Annoncé depuis presque un an, l’événement du titre The Flash de Joshua Williamson et Howard Porter “sobrement” intitulé Year One se révèle avec sa première partie.

Flash : the meta-year

Review VO - The Flash #70 : Year One Part 1 1Origines secrètes oblige, vous n’apprendrez rien sur le personnage. L’innovation doit opérer. Il s’agit de livrer un nouveau design de premier costume, et de fournir un contenu sous une forme recevable. Et lorsqu’il s’agit d’adapter, Joshua Williamson tombe rapidement dans les facilités de la référence, et dans le “fun” gratuit pour faire illusion. Les amateurs de la série TV Flash seront ravis de retrouver quelques scènes en rapport avec leurs souvenirs de la première saison, ainsi que les plus âgés ayant connus celle avec John Wesley Shipp. Joshua Williamson met de son côté les lecteurs qui se contenteront d’un mélange de références, la mode étant à l’easter-egg.

Méta jusqu’au bout, Barry lit les origines de Jay Garrick, démontrant le peu d’intérêt accordé au contenu du récit, si ce n’est la référence elle-même. L’information des scènes présentées se limite à la référence, comme pour mieux l’étendre. Qu’on soit sensible ou non à telle ou telle référence, l’accumulation est fatigante, à la fois dans ce numéro, comme dans son utilisation abusive dans tout autre type de média. Et son utilisation comme remplaçant le contenu attendu dans un numéro est plutôt décevant. Au lieu de présenter une origine connue sous un angle différent, à travers un caractère neuf ou fidèle, ces origines se retrouvent racontées à un rythme effréné par ellipses. On voit alors tout le potentiel des origines de Flash disparaître en quelques pages pour nous mener vers un cliffhanger nous laissant tout aussi dubitatif qu’intrigué. Le potentiel n’a peut-être pas tout à fait disparu, malgré la tournure prise.

Un joli coup de pub

Review VO - The Flash #70 : Year One Part 1 2Pour quelles raisons cet arc, qui semblait relever bien plus du Graphic Novel que du titre régulier, vient-il être publié dans le titre Rebirth The Flash ? Suite à sa lecture, ce Flash Year One semble s’imbriquer parfaitement dans les plans de Joshua Williamson, qui semble chercher à en faire le cœur de son run. De ce fait, The Flash bénéficie d’une parfaite publicité, apportant un contenu qui plaira à une majorité par son système de références. Williamson ne fait qu’appuyer sa popularité à travers cette logique de celui qui martèlera son nom le plus fort. Mais nous sommes toujours en droit de nous demander ce qu’il a bien pu apporter au personnage pour être si bien mis en avant.

Accompagné par Howard Porter, l’artiste vedette ayant participé à cette publicité, l’artiste est donc attendu. S’il livre indéniablement un travail soigné, les lecteurs les plus sensibles aux annonces faites autour de l’événement risquent de se retrouver déçu. Comme pour ses derniers travaux, Howard Porter se livre à un dessin se contentant de son contenu, rythmé par quelques compositions bien pensées. Nous étions en droit de nous attendre à légèrement plus de la part d’un artiste aussi talentueux, qui plus est avec un projet de cette envergure ayant le potentiel de marquer aussi bien une carrière d’artiste que le personnage traité.

Avec ce premier épisode, Flash Year One fleure l’acte manqué, bien trop influencé par les tendances d’écriture mainstream bien trop légères de Joshua Williamson, malgré quelques gimmicks empruntées à son compère Tom King. Il n’en reste pas moins une lecture agréable, qui ravira les lecteurs réguliers de par son sursaut de qualité, mais qui décevra les plus enthousiastes à l’idée d’une réécriture des origines de Flash. 

Moyen / 10 Notre avis
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Les +
- Howard Porter, une valeur sûre
- Un comics mainstream de qualité...
- ... en accord avec le run en cours
Les -
- Une poubelle à références
- Vous avez dit origines ?
- Une écriture toujours aussi superficielle propre au scénariste
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4 COMMENTS

  1. Merci Watchy pour la review, je me tatais à acheter le numéro mais je craignais un truc justement moyen … Apparemment c’est bien le cas. Je vais donc devoir attendre encore longtemps avant de revenir voir Flash … Williamson ne cesse de me faire revenir puis repartir de son titre.

  2. Je suis loin d’être le plus grand fan de cette série, et encore moins de Williamson, mais je ne comprends absolument pas les reproches qui sont faits ici. Où vois-tu ce florilège de références ? La partie coma date du New 52 depuis The Flash #0, la CW n’a rien inventé. Où vois-tu des références à la série des années 90 ? Il n’y en a strictement aucune ! Quid de cette fameuse métatextualité que tu prêtes au texte, alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que la reprise de la première page de Showcase #4 publié en 1956 ? Oui, le numéro ne nous apprend rien et ne s’adresse jamais, sauf pour la dernière page, à des lecteurs comme toi ou moi qui attendons désespérément depuis 10 ans que la série redécolle. S’il faut tacler ce numéro, autant le faire sur des éléments concrets. Malgré ça, on reste face à l’un des meilleurs numéros de l’auteur et avec un twist qu’on appréciera ou pas mais qui a le mérite de reprendre les meilleurs éléments de Running Scared. Williamson et Porter se payent même le luxe de nous offrir, enfin, une lecture avec un minimum d’ingéniosité et de qualités littéraires, ce qui n’est jamais gagné sur ce titre marqué par la redondance et la lourdeur stylistique, à la limite de l’écriture de fanfic.

    Pour ma part, même si je suis loin d’être retourné, Old Man Barry m’intéresse assez pour poursuivre (et là tu peux éventuellement souligner une metatextualité en considérant les dernières lignes) et la dernière interview de Williamson qui se veut rassurante, même si Williamson abuse de cette carte depuis des mois maintenant, donne envie de laisser une énième chance à cette série.

    • De ce rapport à l’enfance, des phases de test faciles des nouvelles capacités, les chaussures fumantes et les semelles fondues. Sans être un amateur des séries (90 comme CW), j’ai perçu dans l’écriture et la succession des éléments, une série de références. Et je ne suis pas opposé à la référence pour autant. Mais il se trouve qu’elle est gênante, et prend le pas sur un contenu absent.

      Je ne vais pas reprocher à une origin story de raconter les origines de Flash. Je reproche justement à ce numéro de ne pas s’y attarder. Le numéro n’est composé que d’ellipses. Et si je suis tout aussi intrigué par ce Old Man Barry, je ne perçois absolument pas les “qualités littéraires” de Williamson, autant dans sa forme, dans ses dialogues, comme dans son fond.

      • Mais, ce que tu décris, ce ne sont absolument pas des références, c’est tout bêtement une modernisation cohérente de l’origin story de Barry Allen, et qui est obligée de reprendre les nouveaux codes imposés par le Rebirth de 2009. Bien évidemment que, maintenant qu’on nous a imposé le poncif de la maman morte, on va rebondir sur son enfance, bien évidemment aussi qu’un scientifique comme Barry va expérimenter ses pouvoirs et se heurter au problème de la friction (qui était déjà bien présent dans le Silver). À titre d’exemple, tu retrouves également ce type de récit chez Spidey, ou dans Born to run pour rester sur Flash, mais on est loin de la définition de la référence appuyée.

        Encore une fois, je pense que le vrai problème de ce numéro c’est d’offrir une modernisation bien trop tardive de l’origine de Barry. Une modernisation qui aurait dû arriver dix ans plus tôt et qui a plus de chance d’être frustrante quand on voit à quel point la licence a reculé en l’espace d’une décennie alors qu’on aimerait juste voir le personnage ENFIN avancer.

        Quant à l’écriture de Williamson, tu me diras que c’est forcement relatif, voire même que c’est du nivellement par le bas, mais je trouve la narration bien plus soignée (pas très difficile, je te l’accorde). Même chose sur la composition, très épisodique, une idée de Williamson selon Porter, qui donne l’impression d’être face à une fenêtre ouverte sur le passé. Littéralement. Pourtant avec des pages de 18 cases, ça avait toutes les chances d’être brouillon. J’apprécie également beaucoup les petites astuces où tu n’as pas à te taper la narration souvent exaspérante de Williamson, puisque tu peux suivre l’écriture du texte et la pensée de Barry directement dans les dessins, via son carnet de note.

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