Vous pensiez Grant Morrison intouchable ? Et pourtant ce quatrième volume du titre JLA marque son grand départ, son grand final, qui divise les fans. Certains y voient une conclusion sensationnelle, d’autres une tentative de reproduire quelque chose d’aussi fort que One Million, et enfin, certains y voient une réponse aux attentes d’un public amateur d’action massive. Autrement dit, ce quatrième volume ne mettra personne d’accord, et dans un premier temps, la rédaction même du site.

Crise Temporelle

Grant Morrison va enchaîner les récits explosifs de grande envergure. Il mélange le récit d’action démesuré à différents genres. Comme toujours, il use de bien des éléments issus de l’univers partagé pour en sortir un renouveau. Le tout dans une certaine logique puisque ce volume commence avec Time Crisis, l’événement annoncé par Hourman après One Million. En découlera de grandes batailles, mais surtout une utilisation intéressante de la JSA, une équipe encore absente du catalogue Urban et qui mériterait une certaine attention. C’est d’ailleurs l’arrivée de jeunes personnages qui seront réutilisés dans le futur de l’équipe de la Justice Society of America, et aussi une bien belle manière de rencontrer cette équipe. L’aventure s’avérera complexe pour certains, car mettant en scène de nombreux éléments du milieu cosmique et mystique de l’univers DC tout en usant de déformations du monde réel pouvant en déstabiliser certains.

Morrison n’est pas le seul scénariste de cet album. Le lecteur croisera plusieurs histoires complètes incluant une écrite par Morrison, une de J. M. Dematteis – dont l’histoire faisant apparaître le Spectre est de toute beauté – mais surtout de Mark Waid. Celui qui signera par la suite la Tour de Babel livre une confrontation avec Amazo et une course poursuite après Bruce Wayne intéressante. Rappelant un esprit proche des dessins animés, c’est par la ruse que le scénariste réussi à clore ses récits livrant une explication efficace et crédible. Un aspect de facilité peut être descellé, mais la trouvaille de certaines idées font que la lecture est très appréciable.

The End of The Fucking World

Le cœur de l’album est sa conclusion. Un événement attendu depuis le premier volume avec l’arc « Temps Troublés ». Lex Luthor et son Gang de l’Injustice passe à l’attaque avec un final complètement fou. Grant Morrison fait intervenir tout un univers dans une crise immense et enchaîne l’espoir de ce monde, alors que cette menace auparavant discrète porte désormais le nom de Mageddon. En cinq épisodes seulement, Morrison fait se succéder les rebondissements, les retournements de situation. Si l’action est omniprésente, les grands amateurs du scénariste se plairont à retrouver la richesse qu’il apporte à chacune de ses histoires.

Eléments issus de tous les domaines, Morrison frappe fort dans la démesure. Cette troisième guerre mondiale ne sera peut-être pas le plus grand souvenir qui restera lorsque l’on se rappellera de la Justice League of America de Morrison, mais s’intègre dans cette lignée des récits puissants mettant en scène l’équipe. La particularité de World War III est d’être comme un point de convergence entre les travaux de Morrison de l’époque, sa Doom Patrol mise de côté. Bien trop rapide, un brin confus, ce final souffre de sa comparaison avec One Million qui avait cette allure d’un Morrison en liberté totale, non pas dans l’exploitation de l’univers, mais dans son expansion.

Ce quatrième volume marque le départ de Morrison du titre. Malgré les dires, on ne peut que vous inviter à tenter ce voyage ayant de grandes chances de vous charmer. Morrison, c’est ce marionnettiste expert capable d’écrire n’importe quel caractère, de se l’approprier et de le faire évoluer. C’est ce cuisinier qui mélange des tas d’ingrédients et est capable de te rappeler le goût de la cuisine de ta grand-mère à travers sa propre recette.

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- Que de bonnes histoires
- Un final convaincant pour Morrison
- Parvient à surprendre
- Un style graphique propre à l'époque
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- Certaines histoires trop brèves
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Watchful
Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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Bonjour,
Tout d’abord bravo pour votre superbe site ! Grace à vous, j’arrive à m’orienter au sein de la multitudes des titres DC ! Merci donc !
Afin de ne pas perdre le fil, je préfère lire les run une fois intégralement publiés. La fin de la participation de Morrison sur ce titre apporte-t-elle une fin au run de l’époque ou vaut-il mieux attendre la sortie des deux prochains tomes pour avoir l’histoire complète ?