Showcase #147 – Hawk and Dove #2

1

Dans cette chronique concentrée sur la redécouverte de numéros passés, et parfois perdus, nous avons étrangement croisé Shade The Changing Man, seule création de Ditko. Pour rendre justice au créateur, ce Showcase se concentre sur Hawk and Dove #2, sorti en 1968, année de création du duo. Si le duo est plus ou moins populaire, il a particulièrement été dénaturé après les multiples passages de Rob Liefield sur les personnages à coups de mini-série et de cette dernière série en 2011 lors des New 52. Mémorable. Tout ceci pour expliquer à quel point ce duo a été détourné.

Comme pour une grande partie de ses créations, Hawk and Dove #2 est écrit et dessiné par Steve Ditko. La première page marque la sublime maîtrise de l’auteur de ce parallèle entre le faucon et la colombe, séparés par la loi et la justice dont le corps est la première et unique case de la page. Cette case nous dévoile le lieu de l’action. L’intérieur d’une prison où un homme en frappe un autre à l’aide d’un tabouret. Cet homme s’appelle Harker et veut montrer sa supériorité aux autres détenus. Un grand homme roux, nommé Davis, l’entrave et lui dit d’arrêter avant qu’il ne le tue. Harker lui demande de le lâcher, voulant simplement s’expliquer. Davis s’exécute. Harker s’exprime face aux autres détenus. Ils allaient devoir l’aider, lui et Davis, à sortir de prison, sans quoi, ils allaient tous les tuer. Parmi ces détenus, l’un d’entre eux avait peur de se retrouver dans cette situation. Il sait le mal qu’il a fait et souhaite terminer sa peine pour ne plus avoir de regret et retrouver une vie normale. Seulement, le voilà obligé de choisir entre la mort et le crime.

Pendant ce temps, Hank Hall se vante devant son frère Don, selon quoi son père verrait ce que Hawk (c’est à dire, lui-même) a accomplit dans la nuit aux informations. Le père s’exclame de cette bagarre supposée être un règlement de compte entre gangs. Don rit de la situation et ils descendent ensemble rejoindre leurs parents. Ils parlent de vacances et de l’endroit où aller, la ferme de l’oncle Jim semble être une bonne idée. Le père est juge, et doit aller à la cour. Il s’y montre intransigeant. L’une des personnes dans la salle en dira que ces coupables deviennent victimes du livre qui est la seule morale du juge Hall. Dans les couloirs, Hank et Don débattent de la sentence appliquée par leur père. Hank la trouve trop légère, là où Don la trouve bien trop sévère. Ils retrouvent leur père qui explique bien qu’il ne fait pas la loi, qu’il l’applique et qu’une sentence doit trouver son juste milieu. Il ne peut faire preuve de sadisme, mais doit bien faire payer celui qui ne respecte pas les droits d’autrui.

En prison, Harker est impatient de sortir, alors que Davis se demande s’il y a une réelle différence entre sa vie en prison et à l’extérieur alors que notre troisième détenu n’en peut plus de ce style de vie et se sent de plus en plus forcé à mal agir alors qu’il aimerait bien faire. L’évasion se fait très rapide. Ils assomment les gardes et volent le premier camion pour fuir tous les trois. Ce même détenu, se trouvant dans ce camion, ne sait pas comment expliquer qu’il n’a pas participé à cette émeute, et qu’il ne voulait pas s’enfuir, alors que les deux autres savourent leur victoire. Davis propose de poursuivre avec un braquage de banque pour ensuite s’enfuir plus loin encore. La famille, arrivée à la ferme, l’oncle Jim vient chercher Hank et son père. Ils partent tous les trois en voiture, alors que les prisonniers tombent en panne. Ils préparent un piège pour voler une voiture, et alors que celle-ci passe entre quelques rochers, ils bloquent la route en provoquant un éboulement. Hank ne peut pas se changer en Hawk devant autant de personnes. Notre troisième détenu annonce l’arrivée de la police, ils s’enfuient donc, laissant là la famille Hall.

Hank part à leur poursuite, en simulant le faire de retourner à la ferme alors que l’oncle Jim est blessé au genou. Le père Hall reste avec lui. Sort d’un buisson notre détenu qui avoue avoir simulé l’arrivée de la police pour ne pas que ses compères les blessent. Il explique ne jamais avoir voulu participer à ce qui a été fait. Le père Hall veut lui rendre la pareil et profitant de son statut de juge. Le détenu refuse, il ne veut pas recevoir une quelconque forme de favoritisme. Il ne veut rien devoir à personne. Hank, paniqué, craint qu’ils n’aillent se cacher dans la ferme, et espère que Don saura défendre sa mère. Au même moment, Harker gifle violemment sa mère sous les yeux de Don. Davis tente de l’arrêter. Harker pointe son arme vers la femme, son fils à côté. Hank se transforme en Hawk et réfléchit à une solution. Il regarde par les fenêtres et trouve Don, immobile à côté de sa mère. Il tente de lui délivrer un message pour ne pas rentrer et risquer la vie de quiconque à l’intérieur. Don ne comprend pas et prend peur en voyant Hawk, craignant qu’il n’entre sans réfléchir.

Pendant ce temps, Harker menace Davis pour avoir voulu l’arrêter à plusieurs reprises. Ils sont interrompus par le bruit du moteur de la voiture volée qui les laisse sans moyens de fuir. Don s’enfuit, laissant sa mère en sécurité à l’intérieur, et se transforme en Dove pour retrouver Hank et l’aider. Hawk et Dove partent à la chasse à l’homme dans les bois où se sont enfuis Harker et Davis. Hawk retrouve Davis et le frappe à plusieurs reprises sans qu’il ne puisse se défendre, jusqu’à ce qu’il entende deux coups de feu. Il frappe de plus belle Davis, et imagine les possibilités menant à la même conclusion : Dove s’est fait tirer dessus. Dove, à couvert, essaie de raisonner Harker, alors qu’il lui tire dessus. Hawk nez à nez avec deux autres détenus qu’il assomme sans problème. Dove finit par faire lâcher son arme à Harker. Ils se rapprochent et Harker lui assène un grand coup dans la mâchoire. Hawk prêt à bondir est arrêté par Dove lui demandant de le laisser faire à sa manière. Dove encaisse de nombreux coups, mais veut prouver à Hank qu’il peut le battre sans user de la violence. Il finira par réussir en usant son pull pour bloquer ses bras, et sa ceinture pour bloquer ses pieds. Le numéro se clôt sur une page poursuivant la débat selon laquelle Hank voit le criminel comme une chose ne méritant aucune sympathie alors que Don se veut être un exemple de tolérance et de paix.

Bien loin de ce que nous avons pu lire récemment, le titre Hawk and Dove de 1968 se veut bien plus réfléchi que la plupart des comics. Réflexions aussi diverses qu’attachées à l’écriture de Steve Ditko dont l’ensemble des travaux est à lire. Exercice d’écriture du super-héros par une fonction de duo mais aussi d’opposés distincts dans leur manière d’agir pour les mêmes valeurs. Un numéro en tant qu’exemple qui, certes ne satisfera pas votre envie (ou besoin) d’icônes super-héroïques et de grands méchants, Hawk and Dove reste une variation du genre à lire.

Article précédentLa Batmobile refait surface pour les reshoots de Justice League
Article suivantPreview VO – Batman/Elmer Fudd #1
Avatar
Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

1
Poster un Commentaire

Veuillez Connexion pour commenter
1 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
1 Auteurs du commentaire
mavhoc Auteurs de commentaires récents

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S’abonner  
plus récent plus ancien
Notifier de
mavhoc
mavhoc

Haha, il y en a un dans l’équipe qui veut me faire plaisir ;)
C’est vraiment cool de faire une chronique sur ces personnages méconnus que j’adore :) J’ai particulièrement aimé ce numéro qui est dans mes préférés de ma collection.
Bon après, le gros problème de cette chronique c’est que notre Watchie nationale n’a pas assez lu de Hawk and Dove et ça se sent avec l’introduction :/

En effet Liefeld, outre l’énorme massacre que fut la série New52, a réalisé une mini-série relançant le duo. Loin d’être anecdotique ou mauvais, ce travail au contraire revient à la nature même du duo : l’opposition entre deux formes de résolutions des conflits alors que depuis 1986 Hawk faisait cavalier seul chez les Titans et avait perdu toute son âme. Liefeld redonne au personnage une profondeur, mais également apporte une dose d’humour et de nouvelles problématiques.
La série New52 entre dans mon top 10 des pires comics que j’ai lu, mais pour autant il ne faut pas du tout penser que les personnages ont été gâchés par Liefeld, au contraire, il les a sauvé avec sa mini-série !

N’oublions pas aussi qu’il est un des architectes de l’idée pacifiste chez Hawk and Dove. Et ba, oui, la première série n’avait de cesse de montrer que Don était fondamentalement incapable de résoudre réellement les problèmes. Le propos fondamental de Hawk and Dove c’est l’interventionnisme, l’action militaire plutôt que le discours pacifiste… N’oublions pas l’époque et le contexte international d’écriture ;)

Bref des légers défauts qui, cependant, sont regrettables pour un fan comme moi :D