ainsi, vous verrez les premiers pas de Batman, Robin, du Joker, de Catwoman, du Penguin, de Clayface et tout plein d’autres vilains de cette époque…

Et après ça ? | Vers l’infini et l’au delà ! (mais sinon, la suite de ce qui se trouve dans cette partie, c’est bien…)

Batman : The Black Casebook (2009)

Batman Black Casebook

Titre indispensable ou bonus formidable pour tous ceux qui veulent suivre le run de Grant Morrison, ce TPB collecte des épisodes de séries du golden et silver age qui ont inspiré l’auteur pour son run. Une partie est incluse dans Grant Morrison Présente Batman Tome 4, mais ceci hélas, de manière non exhaustive. C’est pourquoi il est quasiment indispensable là encore, de se tourner vers la VO. On y apprend notamment les origines du Batman de Zur’en Arr, et accessoirement, qui est ce fameux Bat-mite que nous croisons aussi dans Batman R.I.P., sans parler du premier pas de Club des héros, entre autres choses diverses et variées, démontrant la richesse de l’univers du chevalier noir, tel que nous sommes peu à le soupçonner. C’est aussi, en soi, une légère preuve du génie de Morrison qui a su piocher dans toute la continuité de Batman pour écrire son run. Même parmi les histoires les plus étranges et folles comme elles peuvent le paraître aujourd’hui. Un indispensable.

Et après ça ? | Le run de Grant Morrison ! (et accessoirement, le bronze age avec Tales of the Demon, c’est bien aussi !)

Tales of the Batman by Carmine Infantino (2014)

Batman Tales Infantino

En ce mois de Mai béni (le 28 pour être précis), DC Comics nous offre pour la première fois un recueil collectant de nombreuses histoires dessinées par Carmine Infantino. L’occasion était trop belle pour ne pas en parler. Un grand monsieur de l’époque du Silver Age (décédé, hélas, il n’y a pas si longtemps que ça) qui a su bouleverser les codes entourant le personnage de Batman en lui donnant un look plus moderne, et plus proche de celui que nous connaissons aujourd’hui, quittant un peu les frippes ringardes des années 50-60. Il n’était pas seul, l’éditeur Julius Schwartz (qui a beaucoup fait pour changer l’image de Batman et reste un très grand éditeur du Silver Age chez DC) a encouragé ce changement visuel (et scénaristique) pour imposer un Batman plus réaliste et moins porté sur la science-fiction et le gag à foison. Le Silver Age était en train de passer la main à l’âge de Bronze. Quoi de mieux pour « commencer » que ce petit extrait qui arrive dès la fin du mois dans vos meilleures crèmeries VO ? On retrouve à l’intérieur, toute une série de numéros très rarement (ou jamais) collectés, du Detective Comics (#327 à #347) et des numéros de Brave and the Bold (#172, #183, #190, #194), publiés à partir de 1964. De l’inédit en somme pour l’époque, qui donnera un souffle nouveau sur la franchise et inspirera les générations de comics à venir. Donc un indispensable pour tout lecteur assidu du chevalier noir !

À noter que pour Julius Schwartz, c’est surtout avec Dennis O’Neil et Neal Adams que la vrai révolution a perduré et est resté ancrée dans les esprits. En parlant de Neal Adams, celui-ci à eu droit à son focus avec trois TPB (encore récents et qu’on peut trouver sur le net à prix raisonnable), sous le titre Batman Illustrated by Neal Adams Vol. 1 à 3 (2012-2013). Voilà qui permettra de bien compléter votre vision de cette mouvance graphique et ce passage en douceur entre les « âges » du comicbook.

Et après ça ? | Vous prendrez bien un peu de Jim Aparo avec votre Carmine Infantino ? (ou sinon donc, du Neal Adams avant, pour la forme !)

Legends of the Dark Knight : Jim Aparo (2012) / Batman : La Légende (2013)

Batman Aparo

Si Bob Kane a créé Batman avec son ami Bill Finger, un autre dessinateur est tout aussi important pour le justicier de Gotham, en la personne de Jim Aparo (en plus de ceux déjà précités donc) ! Son Batman est le Batman que nous connaissons aujourd’hui, compilation et confirmation de cette mouvance définie par ses prédécesseurs. Grand, musclé, charismatique, avec une cape toujours en mouvement, l’explosion brutale de ce que Infantino avait commencé à esquisser quelques temps aurparavant. C’est donc en toute logique qu’Urban a publié un ouvrage rendant hommage à son travail sur le justicier durant la série The Brave and The Bold, écrite par Bob Haney. C’est épisodes sont de petites pépites d’une autre époque. Certains trouveront que cela a vieilli, d’autres, dont je fais partie, y verront de véritables trésors. Pas de Batman super-héros ici, non, nous suivons les aventures d’un Batman détective, plus humain, moins intouchable, accompagné à chaque épisode par un personnage différent de l’univers DC Comics. À travers ce recueil nous avons le droit à des épisodes divers et variés. De la science-fiction, de l’action pure et dure, de l’horreur et même un aspect social ! Un recueil indispensable.

Et après ça ? | Encore un peu de Bronze Age ?

Batman : Tales of the Demon (1991)

Tales of the Demon

Dès 1971, Dennis O’Neil racontera beaucoup d’histoire centrées sur le vilain Ra’s Al Ghul, des histoires généralement de bonne qualité (même si adaptées au contexte de l’époque). Ces mêmes histoires ont été collectées dans le TPB Tales of the Demon, qui verra peut-être le jour un jour en VF… Allez savoir. Ce TPB sert clairement de préquelle aux mini-séries du même auteur, écrites pendant l’âge moderne, qui sont elles collectées dans le TPB Birth of the Demon dont nous parlons dans la section « Avant les new 52 » de ce dossier (et édité en VF par Urban ce mois-ci). Ce TPB rassemble des histoires allant de 1971 à 1981, en faisant en soi, une très bonne « Ra’s Al Ghul Anthologie » pré-crisis. Ce TPB est un peu vieux, et il devient difficile de le trouver à un prix raisonnable… Mais qui sait, vous tomberez peut-être sur une affaire en or.

Et après ça ? | Birth of the Demon, puis un peu de Morrison !

Batman : Strange Apparitions

Batman Strange Apparition

Voici un run très populaire parmi les histoires pré-Crisis. Un run de deux auteurs qui sont Steve Engleheart à l’écriture, et Marshall Rogers aux dessins (ils ont plus ou moins alterné leur travaux avec Walt Simonson pour les dessins et Len Wein pour l’écrtiure). Un bon moyen de découvrir quelques personnages rares, outre Hugo Strange (qui reste finalement assez rare, du moins dans ce Par où Commencer). Ce run (qui s’étale sur quasiment une année, entre 1977 et 1978) est assez épique et on y trouve entre autres Rupert Thorne, un boss de la mafia (que vous aurez peut-être éventuellement croisé dans la série animée Batman TAS), un Deadshot en confrontation avec Batman, et le Joker (beaucoup moins rare…) qui se permet une petite excursion dans ce run lui aussi. On y trouve aussi sans doute la première apparition du « love interest » le moins connu de Bruce, mais pour autant une des femmes les plus intéressantes de son entourage et qui l’aura le plus percé à jour (connaissant même le secret de sa double identité), Silver St Cloud, une femme riche de Gotham qui au départ (comme beaucoup d’autres), s’était entichée du playboy millionnaire.

Autre que ce Strange Apparitions, vous pouvez aussi retrouver ce run dans le hardcover Legends of the Dark Knight : Marshall Rogers, ce titre à l’avantage de republier (aussi) la suite du run de Engleheart et Rogers. De qualité bien moindre, elle n’est pas indispensable, et n’intéressera que les complétistes. Elle a été publié à l’origine dans la mini-série Batman: Dark Detective #1-6 (2005).

Et après ça ? | Un petit mélange de tout ce qu’on vient de voir ? Plutôt une alternative qu’un après, mais soit !

Batman in the 40’s/50’s/60’s/70’s/80’s (2004-2005)

Batman 40 à 80

DC a eu la bonne idée de publier toute une série de TPBs qui revient sur les différentes décennies qui composent la vie du chevalier noir, du moins, décennies jusque dans les années 80 ! Une collection impressionnante de nombreux numéros stand alone (qui collent donc plus au format éditorial de ces époques, où les arcs en plusieurs numéros étaient aussi rares que le sont les one-shot aujourd’hui). Il y a de grandes chances que dans ces numéros, vous ayez quelques doublons par rapport à tout ce dont nous vous avons déjà parlé. Mais ces TPB sont tous encore très facilement trouvables sur le net et réeditent de nombreux contenus inédits rarement (ou jamais) publiés ailleurs. Vous pouvez facilement faire l’impasse sur le 40′ et le 50′ si vous collectionnez les TPB Batman Chronicles (ces TPB font des focus sur les premières apparitions de méchants et de personnages en tous genres, au pire vous pouvez préférer ça aux Chronicles, plus exhaustives), cependant le reste contient de nombreux récits indispensables ou simplement représentatifs de leur époque. Nous allons revenir sur ces derniers pour compléter les trous qu’il vous manque jusque là.

Batman in the Sixties contient de nombreuses folies avec une préface d’Adam West pour se mettre en jambe. Le Silver Age alternant entre histoires loufoques, de science-fiction et sérieuses, tout en apportant son lot de nouveautés à la franchise. On y retrouvera surtout Batman, Robin et aussi Batgirl. Cette dernière voit sa première apparition collectée ici dans « Bat-Mite meets Bat-Girl ». Les vilains connus du chevalier noir ne sont pas en reste avec Joker, Penguin, The Riddler, Scarecrow, Poison Ivy dans sa toute première apparition elle aussi dans « Beware of — Poison Ivy!« , et j’en passe. Le Silver Age dans toute sa folie et grandeur !

Batman in the Seventies marque le début de l’âge de Bronze, et c’est Dennis O’Neil qui fait la préface cette fois-ci, un digne représentant de cette époque. On y retrouve donc un peu de Ra’s Al Ghul (ce qui peut faire doublon avec Tales of the Demon) et sa fille Talia dans « Daughter of the Demon ». L’incontournable « There is no Hope in Crime Alley » mettant en scène les origines de Batman et le personnage de Leslie Thompkins (pour la première fois), dont le background sera repris dans un épisode de Batman TAS. Et c’est toujours écrit par Dennis O’Neil, omniprésent dans ce recueil, avec Dick Giordanno aux dessins. On notera aussi la venue d’un méchant moins connu de Batman, à savoir The Reaper, qui fait sa première apparition dans « Night of the Reaper ! ». Et même si c’est délicat de tous les citer, on notera aussi la première apparition de The Huntress (Helena Wayne, fille de Bruce Wayne de la terre du Golden Age) dans « Huntress : From Each Ending … A Begining ! ». Et j’en passe et des meilleures…

Batman in the Eighities revient sur le passage « Dark Age » de Batman, dans la continuité de ce que les auteurs précédents ont réalisé la décennie précédente. Nous mettrons surtout en avant deux titres. Le premier est une histoire très courte qui se pose en bonne introduction des Outsiders, groupe de héros créé par Batman en alternative à la Justice League dont nous avons injustement peu parlé jusqu’à maintenant, avec « A Batman and the Outsiders Primer ». Le second titre c’est « To Kill a Legend » de Alan Brennert et Dick Giordanno. L’histoire revient sur Batman et Robin, transportés par le Phantom Stranger sur une terre parallèle, dans le seul but d’arrêter le Joe Chill de cette Terre de tuer Thomas et Martha Wayne, empêchant ainsi le jeune Bruce de devenir un Batman.

Nous parlions bien d’alternative, mais c’est aussi, surtout, un bon complément, quel que soit le peu de doublons que vous pourriez avoir. Ces livres sont des must have absolus pour tout fan de la chauve-souris. Évidemment, le seul problème étant leur disponibilité uniquement en VO.

Et si vous voulez moins investir et vous tourner vers deux autres titres un peu moins denses mais tout aussi efficaces, vous avez les The Greatest Batman Stories Ever Told (1988) et The Greatest Joker Stories Ever Told (1988), d’autres recueils de singles, moins ciblés, qui couvrent toutes les périodes de l’histoire de Batman, un peu à la manière des Anthologies d’Urban. Inutile de les prendre si vous prenez les albums décennies, car clairement, vous risquez fort d’empiler les doublons (tout comme si vous avez les anthologies d’Urban que nous détaillons plus loin).

Et encore un peu plus loin, en guise de dernière pièce du puzzle Batman VO, dans le genre quasi-introuvable mais aussi quasi-indispensable, il y a le Untold Legend of the Batman (1980) de Len Wein, accompagné par John Byrne aux dessins et Jim Aparo (encore lui !) à l’encrage. C’est la première mini-série (en 3 numéros) à voir le jour concernant le chevalier noir. Elle revient bien évidemment sur ses origines (compilant un peu tout ce qui avait été fait sur le personnage les années précédentes) et resteront définitives pour la période pré-crisis (et seront donc « remplacé » par le Year One de Frank Miller à l’arrivée de l’age moderne).

Et après ça ? | Vous en voulez encore ? Sérieusement ? Ok…

Whatever Happened to the Caped Crusader ? (2010) / Qu’est-il Arrivé au Chevalier Noir ? (2011 – Panini)

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Un cas de conscience celui là. Ce n’est clairement pas un point d’entrée dans l’univers Batman (même si…), ce n’est pas une lecture pré-Crisis, puisqu’on est grave dans l’âge moderne là… Ce n’est pas un Elseworld, vraiment pas… Mais ce n’est pas « vraiment », dans la continuité non plus. Et pourtant, c’est un indispensable ! Il était évident que nous devions le traiter quelque part. Vous pouvez considérer cette oeuvre comme le point culminant de toute continuité sur le Chevalier Noir, l’oeuvre ultime, sa fin. Un Par où Terminer en somme. Sa plus belle fin oserions-nous dire. Après le destin (presque) tragique de Bruce dans Final Crisis, DC Comics a demandé à Neil Gaiman d’écrire la dernière histoire de Batman. Un peu un genre de What if, mais sans en être vraiment un non plus… Nail Gaiman joue avec nous et nous plonge dans l’esprit mourant de Bruce qui peu dès lors, assister à ses propre funérailles (sans pouvoir réagir et parler, bien entendu). Ainsi, tout le monde passe devant sa tombe et lâche quelques mots… Et tout le monde, cela veut dire bien sûre tous ses amis et alliés (d’Alfred, à Robin, en passant par la Justice League) que ses ennemis les plus emblématiques. C’est un déchirement de voir le Joker passer par là. L’ensemble est tellement bien écrit et tellement inédit, qu’il serait scandaleux que vous passiez à coté. Ce titre se verra forcément réédité d’une manière ou d’une autre, vous pouvez en être sûr.

Et après ça ? | Allez vous coucher maintenant, ça suffit… sauf si vous êtes lecteurs VF…

Batman Anthologie (2013 – Urban Comics)

Batman Anthologie

Dans Batman Anthologie, Urban Comics tend à nous proposer les histoires les plus marquantes, les plus emblématiques et ayant ouvré profondément à agrandir la mythologie de notre justicier.  Des épisodes comme le Detective Comics #27 des maîtres Bill Finger et Bob Kane, où le justicier apparaît pour la première fois. Les origines, intemporelles, de Batman dans Detective Comics #33 avec Sheldon Moldoff qui rejoint l’équipe artistique. Puis c’est au tour des proches de Batman d’être présentés, des personnages comme Dick Grayson, Alfred ou encore  Barbara Gordon dans l’excellent Detective Comics #359 de Gardner Fox et Carmine Infantino. Au casting des différentes histoires que l’on nous propose nous pouvons citer Dennis O’Neil, Neal Adams, Steve Eaglehart, Marshall Rogers et bien d’autres.

Et avec ça ? | Joker Anthologie (2014 – Urban Comics)

Joker Anthologie

À ennemi emblématique, édition exceptionnelle. Et le Joker en tant qu’ennemi préféré de Batman a eu le droit de la part d’Urban Comics à sa propre anthologie. À travers toute une série d’histoires, le lecteur arrive ainsi à suivre l’évolution du clown dans la folie. Et même si le titre est centré sur le Joker, cela reste un très bon complément à Batman Anthologie.

Tout démarre avec Batman #1 de Bill Finger, Bob Kane et Jerry Robinson avec la première apparition du Joker, nous y découvrons un criminel bien plus meurtrier que celui que nous connaissons. Les Cinq Vengeances du Joker dans Batman #251 nous offre une histoire prenante et sombre de Dennis O’Neil, sublimée par les dessins de Neal Adams. Les Exploits Burlesques du Joker de John Broome et Carmine Infantino dans Detective Comics #341 laisse la part belle à l’humour dans un vibrant hommage au comique muet. Et n’oublions pas The Man Who Laughs d’Ed Brubaker et Doug Mahnke dont nous avons parlé plus haut.

Si vous êtes lecteur VF uniquement, vous n’aurez de toute façon que peu d’autres alternatives. C’est déjà assez exceptionnel en soit qu’Urban édite de tels livres, laissant l’espoir d’en voir d’autres arriver prochainement, ce qui est déjà le cas pour d’autres personnages (ou auteur) emblématiques de DC. Car pour les complétistes, ces tomes VF ne suffiront pas pour le moment, mais c’est déjà un excellent départ.

Et après ça ? | Nous pensons que vous êtes prêt. Mais vous avez intérêt à avoir tout lu, on passe à l’interrogation écrite dans quelques heures ! Et une note en dessous de 18 est inenvisageable!

Biggy

Biggy