Harley entre dans sa vingt-cinquième année. Est-ce un gain d’espoir sur une hausse qualitative du titre ? Absolument pas. La critique politique a le vent en poupe avec l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, et notre duo préféré de scénaristes a la bonne et originale idée d’apporter celle-ci au catalogue de clichés brassés par le titre Harley Quinn, en la mettant en campagne électorale pour devenir maire.

Absurdité politique

Et pourtant, l’idée n’est pas si mauvaise. Toujours plus ahurissant dans son idiotie, Harley Quinn fait sortir de son titre ce rapport au gang, et cherche à faire évoluer son rapport à la rue en faisant entrer Harley dans une campagne électorale improvisée. Alors que le scénario cherche à faire de celle-ci une vaste blague, l’humour sert cette fois une idée : celle du comportement de l’élu. Le titre n’invente rien et, bien au contraire, se repose allègrement sur les représentations types des politiciens, empruntant aux traits des bons gros mafieux des bas-fonds de Gotham.

Il s’agit du comportement de Harley, cherchant à plaire, et donc, à écouter le peuple dans ses envies, dans la recherche d’une personne capable de les représenter. Harley se dresse comme un personnage ayant un bon fond, et se rapproche légèrement du personnage que nous connaissons, dans sa maladresse cachant ses bonnes intentions. La réutilisation du background du personnage en tant que membres d’un parti est amusante, mais le récit va rapidement éclipser l’aspect politique pour se concentrer sur une sous-intrigue d’une niaiserie absolue, laissant le sujet politique incomplet, en plus d’un traitement plus que bancal.

Une bonne idée, en rejoint une autre… sans jamais bénéficier du bon traitement

Car l’humour est étonnement peu présent hors du champ politique. Cet arc prend un virage d’une violence crue vers le drame. Plus étonnant encore, le scénario ne vient pas désamorcer la tonalité dramatique, mais va bien chercher à l’amplifier. Pour la première fois, Harley Quinn fait surgir une émotion, et de manière plutôt efficace. Le tout est malheureusement bien conventionnel, qui aurait peut être pu fonctionner pour un personnage avec une valeur symbolique, sinon une véritable valeur affective.

Dessinateur attitré, John Timms se trouve quelque peu moins provocateur. S’il reste dans une approche extrêmement conventionnelle, il parvient à convenir à un public ne cherchant rien de plus qu’une représentation correcte de Harley Quinn. Sans la moindre portée artistique, ou autre caractère identitaire, les planches n’appuient que légèrement le scénario. Elles optent pour des choix régies par la présentation ou le gag, soutenant à peine les effets escomptés, allant même jusqu’à les réduire pour certains. Ne cherchez aucune émotion, vous serrez au mieux surpris, sinon dans une indifférence absolue.

Le plus amusant avec ce volume est la capacité du titre à passer d’un sujet à l’autre sans se préoccuper d’une quelconque cohérence, tout en assumant une progression chez le personnage. Alors que le thème contient un potentiel certain, même si reposant sur une mode de la critique ouverte et facile, ce tome au même titre que la série l’étouffe au profit de scènes tantôt absurdes, tantôt niaises, au profit d’un final qui ne vise rien de plus que le personnage d’Harley Quinn en elle-même, délaissant toute l’intrigue passée. L’exploit de ce tome étant de parvenir à nous faire oublier plus de la moitié de son contenu avant même de l’avoir refermé.

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- ... et hors-sujet ?
- Une écriture en roue libre
- Des personnages sans aucune profondeur
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