Le Quatrième Monde, Tome 1
Les points positifs :
  • On (re-)découvre les origines du Fourth World
  • Le style inimitable de Jack Kirby
  • Un véritable tournant dans l’histoire de DC Comics
Les points négatifs :
  • Un style qui peut ne pas plaire aux jeunes lecteurs

“D’abord Apokolips… Puis la Terre… Puis la guerre ! ” – Orion


  • Scénario : Jack KirbyDessin : Jack Kirby  – Encrage: Vince Colletta

Certaines œuvres ont profondément marqué l’industrie des comic books, en nous proposant une expérience jamais vécue jusqu’alors, en redéfinissant les codes du genre et en apportant à ce noble art une toute nouvelle dimension, quasi-littéraire. La richesse de certains univers est tout bonnement fascinante et l’on y trouve des “familles” de personnages tout à fait intéressantes, qui peuvent tout à fait rivaliser avec celles de la mythologie grecque, ou de l’œuvre de Balzac. En effet, ce que nous propose Jack Kirby, c’est une saga incroyable, mêlant ésotérisme et science fiction, en passant par une dimension psychanalytique tout à fait digne d’être étudiée, et tout ça à travers l’histoire de personnages hauts en couleur, comme Orion, Mister Miracle ou les Forever People, sans oublier l’infâme Darkseid et le High Father. Urban Comics a pris la bonne décision en nous proposant ce premier tome, qui correspond au premier Omnibus VO, pour un prix tout à fait correct.

Si vous ne connaissez pas le Quatrième Monde (non, je ne suis pas condescendant), vous vous devez absolument d’ouvrir les pages de cet ouvrage et de vous laisser emporter par cette magnifique saga, qui a commencé dans les pages de la fameuse série Superman’s Pal Jimmy Olsen. En effet, c’est par là que débute ce tome, qui nous fait découvrir à travers cette série, reprise à l’époque par Jack Kirby, le King himself, afin d’introduire ce nouveau monde dont il est question. Jimmy Olsen, accompagné de son meilleur ami Superman, découvrira l’existence de Darkseid, et d’un vaste complot qui pourrait bien mettre en danger la Terre. C’est à partir de cette série que commence l’histoire d’Apokolips et de New Genesis, deux planètes diamétralement opposées, représentant grosso-modo l’enfer et le paradis, tout en étant beaucoup moins manichéennes.

Le volume contient des épisodes de différentes séries emblématiques de cet univers et nous dévoile l’histoire de héros et de vilains tout à fait singuliers, qui sont loin de correspondre aux standards de l’époque, il n’y a qu’à voir comment Superman dénote avec tout ce beau monde (ce qui est d’ailleurs renforcé par le fait que son visage, ainsi que celui de Jimmy Olsen, ne sont jamais dessinés par Jack Kirby mais par Al Plastino, afin de ne pas trop modifier ces deux personnages). On a alors le plaisir de rencontrer le farouche Orion, le rusé Scott Free et leurs pères respectifs, dont je garderai l’identité secrète pour ceux qui l’ignoreraient encore. Ce monde est plein de mystères et c’est un véritable plaisir de découvrir le travail de Jack Kirby, qui invente des “dynasties” tout à fait dignes de faire partie d’un panthéon mythologique. Ce premier tome place les bases de nombreux concepts qui font aujourd’hui partie intégrante de l’univers DC. Les Boom Tubes, les New Gods, Apokolips, New Genesis et même Infinity Man, toutes ces choses sont connues des lecteurs qui viennent de commencer les comics DC avec les New 52, et toutes ces idées sont le fruit de la réflexion d’un seul homme.

Graphiquement, c’est tout bonnement magnifique si l’on apprécie le travail du king. Les personnages sont détaillés et ont des designs tout à fait originaux, et que dire de ces architectures totalement hallucinantes, remplies de symboles divers et variés ? Comment décrire ces improbables machines au fonctionnement dingue, qu’il s’agisse de véhicules ou des pièges dont Mister Miracle doit constamment s’évader… L’imagination de l’auteur est sans limites, et tout cela est tout à fait inégalable. L’édition nous propose aussi une préface de Grant Morrison, très intéressante, qui témoigne de l’influence qu’a eu ce grand homme sur l’univers DC, ainsi qu’une postface du biographe Mark Evanier.

Ce premier tome du Quatrième Monde pose les bases d’un univers fascinant, que tout fan de DC Comics se doit de connaître. Il est impensable de passer à côté de cette lecture, qui vous fera voyager aux quatre coins de l’imaginaire du grand Jack Kirby. Les New Gods et leur mythologie sont la pierre angulaire de ce qu’est actuellement le monde tel que l’on le connaît dans les pages des comics DC, et c’est un véritable plaisir de lire ces histoires signées par celui que l’on appelle le King, et qui n’a pas usurpé ce titre.

9 Commentaires

  1. Cela dit l’expérience montre que l’on peut très bien lire et comprendre les histoires avec Darkseid et Apokolips ( Légendes, The last daughter of krypton…) sans en connaitre les origines !

  2. Je lis ce tome en ce moment et ai l’intention d’acheter les suivants. Ce qui me chagrine est l’annulation des différentes séries au fur et à mesure et donc la frustration qui avec. Je sais que Jack Kirby est revenu en 1985 avec un Roman graphique «The Hunger Dogs » pour donner une fin à cette histoire. Sera t’il incorporé dans le 4ème tome ? Ou si non, édité dans un tome unique à l’avenir ?

    • Le retour de Kirby sur le Fourth World dans les années 80, c’est-à-dire la conclusion de New Gods (la série des années 70 avait été annulée sur un joli cliffhanger) et l’OGN The Hunger Dogs étaient dans le quatrième Omnibus VO et sera très certainement collecté dans son équivalent VF.

      • Merci DarkChap pour ces infos. J’espère que tu vois juste concernant la parution de « The Hunger Dogs » en VF.

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