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[Review VO] Detective Comics #27

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[Review VO] Detective Comics #27
  • The Case of...
  • Old School
  • Better Days
  • The Sacrifice
  • Gothtopia/Twenty-Seven
Detective Comics #27
Les points positifs :
  • Gothtopia, la grosse claque
  • « Twenty-Seven » de Snyder et Murphy
  • « Better Days » de Tomasi et Bertram
  • « The Sacrifice » de Barr et March
  • « Oldschool » de Hurwitz et Adams
Les points négatifs :
  • « Rain » de Francavilla
  • Des noms qui avaient été annoncés, mais ne sont plus là
  • Le prix, diront certains

Never the end.

  • Scénario : John LaymanScott SnyderBrad MeltzerGregg HurwitzPeter J. Tomasi, Francesco FrancavillaMike Barr Dessins : Jason FabokSean MurphyBryan Hitch, Neal Adams, Ian Bertram, Francesco FrancavillaGuillem March  -  Couverture Greg CapulloJim LeeJason FabokFrank Miller, Chris Burnham, Tony S. Daniel

Il est enfin là, le tant attendu Detective Comics #27, le fameux, le premier « Detective Comics #27 » à voir le jour depuis la parution du numéro originel en 1939. Première bougie de soufflée pour les 75 ans de Batman, ce numéro impressionnant par sa taille et son équipe créative totale s’est dévoilé petit-à-petit au fil des semaines, d’abord par ses nombreuses couvertures variantes, puis avec une preview d’une seule de ses histoires il y a peu. Autant vous dire que malgré les quelques informations laissées par Scott Snyder et si on savait que ce numéro sert à lancer l’arc « Gothtopia », il fallait s’attendre à beaucoup de surprises dans un numéro pareil. Et des surprises il y en a eu ! En avant !

Et comment pourrions nous ne pas commencer ce numéro anniversaire par une relecture modernisée de l’histoire qui a vu naître Batman, « The Case of the Chemical Syndicate ? ». Bien entendu, il n’était pas question pour Brad Meltzer et Bryan Hitch de simplement proposer une refonte graphique du récit tout en conservant la façon de narrer les évènements qui était utilisée à l’époque (et que je trouve aujourd’hui assez indigeste). Si les éléments clé du récit sont bien évidemment conservés, dans les personnages utilisés et la succession des évènements, c’est l’action elle même qui change, tout comme le point de vue narratif, qui n’est alors plus extérieur, mais celui de Bruce Wayne en trame de fond, et celui de Batman dans l’action – de quoi vite devenir schizophrène (vous comprendrez de quoi je parle à la lecture). Si ce procédé peut paraître rebutant puisqu’il ralentit la lecture – et c’est au fond le seul reproche que je lui ferais, l’histoire en elle même reste maitrisée. Ainsi, nous ne retrouverons pas au départ Bruce et le commissaire Gordon en train de papoter, puis ce dernier de proposer à Bruce de l’accompagner sur une scène de crime. Nous aurons droit à Bruce qui donne une réception à laquelle toute la police est invitée (non sans raisons) et Gordon sera appelé en plein milieu pour aller enquêter.

Et tout continuera de la sorte, avec une action plus poussée également, Meltzer se permettant quelques libertés pour la scène qui se passe chez A.C.E Chemicals - rajoutant ainsi une certaine tension ; et c’est la conclusion elle même qui est également changée, avec une dernière case qui fait très classique des comics modernes. Enfin, la seule chose que je pourrais reprocher à Meltzer c’est de ne pas avoir gardé l’effet de « surprise » du comic de l’époque, où on découvrait à la fin que Bruce Wayne est Batman. Mais bon, au bout de 75 ans, « il y a prescription » comme dirait mon collègue Zeppeli. Là où l’histoire n’est pas au mieux également c’est au niveau du dessin de Brad Meltzer qui est parfois brouillon au niveau des visages, et du Chevalier Noir dont les proportions sont parfois guignolesques.


Mais ne faisons pas tant la fine bouche devant un apéritif si appétissant ! Car la suite délivre son lot de joie et de bonne humeur ! Je vous rassure, je ne compte pas m’étendre de la sorte sur chaque histoire du numéro, je suppose que vous avez plus envie de lire le numéro en question que ce que je raconte ! Je vais à présent aborder 3 autres histoires du numéro. La première, « Oldscool » de Gregg Hurwitz nous fait faire un véritable voyage temporel en nous ramenant dans l’esprit 60′s de Batman – et c’est purement génial ! Ne serait-ce que par le style graphique qui fait vraiment ancien comics (on peut remercier Neal Adams pour ça), mais parce que la narration, la façon de parler des personnages – cette façon d’expliquer les choses en même temps qu’ils les font -, le bon sentiment ambiant (je trouve le passage qui sert d’illustration ci-dessus vraiment hilarant), bref, TOUT vous ramène dans cette époque (que je n’ai pas connu certes), et Hurwitz réussit même à caser le générique de la vieille série TV dans une des pages : bravo. On part ensuite dans un délire un peu plus silver-agesque puis dark-agesque avant une conclusion… que je ne vous spoilerai évidemment pas ! Mais c’est une bonne surprise, on voyage vraiment dans les époques pour se rendre compte, c’est le message de l’histoire, par quoi Batman a pu passer pour en arriver jusque là. Quel hommage !

Vient ensuite « Better Days » de Peter J. Tomasi, histoire dans laquelle on prend le terme d’anniversaire au pied de la lettre : Bruce Wayne souffle ses 75 bougies, l’occasion de manger une part de gateau en bat-famille. Le tournant de situation est forcément attendu, mais dans sa réalisation l’histoire est plusieurs fois drôle, attendrissante et tendre à la fois. Puis Bruce reste fidèle à lui même, et ce n’est pas l’âge qui le changera ! On pourra peut-être trouver les dessins d’Ian Bertram particuliers (ça me fait penser à du Joann Sfar perso) mais ça a le mérite de faire bien ressentir la vieillesse des personnages.

On finit ensuite par « The Sacrifice » de Mike W. Barr, très joliment illustré par Guillem March, qui en quelques pages seulement nous propose de voir ce qu’il se serait passé si les parents de Bruce Wayne n’avaient pas été tués. L’auteur réussit à reprendre certaines figures iconiques et à les transformer à sa façon, et certaines scènes vous feront froid dans le dos. On comprend ici aussi, qu’au final Batman n’a pas vraiment le choix d’être autre chose que ce qu’il est. Au final, ces trois histoires abordent chacune un aspect de la mythologie du personnage, une façon de rendre hommage et d’expliquer ce qu’est Batman aux plus jeunes. 


Avec les 3 histoires précédentes, j’étais déjà conquis. Mais ce n’est rien comparé à ce qui m’attendait après : le début de Gothtopia. John Layman nous explique son concept d’une Gotham City lumineuse, ville la plus sûre du monde, où le taux de criminalité est au plus bas, comme celui du chômage (bah ouais, c’est lié). Ici, Batman a un costume aux teintes claires, Catwoman est Catbird et tous les super-héros que nous connaissons sont redesignés de la sorte. De la même façon que certaines personnalités importantes de Gotham ne sont pas celles attendues ! On s’émerveille de re-découvrir Gotham City sous ce jour, tout en se disant, à l’instar de notre super-héros préféré, qu’il y a quelque chose de louche. Le monde est tel qu’il l’est, mais ne paraît pas réel, un peu comme la Matrice en fait. Enfin bref, c’est très intriguant, Layman fait monter l’intérêt et le suspense au fil des pages et je mets vraiment au défi quiconque de ne pas accrocher à ce nouvel arc ! Il y a aussi quelque chose de très intéressant à se demander à la lecture, c’est si cet arc se passe avant ou après Forever Evil. Quand on voit la réaction que Batman entretient avec Catbird, ou encore l’absence de certains personnages (et la présence d’autres), il y a vraiment matière à réflexion. Affaire à suivre, donc. Au niveau des dessins. Bah c’est une grosse claque. Je veux dire, Jason Fabok nous a toujours, il me semble, habitué à du travail de qualité et là c’est juste excellent, si vous êtes fans de ce style, et la colorisation y participe également. Les personnages retravaillés sont beaux, les décors sont détaillés, les effets visuels sont travaillées, l’action est lisible, on ressent l’effet bizarre au fil des pages, et certaines cases sont proprement glaçantes. C’est vraiment se retrouver comme devant un film d’angoisse où on sent que quelque chose de terrible se prépare. Enfin voilà, personnellement j’ai adoré (au cas où vous ne l’aviez pas encore compris !).


Note : ce paragraphe est susceptible de contenir quelques spoilers très légers.

Et comme si cela ne suffisait pas, comme une cerise sur un déjà bien gros gâteau, arrivent Scott Snyder et Sean Murphy qui nous proposent leur vision du futur de Batman avec « Twenty-Seven ». Nous sommes deux siècles après la fin du Zero Year, et nous découvrons comment Bruce Wayne a réussi à perpétuer la tradition du Chevalier Noir. L’occasion de parcourir une longue fresque, et de croiser plusieurs générations de Batman. L’occasion également pour Sean Murphy de nous décoller littéralement les rétines avec des tableaux dont la beauté égale la grandeur de l’action qu’il y représente. Et de voir pleins de petits détails par-ci, par-là… Sont-ils là pour le plaisir ? Veulent-ils dire quelque chose ? Avec ce qu’a déclaré Snyder plus tôt, il est sûr que je vais re-parcourir l’histoire quelques fois pour trouver ce que l’auteur a pu cacher. Quant au concept en question, il a le mérite de coller à l’ambiance de science-fiction et d’être plutôt original. Et au final, ça paraît assez logique : à qui d’autre que lui-même Bruce pourrait-il confier le rôle de Batman ? Vous avez la réponse. Et par sa conclusion, on en arrive à ce reste essentiel pour nous lecteurs. Batman est en quelque sorte immortel. Même après 75 ans, il reste là. Et même dans 200 ans, il sera toujours là. Au final, de fin, il n’y en a pas.


Mais ce serait mentir de dire que tout est parfait alors je vais, brièvement, lister quelque points qui ne m’ont pas plu par rapport à ce numéro. Le premier, c’est la seule histoire dont je n’ai pas parlé, « Rain », écrite et dessinée par Francesco Francavilla. Non pas que ça soit moche, car l’artiste maîtrise clairement son jeu d’ombres et offre un découpage sur une double page assez original. C’est juste que son histoire d’une part n’apporte pas grand chose (pour être franc, je ne l’ai pas vraiment comprise), et surtout qu’elle est bien, bien en dessous des autres. Dommage. Cela dit, une mauvaise histoire permet d’autant plus d’apprécier les bonnes. Enfin, je suis juste un peu tristounet que certains grands noms qui avaient été annoncés sur ce numéro (Paul Dini ou encore Frank Miller qui devait faire une double page) ne soient au final pas présents, car ils auraient mérité d’être de la partie pour faire la teuf avec Batman. Enfin, certains pourront trouver que 8$/€, c’est trop cher pour un comic. Je répondrai à ceux là avec force mauvaise foi et fanboyisme que quand on aime, on ne compte pas !

Si on fait fi de mon dernier paragraphe, vous aurez compris que ce Detective Comics #27 est une réussite et que s’il n’est pas parfait, il n’en reste pas moins excellent dans son ensemble ! La relecture du « Chemical Syndicate » est sympathique, on a des histoires qui rendent hommage et qui explorent certains aspects du Chevalier Noir, et ce de façon plus qu’appréciable. Snyder et Murphy livrent un travail de dingue et Gothtopia est juste fantastique. Que vous dire de plus ? Si j’étais Batman, je serais bien content d’avoir un cadeau comme celui-là !!

UN DEUXIÈME AVIS C’EST BIEN AUSSI !!

Hé bien hé bien, 75 ans, ça se fête. Pour fêter cet anniversaire une pléiade d’artistes et de scénaristes s’est rassemblée pour rendre hommage à Batman d’une bien belle manière. Un ensemble d’histoires qui reviennent sur bien évidement la mort des parents Wayne, l’héritage de la Bat-family, le futur de Batman, mais aussi qui lance le nouvel arc de Detective Comics : Gothtopia. On passe à travers pas mal d’âges différents avec un bon dans le passé avec des comics qui nous ramènent au Batman 60′s au Batman du futur, tout en travaillant l’aspect sombre et mystérieux du personnage toujours accompagné par ses emblématiques vilains. L’histoire de Peter J. Tomasi sur les 75 ans de Bruce Wayne est plutôt bien efficace et prête à sourire, les planches de Sean Murphy et Guillem March sont un régal pour les yeux dans leurs histoires. Mais ce que je retiendrai de ce numéro est le lancement de Gothtopia. Autant les numéros impliqués dans cet event se terminaient en queue de poisson avec un bouleversement de la réalité brutal, autant ici on commence à comprendre ce qu’il en est de l’histoire. Et franchement, j’ai comme l’impression que John Layman se fait bien plaisir et qu’il va nous ravir d’une histoire très riche qui détourne tous les personnages de l’univers de Batman, enfin, détournées, détournés, bref, il faut lire pour comprendre mais ça déchire un peu beaucoup ! En plus, son compère Jason Fabok livre des planches à se rouler par terre tellement c’est beau, et réinventer tout ça c’est trop cool. En gros, il y a des histoires génialissimes et d’autres qui sont de jolis hommages bien que pas toutes au même niveau.

 - HarleyHuntress


9 Commentaires »

  1. Image avatar
    Edge 08/01/2014 à 19:43 -

    Gothtopia est tellement beau… J’ai adoré également le premier numéro et bien entendu celui de Snyder/Murphy. J’en veux pluuuuuuuuuus !

  2. tt9296tt 08/01/2014 à 19:58 -

    Je pensais attendre la sortie par Urban, mais je vais plutôt attendre qu’il arrive à Apoklyps, ça sera moins long :D

  3. Image avatar
    Barthélemy 08/01/2014 à 20:21 -

    Quelqu’un a une bonne adresse pour l’acheter depuis Internet ? Sur eBay, l’importation coûte environ 25 euros :-/ …

  4. Image avatar
    mavhoc 08/01/2014 à 20:27 -

    J’hésite entre l’acheter pour quelques histoire ou résister … Vu le prix.
    Et je sais pas si tout est vraiment si utile et intéressant …

  5. Image avatar
    Freytaw 09/01/2014 à 11:33 -

    Je suis trop d’accord avec vous ! C’est crop bien ! Surtout Gothopia !

  6. Toran93 13/01/2014 à 22:22 -

    La courte histoire de Francavilla est marquante quand on a lu Black Mirror


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