Une plutôt bonne semaine de lecture nous a attendu la semaine dernière. Malgré un Brian Bendis qui oscille entre la valeur sûre et la déception, c’était plutôt un ensemble de lectures agréables et encourageante.

Et vous, vos lectures ça donne quoi ?

LES COUPS DE COEUR

Batman #66

Collection

Rebirth

Scénario

Tom King

Dessins

Jorge Fornes

L’arc Knightmares poursuit ses recherches et explorations des constituants de l’identité de Batman. Tom King conserve sa perspective autour d’une relation entre Batman et Catwoman, se fondant à travers l’image d’enquêteur de The Question. Ce dernier est aux limites de l’out of character tant il est utilisé comme intermédiaire. Il se définit plus comme un outil poussant à l’interrogatoire que comme un personnage pleinement défini. Outre cette utilisation assez malheureuse d’un personnage qu’on voudrait revoir, le numéro ne possède pas de réelle progression dans son intrigue. Son récit pleinement concentré sur la réflexion autour du personnage, se présente plus comme une étude légèrement méta. Un tour de force parmi les nombreuses créations sur un personnage soufflant ses 80 bougies. On pourrait penser à une répétition au sein du run, dans ce retour réflexif de la relation Batman/ Catwoman, mais une distance nouvelle est prise. Là où Tom King cherchait à justifier cette relation, lui faire gagner en crédibilité, le scénariste approfondit le sujet en posant la question d’une éventuelle faiblesse chez Batman, inédite. Comme un lieu jusqu’alors inexploré. Entre discours concrets et grande liberté d’interprétation, cet arc se dresse parmi les meilleurs du run de Tom King, et profite d’une qualité graphique digne de son scénario. La présence de Cameron Stewart aux couleurs n’y est pas pour rien. L’artiste est capable d’adapter le style de Jorge Fornes à divers contextes, en accentuant plus ou moins l’encrage, jusqu’à fondre ses traits dans le style de Mazzuchelli. Et ce, sans évoquer un twist final qui promet une conclusion qui trouvera une conclusion plus surprenante que le fiasco du mariage.

– Watchful

LES VALEURS SÛRES

Adventures Of The Super Sons #8

Collection

Rebirth

Scénario

Peter Tomasi

Dessins

Carlo Barberi

Bon, il y a un Kid Joker dans le costume de Catman, à partir de là, suis-je honnête sur ce numéro ? Non. Expédions directement la partie graphique, qui, sans être transcendante, et en dépit de coiffures totalement exagérées, même pour un fan de Dragon Ball Z, reste assez satisfaisante et fait le taff. Poursuivis par la ligue des kid super vilains, Damian et Jon doivent faire leur possible pour se tirer de la ville. Avec un humour qui fonctionne, sans pour autant tout miser dessus, Super Sons est, faut-il encor le rappeler, un des titres feelgood par excellence de Rebirth. Les personnages sont attachants, les situations rocambolesques -l’ennemi est tout de même une équipe d’enfants cosplayers-, et le tout se laisse agréablement suivre. Bien entendu, on pourra tout de même regretter que Tomasi n’aille pas au bout du concept, et passe déjà à un nouvel arc, rendant l’aventure terminée assez anecdotique au final. Et c’est un peu dommage, il y avait sans doute encor pas mal de choses à faire dans ce nouvel univers. Néanmoins, les gosses récupèrent au passage un nouvel allié, et la Kid Justice League continue d’agrandir ses rangs. De quoi peut être proposer un titre Teen Titans assez fun dans un avenir proche.

– Blue

The Curse of Brimstone #12

Collection

New Age of DC Heroes

Scénario

Denys Cowan

Dessins

Justin Jordan

Sans être une déception, c’était un peu moyen tout de même, ne nous le cachons pas. Une fin un peu moins bourrine, ou plutôt, qui aurait été moins une démonstration de force aurait été sans doute plus appropriée. En effet, en l’espèce, c’est plus à regarder un concours de bite entre Brimstone et son ennemi que le lecteur est convié, façon “Non, j’ai plus de pouvoir que toi, tu ne peux rien faire !”, “Ahaha, surprise, je pouvais être encor plus fort en m’énervant !”, “Oui, mais moi aussi en fait je sais crier pour augmenter ma cosmo-énergie”. Et ça sur l’ensemble d’un numéro, c’est un peu trop. Néanmoins, ces vingtaine de pages conclue d’une bonne manière cette aventure, bien que la révélation finale sorte un peu de nulle part. Visuellement, bien que le style puisse toujours rebuter, la colorisation quant à elle est une véritable réussite, avec certes planches très réussies, mélangeant les couleurs chaudes et froides sans que le tout ne devienne bordélique. Rain Beredo, bon travail.

– Blue

Deathstroke #41

Collection

Rebirth

Scénario

Adam Glass, Christopher Priest

Dessins

Carlo Pagulayan

Cet arc commence bien, très bien même, ce numéro, à la fois assez riche en piste, sans rien révéler, remplissant parfaitement son rôle de prologue. Priest montre encore une fois son amour pour DC et la continuité, piochant dans Forever Evil et autres, pour ramener Electrocutioner… Bordel Electrocutioner, le mec que les gens connaissent pour sa PLS éclair dans Arkham Origins, et qui, niveau charisme, se place environ à côté de Condiment King, l’auteur en fait un personnage central au récit, et çà c’est inattendu. La relation avec Rose entre amour et haine et parfaitement retranscrite, et l’arrivée de Wintergreen et Jericho annonce déjà une grande réunion de famille. L’aspect crossover reste totalement en retrait, le numéro se révélant être un numéro de Deathstroke finalement classique, introduisant l’équipe des Teen Titans dans sa toute dernière page, et c’est sans doute pour le mieux.

– Blue

The Green Lantern #5

Collection

Rebirth

Scénario

Grant Morrison

Dessins

Liam Sharp

En deçà des numéros précédents, Morrison écrit encore une fois son numéro en provoquant un même effet : une situation étrange qui implique ensuite un flashback l’expliquant, avant de conclure sur une révélation. Cette construction répétitive commence à se faire sentir et est un poids face à une écriture du scénariste appréciée pour la légèreté de sa structure, mais lourde de sens. The Green Lantern opte pour une approche plus réduite à son sens premier, reposant sur le contexte dans lequel se retrouve Hal Jordan. Après une introduction fort réussie, Grant Morrison semble enfin lancer ses idées étranges. Hal Jordan est bien plus mis en avant que le simple Green Lantern. Il prend Hal Jordan comme un aventurier, et fait ressortir tout son caractère, bien trop souvent caché derrière les idées du Corps des Green Lantern. Ce numéro possède bien des qualités concernant Hal Jordan et explore plus encore cette nouvelle vision de l’univers cosmique DC. Seul sa structure perd en originalité de par son schéma répété. Toujours est-il que Green Lantern trouve une conclusion efficace, laissant présager l’écriture d’un personnage évolutif. On peut espérer bien d’autres surprises de la part du scénariste, à l’univers particulièrement sombre et charmant.

– Watchful

Doomsday Clock #9

Collection

Rebirth

Scénario

Geoff Johns

Dessins

Gary Frank

Après un très long retard, Doomsday Clock est enfin de retour sur nos rayonnages, et il faut bien dire que ce numéro représente parfaitement ce qu’est la série depuis ses commencements. Et par là j’entend : le pire comme le meilleur. Même si le récit n’est pas avare en qualités, on retrouve cette impression de surplace, après un #8 qui semblait enfin enclencher la seconde. Je suis très amateur de récits lents et bien construits, habituellement. Mais ici, Johns temporise beaucoup son histoire, alors qu’il serait temps de nous guider vers la conclusion. En moi commence doucement à jaillir la crainte d’un gros plouf final. Ce numéro pèche également par une structure narrative (sans doute volontairement) un peu confuse. Doomsday Clock reste toujours agréable à lire, et nous offre une densité riche. Mais comme beaucoup, je commence à me poser la question de sa véritable utilité. Mais je ne veux pas non plus être picky, car ce numéro offre aussi de grandes qualités. La partie artistique est encore une fois brillante et Geoff Johns donne à son dessinateur la possibilité de dessiner un nombre incroyable de personnages (Oh, Doom Patrol !), notamment dans des cases très travaillées. Et c’est difficile pour un fan de DC de ne pas trouver jouissif tout ces personnages réunis pour faire face au grand bonhomme bleu. Aussi, certains aspects thématiques sont assez intéressants à explorer, notamment le travail sur le personnage de Dr Manhattan et son absence d’émotions. On reste accroché, tendu, parfois surpris (même si la révélation du numéro fonctionne moyennement bien). Non, c’est vraiment pas mal… mais on pourrait en attendre vraiment plus, surtout à ce stade de la série. On t’attend au tournant, Geoff !

– Myplasticbus

LES DÉCEPTIONS

Young Justice #3

Collection

Young Justice

Scénario

Brian Bendis

Dessins

Patrick Gleason, Viktor Bogdanovic

C’est joli dans sa première partie, mais ça ne fait pas tout, d’autant que le changement de dessinateur en plein numéro crée une rupture dans la continuité graphique assez critiquable. En dépit de certaines idées, comme celle du bébé et de la femme de Conner qui pourront rebuter comme être acceptées par le lecteur, le vrai problème ici, et depuis le premier numéro est la narration. C’est un bordel. Dans l’idée, on comprend ce que veut faire Bendis, consacrant une grande partie de chacun de ses numéros à un personnage, et en développant les circonstances qui ont conduit le héros à se retrouver où il est à l’instant T. Le problème, est que cela se fait au détriment de la trame principale, qui elle, s’en trouve grandement affectée. Afin d’introduire ses héros, Bendis avaient d’autres possibilités, sans être aussi lourd. Au final, à l’exception du fait qu’il y ait un grand méchant qu’il va falloir à un moment cogner, l’histoire est pour le moment un peu trop légère pour convaincre.

– Blue

Poster un Commentaire

Veuillez Connexion pour commenter

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S’abonner  
Notifier de