Les points positifs :
  • Geoff Johns sur Green Lantern Corps
  • Patrick Gleason, toujours
  • Le retour du Corps
Les points négatifs :
  • Un peu trop court
  • Bolphunga, ennemi sans charisme

« I guess everyone’s someone’s an alien, huh ? » – Kyle Rayner


  • Scénario : Geoff Johns, Dave Gibbons – Dessin : Patrick Gleason – Couleur : Moose Baumann
  • DC Comics – Green Lantern Corps – 30 Juin 2006 – 160 pages – Prix $12.99 – TP – Collectionne: Green Lantern Corps : Recharge #1-5

Seconde semaine dédiée aux porteurs d’anneaux verts. Et je continue mon périple au sein de la série Green Lantern Corps (on pourrait parler de périple inversé prolongé) puisqu’il ne s’agira pas de la série régulière, mais de la mini qui la précède. Un arc majeur dans la continuité du célèbre run de Johns.

Green Lantern Rebirth vient de se clore, et Geoff Johns, juste avant de s’élancer dans la série régulière qu’on lui connaît, va co-écrire avec Dave Gibbons (un nom qui ne peut pas vous être inconnu) la mini-série en cinq numéros Green Lantern Corps : Recharge, qu’ils réaliseront avec Patrick Gleason. Le même artiste qui s’occupera par la suite de la série régulière que cet arc, majeur dans l’histoire du Corps des Green Lantern, sera amené à créer quelques mois après sa fin, et dont j’ai écrit une review la semaine dernière sur l’arc de cette série en lien avec l’event Blackest Night. Une série que je conseille fortement à tout fan de l’univers de Green Lantern et qui pourrait en avoir marre de mater la trogne de Hal Jordan à chaque page. Cet arc n’a, selon moi, pas la popularité qu’il mérite. Et même s’il a eu un succès critique auprès des fans, et que sa vente lui a permis de relancer une série sur le Corps des Green Lantern, elle n’est publiée en France que pour ses Tie-In, ce que je trouve vraiment dommage. Et cet arc, n’a connu d’ailleurs qu’une seule et unique traduction et publication par Panini Comics sous la forme d’un DC Universe Hors Série (voyez la chance, pour un arc de cette importance).

Cet arc est important, oui, je ne pourrai jamais dire le contraire. Mais pourquoi ? Il s’agit de la recréation du Corps. Le retour d’une police intergalactique après son « extinction », par la faute de Hal Jordan, seulement, son retour ramène toute notion d’ordre au sein de l’univers. Oui, c’est beau, je sais. Hal n’est pas le seul Green Lantern, Kyle Rayner est rappelé sur Oa, avec Guy Gardner, et s’explique auprès de la ligue qu’il quitte presque à contre-cœur. Guy vient le rechercher de la manière la plus classe qu’il soit, mais aussi une image connue de Guy Gardner saluant ses confrères de la Watchtower.

Guy OP

L’arrivée sur Oa est magistrale. Une impression de redécouvrir avec les deux terriens la planète. Comme si je ne l’avais moi-même plus vue depuis une dizaine d’années. Les Gardiens sont de retour, et Guy ne perd pas de temps à péter les plombs, car le recrutement a commencé et les recrues ont besoin d’être entraînées. Pour cela, Kilowog répond toujours présent. Seulement, il y a toute une armée à entraîner, qui a besoin de soutien, et pour cela qui de mieux placé que Guy Gardner ? Il refuse et tente de fuir Oa pour rentrer sur Terre. Kilowog le retient. S’en suit un court dialogue rempli d’émotions (comme quoi, on peut faire trois mètres sur deux de muscles, avoir une tête de cochon mutant et avoir une certaine sensibilité).

L’histoire ne s’arrête pas là, j’imagine que vous vous en doutez. Certains jeunes Lanterns défendant un secteur vont être portés disparus, et Kilowog partira à leur recherche. De leur côté, Kyle et Guy partiront à la recherche d’un signal de détresse venant de l’anneau du secteur 1417, porté pour la dernière fois par une certaine Soranik Natu. En plus de tout cela, une organisation malveillante s’élève dans l’ombre contre les Lanterns.

Un pitch complet, amenant les personnages importants de la futur série, de nouveaux Lanterns avec, déjà une certaine personnalité spécifique. Pour exemple, Soranik Natu porte l’anneau comme un fardeau. Originaire de Korugar, le passé de cet anneau fait que son porteur est vu sur cette planète comme un potentiel danger et donc tyran. Pour rappel, Sinestro a instauré une loi martiale sur sa planète et a eu cette image de tyran qu’il a rattachée aux yeux de son peuple au symbole des Green Lantern. Soranik refuse alors de devenir Green Lantern. Ce symbole de volonté est pour elle une peur. Et c’est là toute l’intelligence du traitement de ce personnage. Le détournement des symboles par rapport au regard de chaque personnage, ou individu. Vous vous direz sans doute que c’est peu pour la caractérisation d’un personnage, à cela je vous répondrai premièrement, voyez Hal Jordan qui n’est intéressant par les histoires et les actions qu’il subit ou commet, et Soranik n’apparaît jusque là que dans ces cinq numéros qu’elle partage et où elle n’est que secondaire.Guy Kyle Rush

D’ailleurs, cinq numéros pour le potentiel de cette série, je trouve que cela est légèrement trop court. De nombreux personnages mériteraient d’être approfondis, dont cette Soranik Natu. Mais je pense plus particulièrement à cette idée de conspiration, d’organisation se montant contre les Green Lantern, et dont la manière est intéressante, même si la fin est simple, et les motivations sont assez floues. Des éléments qui semblent négligés, mais ne se font aucunement ressentir, tant l’avancée dans les intrigues respectives de chaque personnage est rapide et prenante. Cette menace est intelligente et ne brille pas par sa force physique, mais par sa puissance mise en place, son organisation faite dans une discrétion quasi-parfaite.

Pour ce qui est de la force physique, j’ai eu un léger soupir de poussé lorsque j’ai lu le nom de Dave Gibbons. Non pas que je ne l’aime pas, mais parce que je lui ai collé une image, méritée, lorsque je le vois écrire à propos de l’univers des Green Lantern. Vous vous rappellerez sans aucun doute cette histoire d’Alan Moore, dessinée par Dave Gibbons lui-même, appelée Mogo Doesn’t Socialize dans Green Lantern #188. Où apparaît pour la première fois cette brute extraterrestre, Bolphunga, souhaitant détruire le plus puissant des Green Lantern, qui n’est autre que Mogo. Et il se rend compte au final que ce « Mogo« , qu’il cherche depuis des mois, est la planète elle-même sur laquelle il a atterrit. J’ai le profond sentiment que Gibbons cherche depuis à associer de manière permanente ce personnage qui n’est rien d’autre qu’un chasseur de prime, animé par une pseudo vengeance, à l’univers cosmique de DC, en le rapprochant de celui des Green Lantern. Seulement, ce personnage n’a selon moi, aucune chance, et ne sera marquant que par cette magnifique, et courte, histoire d’Alan Moore.

Un autre point positif dans cet arc : Kilowog. On ressort des années 80/90 qui avaient couvert ce personnage de ridicule. On le voyait passer au journal téléviser en train de balbutier (souvenir marquant), il avait plus l’air d’un monstre gentil tout droit sorti d’un dessin animé de l’époque, qu’une brute formant des recrues. Geoff Johns a changé la donne et a offert à Kilowog cet aspect ULTRA BAD-ASS, qui lui colle désormais à la peau. Une brute d’une classe incroyable, prête à tout pour ses recrues, dure mais consciente de la valeur de la vie. Le modèle pour toute recrue (non, je ne parle pas de physique, mais bel et bien d’état d’esprit). Le mastodonte vert renait ici.BROFIST

L’insertion de cette mini-série en plein milieu de « l’événement » Rann/Thanagar, fait que le corps se doit de réagir, et amène les Green Lantern Rannien et Thanagarien à faire équipe lors de ce conflit. On assiste alors à l’acceptation de l’autre, avec le temps, l’adaptation malgré le conflit, l’idée d’être des frères d’armes malgré ses différents. La confiance en quiconque porte cet emblème, peu importe d’où l’on vient (d’où cette citation, face à Martian Manhunter, qui fait réagir John Stewart, par la suite). Une belle leçon d’humanité !

Un dernier mot, pour Patrick Gleason. Et contrairement à ce que j’ai pu voir dans Green Lantern Corps, son style est plus sombre. Non pas pour me déplaire. Seulement, il a quelques difficultés par rapport aux visages humains. Hal Jordan et Guy Gardner en particulier, qui doit souffrir sur deux ou trois cases d’un sacré problème au niveau de la mâchoire inférieure. J’ai remarqué, que son style assez cinématographique qu’il applique depuis les New 52 commence tout juste à s’apercevoir ici. Comme quoi, travailler avec Geoff Johns ce n’est pas si mauvais. Vu son découpage scénaristique similaire à celui d’une série télévisée, orienter la mise en page de Gleason vers un aspect cinématographique n’a pas été une mauvaise idée, surtout quand on voit ce qu’il produit aujourd’hui. Un problème pour le dernier numéro, où Christian Alamy, l’un des deux encreurs n’est plus sur le titre, et on le ressent énormément. Les traits sont moins épais, le style change radicalement, j’ai même cru qu’il ne s’agissait plus des dessins de Patrick Gleason. Un changement qui nous rappelle l’importance des encreurs dans le milieu des comics.

Green Lantern Corps : Recharge est un arc a avoir lu au moins une fois pour se dire fan de l’univers cosmique de DC qui rappelle qu’il ne se limite pas à Hal Jordan, ni à la série principale Green Lantern, mais qu’une série secondaire peut égaler une série principale et souvent la surpasser. Une mini-série pleine d’action qui a marqué l’univers en annonçant le retour des Lanterns dans l’univers DC. Et c’est pas rien, blaireaux.