Je vous ai déjà dit que j’adore Young Animal ? Je vous ai déjà dit que Milk Wars était un événement génial ? L’événement touche à sa fin, cette semaine, avec ce dernier numéro spécial. Le crossover DC/Young Animal se clôt sur une réunion générale, pour un final on ne peut plus étrange.

Reboot

C’est enfin la conclusion de l’événement, qui a prit de nombreux détours, signé par le duo à qui nous devons le numéro d’ouverture : Steve Orlando et Gerard Way. Étranges à souhait, ces pages aux couleurs et nuances très variées nous emportent dans une destruction de la démarche purement mercantile du comics. Une démarche qu’on a pu percevoir dors et déjà depuis le numéro introductif (Doom Patrol #10). Les scénaristes poussent le concept jusqu’à le faire éclater, et l’ensemble des critiques répétées à ce sujet à travers les numéros précédents tiennent le rôle de critique progressive jusqu’à cette réaction du fictif face à l’industrialisation du comic-book, voir, de la culture en général.

Effectivement, il n’y a pas de grande révélation. Mais l’intérêt est de voir des créateurs faire prendre conscience aux personnages non pas la question d’être ou non un personnage de comics, mais bien de faire prendre conscience à l’événement de son absurdité. La notion d’event est entièrement résumée et tournée en ridicule, pour à la fois en faire un exemple type, mais en plus de cela, en faire un événement sensationnel. Le concept est réutilisé et retourné contre lui-même, ce qui en fait une réussite. Le plaisir ne se limite au concept – qui est connu depuis le premier numéro – mais se trouve dans sa réalisation. Bien plus qu’un détournement, cette dernière partie de Milk Wars apporte ce qu’auraient du apporter les autres numéros spéciaux : une progression.

Cette progression se réalise d’une scène à une autre – logique, me direz-vous – mais par dessus tout, d’un ton à un autre. J’en prends pour exemple l’introduction du numéro, qui présente Cave Carson torturé par Milkman Man. De ce fait, sa rencontre avec Superman dans son titre solo génère encore plus de sens, et dispose chacun des deux personnages dans des situations peu communes, voir inédites. Une ambiance oppressante soutenue par une violence, et une humanité toujours présente chez chacun des personnages. Associé à ça, les planches de Dale Eaglesham surprennent. Le dessinateur phare des Secret Six de Gail Simone livre une performance bluffante, où son dessin moderne et représentatif du comic-book populaire s’accorde au ton du titre, grâce à une colorisation absolument parfaite.

Tirelipinpon sur la continuité

Il ne faut pas se laisser emporter par l’écriture fluide des scénaristes, qui parviennent à faire aller le lecteur où bon leur semble. Il est certes très agréable de passer d’une scène d’action impressionnante, à un passage de l’aventure d’un personnage, dont on ne dévoilera pas le nom ici. Car bien sûr, comme tout événement, il faut des conséquences, même si factuelles, même si temporaires. On pourrait tout à fait se dire qu’il s’agit d’autodérision, et ce malgré le sérieux avec lequel est présenté tel ou tel personnage – puisqu’ils sont deux.

Bien plus encore, ce contexte de crossover entre les deux univers laisse perplexe dans l’idée d’une continuité où les équipes conservent apparemment leurs relations. Ou ce crossover marque définitivement un sacré tournant pour Young Animal, un an à peine après sa naissance, ou bien est-ce une erreur (ce en quoi je peine à croire). Les conséquences d’un tel projet sont encore assez floues, et si certaines émergent de manière assez brutales pour la Doom Patrol, il faudra apparemment attendre l’arrivée des futures titres/numéros du label Young Animal pour en savoir plus. Or, la Justice League devrait donc se trouver dans une nouvelle continuité, ou alors à part. Des tas de questions se soulèvent, et il serait bon d’user de ces outils présentés pour l’univers DC, surtout concernant un titre comme Justice League of America qui réussit à tirer parti de bien des éléments passés de l’univers DC Comics et au delà.

Le contexte général n’est pas l’unique bon point du numéro, ni de l’event. Il s’agit d’un tout, d’un esprit auquel les auteurs et artistes sont fidèles. Cependant, ceci ne peut excuser quelques légères maladresses qu’il est important de souligner malgré tout, surtout dans cette situation de crossover aux prétentions extravagantes. Mais il faut avouer, que les artistes s’en sont sorti et nous ont offert une bien belle histoire qui, je l’espère, ne sera pas oubliée des lecteurs actuels ou futur.

Excellent / 10 Notre avis
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Les +
- Une conclusion qui ne déçoit pas
- Des auteurs qui vont au bout de leurs idées
- Génère des sens que le lecteur seul peut définir
- Dale Eaglesham et Nick Derington
Les -
- Un rapport à la continuité indéfini
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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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