[Review VF] La Balade de Lobo
Les points positifs :
  • Lobo dans sa splendeur
  • C’est très bête et très violent
  • On rigole pas mal
Les points négatifs :
  • Lobo dans sa lourdeur
  • L’humour très douteux qui ne plaira pas à tous
  • Des planches assez dépassées de Bisley

“Mes poiscailles sont gentils tout plein. C’est la forme de vie la plus pure que j’ai jamais croisée. ” – Lobo


  • Scénario : Keith Giffen, Alan Grant Dessins : Simon Bisley, Christian Alamy Colorisation : Lovern Kindzierski, Danny Vozzo

Qui est Lobo ? Vous trouverez un début de réponse dans l’introduction au tome présenté par Urban Comics, en retraçant son histoire. Maintenant, pour être plus rapide, Lobo est une montagne de brutalité, de perversité et de sadisme qui parcourt l’univers pour achever des contrats, car oui, il est chasseur de tête. Ah et il a tué tout le monde sur sa planète, enfin, il tue dès qu’on est pas d’accord avec lui ou qu’il s’ennuie. Enfin vous voyez le genre de personnage, mais en plus, il faut y ajouter une parodie musclée et hors norme d’un hard-rocker / metalleux pompé légèrement sur Lemmy de Motorhead pour le physique. Voilà, Lobo c’est ça, avec des amis dauphins de l’espace aussi. Comment ça, c’est quoi cette bêtise ? Ce n’est pas une bêtise, il aime réellement ces dauphins ! Par contre si vous n’aimez pas la violence, les blagues douteuses de pilier salace de comptoir, passez votre chemin, car vraiment Lobo, il est pas copain avec les tendres !

Dans ce tome on a le droit à deux récits distincts, avec Portrait d’un Psychopathe dans un premier temps (on verra le second plus tard). Cette première partie nous relate une mission que Lobo doit accomplir pour la L.E.G.I.O.N., celle de protéger un civil jusqu’au QG de l’organisation. Vril Dox envoie donc notre masse, The Main Man (Le Mec Plus Ultra en traduction française) récupérer une femme, qui ne va pas du tout lui plaire : son ancienne profs d’école Czarnienne, alors qu’il est censé avoir tué tout le monde. C’est donc ce fardeau qu’il va se trimbaler, et la balade va prendre un tournant inattendu au fil des pages, tout en mélangeant plan machiavélique, massacres, réflexions sordides, et même une autobiographie non autorisée.

La Balade de Lobo

Ce qui m’a choqué en premier est la version française, j’avais lu cette partie en anglais déjà, et je trouve qu’en VF l’histoire et la manière de parler de Lobo est affadie. On aurait presque du mal à reconnaître le personnage. Je n’ai pas retrouvé la violence ou le ton qu’il y a en VO. Je ne saurais pas trop comment vous l’expliquer mais ça m’a frappé. Peut-être car je suis habituée à ses expressions typiques dans l’autre langue, mais là, je trouve ses discours funs et un peu acerbes, mais moins qu’en VO. En même temps, je conçois que ça doit être plutôt compliqué de trouver la bonne traduction et le bon ton à utiliser pour ce personnage. Mais du coup, ça joue pas mal sur l’ambiance, et peut-être que les lecteurs VF ne ressentiront pas la férocité et l’essence même du personnage comme il le faudrait. Bon, après il n’y a pas que des dialogues non plus dans l’histoire ! Car ce qui est intéressant dans cette partie est la Biographie non autorisée de Lobo. On retrouve une présentation du personnage, des anecdotes, un entretien avec un psychothérapeute qui dérape, des bulletins scolaires. Et ça apporte une touche assez originale au récit, et ça permet aussi de souffler un peu face à la lourdeur de Lobo (dans tous les sens du terme). Maintenant, c’est aussi intéressant car la personne qui a écrit cette biographie n’est autre que la vieille bique d’instit que se trimbale Lobo sur l’arrière de sa moto. Alors je vous laisse imaginer l’état du personnage, enfin des personnages car il vont vivre des aventures toutes plus rocambolesques et sanglantes les unes que les autres. Il laisse du coup des cadavres partout en plus de ceux de son passé, et tout le monde veut sa peau.

La Balade de Lobo

Pendant que Lobo est en balade, tous ces ennemis (ou amis) s’organisent pour lui tendre un piège au fond de l’espace, avec parmi eux les routiers menés par Elvis, le gang des grand-mères qui sont très puristes et du côté de l’aide on a les fils de Lobo. Cependant, tout ça reste un détail car Lobo va là où il a envie, quand il en a envie, vieille bique au cul ou pas, et franchement, il n’est vraiment pas tendre avec elle ce qui donne lieu à des scènes qui en feront rire certains ou qui en offusqueront d’autres. En fait, de toute façon, Lobo on l’aime ou on le déteste, il n’y a pas de milieu avec lui. Si tu l’aimes juste comme ça un peu, tu seras saoulé avant la fin du récit, mais si tu l’aimes, tu va rire (et tu seras saoulé aussi mais plus tard). Parmi les aventures folles du duo, il y en a une qui m’a beaucoup fait rire : le kidnapping par le clan de La Dictée pour que leur survie se tienne grâce à un concours d’orthographe. Alors dit comme ça, c’est complètement absurde, mais quand on le lit et qu’on voit les attitudes débiles de Lobo, ça l’est tout autant mais ça en devient marrant. Plus tard, Lobo décide de se prendre quelques vacances avec mamie amochée, mais le problème c’est que la planète des vacances est bien trop calme. Il décide alors de… comment… de manipuler les vacanciers pour créer émeutes et que ça se finisse dans un tas de cadavres. Mais bon, tout ça c’est de la faute au Hard-Rock, c’est mamie estropiée qui le dit dans sa biographie. Ce passage m’a d’ailleurs relativement fait rire car j’ai de suite pensé à tous les groupes qui existent et qui tentent d’interdire les festivals type Hellfest pour cause d’incitation à divers actes douteux sur fond de musique du diable. Du coup, bah, c’est un peu d’actualité. Les groupes cités ne sont que des parodies, mais on voit bien d’où l’auteur a puisé son inspiration. Le final est plutôt simple, même si Lobo fait un sacré pied de nez à Vril Dox et au plan machiavélique qui était en marche. En fait, cette histoire n’a rien de passionnant, mais c’est une balade sympa avec un gros balaud qui prête à sourire.

La seconde partie est plus intéressante, mais à la fois plus lourde aussi. Du coup, si la première partie a eu raison de votre engouement pour le personnage, la seconde partie peut contre toute attente vous surprendre ou alors vous dégoûter du personnage. En fait, le postulat de cette histoire Le Retour de Lobo ( Lobo’s Back en VO) c’est que Lobo accepte une mission assez compliquée et il se fera ratatiner. Sauf qu’une fois mort, il faut trouver où le garder, le bougre. Car en fait, personne ne veut de lui. Monsieur sans gêne fera comme à son habitude, ce qu’il a envie et que ce soit en enfer ou au paradis, personne ne veut de lui. En même temps, monsieur s’éclate en enfer donc bon. Du coup, Lobo sera réincarné, en femme. Et là ça devient sordide car on a le même personnage, le même caractère mais dans un corps de femme, et puis femme Lobo pas femme mannequin, parce que sinon c’est pas marrant. Du coup, c’est spécial, il y a quelques runnings gags, mais c’est moins drôle que quand il fait littéralement chier (oopsie) dans le clan céleste ou en enfer. Puis il meurt et l’histoire se répète, sauf que là, il revient sous forme d’écureuil géant, et là franchement oui j’ai ri, pas mal d’ailleurs. Bon au final, personne ne veut de lui, nulle part  (même Etrigan n’en veut pas) donc la fin permet de comprendre certaines capacités que possède le personnage avec une petite apparition de Death.

La Balade de Lobo

Franchement, ces histoires ne sont pas mes favorites du personnages, mais c’est quand même pas mal du tout, ça se lit bien, c’est lourd, ça fait rire, c’est old school. Et pas seulement au niveau des thématiques ou de l’histoire, ça l’est surtout sur les planches de Simon Bisley. C’est un style typique des années 90’s, avec la colorisation qui va avec et je n’en suis pas fan. Cela correspond bien à l’histoire c’est sûr, mais on a pu voir mieux que Simon Bisley sur du Lobo par la suite donc revenir là-dessus ça peut parfois piquer les yeux. N’allez pas dire que j’ai dit que c’est moche hein ? (C’est pas joli cette phrase mais ça colle avec le français de Lobo) C’est juste que je ne suis pas fan de ce style, comme d’autres peuvent l’adorer. Surtout quand on a pu voir les planches d’Alex Horley dans Lobo Unbound !

La Balade de Lobo

Pour vous résumer tout ça, Lobo, Le Mec plus ultra, il est cool, il est pervers, il est sordide, il est LOBO et c’est pour ça qu’on l’aime. Les âmes sensibles seront outrées, les sceptiques conquis ou saoulés, mais toujours est-il qu’une lecture de Lobo ne laisse pas spécialement indifférent. C’est clairement un personnage à part, et merci à Urban Comics d’en publier en français, car je l’attendais quand même en VF depuis l’annonce à la Paris Comics Expo de l’an dernier qui m’avait fait sauter de joie. C’était presque si je ne voyais pas des petits dauphins de l’espace autour de moi ! 


UN DEUXIÈME AVIS C’EST BIEN AUSSI !!

Moi, Lobo je connaissais pas, mais vu qu’il y a des gens qui le tiennent en haute estime, je lui ai donné une chance. Premier constat, lui et moi on a des points communs. Comme mézigue “The main man” n’est pas très fin, comme votre serviteur, il s’attire des ennuis constamment et tout comme moi il fleure bon les années 90. Alors autant te le dire tout de suite si tu aimes les histoires d’intellos qui se triturent les méninges, va chez Vertigo ! Ici c’est pas le sujet. Ici c’est la bonne grosse baston , l’humour bien gras et le plus souvent en dessous de la ceinture. Attend un peu ! Pourquoi tu plisses le nez d’un air dégoûté ? Monsieur préfère la danse et les histoires d’amour, tu as cru que “La ballade de Lobo” c’était “Love Story” où quoi ? Alors ouais les dessins piquent les yeux, mais on s’en fout ! Qui va regarder la mise en scène de Rambo 3 ou de Machete, personne ! Ou alors tous ces guignols qui s’emmerdent à aller voir le dernier Woody Allen ou s’extasient devant un film Croate de 5h30 non sous titré ! Bref c’est hors sujet, Lobo c’est pour les gens capables de débrancher leur cerveau le temps de la lecture et ça moi j’adore ! T’façon j’ai rien à débrancher !

Dans le récit qui nous intéresse, not’ Lobo il a les glandes grave ! Y’a un scribouillard qui lui chie dessus dans un torcheballe. Alors logique, y se met en route pour lui faire bouffer une bonne salade de phalanges ! Alors qu’y s’met en route, y’a le gars de la L.E.G.I.O.N. qui lui casse les pieds, faut qu’il aille balader une vioque sur sa brêle à l’autre bout de l’univers et en plus, c’est sont ancienne prof et accessoirement celle qui lui a méchamment chié dans les bottes dans son bouquin. Heureusement va y avoir de la baston et des bonnes grosses blagues pour faire passer le temps.

C’est une putain de bonne histoire et la meilleures des deux, même si les dessins sont par moment franchement à gerber, c’est le prix à payer pour s’en payer un bonne tranche.

Deuxième histoire, bon ok histoire c’est un peu prétentieux. Mettons que Lobo y casse des tronches tranquille, comme d’hab’. Et là y’a un gars qui vient lui chercher des noises. Bon, donc le ‘Bo y va gaiement, lui fait bouffer ses dents et il se fait liquier par un espèce d’étron tout droit sorti d’un sac à merde. S’ensuit tout un tas de baston dans ce qui semble être le paradis. c’est un poil moins bien, mais on retrouve encore l’humour décomplexé et la violence gratuite propre au personnage. V’la que je me met à causer comme un bouquin, c’est d’la balle quoi !

Voilà ce qui peut arriver lorsque l’on lit Lobo, les instincts les plus sombres peuvent se réveiller. Alors oui c’est parfois un peu bas du front, franchement politiquement incorrect et plein de violence gratuite. Mais c’est justement ce qui fait l’attrait du titre, tout cela tranche tellement dans une production parfois un peu trop lisse, que ça en devient réjouissant. C’est le même plaisir que de regarder une bonne série Z ! De plus on sent que les auteurs se font plaisir et qu’ils y vont franchement !

Bref si vous êtes capables de second degré, que vous êtes capables de débrancher le cerveau, que vous avez envie de vous faire plaisir avec un personnage plutôt atypique, foncez c’est de la bonne !

– darthfry

12 Commentaires

  1. hum me semble que c’est la même chose dans le comics… J’ai feuilleté chez mon magasin de BD mais pas pris à causse des dessins et de la colorisation qui me plaise vraiment pas…

  2. Assez surpris qu’on puisse préférer Unbound à ça.
    Unbound est visuellement plus fade et lisse, bien loin de la violence du trait de Bisley, qui certes renvoie aux années 90 mais se distingue tout de même des canons de l’époque par un style qui ne cherche absolument pas le moindre réalisme. Pareil pour l’histoire, Giffen sait mettre le personnage dans diverses situations assez loufoques ici, à la différence de Unbound, où il se contente de taper sur les femmes et les arabes.

  3. j adore, j ai la vo d’époque, et franchement, je trouve ça en effet hardcore, mais je pense que c’était le but recherché, ensuite Simon Bisley ( qui fait parti de mes artistes favoris ) a un style graphique qui casse la routine habituelle.

    Ce run a sans doute vieilli autant le dire, mais à sa façon à lui, il reste un des classqiues de la fin 80 début 90.

  4. Très très difficile de faire une review sur ce comics. Lobo c’est soit on adore soit on déteste.
    Pour ma part c’est vraiment une référence du comics. On a faire ici a une œuvre particulièrement déjanté qui se fou de toutes les règles classiques et qui mise sur un personnage bourre de charisme la colorisation est criarde a souhait et je pense que c’est le but recherché ! Vraiment je conseil ce tome a tout ceux qui veulent découvrir le grand lobo dans sa meilleure période.
    Je tiens a saluer la review qui me paraît vraiment bonne et justifiée !

    • entièrement d accord avec tout ce que tu viens de dire, pour moi la meilleure équipe à avoir bosser sur ce personnage, qui de toute façon ne pouvait pas être ‘ mainstream’.

  5. Je ne connais pas du tout le personnage de Lobo (mais ne demande qu’à le découvrir), je verrai bien si j’adhère ou non. Cela devrait se faire au cours de la semaine prochaine.

  6. Bravo pour la review Harley!

    J’ai adoré, dessins et colorisation avec tellement de personnalité, Bisley est génial.
    Bizarrement j’ai préféré le premier récit que Lobo’s Back.
    J’ai trouvé la VF assez intéressante (je n’ai pas lu en VO).
    Pour ce qui est des “Les âmes sensibles seront outrées” je sais pas trop, car ça reste violent oui, mais le ton est tellement décalé que justement ça en devient “amusant”.

  7. Je viens de finir le premier récit et ne sais pas si je retenterai un achat de Lobo si l’occasion se présente. Peut-être qu’après avoir fini la deuxième histoire, j’en saurai un peu plus à ce sujet. Sinon j’ai remarqué que Vril Dox citait John « Hannibal » Smith de l’ ” Agence tout risque ” et que Mabel du gang des grand-mères (ligue/légion de la décence) avait des faux airs de Baba La Voyante (Mamie Voyante), la sœur de Tortue Géniale dans l’univers de Dragon Ball et Dragon Ball Z !

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