Retour aujourd’hui sur les sorties des deux dernières semaines. Nos lectures sont assez diverses mais d’assez bonnes qualité. Seul Aquaman se distingue et obtient un coup de coeur. Nightwing semble également être en bonne voie pour séduire le public, et malheureusement Damage chute aux tréfonds des méandres de l’inutilité absolue.

Et vous, vos lectures ça donne quoi ?

LES COUPS DE COEUR

Aquaman #46

Collection

Rebirth

Scénario

Kelly Sue DeConnick

Dessins

Robson Rocha

Le premier arc de la nouvelle scénariste touche maintenant à sa fin et il faut bien le dire Kelly Sue DeConnick a réussi transformer l’essai. L’idée, qui a fait grincer des dents au départ, de rendre amnésique son héros fonctionne vraiment ici. Là où chez un certain personnage, au nom à trois lettres, cette amnésie ressemble plus à un simple forçage éditorial, ici cela fonctionne bien mieux. En faisant perdre ses souvenirs à Arthur, DeConnick rend le personnage plus proche du lecteur dans sa découverte de ce nouvel univers. Ce qui permet de créer une vraie proximité avec le personnage. Qui plus est la scénariste s’applique à reconstruire petit à petit le personnage et cela fonctionne vraiment. D’ailleurs, pour revenir à cet univers, il commence ici à prendre tout son sens dans une veine très mystique et divine. On a hâte de savoir ce qu’il va résulter de l’arrivée de cette toute nouvelle race de dieux. De plus le dessinateur Robson Rocha nous gratifie, et ce depuis le début de ce nouveau run, de dessins haute volées, on retiendra d’ailleurs dans ce numéro une excellente splash page. Les années passent, mais Aquaman continue toujours à être un excellent titre chez DC et il serait dommage d’y passer à côté.

– Claygan

LES VALEURS SÛRES

Supergirl #28

Collection

Rebirth

Scénario

Marc Andreyko

Dessins

Eduardo Pansica

Le titre fait un pas en avant, annonce une nouvelle étape dans la quête de Kara. Les confrontations se multiplient, mais le numéro trouve le temps de resituer ses personnages. Ce retour peut sembler être un énième table rase. Mais l’optique du titre, d’être un voyage cosmique avec une Kara guerrière, progresse dans une direction qui ne flanche pas. Effectivement le titre a perdu ses artistes majeurs (Kevin McGuire, Doc Shaner), et Eduardo Pansica possède un style aux antipodes de leur esthétique épurée et aux couleurs très vives. Cependant, faire progresser l’aventure vers un ton moins joyeux, orienté vers une action de plus en plus intense et éprouvante est intéressante. De même pour le background qui s’étoffe, et annonce à la fois la crainte d’une niaiserie, mais également l’espoir de voir une Kara sentimentale mieux écrite, sortant de l’écriture rébarbative du personnage de série télé. Peut-être ce tournant n’est-il pas la meilleure décision prise pour le titre, peut-être le triangle amoureux établi va être une catastrophe. Mais c’est toujours avec plaisir que la lecture du titre se fait. Eduardo Pansica charme par son style détaillé évoquant le milieu des années 2000, sa représentation des affrontements est très efficace. Supergirl reste un titre perfectible, mais très plaisant.

– Watchful

Batman #67

Collection

Rebirth

Scénario

Tom King

Dessins

Lee Weeks, Jorge Jones

L’arc Knightmares a bel et bien repris après l’interlude The Price. Ici King continue son exercice de style en proposant ici une sorte de suite spirituel de son numéro, récompensé d’un Eisner, Batman/Elmer Fudd. Le numéro est constitué d’une grande course-poursuite quasi muette dans un hommage à Bip-Bip et Coyotte. Lee Weeks collaborateur, maintenant habituel, de King, réussit à rendre cette course-poursuite extrêmement belle et satisfaisante. En somme visuellement ce numéro est donc vraiment satisfaisant. Et c’est un peu tout, car on pourra émettre un vrai bémol sur le fond qui… ne dit pas grand chose (et c’est encore un euphémisme). Surtout quand on le compare au numéro 66 (et aux autres numéros de Knightmares à vrai dire) qui était lui une énorme réussite de ce côté-là. De plus la fin fera sans doute lever un sourcil à plus d’un, tant elle paraît sans réel intérêt.  

– Claygan

Naomi #3

Collection

Wonder Comics

Scénario

Brian Michael Bendis, David F. Walker

Dessins

Jamal Campbell

Donc c’est vers là que nous allons ? Très bien, c’était inattendue, mais le retour du délire thanagarien est une bonne chose. Naomi réussit encor une fois à être touchant, mais surtout, sonne vrai, et c’est là sa plus grande qualité. Les personnages, loin des archétypes ayant fait la gloire de DC, sonnent comme des personnes “normales”, des êtres humains comme vous et moi, qui ne le sont pourtant pas tant que çà. L’histoire se laisse suivre, et reprend la mythologie de Superman d’une belle manière, continuant à faire écho à la vie de l’homme d’acier, ce que le titre d’ailleurs fait depuis le premier numéro. Visuellement très joli, la colorisation un peu terne pourra rebuter, bien qu’on comprenne la volonté du coloriste de mettre l’accent uniquement sur les couleurs violacées. Maintenant que nous savons que le titre va être annulé, on comprend que cette série doit s’envisager comme un prologue présentant Naomi, plus qu’autre chose, et c’est un peu dommage, il y aurait potentiellement d’autres éléments à développer avant de lancer la jeune fille dans le grand bain super héroïque.

– Blue

Pearl #7

Collection

Jinxworld

Scénario

Brian Bendis

Dessins

Michael Gaydos

Meh, ce n’est pas une déception, mais le titre commence à fatiguer. Et si il fatigue, ce n’est pas du fait de la qualité de ses dessins, toujours magnifiques, pas dans ses dialogues ni ses personnages, somme toute, attachants. Non, si il fatigue, c’est dans sa narration, et cela plus du fait de son format que de son intrigue. Parce qu’à raison de 20-30 pages tous les mois, l’histoire n’avance pas. Les scènes écrites ici donnent l’impression d’avoir été pensées pour un épisode de série TV. Là où on peut prendre, dans un épisode pilote de 45min-1h son temps de faire de longues pauses afin d’introduire tous les personnages et sans le besoin d’accrocher le lecteur toutes les 30 pages. Et c’est un peu le problème, si un comics, enfin, généralement, prendra la peine de renouveler l’intérêt du lecteur en fin de numéro, créant l’attente du prochain, Pearl ne fait pas cet effort, et part du postulat que le lecteur est acquis à sa cause, le tout afin de nous raconter pour le moment, juste assez pour combler un épisode de 20min, et cela après 7 numéros. Et cela commence à bien affaire. Les créateurs d’Alias sont loins de ce dernier, malgré ce que la publicité autour du titre laisse suggérer.

– Blue

Nightwing #58

Collection

Rebirth

Scénario

Scott Lodbell et Zack Kaplan

Dessins

Travis Moore

On sent clairement dans cet épisode qu’on remonte un peu la pente du gouffre dans lequel était tombé la série. Mais aussi dure à été la chute, la remontée risque d’être longue. On peut voir cela avec l’acceptation de Dick, euh Ric, d’être un héros, d’aider les autres, ou bien l’acceptation de Barbara envers Ric. Même la qualité d’écriture est plus agréable même si on peut trouver le tout un peu classique avec le groupe de héros face au méchant. L’intervention de Svoboda et son équipière soulève un point moral qui pourrait être interessant d’exploiter. Graphiquement on retrouve Travis Moore pour le plaisir des yeux. Petit bémol sur son Détective Sap qui parait vraiment trop jeune par rapport à l’âge qu’il lui avait été donné dans un épisode précédent, mais le reste est tellement agréable à lire.

– James Edge Grayson

LES DÉCEPTIONS

Red Hood and the Outlaws #32

Collection

Rebirth

Scénario

Scott Lobdell

Dessins

Stephen Segovia

Scott Lobdell aime Scott Lobdell. Et Scott Lobdell est nostalgique de son heure de gloire sur Teen Titans. Il est nostalgique de ses Outlaws, et veut la partager à travers ce Jason Wayne nouveau propriétaire de l’Icberg Lounge. Jason Wayne, car Scott Lobdell fait passer son assassin exilé à une autre caractérisation radicale de playboy, nouveau venu dans la Jet Set de Gotham. Jeune playboy passe à la télé avec un résumé de son histoire pleinement risible, évoquant son énième avis de décès, et son énième retour. Ce statut paraît bien pensé. Scott Lobdell réintègre des éléments mineurs de ses créations passées, de ses écrits. Mais le mauvais goût rattrape le scénariste, entre un face à face pleinement forcé, des réactions exagérées, et une vision sur la nuit de Gotham extrêmement clichée, ne faisant rien ressortir de l’univers de Gotham, hormis le typique : “Gotham est sombre et dangereuse” ou encore l’association évidente entre Gotham et Batman. Jason Todd n’est pas prêt de finir sa crise en cours, elle ne fait qu’entrer dans une seconde phase.

– Watchful

Wonder Twins #2

Collection

Wonder Comics

Scénario

Mark Russell

Dessins

Stephen Byrne

Malheureusement, le second épisode de cette mini-série est en deçà de son prédécesseur. Si ce dernier avait su efficacement introduire Jayna et Zan, les deux nouveaux héros, on reste ici sur notre faim. La fibre jeunesse de ce titre est toujours bien présente et devrait séduire les principaux intéressés. Mais pour un public adulte, rien n’est moins sûr. On se retrouve face à des personnages secondaires plats et à des incohérences difficilement acceptables. Le cameo de Beast Boy (annoncé sur la couverture) n’a pas d’intérêt réel et ne semble être là que pour attirer un public plus large. Cependant, à travers toutes ces petites inconsistances, on retrouve l’humour du premier numéro très bien amené par Mark Russell. Vient s’ajouter à cela en sous-titre une critique du système carcéral américain plutôt intéressante appuyée par le point de vue extérieur des deux protagonistes principaux. A voir si celle-ci est prolongée dans la suite de la série Wonder Twins qui, sans être mauvaise, mérite pour l’instant un peu plus de finitions.

– Justafrogg

Teen Titans #28

Collection

Rebirth

Scénario

Adam Glass, Christopher Priest

Dessins

Bernard Chang

Bon, Teen Titans #28, c’est pas terrible du tout, et on sent que Priest n’était là que pour le l’histoire globale et non pour le script de ce numéro, comme la deuxième page le rappelle très bien. Et de la team Deathstroke, Pagulayan n’est pas là non plus, et ça se sent aussi. Bernard Chang a son style, il pourra rebuter, mais cela reste personnel. Néanmoins, quand on connait son travail sur Nightwing ou Green Lantern, on sait qu’ici, l’artiste se fout clairement de la gueule du monde, que ce soit au niveau du trait, de la composition, ou des postures prises par ses personnages. Non mais regardez le dynamisme de cette dernière planche… Quant au scénario, on comprend les problématiques des personnages et leurs motivations, mais tout de même. Bien qu’un Damian tournant un poil totalitaire, quoique extrême, ne reste pas non plus out of character, le fait que ce dernier se jette sur son adversaire armé d’un scalpel reste assez discutable. La question du “comment Damian a réussi à kidnapper la moitié des méchants de cette ville sans que personne ne s’en rende compte, ni la Bat-Family, ni son équipe” se pose aussi. Quant au fait que la prison de Damian soit présentée par celui-ci comme inviolable, alors qu’il y a littéralement deux chaînes sur les murs, et 6 barreaux qui se battent en duel, on se dit encor une fois que graphiquement et scénaristiquement, ils auraient pu faire un effort d’imagination.

– Blue

Damage #15

Collection

New Age of DC Heroes

Scénario

Robert Venditti

Dessins

Aaron Lopresti

MAIS PUTAIN !!! Alors vraiment, là, c’est la totale. Au moins c’est toujours aussi con, et ça, ça fait du bien si on veut se taper une bonne barre… On va la faire courte, parce que bon, soit vous n’avez jamais commencé Damage et vous ne commencerez jamais, soit vous avez abandonné aux premiers numéros, soit vous lisez juste les reviews parce que ça vous fait marrer de me voir jeter du sel par poignées. Ethan se retrouve sur une île remplie de monstres, mais il refuse d’utiliser Damage. Du coup, tu as une sorte d’Ogre sponso l’Oréal Paris, ainsi qu’un Gollum bleue avec une crête de punk, et un truc mi chien mi dragon chinois qui le poursuivent. Ensuite, les trois fusionnent, mais pour les affronter, en dépit du fait que Damage le supplie de faire appel à lui, Ethan refuse et part à l’attaque du monstre avec un bout de bois. Du coup, logiquement, il se démonter sa tronche, et se fait capturer. Fin. Allez, on se retrouve au prochain numéro. Ah si, visuellement, même si le chara-design est fait par un mec avec 3 grammes, ça reste assez joli visuellement.

– Blue

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mavhoc
mavhoc

Merci pour les reviews … En vous lisant je suis content de ne pas avoir cédé à Red Hood ni à Teen Titans.
Je vous trouve un peu dur avec Wonder Twins qui pour moi est surtout un numéro de transition qui installe l’arc qui va animer les prochains numéros.

Pour Batman, totalement d’accord : c’est même exactement ce que je pensais mais dit de manière plus fine, intelligente et synthétique !

Jin54
Jin54

Merci pour les avis.
Je me permets juste une remarque, je suis quasi sur que la série Naomi n’est pas annulée !
Ils vont fonctionner par saison, une premiere en 6 numéro et plus tard dans l’année une seconde saison arrivera pour prendre la suite.

Corwyn McFly
Corwyn McFly

Dans Damage #15 : Sachant que l’épisode est basé sur Congo Bill tentant d’apprendre à Ethan à contenir sa colère évidement que le fait de s’attaquer au monstre avec une brindille peut s’expliquer.