Superman : Lois Lane #1Les points positifs :

  • Le personnage de Lois Lane, parfaitement maitrisé par Marguerite Benett
  • La relation entre Lucy et Lois, qui sonne très vraie.

Les points négatifs :

  • La mention « Superman » dans le titre.

  • Scénario : Marguerite BennettDessins : Emanuela Lupacchino, Meghan Hetrick, Ig Guara, Diogenes Neves Encrage : Guillermo Ortego, Hetrick, Ruy Jose et Marc DeeringCouleurs : Hi-FiCouverture : Kenneth Rocafort

De nos jours Lois Lane est probablement le personnage le plus maltraité de l’univers Superman. Soyons clairs : depuis les New 52 et l’installation d’un nouveau statu quo dans la vie du kryptonien, qui vit actuellement une idylle avec Wonder Woman, notre fameuse journaliste est très souvent mise de côté, bien que certains auteurs comme Scott Lobdell la ramènent parfois sur le devant de la scène, et voir ce one-shot entièrement consacré à la meilleure journaliste de Metropolis est une agréable surprise.

Toutefois, bien que le personnage semble s’émanciper, DC nous rappelle dès la couverture qu’il s’agit d’une histoire ancrée dans la mythologie de Superman, ce qui peut rappeler la célèbre série Superman’s girlfriend Lois Lane, qui puait le sexisme à des centaines de kilomètres à la ronde et a contribué à l’image « conservatrice » de l’éditeur… Heureusement, tout cela est désormais bien loin : Lois est une femme du XXIe siècle et Marguerite Bennett est définitivement un excellent choix pour écrire ce comic book, qui aborde différents thèmes : relations familiales, addiction à la drogue, complots gouvernementaux… Le numéro est très dense et ses 38 pages ne manquent absolument pas de rythme.

Superman: Lois Lane #1

L’histoire est simple mais efficace : Lucy Lane, qui n’a pas l’habitude de se manifester dans la vie de sa grande sœur, vient se réfugier chez Lois après une altercation avec un groupe d’intervention. Nous découvrons alors qu’elle souffre d’une addiction particulière, liée à l’arrivée de nouveaux dealers à Metropolis, qui proposent de nouveaux produits aux effets assez spectaculaires (je ne vous gâche pas le plaisir, mais la couverture contient une référence explicite à tout cela). La caractérisation des sœurs est excellente et Bennett ne se repose pas sur un schéma « gentille sœur vs méchante sœur » usé jusqu’à la trame, tout est extrêmement nuancé et les nombreux flashbacks nous racontant leur enfance sont tous parfaitement écrits : la relation entre ces deux personnages est rapidement posée, ainsi que la dureté de leur vie, imposée par l’activité de leur père, militaire de carrière ainsi que par la santé de leur mère, sur laquelle on ne savait pas grand-chose jusqu’à présent.

Superman: Lois Lane #1

Les qualités de cet one-shot ne se limitent pas à ses personnages : l’action est très présente, et l’on prend plaisir à lire cette enquête rocambolesque qui mènera Lois à se confronter à des créatures aux designs très funs, dans le « dernier  acte » du numéro, concentré de combats dans une ambiance totalement décomplexée, ce qui évite à l’histoire de sombrer dans le pathos que j’avais peur de voir, du fait de la thématique abordée, celle de la drogue. On regrettera cependant l’anecdotique apparition de Superman, qui n’était pas forcément nécessaire, une simple mention du héros aurait amplement suffi.

Superman: Lois Lane #1

Je vous parlerais bien du traitement du personnage de Lucy Lane et de ses traumatismes, mais j’évite de vous raconter l’intégralité du comic-book. En ce qui concerne les dessins, le bilan est relativement mitigé : bien que l’on ait quatre dessinateurs différents, le tout conserve une certaine unité graphique, et c’est probablement ce que je regrette le plus : aucun des artistes n’y exprime son talent, tant le style est propre et impersonnel, tout en restant agréable à l’œil. Cependant, ce défaut est aussi une qualité : les transitions se font naturellement, et ne nuisent pas à la lecture.

Ce one-shot n’est pas un chef d’œuvre, mais reste une très bonne lecture : Marguerite Bennett nous prouve définitivement qu’elle a sa place au sein du roster de DC et maitrise parfaitement le personnage de Lois Lane. Mon seul regret est l’absence d’une série régulière consacrée à la journaliste, qui serait intéressante, à condition de ne pas changer d’auteur. Les New 52 manquent de séries consacrées à des personnages « non-superhéroïques » et ce numéro, maitrisé de bout en bout, nous prouve que la collection actuelle de DC en a cruellement besoin.