Annoncé depuis presque un an, l’événement du titre The Flash de Joshua Williamson et Howard Porter « sobrement » intitulé Year One se révèle avec sa première partie.

Flash : the meta-year

Origines secrètes oblige, vous n’apprendrez rien sur le personnage. L’innovation doit opérer. Il s’agit de livrer un nouveau design de premier costume, et de fournir un contenu sous une forme recevable. Et lorsqu’il s’agit d’adapter, Joshua Williamson tombe rapidement dans les facilités de la référence, et dans le « fun » gratuit pour faire illusion. Les amateurs de la série TV Flash seront ravis de retrouver quelques scènes en rapport avec leurs souvenirs de la première saison, ainsi que les plus âgés ayant connus celle avec John Wesley Shipp. Joshua Williamson met de son côté les lecteurs qui se contenteront d’un mélange de références, la mode étant à l’easter-egg.

Méta jusqu’au bout, Barry lit les origines de Jay Garrick, démontrant le peu d’intérêt accordé au contenu du récit, si ce n’est la référence elle-même. L’information des scènes présentées se limite à la référence, comme pour mieux l’étendre. Qu’on soit sensible ou non à telle ou telle référence, l’accumulation est fatigante, à la fois dans ce numéro, comme dans son utilisation abusive dans tout autre type de média. Et son utilisation comme remplaçant le contenu attendu dans un numéro est plutôt décevant. Au lieu de présenter une origine connue sous un angle différent, à travers un caractère neuf ou fidèle, ces origines se retrouvent racontées à un rythme effréné par ellipses. On voit alors tout le potentiel des origines de Flash disparaître en quelques pages pour nous mener vers un cliffhanger nous laissant tout aussi dubitatif qu’intrigué. Le potentiel n’a peut-être pas tout à fait disparu, malgré la tournure prise.

Un joli coup de pub

Pour quelles raisons cet arc, qui semblait relever bien plus du Graphic Novel que du titre régulier, vient-il être publié dans le titre Rebirth The Flash ? Suite à sa lecture, ce Flash Year One semble s’imbriquer parfaitement dans les plans de Joshua Williamson, qui semble chercher à en faire le cœur de son run. De ce fait, The Flash bénéficie d’une parfaite publicité, apportant un contenu qui plaira à une majorité par son système de références. Williamson ne fait qu’appuyer sa popularité à travers cette logique de celui qui martèlera son nom le plus fort. Mais nous sommes toujours en droit de nous demander ce qu’il a bien pu apporter au personnage pour être si bien mis en avant.

Accompagné par Howard Porter, l’artiste vedette ayant participé à cette publicité, l’artiste est donc attendu. S’il livre indéniablement un travail soigné, les lecteurs les plus sensibles aux annonces faites autour de l’événement risquent de se retrouver déçu. Comme pour ses derniers travaux, Howard Porter se livre à un dessin se contentant de son contenu, rythmé par quelques compositions bien pensées. Nous étions en droit de nous attendre à légèrement plus de la part d’un artiste aussi talentueux, qui plus est avec un projet de cette envergure ayant le potentiel de marquer aussi bien une carrière d’artiste que le personnage traité.

Avec ce premier épisode, Flash Year One fleure l’acte manqué, bien trop influencé par les tendances d’écriture mainstream bien trop légères de Joshua Williamson, malgré quelques gimmicks empruntées à son compère Tom King. Il n’en reste pas moins une lecture agréable, qui ravira les lecteurs réguliers de par son sursaut de qualité, mais qui décevra les plus enthousiastes à l’idée d’une réécriture des origines de Flash. 

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- Howard Porter, une valeur sûre
- Un comics mainstream de qualité...
- ... en accord avec le run en cours
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- Une poubelle à références
- Vous avez dit origines ?
- Une écriture toujours aussi superficielle propre au scénariste
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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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mavhoc
mavhoc

Merci Watchy pour la review, je me tatais à acheter le numéro mais je craignais un truc justement moyen … Apparemment c’est bien le cas. Je vais donc devoir attendre encore longtemps avant de revenir voir Flash … Williamson ne cesse de me faire revenir puis repartir de son titre.

Detective Pikachu
Detective Pikachu

Je suis loin d’être le plus grand fan de cette série, et encore moins de Williamson, mais je ne comprends absolument pas les reproches qui sont faits ici. Où vois-tu ce florilège de références ? La partie coma date du New 52 depuis The Flash #0, la CW n’a rien inventé. Où vois-tu des références à la série des années 90 ? Il n’y en a strictement aucune ! Quid de cette fameuse métatextualité que tu prêtes au texte, alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que la reprise de la première page de Showcase #4 publié en 1956 ? Oui, le numéro ne nous apprend rien et ne s’adresse jamais, sauf pour la dernière page, à des lecteurs comme toi ou moi qui attendons désespérément depuis 10 ans que la série redécolle. S’il faut tacler ce numéro, autant le faire sur des éléments concrets. Malgré ça, on reste face à l’un des meilleurs numéros de l’auteur et avec un twist qu’on appréciera ou pas mais qui a le mérite de reprendre les meilleurs éléments de Running Scared. Williamson et Porter se payent même le luxe de nous offrir, enfin, une lecture avec un minimum d’ingéniosité et de qualités littéraires, ce qui n’est jamais gagné sur ce titre marqué par la redondance et la lourdeur stylistique, à la limite de l’écriture de fanfic.

Pour ma part, même si je suis loin d’être retourné, Old Man Barry m’intéresse assez pour poursuivre (et là tu peux éventuellement souligner une metatextualité en considérant les dernières lignes) et la dernière interview de Williamson qui se veut rassurante, même si Williamson abuse de cette carte depuis des mois maintenant, donne envie de laisser une énième chance à cette série.