Bonjour lecteur ! Je ne suis pas le Riddler que vous avez l’habitude de fréquenter (ni celui de DC Planet, ni l’ennemi de Batman). Je suis un Riddler originaire du futur, à des milliers d’années de 2014. Inspiré par le travail fantastique de votre génial et dévoué Riddler, que je salue au passage, j’ai décidé de reprendre son sobriquet pour perpétuer son œuvre malicieuse au sein de la rédaction de DC Planet du 853e siècle. Mes origines me permettraient de vous dévoiler bien des choses, hélas n00dle m’a formellement interdit de vous dévoiler certains secrets. Je peux néanmoins vous dire qu’il est devenu big boss du site là d’où je viens, en sa qualité de seul membre des premières heures encore en vie (être un robot, ça a ses avantages). Je peux également vous apprendre que, au 853e siècle, nous venons juste de passer à la mise à jour 2.0 du site, aussi ne soyez pas trop impatients de la voir arriver de votre côté !

Je sais enfin que le Showcase qui suivra celui qui suivra celui que je suis en train de vous écrire portera sur l’event Armageddon 2001. Cet évent de 1991 explorait les futurs possibles des séries d’alors en les projetant dix ans dans l’avenir. Jouons à qui a la plus grosse : Grant Morrison fait encore mieux sept ans plus tard avec son event DC One Million : c’est d’un million de mois dans le futur qu’il balance l’univers de DC Comics ! Je coupe ainsi l’herbe sous les pieds du n00dle de votre époque, de telle sorte qu’il m’en veuille encore au 853e siècle d’avoir amoindri le panache de son Showcase du 18 Septembre. À y réfléchir, ça doit être ce qui l’incite à me désigner chaque jour comme volontaire pour la corvée d’aller chercher les pizzas chez le Turc du coin à midi. Je savais que j’aurais pas dû venir vous dire bonjour, damned !

Mais, histoire de me consoler, même sans vouloir embêter n00dle, ce DC One Million reste doublement à-propos puisque, si je ne me suis pas trompé de mois, Grant Morrison vient de vous balancer le premier numéro de Multiversity. Deux events qui resteront dans les annales. C’est également en ce mois de septembre que s’étale Futures End, envoyant les séries dans un futur proche de cinq ans. Au lancement de DC One Million, comme pour Five Years Later, toutes les séries DC Comics d’alors ont été projetées dans l’avenir. Seulement, à la différence de Five Years Later, ce futur décrit n’était pas une simple hypothèse probablement destinée à être évitée par les scénaristes suivants, mais une vision ‘réelle’ du futur, formant un tout cohésif articulé autour de la mini-série DC One Million, dont nous allons parler du premier numéro.


DC One Million ne fait pas dans la dentelle et commence avec la destruction de Montevideo, la capitale de l’Uruguay. Mais que s’est-il donc passé ? Retour trois jours en arrière, dans le QG de la JLA. Les plus grands justiciers de tous les temps viennent de recevoir la visite de leurs alter-egos du futur, plus précisément du 853e siècle (ça vous donne une explication de plus quant à la raison de ma  visite). Se présentant comme la Justice Legion A (épelé JLA mais nous ne l’épellerons pas parce que sinon on va plus s’en sortir avec la JLA alors si je vous dis comment on l’épelle c’est juste pour l’anecdote), ils suscitent des débats au sein de la JLA (vous voyez, on s’embrouille déjà) : faut-il croire à leurs bonnes intentions ou est-ce un stratagème pour endormir notre confiance ?

Après moult tergiversations, ils décident de les laisser entrer (heureusement sinon l’event aurait été vachement plus court). C’est alors qu’ils apprennent que ce n’est pas un malheur ou une urgence qui les amène, mais une célébration. En effet, Superman, l’original, est encore vivant à leur époque, et s’apprête à retourner sur la Terre après une longue retraite dans sa Forteresse de Solitude d’alors : le Soleil. À l’occasion de son retour, de grandes festivités sont organisées, parmi lesquelles des joutes pour la JLA originelle qui l’a portée dans son sein. Certains décident de partir (Superman, Wonder Woman, Wally West, Kyle Rayner, etc.), d’autres de rester (Martian Manhunter par exemple), lorsque tout d’un coup, de sinistres événements surviennent.

En effet, loin de la Watchtower, en Mongolie du Nord, Roy Harper et Tempest (Aqualad passé au stade supérieur) surveillent une étrange vente aux enchères, où ils reconnaissent parmi les intéressés Vandal Savage, le terrible ennemi de la Justice League ! Avec l’aide de Jesse Quick, une flashette fraîchement arrivée, et de Supergirl infiltrée incognito, et désireux de faire leurs preuves, ils tentent d’intercepter la transaction, qui s’avère être la vente d’armures de Rocket Red. Seulement les longues années d’existence de Vandal Savage ont fait de lui un tacticien hors pair, et c’est préparé à un imprévu de cet acabit qu’il les reçoit. Les malheureux Titans tentent de battre en retraite, ce qu’apparemment Vandal Savage ne désire pas, que cache ce personnage à la malveillance millénaire ? Et les ennuis ne semblent pas se limiter à la Mongolie du Nord et aux Titans, car l’aventure ne fait que commencer…

Cet event commence avec un numéro très dense, tout en contrastes. Tout d’abord, un contraste de générations, car difficile de ne pas voir dans la visite de cette Justice League du futur un clin d’œil au Justice League of America #21, le fameux Crisis On Earth One !, où la Justice League croisait leurs aînés de la Justice Society. Seulement, ici les rôles s’inversent : la JLA sont les vieux, les aînés qui ont inspiré cette Justice Legion A. Amusant de constater que cet event survient juste après le numéro #22 de la série JLA, or c’est justement avec le numéro #22 de Justice League of America que s’était conclue cette toute première crisis de l’histoire de DC. Mais ce contraste de générations ne se limite pas entre la JLA et la Justice Legion A, car on compte également un caméo de la Justice Society, lorsqu’on voit Starman du Golden Age au téléphone confier son émotion de voir ces héros du futur confirmer le rêve d’un monde meilleur qui les avait poussés à créer la Société de Justice. Et la relève directe est incarnée par les Titans, fougueux et impétueux mais habités par le même idéal de justice, qui est assuré avec optimisme avec cette Justice Legion A du 853e siècle. Mais parallèlement à cet optimisme du futur, Vandal Savage, à travers son immortelle malice, incarne en parallèle l’éternelle malveillance des vilains, qui ne cesseront jamais de s’opposer aux justiciers d’aujourd’hui et de demain. On retombe sur un deuxième contraste sensible de ce premier numéro : l’optimisme et le pessimisme. En effet, la destruction de Montevideo sur laquelle s’ouvre l’event annonce une couleur très sombre, pourtant on enchaîne immédiatement avec une note positive, puisque la Justice Legion A vient pour apporter la nouvelle d’une célébration. Optimisme et pessimisme se partagent ensuite entre les membres de la JLA, selon qu’ils décident de faire confiance à ces inconnus ou non.

Malgré les nuages qui assombrissent la suite de cet event, le lecteur de comics ne pourra s’empêcher de trouver merveilleux le soin avec lequel Grant Morrison glorifie la notion d’héritage qui habite ces éternelles passations de flambeau dans les comics, où Wally West et Kyle Rayner ne forment qu’un exemple parmi tant d’autres de cette tradition, en tant que justiciers issus d’une jeune génération ayant fini par rejoindre le panthéon des plus grands héros de tous les temps. Bien plus accessible à plusieurs points de vue que ses travaux plus récents, DC One Million n’en regorge pas moins d’une intelligence prodigieuse (comme tout son run sur la JLA d’ailleurs) où on se surprend à remarquer de nouveaux détails à chaque relecture. Plus qu’un ‘comics intelligent‘, DC One Million constitue une déclaration d’amour aux super-héros et au message d’espoir qu’ils ne cessent de porter, pour les citoyens fictifs de leur monde oui, mais aussi peut-être pour le lecteur lui-même.


Sur ces bonnes paroles, en route vers demain :

8 COMMENTS

    • C’est effectivement le même : Howard Porter ! J’ai hésité à en parler dans le Showcase, mais cette rubrique ne sert à pas à développer des aspects aussi techniques qu’on pourrait réserver aux reviews pures et dures, néanmoins je peux dire que je ne suis pas fan de son style à cette période, mais il s’est grandement amélioré par la suite !

  1. Un excellent event, nouvelle preuve du génie fou et de la démesure de Grant Morrison.
    Tout à fait d’accord sur l’aspect lettre d’amour, sur l’optimisme pour le futur et sur l’utilisation poussée de l’idée d’héritage qui depuis Flash of Two Worlds, traverse le DCU.

  2. C’était une bonne série et j’espère vraiment que Urban Comics nous en offrira une version complète en français d’ici peu (peut-être lors de la traduction de Five Years Later…).

    • Je le verrai bien dans la continuité d’un Grant Morrison présente la Justice League qui regrouperait son travail sur la JLA, dont cet event est un prolongement

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.