Justice League of America Vol. 2 : Survivors of Evil
Les points positifs :
  • Quelques bonnes idées
  • Visuellement solide
  • L’affirmation de Stargirl
Les points négatifs :

[list]

  • “JLA”, vraiment ?
  • Lent, répétitif
  • Ce twist du pauvre
  • Tie-in très dispensable à Forever Evil

“You’re in a prison, like the rest of us.” – Martian Manhunter


  • Scénario : Matt Kindt – Dessins : Tom Derenick, Eddy Barrows, Doug Mahnke, R.B. Silva, Diogenes Neves et autres  – Couleurs : Hi-Fi, Gabe Eltaeb – Couverture : Ken Lashley, Gabe Eltaeb

Haaaa, Justice League of America… Comment te définir correctement ? Je crois que tu es symptomatique du manque de direction qui était assez flagrant lors de la seconde année de publication des New 52. Lancée en grandes pompes par Geoff Johns dans le seul but d’introduire Trinity War, la série a par la suite servi de tie-in au gros event Forever Evil avant de finalement lâcher l’affaire avec son quatorzième numéro. Ce second Hardcover est donc le dernier de cette série, et si une partie de cette seconde moitié de la série est publiée en VF dans les kiosques, il est fort peu probable qu’elle connaisse une réédition en librairie, et je vais tâcher de vous expliquer pourquoi.

La Justice League est battue avec l’arrivée du Crime Syndicate sur Earth 0 à la fin de Trinity War. La JLA n’en mène pas large également. Tout le monde (ou presque, il vous faudra suivre Forever Evil pour savoir qui a réussi à échapper au Syndicate) se retrouve enfermé dans une mystérieuse prison, toutes ligues confondues. Et en fait, de JLA, vous n’en verrez principalement que deux membres, Martian Manhunter (dont la mise en avant suit la logique que les back-ups du premier volume installaient) et Stargirl (parce qu’une jolie blonde en tête d’affiche c’est cool ; enfin, je suppose que c’est ça ?) qui aura droit à un gros travail de caractérisation, afin d’affirmer le personnage en tant que véritable super-héroïne, loin de l’image de starlette un peu naïve qui ne fait que suivre des directives. Deux personnages en guise de JLA donc, pour un récit qui pourrait, dans sa grande moitié, porter le sous-titre “Stargirl Origins”. Est-ce là le programme qu’on aurait voulu lire pour un récit qui se voulait tie-in à l’event principal ?

Parce que si dans la série Justice LeagueGeoff Johns se plaisait à dépeindre les origines des super-vilains d’Earth 3 en jouant sur la notion de “terre inversée” qui leur est propre (puis à ramener sur les devants de la scène un Cyborg qui était jusqu’alors en retrait), ici, nous n’avons pas l’impression que Matt Kindt sait vraiment vers où aller. Les deux premiers numéros nous dépeignent la prison très particulière dans laquelle les super-héros de notre terre sont enfermés ; dans chacune des pièces, nous pouvons voir un héros/héroïne enfermé dans une situation reflétant une faiblesse de sa personnalité. Wonder Woman est prise dans une guerre sans fin, Flash croit pouvoir faire absolument tout mais est tétanisé dans son canapé, Simon Baz (oh ? tiens, bonjour toi !) devient le terroriste qu’on l’accuse d’être à cause de ses origines, etc… Pour de nouveaux lecteurs, cette exploration (bien que répétitive, puisqu’on a droit aux même scènes comme Martian Manhunter et Stargirl font le tour de la prison chacun leur tour) pourra se révéler intéressante, mais j’ai fort à parier que l’exploitation des faiblesses de ces héros a déjà été faite autrefois, et mieux traitée.

Reste la seconde partie du récit, découpée en deux grands axes. Le récit d’origine de Stargirl, d’une part, et la quête de Martian Manhunter et Stargirl de l’autre, afin de sauver les super-héros de leur prison. Une quête qui s’étale très lentement, avec de nombreuses scènes de flashbacks qui se répètent, et des dialogues poussifs. Par exemple, Stargirl ne cessera de répéter qu’elle veut aller sauver sa famille avant tout, et au bout de la cinquième fois, ça commence à bien faire. Kindt arrive également à trop en faire avec la personnalité “jeune” de la super-héroïne, ce qui lui vaudra quelques lignes un peu gênantes. Comme lorsqu’elle demande à Clayface si son nom est “crap-man”. Ouais, j’suis pas un modèle d’humour mais ça vole pas très haut là, non ? De même que dans l’enchaînement de scènes, il y a des procédés narratifs (Manhunter qui intervient dans les souvenirs de Stargirl) qui sont répétés de bien trop nombreuses fois, comme si Kindt essayait de combler son histoire avec un peu de rien. Et c’est en fait la véritable impression que l’histoire donne lorsqu’on en arrive à son point culminant. Je pourrais vous parler d’un long combat qui a lieu contre Despero, mais je n’ai pas trouvé l’utilisation de ce méchant très pertinente. A part avoir un méchant qui se veut très méchant mais qui n’apporte rien à l’histoire, sauf un flashback sur le passé de Manhunter, qui est toujours très joliment illustré. Le point culminant donc, qui consiste en un gros twist bien poussif et qui donne, grosso modo, l’impression de s’être farci les 4/5ème du tome pour rien. Sans rire, le récit ne fait au final rien progresser et il fallait juste que la série JLA perdure pendant l’event Forever Evil, question de publications je suppose, avant que Jeff Lemire n’en reprenne les commandes avec JLU.

Le seul point positif, outre les petits que j’ai listés auparavant (les idées de la prison, l’affirmation de Stargirl…), c’est la partie graphique, assurée par quelques artistes dont j’apprécie beaucoup le travail. Il y a un petit peu de Doug Mahnke, qui arrive assez bien à nous dépeindre la prison des super-héros, même si j’ai comme toujours du mal avec certains de ses visages (bon dieu, ce Shazam). Mais on aura droit également à du Eddy Barrows qui livre quelques compositions absolument magnifiques – je pense notamment à une double page d’un affrontement entre Manhunter et un Clayface vraiment imposant (même si, narrativement, cet affrontement c’est aussi du néant) ; et ses personnages sont généralement maîtrisés et plaisants à regarder, avec un encrage assez important qui, à mon sens, colle bien avec l’ambiance apocalyptique du récit. Tom Derenick n’est pas en reste également puisque son style se veut assez proche de Barrows. On notera tout de même quelques transitions abruptes avec d’autres artistes mineurs qui viennent provoquer un haussement de sourcil, mais dans l’ensemble, ce n’est pas sur les dessins que cet ouvrage déçoit.

Un petit mot par rapport à l’intégration des numéros avec Forever Evil, car le premier tome de JLA posait déjà un problème vis-à-vis de Trinity War. Ici, c’est le même bordel, puisque tout l’arc qui nous est présenté se conclut finalement dans Forever Evil #7 (ou peut-être déjà le #6), qui ne sont évidemment pas inclus. Pourtant, de mémoire, ça ne posait pas de problème à DC de re-balancer un même numéro dans une dizaine de TPBs différents (Death of the Family, c’est toi que je regarde…), alors pourquoi pas là ? Il vous faudra aller donc ailleurs pour connaître le fin mot de l’histoire. Sachant que le livre se conclut avec le dernier numéro de la série, qui sert d’épilogue à tout ça, et qui prépare donc à Justice League United. Des prémisses qui vous donneront peut-être envie de repartir à l’aventure avec cette nouvelle équipe en voie de formation. Au moins, y aura certainement plus de choses à raconter qu’ici…

Justice League of America Vol. 2 se révèle donc très largement dispensable, à moins que vous ne soyez un fan absolu de Stargirl et Manhunter. Une intrigue qui s’étale et qui se veut répétitive, pour au final ne rien apporter, ça fait un peu cher payé pour du hardcover. Alors oui, visuellement c’est plutôt joli, mais raconter du rien, même si c’est joli, ça reste du rien. Vous pouvez donc passer aisément votre chemin là-dessus (et vous moquer de moi qui ait délibérément acheté ce livre…). 

5 Commentaires

  1. Clairement déçu par le contenu de JLA , le volume 1 m’avait bien emballer mais la avec ce second volume “tout sa” pour rien^^ Bonne review.

  2. Sa sort dans JL saga et voilà tout^^ Vu la qualité médiocre et l’inutilité du récit Urban nous en a fait grâce dans JL librairie.

  3. Ce qui est bien avec cette review c’est qu’on sent que c’est bien mauvais. Mais pas mauvais au point de l’acheter pour voir une référence dans l’échec. Non, louper comme un loupage forcé, comme des mecs qui avaient pas d’idée avec une série qui n’avait pas d’intérêts et des personnages qui ont été largement mal traités …
    Le seul “intérêt” serait peut être de montrer ce qu’il advient des héros bloqués en Firestorm, car je ne sais pas si dans le fond, Urban prévoit d’éditer cela en VF dans le prochain Forever Evil en tie-in.
    En même temps, ça signifie que l’achat d’un single remplace largement l’intérêt de tout un tome, c’est dire …

    Bravo à Arno, on apprécie le sacrifice ;)

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