Il est arrivé ! L’event où Batman va chevaucher des dinosaures qui tirent des lasers mais qui va aussi changer la face de l’univers DC à jamais. Alors que j’ai pu lire bon nombre de réactions élogieuses ou du moins positives vis à vis de ce premier numéro j’y ai retrouvé ce que j’appelerais les Snyderieries habituelles mais dans ce cas d’espèce puissance 1000. Alors dans un premier temps vous m’autoriserez à faire un point sur ma relation si particulière avec Scott Snyder.

SCOTT SNYDER OU L’HOMME DU TOUT A L’EGO

Cette mini rétrospective rapide est à mon sens nécessaire pour comprendre comment nous avons pu en arriver là. Rien de nouveau sous le soleil cependant pour les habitués. Les débuts de Scott Snyder chez DC ainsi que sur Batman lui promettaient un grand avenir. En lisant sombre reflet j’y avais trouvé une écriture plutôt terre à terre avec des effets réussis. Un excellent polar qui avait une conclusion satisfaisante, un tout très cohérent.  Un début en grande pompe confirmé par une relecture très intéressante de Gotham et sa mythologie dans la minisérie « Gates of Gotham » qui développait énormément de concepts esquissés par des auteurs dans le passé sans casser des fondamentaux. Le potentiel était là.

Review VO - Dark Nights Metal #1 1

En parallèle, s’acoquinant avec le maître Stephen King (pour les back Up) dans les débuts magistraux de la série Vertigo American Vampire, il commençait à jouer dans la cour des grands.

A ce moment-là arriva la cour des hiboux et les débuts frénétiques des new 52 qui mettra une claque à pas mal de monde, aidé par un des artistes de comics les plus talentueux et bankable du marché à savoir Greg Capullo qui fit des merveilles sur Spawn, un plaisir coupable personnel.

Un tandem qui durera tout le long de cette époque si prometteuse et si délicate sur sa fin chez DC. Et là ce fut le drame. Compensant peut-être un mal être certain (sa dépression n’était qu’un secret de polichinelle) par un contrat juteux l’autorisant, avec son acolyte, à aller dans toutes les exubérances possibles. Si je parlais de terre à terre pour ses débuts, et d’une certaine maîtrise des codes du comics mainstream, le too much ne tarda pas à montrer son nez.

Quand on se dit qu’une grande société secrète avec tous le nantis de Gotham qui régissent en secret toute une ville avec en bonus de fin le supposé frérot de Bruce Wayne est son œuvre la moins excentrique c’est dire. Doté d’un gimmick d’écriture qu’il ne cessera de réutiliser, comme son père spirituel il a réussi à allègrement foirer la plupart de ses conclusions alors qu’il partait sur des bases prometteuses. Scotty aura en 5 ans, en compagnie de sa dream team : fait du Joker un croquemitaine, fait de Mr Freeze un taré psychotique, roulé sur Year One avec la subtilité d’un Parkinsonien qui essaie de jouer à Docteur Maboule, tué une nouvelle fois Bruce Wayne avec en bonus son Némésis, fait en sorte que Batman dézingue la Justice League en un seul foutu numéro, Gordon  en bat-robot, le clonage. J’en passe. Et tout ça en se foutant totalement de la cohérence avec d’autres séries tirant joyeusement dans les pattes du Justice League de Geoff Johns.

Sur Rebirth dans sa zone de confinement All Star Batman il se lâche encore plus dans un grand n’importe quoi gentiment putassier tout en forçant (nous ne savions pas pourquoi) avec le personnage de Duke Thomas.

Ce côté c’est moi le patron et c’est moi qui vend (car c’est le cas) et son ego hallucinant en font un personnage bien singulier autant adulé que détesté.

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L’homme, le plus sérieusement du monde, veut depuis les teasers Dark Days  nous faire croire que tout était pensé, prévu, calculé depuis 5 ans pour en arriver là. Un récit d’une ambition folle qui dépasse allègrement le Batverse mais aura des répercussions sur tout l’univers DC. Pour cela on réunit autour de Scott une nouvelle fois ce brave Greg Capullo, l’encreur Jonathan Glapion, et aux couleurs FCO Plascencia.

UN CONCEPT A FORT POTENTIEL

Le délire cette fois-ci est d’imaginer que Carter Hall aka Hawkman enquêtait autour du Nnth Metal depuis des lustres. Un terrible secret menant tout droit au Dark Multiverse car il est bien entendu que le dionesium, l’electrum et tout ce que Snyder avait jusqu’alors implanté dans ses récits nous mènerait là.  C’est même la source de plusieurs pouvoirs pour des méta-humains, l’aube des séries Dark Matter à venir. Le retour de concepts ou de personnages iconiques ou délaissés.

Ce teasing constant, déjà présent dans les deux prologues précédents, n’est même pas la plus grande faiblesse de ce numéro, qui se révèle dense mais aussi brouillon et cryptique. Dans tous les cas, c’est annoncé, les evil batmen vont arriver et ce récit est une fois de plus bien trop introductif pour une crise qui s’annonce majeure pour tout l’univers DC. Soit. Recenser toutes les références présentes en 28 pages prendra certainement un dossier entier mais il y a bien des choses à dire. La lettre d’intention se veut en tout cas très « Morrissonienne » dans l’esprit. Un certain amour de la continuité y est présent avec même la volonté de donner une suite aux travaux de Monsieur 5 étoiles, notamment évidemment à Final Crisis et The Return of Bruce Wayne.

ENTRE BELLES INTENTIONS, SCENES RIDICULES ET ECRITURE PLUS QUE MALADROITE

La première partie démarre sur un bourrinage en règle dans une arène, et créer de suite le problème que j’ai avec cet event, du moins ce numéro. L’intention est noble mais une fois de plus Snyder revient dans ses travers avec des moments complètements ridicules. Ce qui donne au récit un sentiment de bipolarité assez profond. Car avec lourdeur on nous annonce bien des choses via de l’exposition à n’en plus finir, et à côté, il se passe absolument n’importe quoi. La Justice League qui se transforme en Megazord ? Sérieusement ? La révélation sur le Dark Multiverse où l’on retourne bêtement la carte de Multiversity (oui parce qu’il y a aussi du meta). La fuite en raptor….

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Tout cela désamorce en partie toute la tension qui doit s’installer progressivement, au fil du numéro. Snyder veut certainement (et c’était l’intention affichée) rendre son histoire relativement fun, mais je doute que ce soit vraiment la bonne solution. A moins que cela soit un simple pont avec l’ambiance silver age et ses extravagances mais sur ce point c’est plutôt raté. En effet Crisis, pierre angulaire de l’histoire de DC est plus qu’un événement sérieux. Conjuguer une volonté de fun,  quitte à être over the top en permanence, avec une menace plus sérieuse concernant le destin de l’univers ne marche pas chez moi.

De l’autre côte et dans ce qui constitue la grande partie du récit tout n’est qu’exposition, lourdeurs d’écriture et références à n’en plus finir. Du challengers, les Blackhawks nouvelle formule, le retour de personnages appréciés, une mythologie alternative, un brin de Watchmen. Il est certain que les possibles conséquences d’un tel event peuvent être aussi bonnes que foireuses. On remarque une belle tentative de respect de la continuité malgré les retcon, ce qui fait plaisir au lecteur un peu calé. Sans, toutefois, ne serait-ce qu’esquisser un soupçon de subtilité.

Comme tout récit marqué d’une ambition folle on ne peut qu’espérer que le tout soit bien exécuté dans le futur avec un véritable impact (et en bien). Malheureusement on assiste à un blockbuster très mal narré, malgré deux prologues, qui ne fait qu’insister sur l’importance de l’event. Le cliffhanger bien racoleur allègrement spoilé par DC ne vient qu’amplifier cette impression.

Côté graphismes cela souffle le chaud et le froid mais le tout est respectable. Le début dans l’arène est certainement le moment le plus faible avec des choix artistiques et un découpage douteux. Pour la suite cela s’améliore, c’est tout de même Greg Capullo et c’est très agréable pour la rétine. Je n’ai pas grand chose à redire, c’est plutôt appréciable d’autant que l’artiste et ses deux acolytes encreurs et coloristes ouvrent leur talent à tout l’univers DC.

Scott Snyder retombe dans ses travers et livre encore une fois plus une lettre d’intention qu’un véritable récit. Alternant passages blockbusters, d’un ridicule certainement assumé, mais qui laissent dubitatifs, et narration complètement chaotique et pesante. Il y a un vrai problème de ton.  A chaque page il semble qu’on nous hurle : « Tu le vois mon event comme il va être dingue ? Tu les vois mes références et ma connaissance de l’univers ? ». Ce premier numéro n’est qu’un énorme teaser qui aurait pu être expédié bien plus vite. Le tout sera t-il à la hauteur des ambitions ? Ce « départ » est en tout cas un gros ratage en règle à mon sens. 

Mauvais / 10 Notre avis
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Les +
- Un récit bourré d'ambitions
- Des références, le retour de personnages
- Une volonté de donner une vraie suite à Final Crisis
- Les dessins globalement à la hauteur
Les -
- Un cliffhanger bien putassier
- De l’exposition et une narration affreuse
- Le ridicule sans limite plombe le récit
- Pour la subtilité on reviendra
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Grand gagnant du concours Picsou Magazine Batman et Robin (True Story), Superman de Donner est son film d’enfance préféré même devant les goonies. Il tombe dans la Batmania des années 90 ruinant ses parents au magasin de jouet. Il lit à l’époque toutes les sorties Image chez Semic et reste un amoureux de Spawn. Les années passent la passion pour DC grandi et surtout son univers cosmique. La vénération de les Légion des Super Héros et de Booster Gold peut commencer. La série hebdomadaire 52 a changé sa vie de lecteur de comics.