Introduction

1. Les Salkind et les droits de Superman

2. Le scénario

3. La quête du réalisateur

4. Les acteurs

5. Les premiers problèmes arrivent

6. Le début concret de la pré-production

7. La quête de Superman

8. Le tournage

9. La sortie du film

8. Le tournage

Histoire de prod #2 : Superman 1
Pierre Spengler, Marlon Brando, Richard Donner

La préproduction avait coûté plus de 7 millions de dollars, tandis que les Salkind juraient aux investisseurs que les deux films ne coûteraient pas plus de 20 millions de dollars.

Mankiewicz n’avait pas quitté les plateaux, au contraire, pour Donner le scénariste assurait le rôle de producteur. Il avait été présent lors des castings, il évaluait les designs des plateaux. Le fait est que pour Donner les Salkind n’étaient pas des vrais producteurs. Ils étaient des hommes d’affaire qui étaient très peu utiles en terme de créativité artistique. Et les deux hommes étaient très préoccupés par l’argent. En effet, les 20 millions de dollars pour les deux films s’étaient maintenant transformé en 50 millions pour un seul film.

Les deux avaient la pression et ils n’avaient pas prévu une chose : Donner était particulièrement consciencieux. Pour une scène le réalisateur était même allé jusqu’à attendre des heures pour que le soleil brille assez. Le film tenait vraiment à cœur au réalisateur et il ne voulait pas faire n’importe quoi.

Le début des problèmes entre Donner et les Salkind

Très vite les relations entre Donner et les Salkind se détériorèrent. “Tu es en retard sur le planning. Tu es au dessus du budget.” fit un jour Ilya. “Montre moi un putain de budget.” répondit Donner. Le problème c’est qu’ils ne le pouvaient pas, ce montant n’était jamais fixé et était en perpétuelle fluctuation. Le père exaspéré fit : “C’est quoi le vrai problème de ce film ?” ” Le vrai problème avec ce film, Alex, c’est que tu es un connard” répondit Donner.

L’ambiance était plus que mauvaise et très vite les Salkind essayèrent de virer Donner du film, mais légalement, ils ne pouvaient pas. Alors les deux parties ne se parlèrent tout simplement plus. C’est donc le producteur Pierre Spengler qui devint la liaison entre les deux. Cependant, celui-ci ne trouvait pas non plus grâce aux yeux de Donner. La situation était tellement mauvaise que les techniciens refusaient d’être payé par autre chose que du cash, car ils avaient déjà travaillé avec les Salkind.

Brando arriva sur le tournage avec un jour de retard simplement pour éviter d’avoir à subir la rencontre des cadres de Warner. L’acteur ne voulait pas apprendre ses dialogues, prétextant qu’il préférait la spontanéité. Donc ses dialogues étaient écrits un peu partout sur le plateau. L’acteur ne devait rester que deux semaines sur le tournage, mais celui-ci commença à tomber malade et la panique augmenta d’autant plus pour la production. Si l’acteur devait rester à Londres ils devraient encore dépenser plus d’argent, cependant Brando grand prince paya lui même pour son séjour à Londres. Il faut dire qu’avec quasiment 4 millions de salaires, il avait de quoi.

Et une attaque au couteau pour la table 8 ! Une !

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Tom Mankiewicz, Marlon Brando et Richard Donner

Un soir, alors que Brando, Donner et Mankiewicz mangeaient dans un restaurant (les trois semblaient vraiment bien s’entendre), Ilya Salkind les rejoint, les ayant trouvés d’une façon ou d’une autre. Mais il n’était pas seul. Il était accompagné de sa mère, Berta Domínguez. Celle-ci cherchait toujours à devenir scénariste et elle avait envoyé, à Mankiewicz, beaucoup de pages de réécritures du film. Cependant le scénariste les avait toutes refusées d’office.

Après quelques verres, elle fit : “M. Mankiewicz, je vous envoie des pages de scénarios tout le temps et jamais vous ne les mentionnez. Je ne les vois pas dans le scénario.” Le scénariste cita, poliment  des problèmes de temps. Et là Berta annonça à voix haute le salaire du scénariste et fit : “Vous devriez vous mettre à genoux et remercier mon mari pour vous avoir engagé”. Mankiewicz qui perdait patience la rembarra et celle-ci attrapa un couteau et s’élança vers Mankiewicz. Mais Brando l’attrapa et la renvoya sur son siège, tout en lui demandant si elle allait bien se tenir maintenant.

Après cet épisode Makiewicz exigea que la femme du père Salkind ne s’approche plus de lui.

Les plateaux de Pinewood

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Studios Pinewood, Londres

C’est en juin 1977 que la production arriva sur les plateaux de Pinewood. D’ailleurs les Salkind firent savoir que tous les techniciens n’étaient plus désirés, car Pinewood avait déjà ses propres techniciens. Ceux-ci se retrouvèrent au chômage. Pendant ce temps-là la situation entre Donner et les Salkind ne s’améliorait pas. Ilya se dit que s’il ne pouvait pas virer Donner il devait embaucher un deuxième réalisateur qui serait plus proche de leur volonté. Et ils pensèrent d’office à Richard Lester.

Salkind pensait que la présence d’un deuxième réalisateur heurterait la fierté de Donner et qu’il finirait par démissionner. De plus les Salkind devaient toujours de l’argent au réalisateur pour son travail sur les Trois Mousquetaires. Car même après avoir gagné un procès celui-ci ne mena à rien, à cause d’une obscure histoire de société au Liechtenstein. Les Salkind payeraient donc enfin Lester s’il venait travailler sur Superman. Celui-ci accepta.

Un jour durant le mois de juin Ilya arriva donc sur le plateau accompagné de Richard Lester et là les rumeurs allèrent de plus belles et le départ de Donner était déjà prophétisé. Cependant il n’en fut rien. Lester fit comprendre à Donner qu’il voulait juste être payé son du et qu’il ne ferait rien pour saper l’autorité de Donner. Celui-ci le prit très bien et Lester prit le contrôle de la deuxième unité de tournage. Et il s’avéra que les deux réalisateurs travaillaient très bien ensemble et la production avançait sereinement.

Direction New York

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Superman

En juillet 77 la production partit pour New-York pour tourner les extérieurs du Daily Planet. A ce moment-là l’un des pires black-out de l’histoire de la ville arriva et menaça de coûter très cher aux Salkind. Cinq ou six fois ce qu’ils avaient prévu au départ pour le tournage à New-York.

En août le tournage déposa ses valises au Canada pour les scènes autour de la jeunesse de Clark à Smallville. C’est l’ acteur Jeff East qui avait été choisi pour incarner le jeune Clark Kent, mais Donner ne sera pas convaincu par sa prestation vocale et le fera redoubler par Reeve plus tard. C’est durant ce tournage aussi que des fans  ont eu la chance de faire de la figuration dans le film grâce à un concours organisé par DC. Il s’agit des sportifs que Clark et Lana croisent.

C’est après ça que la production décida de laisser de côté la production du second opus, sur lequel Donner planchait encore pour se concentrer sur le premier film. Et le tournage reprit à Pinewood fin septembre pour huit semaines. Durant un break en novembre, Donner se posait beaucoup de question concernant l’état de la production par Warner. Le cinéaste leur expliqua ses mésententes avec les Salkind et en décembre lorsque Donner revint sur les plateaux il était accompagné d’un représentant de la Warner, Charlie Greenlaw, qui devait s’assurer de l’état de la production et de la qualité du produit final.

En effet le studio misait gros sur Superman et ils voyaient le film comme un moyen pour eux de vraiment rentrer dans la cour des grands. Et d’ailleurs, si jamais le studio avait pu reprendre le projet des mains à des Salkind à qui l’argent faisait défaut, ils ne s’en seraient sans doute pas privé.

Le tournage des phases de vol

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Tournage des scènes de vol

A Pinewood le tournage continuait et c’était au tour des phases de vol. De large proportion de déodorant, ainsi que des couches de tissus était utilisées pour palier au problème de transpiration du pauvre Reeve qui restait des heures perché en l’air. Quoi-qu’il en soi l’acteur, au grand plaisir de Donner, avait réussi au fil du temps à adopter une gestuelle bien spécifique pour les phases de vol. L’acteur insistait en plus pour réaliser lui-même toute les scènes de vol. Alors même que les conditions de sécurité était déplorables et que sa doublure était tombée de ces mêmes harnais.

D’ailleurs au début du tournage ils n’avaient même pas installé de matelas en dessous les harnais. Cela voulait dire que si on devait tomber du haut de ces 12 mètres on tombait sur du bitume. Il aura fallut que Jack O’Halloran, qui incarne le Kryptonien Non, leur dise d’installer ces matelas pour qu’ils le fassent. Le tournage souffris tout de même malheureusement d’une victime, lorsque qu’un technicien, Terry Hill, mourut après que l’aile d’une réplique d’un Air Force One se soit détachée.

Un retard inéluctable

Un nouveau problème arriva en janvier 1978. Cela faisait huit mois qu’ils tournaient et l’état du film était encore très loin d’être convenable. Entre les effets spéciaux, le perfectionnisme de Donner et le tournage d’environ 40% de Superman 2, le film était loin d’être prêt. Ce qui voulait dire que leur date de sortie prévue pour l’été 1978 ne serait pas tenable. Ce qui était une tragédie pour les Salkind qui voulaient suivre l’exemple donné par les énormes succès de Les dents de la mer et Star Wars en sortant un film dans la période mai-aout. Mais ils conclurent avec la Warner qu’une sortie durant l’hiver pourrait aussi fonctionner.

La promotion du film avait déjà commencé durant la fin de l’année 1977 où la Warner avait placé un teaser du film avant les séances de la ressortie de Star Wars. Celui-ci ne contenait aucune réelles images du film, mais simplement un tour dans les nuages du point de vue de Superman, tandis que les noms du casting s’affichaient en grand à l’écran. Marlon Brando et Gene Hackman étaient bien entendu en tête. Et cela fonctionna.

Nouveau-Mexique

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Au printemps 78, Donner partit filmer la séquence du tremblement de terre au Nouveau-Mexique. Ces séquences devaient de base être filmées à Pinewood, mais Donner avait peur que le rendu soit cheap. Et la Warner était d’accord avec lui. Ils mirent donc l’argent nécessaire pour ce changement.

A l’origine, la mort de Lois n’était pas censée arriver durant le premier film. Superman devait se terminer avec Superman déviant le missile qui se dirigeait vers le Midwest et, en faisant ça, aurait détruit la prison de Zod et ses acolytes. Et c’est à la fin du second film que Superman sauvait Lois en remontant le temps. C’était d’ailleurs la chose la plus proche de l’esprit comics dans un film qui se voulait “réaliste”.

Cependant, Donner détestait ce cliffhanger et jugeait que l’idée d’une suite, si le premier film était un échec, ressemblerait plus à une menace qu’autre chose. Donner accepta donc la proposition de Lester de mettre la mort de Lois à la fin du premier film.

Enfin la fin du tournage

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La situation était maintenant périlleuse pour les Salkind. Ils étaient simplement ruinés. D’ailleurs, quelques mois plutôt un homme essaya de braquer leur service de comptabilité, mais repartit les mains vides, car les caisses l’étaient tout autant.

Arrivé à l’été 78, Donner fournit un cut de trois heures à la Warner et John Williams, le compositeur insistait pour avoir quelque chose de proche du résultat final avant de réaliser la bande son. Après les 20 millions qu’avait remporté la bande son de Star Wars, ses désirs étaient des ordres. Et pour le plaisir des oreilles :

Qui plus est malgré la longueur faramineuse de ce cut, la Warner était émerveillée par celui-ci. L’été fut alors dédié à terminer les effets spéciaux avec Christopher Reeve, qui quitta les plateaux de tournage en septembre 78. Il restait maintenant dix semaines à Donner pour le montage.

Le film était prévu pour le 10 décembre 1978. Le studio a partagé des visuels du film à la San Diego Comic Con, public qui incluait un jeune Tim Burton.

En novembre Warner Bros contacta Alex Salkind pour connaître l’état du montage. Celui-ci leur dit qu’il était prêt, mais que le studio devait lui donner 15 millions pour qu’il le fournisse. Les Salkind étaient endettés jusqu’au cou et c’était le dernier pari qu’il leur restait pour sortir la tête de l’eau. La date limite du 15 décembre approchait et les 508 cinémas que Warner avaient déjà réservés fit comprendre au studio qu’ils leurs intenteraient un procès si le film n’était pas là à temps. La Warner finit par accepter et paya, ce qui s’avéra être une action plus que juteuse pour eux au final .

4 Commentaires

  1. J’ai adoré cet article, j’ose dire que j’ai versé ma larme en entendant la musique du thème de Superman qui est génialissime. Merci pour ses infos sur le meilleur des films sur Superman.

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