Review VF - Suiciders Tome 1 1
Les points positifs:
  • Un univers post apocalyptique intéressant
  • Un scénario béton
  • Les dessins d’un Bermejo au sommet de son art
Les points négatifs:
  • Rien

« Ces enfoirés sont des saute-grillages » « Bienvenue à New Angeles. » – Des soldats


  • Scénario et Dessin : Lee Bermejo – Couleur : Matt Hollingsworth

Dessinateur de renom au style respirant la violence, Lee Bermejo a accompli sa mue l’année dernière en devenant scénariste sur deux séries: « We are Robin » chez DC et « Suiciders » chez Vertigo. Dire que j’attendais Suiciders est un euphémisme, je suis un grand fan des dessins du bonhomme et j’étais impatient de savoir ce qu’allait donner sa première incursion dans le scénario original. Ce fut donc une des premières série que j’ai dévorée en VO et c’est aujourd’hui qu’elle débarque chez Urban. Je vais donc vous dire pourquoi j’ai adoré cette mini série.

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C’est donc à New Angeles, ville cloîtrée entourée d’un mur née des ruines de Los Angeles, que ce déroule l’action. Une ville pleine d’opulence, de beautés irréelles (que les habitants doivent plus à leur chirurgien qu’a la nature) et dont le cœur bat au rythme des combats de gladiateurs de leur époque : Les Suiciders. Évidement tant de lumière aussi peu partagée attire des migrants, venus de l’extérieur du mur qui protège New Angeles, prêts à tout pour passer le mur et vivre le rêve américain réinventé.

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C’est d’ailleurs ces deux univers qui s’opposent avec les deux personnages que nous suivons tout le long du livre. Celui des pauvres souvent issus de l’autre coté du mur, où règnent la violence et la loi du plus fort, où l’on suit un tout récent et taciturne arrivé dans la ville ayant un certain talent pour la baston. L’autre monde c’est celui des riches, où l’on suit le Saint, véritable superstar des Suiciders, un homme blasé, revenu de tout au passé trouble, surprotégé par la compagnie qui veille sur ces intérêt. Un jeux dangereux avec une journaliste, va mettre un peu de piment dans sa vie de pauvre petite fille riche.

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Que dire.. Sinon que les thématiques abordées dans ce livre sont légion et chacun pourra y trouver ses petits. Pour moi les thématiques liées à la rue et sa violence et la volonté de se sortir de sa condition sont celles qui m’ont le plus touché, mais on peu y retrouver en vrac: l’immigration et sa répression brutale, les excès de la chirurgie esthétique, les inégalités, les sportifs capricieux surprotégés…. C’est beaucoup pour un seul livre, mais comme c’est amené intelligemment et pas avec des gros sabots, le tout fonctionne très bien.

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Un petit mot sur la fin, juste parfaite, qui m’a parue géniale à la première lecture. Evidemment à la seconde lecture on relève plus facilement les indices qui mènent à la conclusion et l’on goûte moins le rebondissement final. Si le processus scénaristique qui y mène est assez classique, je suis tombé dans le panneau, les deux pieds dedans.

Sur le coté graphique, Bermejo s’est évidement taillé un cotte sur mesure. Il excelle particulièrement dans les trognes abîmées, les muscles saillants et la violence graphique. Et le livre en regorge. On en prend donc plein les mirettes tout le long du bouquins. C’est un régal ! Et particulièrement pour un fan de la personne comme moi. S’il existe dans ce monde des personnes qui n’aiment pas le style… Non, ça n’existe pas, ne nous perdons pas en conjecture foireuse. Le tout sublimé par la colorisation de Matt Hollingsworth qui frôle la perfection. Une union fantastique de deux grands talent qui flatte très agréablement les rétines.

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Bref, pour quinze balles z’allez pas faire les pinces, c’est de la bonne came allez-y les yeux fermé. De la bonne SF post-apocalyptique, pas bourrine pour un sou, avec juste ce qu’il faut de sous texte pour être intelligent sans être pretentieux, rempli de magnifiques dessins. En gros on a tout ce qu’on préfère dans le comics réuni dans un volume. Si vous ne foncez pas, je ne vois pas ce qui peut vous y convaincre.