Derniers moments avant le mariage tant attendu entre le Chevalier Noir et Catwoman. Dans ce septième tome de Batman Rebirth, les deux protagonistes principaux sont mis de côté pour faire place à leur entourage direct. Amis ou ennemis, tous ont quelque chose (de plus ou moins intéressant) à exprimer à propos de cette union. En résulte une série de one-shots écrits par Tim Seeley qui vous sont présentés dans cet ouvrage ainsi qu’une histoire écrite par Tom King à propos d’un personnage bien connu.

Batgentil vs. Batvilain

Un mariage, dans le monde des comics, ça fait vendre. Alors quand DC Comics décide de sortir cinq one-shots intitulés « Prelude to the wedding » (prélude au mariage), il est difficile de croire que ce n’est pas pour profiter de cet événement lucratif. Chaque numéro voit s’opposer deux personnages de l’univers du Chevalier Noir, l’un gentil, l’autre méchant sans grande originalité. Dans le détail, on se retrouve avec des associations soit clichées (Robin vs. Ra’s Al Ghul, Harley Quinn vs. Joker, Red Hood vs. Anarky), soit improbables (Batgirl vs. The Riddler, Nightwing vs. Hush).

La volonté de l’auteur est de mettre en avant les sentiments provoqués par l’union à venir à travers ces affrontements. Cela fonctionne pour certains. Damian Wayne a, par exemple, peur d’être remplacé. En résulte une discussion avec Selina qui sonne vraiment juste. C’est également le cas pour Harley Quinn. Malheureusement, Tim Seeley n’a pas le talent de Tom King pour écrire les émotions. Ainsi, celles-ci sont souvent noyées dans des bagarres puériles et sans intérêt que constituent la majorité des numéros. Mention spéciale pour le titre centré sur Batgirl qui est incohérent et faussement psychologique du début à la fin. Même la trame narrative faisant le lien entre chaque numéro n’est jamais justifiée.

Graphiquement, chaque partie est dessinée par un artiste différent et chacun fait un travail vraiment correct. Le découpage est classique mais le style de chacun se marie très bien à chaque histoire.

On se retrouve, au final, avec un vide. On a du mal à voir l’utilité de ces tie-ins. Le plot de base semblait intéressant mais on aurait souhaité avoir plus que ça. Cela passé, il est grand temps de reprendre l’histoire là où on l’avait laissée.

Le coup de folie

Car ce numéro ne débute pas avec ces one-shots mais avec un véritable prélude au mariage. Huit pages écrites par Tom King et sorties de DC Nation #0. Huit pages qui introduisent un personnage qui revient enfin dans l’univers de l’homme chauve-souris. Huit pages sur le Joker. Et dans ces huit pages, Tom King nous introduit parfaitement un Joker imprévisible, effrayant et violent. De plus, il possède tous les marqueurs de l’enfance poussés à l’extrême : il est impatient, il recherche de l’attention mais il est surtout passionné. Passionné par Batman. Cette figure paternelle sombre qui le terrifie autant qu’elle attise sa curiosité. Ainsi les retrouvailles sont magistrales dans Batman #48. Une bataille épique, la force brute contre la sournoiserie, le chantage, les caprices. La relation entre les deux personnages est très profonde et l’auteur nous montre les mauvais comme les bons côtés. Ils ont besoin l’un de l’autre.

Puis entre en scène Catwoman. Il faut voir les trois numéros de King dans ce volume comme un triptyque sur la personnalité du Joker. On a d’abord la vision classique de celui-ci, fou, sans pitié. Cela est ensuite atténué ensuite par la vision de sa relation à Batman. Et enfin son rapport aux autres et à lui-même. Avec Selina, il ressasse son passé de super-vilain, son passé avec les super-vilains. Sorte de grande cour d’école avec, au centre, l’enfant fou, celui qui fait rire les autres. Le Joker. Mais une rumeur circule : est-il réellement fou ? Seulement à travers ses dialogues, Tom King amène, en plus de l’ambiance pesante des événements, une réflexion profonde sur le rôle du personnage dans l’univers DC. Et pour lui, il est clair que le Joker est loin d’être complétement fou. Il est simplement resté dans son monde d’enfant qui a choisi de prendre exemple sur Batman, son modèle, son dieu (la thématique de la religion est très présente dans le récit).

En plus de tout cela, le scénariste, appuyé par le travail remarquable de Mikel Janin qui n’en finit pas de nous épater, amène en fin d’ouvrage une réflexion importante sur Batman et sa relation avec Catwoman. Réflexion qui prendra tout son sens dans le prochain tome.

La réaction à la lecture de ce volume est vraiment contrastée. D’un côté, du très moyen avec les one-shots promotionnels dédiés au mariage qui ne présentent que peu d’intérêt et qui sont remplis d’incohérences. D’un autre une réflexion poussée, intéressante et argumentée sur l’un des personnages les plus emblématiques du monde de Batman. Rien que pour cela, je vous conseille de lire ce septième tome de Batman Rebirth. Parce qu’il est rare de trouver ce niveau d’écriture dans une série mainstream. Enfin, nous arrivons à la résolution de cette première partie du run de Tom King, le mariage, qui arrive très prochainement…

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Les +
- Une caractérisation du Joker très bien traitée
- Une partie graphique de qualité
Les -
- Plus de la moitié du volume est anecdotique
- Des one-shots moyens, fades, voir mauvais
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D’accord avec chaque mot, chaque virgule et chaque interligne de cette critique !
50 pages plus qu’excellentes (merci King + Janin) et plus de 100 pages dispensables lamentables = ensemble malheureusement juste correct…

Reptile
Reptile

Tout pareil, même si j’ai trouvé le le one shot avec Damian vraiment sympa.

La dernière histoire avec le Joker, Catwoman et Batman est incroyable (un peu de mal avec la scène de la prière cela dit..)

klent081
klent081

Vraiment dispensable et anecdotique si ce n’est la fin avec le Joker ou les qques références à d’anciens albums du Batou. Et quels dessins affreux chapitre 3 avec Batgirl !! Bof bof