Arkham Manor #1 review
Les points positifs :
  • Des personnages au top !
  • Graphiquement au dessus du lot
  • Une conclusion satisfaisante…
Les points négatifs :

[list]

  • …mais un peu attendue
  • Azzerello et Chiang, c’est fini

« THANK YOU, FIRST BORN FOR REMINDING ME WHO I AM. » – Wonder Woman


  • Scénario : Brian Azzarello – Dessins : Cliff Chiang  – Couleurs : Matthew Wilson – Couverture : Cliff Chiang

Il n’est jamais facile de juger du dernier chapitre d’un run sans prendre en compte tout ce que l’auteur a réalisé avant cela. C’est d’autant plus vrai ici qu’Azzarello a abordé son histoire comme une saga mythologique que l’on peut difficilement diviser en arcs. Certes, des moments de transition sont venus parcourir le récit, amenant l’héroïne de DC à accepter les différentes étapes de son évolution. Malgré tout, ce Wonder Woman #35 se nourrit autant de l’épisode du mois dernier que de celui qui venait débuter tout ça en septembre 2011. Ceci étant dit et malgré, il faut avouer, une toute légère baisse de régime cette année aux abords du dernier acte de la saga, j’attendais cet ultime épisode avec une grande impatience. Impatience à laquelle venait se mêler un sentiment d’inquiétude. En effet, il est parfois bien difficile d’offrir une conclusion satisfaisante à une histoire dans un comics, sans laisser l’impression de revenir à une sorte de page blanche pour l’arrivée des nouveaux auteurs.

La tâche de conclure ce run semblait d’autant plus ardue que ce livre n’a jamais été uniquement centré sur l’Amazone, mais bien sur tout un univers créé autour d’elle. Le nombre de personnages passés à travers les pages de la série est donc impressionnant et tous ont subi des évolutions au cours du récit. On voyait donc mal comment les auteurs parviendraient à offrir un final à chacun d’entre eux en vingt petites pages. La déception, c’est qu’ils choisissent justement de laisser le destin de la plupart d’entre eux en suspens, resserrant ainsi l’intrigue autour de 5 ou 6 personnages et de la bataille contre le First Born. Passée cette petite réserve, il faut quand même bien avouer qu’une vraie maitrise se dégage de la narration. Azzarello ne fait peut-être pas dans l’originalité, mais pouvait-on décrire son récit comme original jusque là ? Je ne crois pas. Les origines de Wonder Woman sont, certes, différentes mais l’histoire en elle-même a toujours fait preuve d’un certain classicisme, en nous montrant le parcours initiatique de l’héroïne. Ici, l’auteur livre finalement ce qu’on pouvait attendre de lui. Même le twist, qui n’en est pas vraiment un pour les lecteurs ayant un bon sens de la déduction, ne réserve pas de surprise hallucinante mais est délivré au bon moment dans une scène ayant une vraie puissance émotionnelle. C’est d’ailleurs ce sens du timing et de la formule  de la part de Brian Azzarello qui fait toute la différence. En effet, ses dialogues apportent un vrai plus en finissant d’inscrire son histoire dans un registre épique.

Ce sont donc bien les personnages qui sont, une fois de plus, la principale force de la série. Au détour d’une référence au Zero Month par exemple, c’est dire si ça va chercher loin, un personnage jusque là monolithique prend une toute nouvelle dimension apportant, encore une fois, de l’émotion là où on ne s’y attend pas. Au final, l’affrontement contre le First Born, qui était le principal attrait de ce dernier numéro sur le papier, passe presque au second plan pour laisser place à une conclusion assez optimiste. La résolution de l’intrigue du First Born justement parait un peu facile, ou du moins très attendue. L’auteur n’évitant pas quelques clichés, le bad guy qui se perd dans un monologue alors qu’il a la situation bien en main et qu’il pourrait en finir, permettant aux héros de retrouver des forces, par exemple. Encore une fois, Azzarello ne révolutionne pas la façon de raconter une histoire, seulement voilà il le fait bien, n’oubliant jamais ses enjeux en cours de route. En gros, pris séparément, on a déjà vu tout ce qui se déroule ici ailleurs et pourtant pris comme un tout, l’ensemble fonctionne parfaitement et semble unique. C’est peut-être ça, la vraie magie d’une histoire.

Evidemment ce run ne serait pas ce qu’il est sans Cliff Chiang. Malgré des artistes fill-in de grande qualité, Goran Sudzuka en tête, la présence de Chiang sur la planche à dessins a toujours apporté un supplément d’âme non négligeable au titre. Encore une fois et sans surprise, l’artiste se montre brillant non seulement dans sa représentation de Wonder Woman mais aussi dans sa façon de mettre en page le récit. Récemment Brian Azzarello confessait d’ailleurs ne plus écrire de script complet et détaillé pour les derniers numéros mais plutôt de rédiger une histoire dans les grandes lignes, laissant Chiang se débrouiller pour la mise en scène et ajoutant les dialogues seulement après. Quand on voit le résultat, on comprend aisément la confiance de l’auteur envers son artiste. Non seulement Diana illumine chaque page de sa présence mais en plus le découpage est parfaitement au service de l’histoire. Pas d’attitude « show off » ici, ni d’approche cinématographique mais une vraie bande dessinée découpée et illustrée comme une vraie bande dessinée et ça fait plaisir ! Pas de pages qui sortent du lot, quoique cette dernière planche est tout de même magnifique, mais un vrai bloc duquel se dégage une vraie unité. Pas de bout de gras non plus, Chiang va à l’essentiel à chaque fois – et fait mouche à chaque fois. Bref, graphiquement c’est encore une fois la grande classe.

Alors Wonder Woman #35, réussite jusqu’au bout ou petite déception ? Je suis évidemment tenté de pencher du côté de la première proposition. Certes, la résolution de l’ensemble peut paraitre légèrement facile prenant des airs de Deus Ex Machina sur la fin. Mais, en restant fidèles à leurs idées, à leur histoire et surtout à leurs personnages jusqu’au bout, les auteurs sont tout de même parvenus à offrir une conclusion qui, à défaut d’être parfaite, fait sacrément plaisir. En somme, ce fut trois belles années.

6 Commentaires

  1. Je dois avouer que je suis déçu. Durant tout son run, Azzarello s’est attardé sur ses personnages secondaires. Il s’est efforcé de donner un casting à sa série. Et pour la conclusion, il décide de tous les oublier et de se concentrer exclusivement sur WW ?!
    Sinon, Chiang au top ! Et de bons twists sur Zeke, Zola et le Minotaure. J’ai pas trop aimé ce que Azzarello fait du First Born, mais bon ça c’est subjectif. Ce que je trouve impardonnable, c’est qu’il nous laisse dans le flou total sur un tas de ses personnages et même parfois certaines de ses intrigues. Qu’on ait pas d’épilogue pour des personnages mineurs du run comme Orion, à la limite. Mais Hippolyta, Hadès, Héra ?! Je parle même pas de la bataille sur Paradise Island que l’auteur règle en une bulle.
    C’est dommage de finir un superbe run de cette manière. La série aurait vraiment mérité un Annual en rab pour compléter tout ça. Ca tombait la bonne semaine en plus ! Donc Wonder Woman #35, ça aurait été une bonne lecture pour un numéro lambda, mais pour une fin de run c’est raté, ca remplit absolument pas son rôle de conclusion.

  2. Ça c’est du run bien terminé. On finit par quelques bons retournements de situations, une paire de révélation, emballez c’est pesé. Il est vrai qu’on n’a pas la résolution de tous les sous-fils narratifs dispersés ici et là, mais ce n’est pas plus mal car ça évite de finir avec trente-six épilogues pour expliquer comment chacun s’en sort. Et puis ça offre des munitions aux Finch s’ils veulent piocher un peu dans le run précédent, tout en ayant bien bouclé l’intrigue principale. C’est une façon de faire que je préfère d’ailleurs, la série n’est pas finie autant laisser un peu le monde continuer à vivre autour du personnage.
    Bref, c’est un peu dommage de se séparer d’Azzarello et Chiang après tout le bon boulot qu’ils ont abattu et le plaisir qu’ils nous ont offerts. J’attends maintenant avec curiosité de voir sur quoi l’un et l’autre vont travailler. :-)

  3. Je n’ai pas lu la critique, je suis juste venu guetté la note donnée au dernier numéro du run Azzarello/Chiang et cela me conforte.
    Hormis dans la Justice league, Wonder Woman n’est pas un personnage que je suis. Mais la semaine dernière j’étais à cours de lecture et je me suis procuré les
    4 tomes publiés par Urban Comics et dieu que j’ai été captivé !
    C’est tellement bon, entrainant, addictif, les dessins qui ont leur propre style colle vraiment à l’histoire et c’était ma plus belle découverte du mois d’octobre.

    • Que dire ? Alors le dernier numéro n’est peut-etre pas le meilleur de cet arc, mais il est bon et conclue bien un ensemble de très bonne qualité, malgré deux ou trois trucs imparfaits au cours de la lecture. Vraiment grosse grosse claque que ce run d’Azzarello. Je croise les doigts pour que le couple Finch soit à la hauteur, mais surtout qu’ils arrivent à en faire un vrai titre Wonder Woman comme Azza et Chiang ont su le faire, et non pas un enième titre où on se contente de faire se croiser tous les heros populaires de DC.

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