Vous connaissez la rengaine, nouvelle semaine, nouvelle sélection de singles qui nous ont marqué, ou pas.

Scott Snyder en coup de coeur avec son Batman qui rit, Suicide Squad qui finit en chou fleur comme elle avait commencé, et Justice League Dark qui se la joue contes de la crypte, il y a de quoi faire cette semaine.

Et vous, vos lectures ça donne quoi ?

LES COUPS DE CŒUR

The Batman who laughs #2

Collection

Rebirth

Scénario

Scott Snyder

Dessins

Jock

Ok. Ca va être difficile d’accepter ce que je vais devoir écrire, là. Voilà des années que ma plus grande passion, c’est troller Scott Snyder en tant qu’auteur (même si j’ai une certaine affection pour lui en tant que personne). Mais là, je dois bien laisser ma mauvaise foi de côté pour admettre que j’ai plutôt pas mal aimé ce deuxième numéro de Batman who laughs. J’ai trouvé Metal ridicule et le concept de Dark Multiverse me fait lever les yeux au ciel. J’étais le premier à dire que cet hybride de Batman et du Joker était certes le plus intéressant de ceux qui sont sortis, mais il ne m’a jamais convaincu pour autant. Scott Snyder vient de me donner tort. Ici, on est loin des catastrophes cosmiques remplies de gimmicks à deux balles qui caractérisent l’auteur depuis quelques temps. On est dans un récit beaucoup plus terre à terre, presque intimiste. Et j’ai vraiment le sentiment que c’est dans ce type de récits à la Dark Mirror que Snyder est à son meilleur. Il parvient à jouer avec le jeu des possibilités, du rieur au Grim Knight en passant par tous les autres, pour rédiger une histoire qui va au coeur de ce qui fait de Batman le héros qu’il est. L’histoire est en plus sublimée par l’art de Jock et les couleurs de David Baron, qui viennent offrir à ce numéro son aura particulière, presque horrifique. L’artiste représente au mieux un Batman en lutte avec lui-même, dans ses yeux, ses regards, ses manières d’être. J’en viens à regretter que Snyder n’ait pas sorti cette série avant Metal, en teasing… sans aucun doute, mon intérêt pour l’event aurait été vachement plus grand.

– Myplasticbus

Justice League Dark #7

Collection

Rebirth

Scénario

James Tynion IV

Dessins

Alvaro Martinez Bueno

Cette semaine, Justice League Dark se démarque un peu plus de ses numéros précédents dans sa mise en scène qui rend hommage aux Contes de la Crypte. Ça tombe bien puisque les thèmes horrifiques sont plus présents que jamais, l’artiste amenant lui aussi des concepts marquants et notamment le monstrueux Conjoined. La narration prend donc la forme d’une anthologie de plusieurs manifestations de l’Otherkind impliquant plusieurs personnages plus ou moins obscurs de l’univers magique de DC, le tout raconté par Man-Bat, à qui le rôle de Gardien de la Crypte sied à merveille. Par ces différentes histoires, ce nouveau mal devient encore plus terrifiant et implacable, surtout lorsqu’il s’en prend à nos propres démons, mais en plus nous apprenons d’où proviennent leur force. Nous avons donc affaire à un numéro très intéressant et utile qui maîtrise son ambiance horrifique tout en faisant monter continuellement la sauce. Justice League Dark est encore une fois l’un des meilleurs titres DC actuellement.

– Sledgy7

Goddess Mode #2

Collection

Vertigo

Scénario

Zoë Quinn

Dessins

Robbi Rodriguez

J’étais resté plutôt circonspect sur le premier numéro de Goddess Mode, que j’avais trouvé trop chargé en informations mal amenées. Mais je suis bien heureux de ne pas avoir laissé tomber, tant ce deuxième épisode rayonne pour montrer vraiment le potentiel de la série de Quinn et Rodriguez ! Après avoir exploré le monde hors-ligne dans le premier, on se concentre ici sur le monde virtuel de l’Azoth, qui occupe la vie de la majorité des gens dans l’univers de Goddess Mode. Et c’est très enthousiasmant. La série continue de se développer dans son mix d’esthétique cybernétique saturée de néons et de fantasy crypto-punk. Un peu comme Cassandra “Oracle of Garbage” Price, on se sent un peu largué dans cet univers, et pourtant, on prend beaucoup de plaisir à l’explorer. Zoë Quinn maîtrise ici beaucoup mieux son intrigue et ses informations, pour nous tenir en haleine tout au long du numéro. J’en suis sorti avec l’envie terrible de le relire encore et encore pour bien saisir les différents niveaux et les subtilités développés par l’autrice. Et ce qui est particulièrement brillant reste la manière dont elle écrit et présente ses personnages, qui sont toutes attachantes, crédibles, et vraies. Robbi Rodriguez vient renforcer cet aspect au dessin, en leur offrant une formidable dynamique et des expressions faciales extraordinaires, et même le lettrage est brillant. Voilà ma lecture favorite de la semaine, et une nouvelle série que je vais suivre de très près.

– Myplasticbus

LES VALEURS SÛRES

Superman #7

Collection

Rebirth

Scénario

Brian M. Bendis

Dessins

Ivan Reis, Brandon Patterson

L’un des principaux reproches qu’on peut faire à Bendis depuis le début de son run, c’est la gestion de Jon Kent. Désireux de ramener le Superboy de Connor sur le devant de la scène dans Young Justice, il a choisi de mettre de côté le fils de Lois et Clark, qui fut pourtant l’une des grandes réussites de Rebirth. Beaucoup furent surpris par sa douce éviction et surtout par la manière dont elle a été gérée… Ici, Jon est de retour, un peu plus grand que prévu… Alors que je craignais le pire, préparé pour la catastrophe, je dois avouer que j’ai été plutôt positivement surpris. Je me suis senti dans la position de Superman, à retrouver un personnage perdu depuis quelques mois à peine et qui a pourtant laissé beaucoup de vide dans mon coeur. Mais Bendis va encore plus loin, en nous montrant des bribes du temps passé dans l’espace avec son grand-père et sa mère. Une belle occasion pour l’auteur de développer la réputation de Superman au-delà de notre petite planète, et d’offrir une ambiance cosmique bien dépaysante. Ivan Reis continue de briller sur le plan artistique, notamment lors des scènes rayonnantes dans Metropolis, remplis d’environnements somptueux. Il offre des expressions très paternelles et douces aux parents, qui aident à renforcer l’émotion ressentie par le lecteur. Il continue également à représenter Superman sous ses airs les plus majestueux et iconiques. C’est un peu moins le cas pour Brandon Patterson, qui l’accompagne aux crayons sur les passages dans l’espaces et offre un dessin un peu plus conventionnel et moins travaillé. Cependant, la principale déception reste dans la gestion du rythme. Comme à son habitude, Bendis décompresse le récit pour nous emmener jusqu’à une “révélation” finale très décevante, qui donne juste envie de lever les yeux au ciel en disant “No shit, Sherlock !”. Preuve que l’auteur a encore du travail à faire… Je crois toujours que Jon mérite mieux que ce que lui inflige Bendis, mais une fois qu’on laisse ses attentes de côté pour se laisser porter par le récit, il faut avouer que ce n’est pas si mauvais non plus.

– Myplasticbus

Detective Comics #996

Collection

Rebirth

Scénario

Peter J. Tomasi

Dessins

Doug Mahnke

La couverture nous l’annonce : nous sommes en route vers le #1000 de la série qui a donné son nom à DC. Et depuis le début de ce run, sur ce chemin, l’équipe créative nous invite à revenir avec Batman sur les traces de sa propre histoire. Après le traumatisme et l’enfance, ils ramènent cette fois-ci des personnages qui furent important dans son parcours initiatique. Ca reste un vrai plaisir pour les fans de la continuité du chevalier noir de suivre ces traces et de se laisser bouleverser par ce chemin. Néanmoins, ce numéro laisse un peu sceptique dans son traitement de l’émotion. Après un épisode précédent très émouvant, on a l’impression que Batman se fiche complètement de ce qui vient de lui arriver, pour foncer tête baissée dans la suite de son aventure. On peut se dire “Oui, c’est normal, c’est Batman, il est stoïque”, mais j’ai plutôt l’impression que Tomasi veut faire avancer son histoire en oubliant un peu ce que peut ressentir son héros. C’est le premier signe de faiblesse que je repère dans ce jeune run de Tomasi sur la série. Mais je reste cependant confiant pour la suite de l’histoire, notamment grâce au cliffhanger, impliquant un personnage très surprenant. Un final qui m’assure que l’auteur saura nous emmener en dehors des sentiers battus. De son côté, Mahnke continue d’être extraordinaire, avec un dessin riche, rempli de détails et d’expressivité.

– Myplasticbus

Supergirl #26

Collection

Rebirth

Scénario

Marc Andreyko

Dessins

Kevin Maguire

Honnêtement, le dernier numéro de Supergirl est bon et continue de séduire. Même s’il s’éloigne de l’intrigue de fond sur la quête de l’héroïne, il est suffisamment bien écrit pour éviter l’aspect remplissage. Le rythme est bien géré, c’est fun, il y a de l’action, de bons dialogues, et l’auteur place ses pions pour le futur de l’intrigue. Comme à son habitude, Kevin Maguire fournit un excellent travail, dynamique, clair et superbe à regarder. Toutes ces qualités m’empêchent de mettre le numéro dans la case déception. Car oui, j’ai quand même deux doléances à faire à Andreyko. Je suis conscient qu’ils sont assez subjectifs, et que tout le monde n’y adhérera pas. Le premier : le respect de la continuité. Dans cet épisode, le scénariste fait intervenir ici une équipe phare de l’univers cosmique de DC, et j’en suis ravi. Néanmoins, il semble ignorer les développements récents de cette équipe, notamment le run obscur mais très influent de 2014 : tout semble revenu au status quo précédent. J’ai passé mon temps à repérer les incohérences et les inconsistances et ça m’a complètement sorti de l’histoire. C’est bien qu’Andreyko se sente libre vis à vis de la continuité, mais je regrette qu’aucun éditeur ne lui ait souligné de glisser au moins un petit mot là-dessus pour qu’il le prenne en compte dans son histoire. Aussi, je regrette la caractérisation de Supergirl dans ce numéro, qui insiste beaucoup sur l’aspect bad-ass de Kara au détriment du reste. Jusque là, il parvenait bien à maintenir la tension entre l’optimisme un peu innocent du personnage et son côté rentre-dedans. Ici, on perd en nuance et avec ça ce qui fait de Supergirl un personnage à part, unique et touchant. Espérons que ce soit que passager…

– Myplasticbus

The Flash #62

Collection

Rebirth

Scénario

Josh Williamson

Dessins

Christian Duce

La série Flash est plutôt efficace, ces derniers temps. J’étais le dernier à croire à la Force Quest de Barry et Iris, tant le concept ne me branchait pas. Et pourtant, depuis quelques semaines, je me surprend à passer de très bons moments à lire ce que propose Williamson. Cette semaine, c’est un peu moins le cas. Le numéro reste bien rythmé, avec une introduction très efficace, mais pèche un peu par ses antagonistes tiédasses. Psych, le partenaire de la semaine du couple Allen/West, est un personnage intéressant sur le papier, mais exécuté de manière relativement prévisible. Williamson utilise des ressorts un peu rouillés, des ficelles grosses comme des muscles dessinés par Rob Liefeld à la grande époque. Reste l’ambiance très sympathique de film de braquage portée par un dessin magnifique de Christian Duce et une colorisation efficace de Luis Guerrero. Pour sûr, sur le plan artistique, cet arc a été très bien servi. Reste aussi une belle alchimie entre Iris et Barry, un travail psychologique intéressant sur les failles du héros, mais qui mériterait d’être développé bien davantage. Globalement, c’est sympa, divertissant, c’est un peu con, c’est prévisible, vite oublié. On espère que le cliffhanger annonce néanmoins un final dantesque après ce numéro de remplissage.

– Myplasticbus

LES DÉCEPTIONS

Suicide Squad #50

Collection

Rebirth

Scénario

Rob Williams

Dessins

German Peralta, Brent Schoonover & Will Conrad

Bon, Suicide Squad s’est terminé cette semaine – en attendant un relaunch plus ou moins rapidement – et pour marquer le coup, voilà ce que propose la fin d’un titre qui n’a jamais été bien en deux ans. Les artistes font le strict minimum, et passées les premières pages c’est sans saveur. Le scénario est plat au possible, l’équipe a un problème et ils vont le régler sans trop de souci, et c’est tout, fin du run, autant vous dire qu’il y avait plus de rebondissements quand j’ai tenté de réparer mes toilettes. On ne retire quasiment rien de cette lecture, seul le message sur le fait de vivre avec les conséquences de nos actes a le mérite d’exister. Mais en plus, c’est ni drôle ni émouvant quand ça essaie de l’être, rien ne marche, bref on s’emmerde. En terme de qualité, on est au niveau du troisième acte du film Suicide Squad et personne ne regrettera ce titre.

– Sledgy7

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knightwing
knightwing

J’espère vraiment qu’Urban sortira JL Dark en librairie…

mavhoc
mavhoc

Bizarre que Myplastic mette Superman dans les valeurs sûrs tant sa critique souligne quand même l’écriture à revoir de Bendis et met en avant que même si on ne devrait pas avoir trop d’attente (ce qui est déjà bizarre en soi : on a le droit d’avoir des attentes) le personnage de Jon et le final sont particulièrement moyens voir médiocres …