1. Intro

2. Âge d’or, âge d’innocence ?

3. L’Âge de Bronze et les hippies

4. L’Âge moderne et l’apogée de Vertigo


L’Âge moderne et l’apogée de Vertigo

Dans les années 80, il y eut plusieurs bouleversements chez DC Comics. Il y eut Alan Moore et Watchmen, il y eut Frank Miller et son Chevalier Noir, et il y eut Crisis on Infinite Earths. Cet immense event fit table rase sur toute la continuité passée et, peut-être de manière imperceptible d’abord, contribua à faire un trait sur le ton jovial et naïf qui habitait les comics d’antan. The Dark Knight Returns, le premier, fit passer le message, tout en faisant exploser les ventes : les comics sont aussi destinés aux adultes. Et puisque ça s’adresse à des adultes, pourquoi se limiter à des sous-entendus ? Pourquoi se limiter à « érotiser », « sexyser » ses personnages ? Dénudons-les ! L’apparition de la vraie nudité prit plus de temps, et ne se fit uniquement qu’au sein de Vertigo. Cependant, à la suite de cette prise de maturité, on vit apparaître des scènes explicites dans des séries étiquetées DC Comics, comme dans V Pour Vendetta (aujourd’hui rangé sous le label de Vertigo mais à l’époque sous le sigle de DC).

Starfire

À partir de 1990, les thèmes se mêlent et il est important de les distinguer. Commençons par l’érotisation « standarde » des personnages féminins initiée à l’âge d’or, popularisée durant l’âge de bronze, et illustrée par l’apparition de Power Girl et de ses seins pamelandersoniens. Cette érotisation a continué, tout en évoluant pour s’adapter aux canons esthétiques de son époque. Starfire avait dans les années 80 les cheveux bouclés et une frange qui fait ringard en 2013. C’est pourquoi, en la dessinant dans Red Hood & The Outlaws, Kenneth Rocafort décide de lui prêter une chevelure lisse, une taille ultra fine à la limite de l’anorexie, doublée bizarrement d’une poitrine aussi grosse que les cases le permettent. Le style de Jim Lee est aussi évocateur de cette tendance à sexyser les personnages, à l’image de Wonder Woman qui gagne en bonnets de soutien-gorge sous son crayon huileux. On pourrait relever comme contre-exemple le style d’Alex Ross, sous le pinceau de qui Wonder Woman attrape une poitrine nettement plus réaliste, légèrement tombante, un peu moins sexy, mais il compense ce réalisme par la beauté perturbante de son visage d’une noblesse jamais égalée par d’autres dessinateurs. Mais Alex Ross est un cas à part dans la grande famille des artistes actuels. Le mot d’ordre général est : « Faites-nous des canons. Plus vos seins seront gros, plus nous vendrons de numéros ». L’exemple le plus frappant est la refonte récente du personnage d’Amanda Waller. Ce serait hypocrite de la part des lecteurs de se plaindre de toutes ces super-bimbos, puisque c’est à cause d’eux que les poitrines frôlent le ridicule pour faire monter les ventes. On remarque d’ailleurs que le physique idéal de ces Catwoman, Supergirl et autres super-nanas ne fut pas l’objet de la récente controverse à propos de Catwoman et Red Hood & The Outlaws, mais plutôt l’attitude libérée que les auteurs prêtèrent à ces sex-symbols.

Outre cette érotisation galopante, l’acte sexuel en tant que tel cessa d’être un tabou. Dans Watchmen, les scènes intimes sont nombreuses. Il y a celle où Manatthan se dédouble pour satisfaire sa partenaire le Spectre Soyeux, il y a celle où le Hibou s’abandonne à la fornication dans son vaisseau avec le Spectre Soyeux (encore elle !) ; bref, Alan Moore n’hésite pas à montrer qu’untel et untel font l’amour, parce que dans la réalité, ils feraient l’amour. Et étonnamment, la trame de Watchmen ne se déroule pas dans le monde habituel des comics, mais dans notre monde actuel, en témoigne la menace planante de la bombe atomique dans un climat de Guerre Froide. Mais si Alan Moore n’hésite pas à appeler un chat un chat, il n’éprouve pas le besoin d’exhiber les détails aux yeux avides du lecteur. Il fera pareil dans V Pour Vendetta, où la première scène intime entre Evey et Gordon ne franchit pas les limites de la pudeur et de la tendresse, tandis que la deuxième, animée par la rancœur et le désir charnel, se déroule hors-champ. Beaucoup d’auteurs suivront ce modèle, n’hésitant pas à décrire des scènes de sexe par souci de réalisme, mais ne ressentant pas le besoin de les dépeindre crûment.

Pourtant, dans de nombreux titres Vertigo, il est arrivé de voir des scènes explicites vraiment osées. Le label « Vertigo », créé par Karen Berger en 1993, a effectivement permis aux auteurs de se « lâcher », sachant que leur travail serait destiné à un public adulte. Dès lors, l’érotisme ne s’est plus limité à des petites tenues et à des commentaires affriolants, et des dizaines de nuits torrides se sont consumées devant les yeux des lecteurs du XXIe siècle. À noter que le souci de réalisme ne suffit plus à les justifier, puisque le fait de savoir ce qui se passe sur le lit aurait suffit au lecteur adulte pour ancrer la scène dans son quotidien. Si dorénavant on détaille de pareils instants, c’est dans un but esthético-érotique assumé. Les étreintes dans la sulfureuse série American Vampire de Scott Snyder en sont un bon exemple, dépassant la nécessité d’expliquer au lecteur ce qui se passe pour lui offrir un spectacle cru de bras entrelacés et de corps fusionnés. À ce stade, l’érotisme ne s’adresse probablement plus au seul public masculin, puisque si un décolleté avantageux n’excite que le mâle observateur, une nuit d’amour saura séduire les représentants adultes des deux sexes.

Relevons l’omniprésence du terme « adulte », car Vertigo, qui avait évoqué l’été dernier le lancement d’une série très érotique dénommée The Discipline, s’adresse à un public adulte, capable de saisir le sens, l’intérêt, les visées, d’une scène intime explicite. Visées qui ne servent pas forcément des buts narratifs, ni n’espèrent ancrer plus profondément encore l’histoire dans une réalité, mais servent parfois seulement des buts esthético-érotiques, où l’auteur s’adresse directement à la conscience du lecteur. Le problème arrive lorsque de tels buts s’immiscent dans le monde de la franchise DC Comics, d’où la levée de boucliers lors de la sortie de Catwoman #1 et de Red Hood & The Outlaws #1. Un an plus tôt sortaient les premiers numéros d’American Vampire avec leurs lots de scènes hot, et ils n’avaient pas suscité de telles réactions.

American Vampire

Le problème, c’est que dans la tête de nombreux lecteurs, le spectre puritain du Comics Code Authority sommeille encore. Comme expliqué précédemment, son autorité avait largement diminué depuis le vent libertaire qui avait soufflé sur le monde à la fin des années ’60. Mais malgré la perte de crédibilité qu’il avait subi à cette époque, le fameux logo n’a pas cessé d’être imprimé sur les comics de DC jusqu’en… Janvier 2011 ! Étonnant, surtout lorsqu’on sait que les éditeurs ne prenaient alors même plus la peine d’envoyer leurs produits pour vérification avant d’y appliquer le tampon ‘Approved by the Comics Code Authority‘, il leur suffisait de payer une redevance à la Comics Magazine Association of America pour avoir ce droit. On se rend compte du peu de pertinence d’un tel sceau si l’organe chargé de vérifier le contenu des ouvrages ne prend même plus la peine de le faire. DC Comics décide dès lors en 2011 de recourir à son propre système de notation, jugeant du caractère plus ou moins adulte du contenu en question grâce aux sigles suivants :

  • E pour Everyone, autrement dit accessible pour tout le monde et contenant au pire de la violence dite ‘cartoon’.
  • T pour Teen, s’adressant à des lecteurs de 12 ans et plus, et susceptible de contenir de la violence retenue et des thèmes suggestifs.
  • T+ pour Teen Plus, s’adressant à des lecteurs de 15 ans et plus, et susceptible de contenir de la violence, et des images suggestives
  • M pour Mature, s’adressant à des lecteurs de 17 ans et plus, et susceptible de contenir de la violence extrême, de la nudité et de la sexualité explicite.

Le relaunch des New 52 est peut-être pour DC l’occasion de tester son nouveau système de classification et de le mettre à l’épreuve avec un catalogue diversifié visant des publics divers. Face aux critiques visant les premiers numéros de Catwoman et Starfire, la morne réponse de DC fut un simple : “Pensez à regarder le système d’évaluation”. Une réponse décriée par les uns, mais qui trouve un sens à partir du moment où l’idée selon laquelle les comics s’adressent à un public de tout âge a la vie dure. Et c’est une idée qui fut probablement ancrée profondément dans les esprits par le Comics Code Authority il y a plus de cinquante ans. En reluquant les couvertures des premiers numéros de Catwoman et Red Hood & The Outlaws, on constate que le Catwoman arbore la mention T+, tandis que Red Hood se contente d’un petit T (mais il est moins hot alors ça se comprend).

Signalons également que les attitudes de Starfire et Catwoman ont été justifiées, parfois maladroitement, par leurs auteurs. Lobdell défend corps et âme les répliques qu’il a prêtées à son personnage, insistant sur sa nature extra-terrestre qui l’écarte des coutumes humaines. Une justification qu’il n’a pas tirée de nulle part rappelons-le, puisque Wolfman lui-même évoquait cet aspect lorsqu’il a lancé le personnage en 1980, notamment dans une scène où la Tamarranienne ne saisit pas pourquoi elle devrait mettre un bikini avant de se jeter à l’eau, tandis que Wonder Girl essaie de lui expliquer que les autres garçons de la team risquent d’être mis dans l’embarras.  Mais en dépit des explications de fond formulées par Lobdell, la double-page où Starfire se secoue dans l’eau, se déhanche pour mettre en valeur ses formes et explique à Arsenal sa vision de l’acte sexuel, tout ça s’adresse dans la forme aux mâles, de la même manière qu’un décolleté de Power Girl. Pour Catwoman, depuis que Miller avait dépeinte Selina Kyle comme une prostituée dégoûtée de sa ville et des mâles qui y pullulent, on aurait pu se douter qu’elle ne passait pas tout son temps à voler des bijoux mais qu’elle devait s’accorder une pause pour faire grincer les ressorts de son lit entre deux rapts. Mettre en avant sa sexualité comme le fait Judd Winick ne trahit donc pas le personnage tel qu’il était vu avant les New 52. Mais auprès des jeunes, et en particulier des jeunes filles, Catwoman continuait d’incarner peut-être, malgré ce background sous-entendu, une voleuse, espiègle, jouant souvent au chat et à la souris avec son Roméo, le Batman. La Catwoman de la série animée ainsi que celle de Jeph Loeb (The Long Halloween, Hush) sont particulièrement réussies à ce titre. Depuis le reboot, exit la Catwoman soft, la nouvelle ne séduira que les générations plus vieilles.

Catwoman

Ceci dit, la nouvelle direction de la série a su convaincre son public et Judd Winick a maintenu les premiers numéros au-dessus de la fatidique barre des cinquante comics les plus vendus (puis vint Ann Nocenti…). Si certains voyaient du fan-service dans les postures cambrées de la Femme-Chat, pour le dessinateur Guillem March, ça s’inscrivait dans la logique du titre, comme il l’a rappelé tout récemment dans un post de son blog. “Dans cette scène, l’action dépeignait Selina comme une femme qui tirait un avantage de sa sexualité pour obtenir quelque chose d’un homme. Ça avait du sens dans la manière avec laquelle on approchait le personnage au début des New 52.” Peut-être vous demandez-vous de quelle scène l’artiste parle, eh bien il s’agit d’une scène inédite que son éditeur, désapprobateur, lui avait demandé de refondre totalement, jugeant certainement qu’elle était trop osée et sujette à scandales. Les puritains peuvent souffler : ils l’ont échappé belle. Pour la petite histoire, la requête de DC ne provoquera pas de troubles avec Guillem March, lui-même insatisfait de son travail sur ces planches restées dans l’ombre jusqu’à ce jour. Mais l’incident révèle que chez les pontes de DC encore la sexualité dans les comics grand public reste encore un thème sensible, qui aura toujours été d’une certaine manière révélateur des mœurs de son époque. Voici les planches en question révélées par March très récemment.

En regardant en arrière sur toutes ces années de publication, il apparaît que la politique de DC sur le contenu de ses séries s’est peu-à-peu transformée, parallèlement à la tombée en décrépitude du Comics Code Authority. Les générations d’auteurs se sont peut-être succédées plus vite que les habitudes de la société.

L’arrivée de la sexualité dans les pages de nos comics préférés était probablement inéluctable, mais l’Amérique actuelle, à la fois terriblement libérée et archaïquement puritaine, était-elle prête à affronter cette réalité ? C’est là une question qui mérite réflexion. En attendant la sexualité suit son petit bout de chemin avec DC, promettant aux lecteurs de nombreuses nuits chaudes à savourer. Et pour conclure, citons un autre signe d’une évolution des mentalités : l’apparition dans le DC Universe de personnages issus de minorités. De John Stewart à Batwoman en passant par Mia Dearden, on en teaserait presque un dossier !

Remerciements à Katchoo, DarkChap, Edge, Freytaw, ArnoKikoo et HarleyHuntress pour leurs remarques et leurs conseils.

41 Commentaires

  1. A mois que j’ai loupé un truc il y a pas mal de scènes dans le même genre dans Green Arrow (surtout le vol 2) et aussi dan The Wedding Album où Ollie à l’air d’apprécier la cuisine :D.

      • Ah je suis d’accord qu’on peut pas toute les mentionner, je disais ça car c’était quand même assez récurrent de ce que j’ai lu su Green Arrow

  2. Bon dossier ! Merci Riddler !
    Je suis vraiment curieuse de voir ce que va proposer Vertigo avec The Discipline si le projet voit le jour. En parlant de olé olé chez Vertigo, il y en a eu aussi dans Coffin Hill ;)

  3. Désolé j’ai pas encore lu tout le dossier (très intéressant), je le lirais dès que j’aurai un moment, il y a aussi pas mal de scènes dans les comics qui ont parfois une double lecture (autant le texte ou les dialogues que parfois les images), et il y en a certaines qui sont ma foi très explicites comme la scène entre le Joker et Wonder Woman dans Wonder Woman #97, je pense qu’il faut pas avoir fait math Sup (juste un peu de biologie lol) pour comprendre ce que sous entend cette scène (hardcore): http://2.bp.blogspot.com/-HmcgglTdihI/UCWgy6aG6nI/AAAAAAAAR1M/n0uCqfBQsuU/s1600/Joker+059.jpg et http://1.bp.blogspot.com/-S0NKysWwfTQ/UCWgz4XBt2I/AAAAAAAAR1U/2CO67qo59ug/s1600/Joker+060.jpg

      • C’est toute la “subtilité” (si ont peut appeler ça subtile), ça n’en est pas, pourtant l’allégorie est bien dans ce sens. C’est un procédé souvent utilisé pour passer outre la censure, je suis d’ailleurs étonné que ce soit passé à l’époque, c’est tellement équivoque que ça parait trop gros. Par exemple dans le manga, les mangaka ont énormément recours a ce type de détournement pour faire passer autre chose, dans les comics moins (car le censure relève en général la moindre connotation trop prononcée), mais parfois certains auteurs tentent quand même des choses.

  4. Tres bon dossier, j’ai vraiment pris plaisir à le lire !! Merci !!
    Sinon le sexe, et tout autres “tabous” ne me dérangent, dans la mesure où cela reste justifié, cohérent et sans trop tomber dans le voyeurisme. Peut être que tu aurais du plus parler de vertigo, et ll manque aussi un passage sur les orientations sexuelles, mais c’est juste des détails !!
    Tu mas donner envie de (re)regarder le docu sur les origines de Dc

  5. Le côté “ultra sexy” de Catwoman colle totalement avec le personnage effectivement, le dessinateur formule la chose tellement bien. Mais c’est vrai que ça m’avait bizarre de voir une telle scène avec Batman, c’est agréable. La sexualité fait partie de la vie, pourquoi la cachée. Pis bon même les gosses d’aujourd’hui ils savent bien que les bébés naissent pas dans les choux et les roses

  6. Pas mal du tout ce dossier :) Néanmoins je trouve qu’on évoque ici deux grands thèmes différents, car pour moi, la sexualisation (des personnages notamment) et les scènes de sexe sont deux éléments distincts. Du reste, on a ici un bon résumé de l’histoire de ces thèmes à travers les âges des comics, et on en ressort cultivé ! Personnellement, j’ai toujours interprété la sursexualisation de Starfire comme une critique, puisqu’après tout, le personnage semble passer de la bimbo un peu brainless à l’héroïne tout à fait stylé en quelques numéros. Mais ce n’est qu’une théorie. En revanche, je suis juste dégoûté par le traitement de Catwoman dans les New 52, qui met à mon sens fin à un flirt (juste un flirt, c’était ça l’idée) mythique de l’histoire des comics de la manière la plus voyeuriste qui soit. A croire que la seule idée créative de la série était de mettre les deux pieds dans le plat…

    • Depuis toujours Catwoman fait + que flirter avec notre croisée à la cape, ils auront quand même un gosse ensemble, Catwoman c’est pas tellement la vierge Marie ^^

  7. Voilà il fallait s’y attendre, après le nombre fulgurant de commentaires sur les boobs de wonder-woman, dcplanet balance du sexe, quelle décadence

  8. Et ben dis donc fallait un jour en parler lol Super dossier TheRiddler. Je me souviens enfant, je n’avais jamais vu ces subtilités concernant Wonder Woman vs les fantasmes personnels de l’auteur. Encore aujourd’hui je comprend que les Super-Héros du Golden Age n’avaient pas le temps de faire fleurette, ils avaient à sauver le monde, d’ailleur le seul je crois qui aurait encore cette destinée est Superman. On essaye encore de trouver une manière de le ”désincarner” du reste des autres S-H, qui amène une question générale: les super-héros doivent-ils être des personnages désincarnés?

  9. Bon dossier je dois dire.
    Un petit coté arlésienne, tu me l’avais montré il y a plus de six mois. Pourquoi un tel délai?

    • On prépare et planifie la publication de ce genre de dossier bien à l’avance. L’article récent de Guillem March tombait à pic !

  10. Bon dossier comme d’hab.
    C’est vrai que la sexualié dans les comics a longtemps été un sujet tabou, il me semble même qu’a un époque il était interdit de représenter un homme et une femme dans un lit, ou alors si la porte est ouverte…
    Il faut arrêter, la sexualité existe bel et bien, et le monde des comics est hyper-sexualisés alors autant l’assumés (même si c’est vrai que ça en devient énervant de voir toutes ces super-héroïnes avec des poitrines énorme, bon Power Girl c’est mythique mais bon, après on peut comprendre le coté top-model car pour être un super-héros il faut avoir la forme physiquement, mais c’est vrai que le cas Waller est vraiment dommage. Elle avait beaucoup plus de charismes avant et cela changeait dans ce monde ou tout les physiques sont parfaits.-

  11. Encore un très bon dossier, chapeau bas. C’est assez drôle car pour avoir lu pas mal de bouquins et artbook sur le golden age j’avais totalement omis ce côté bondage chez Wonder Woman.

    En parlant de fétichisme Joe Shuster, co-créateur de Superman tout de même dessina pour une revue obscure interdite à la vente. Au programme des clones de ses personnages (Clark, Lois…) en mode SM. Il existe un bouquin préfacé par Stan Lee d’ailleurs assez incroyable : The fetish art of Joe Shuster.

  12. Très bon dossier comme toujours, même si le fait de se limiter à DC nuit un peu à la donne, ça reste “tolérable” (dans le sens où il n’y a pas non plus eu un écart si massif entre Images/Marvel/DC sur la question du sexe).
    Pour la question des minorités, j’ai hâte de voir ça :) Ca sera passionnant (même si là, ça me paraît dur de faire un dossier sans évoquer Marvel … Sur un site DC :p )

  13. Bon dossier et ça fait plaisir de savoir que je suis pas le seul à trouver scandaleux la transformation d’amanda waller ! Je l’ai vu j’ai fait “whaaaat ?!” pour qu’un personnage féminin soit légitime il faut encore aujourd’hui la transformer en bimbo ?!
    Enfin bref dossier bien écrit.

    • Je rejoins la plupart des avis concernant Amanda Waller, par contre je veux pas faire l’avocat du diable, mais il faut aussi prendre en compte que depuis sa création il y a une trentaine d’années, Amanda Waller a toujours été différente des canons de femmes de comics (ne serait-ce que parce qu’elle est Professeur). Du coup après des décennies et après avoir fait le tour de cette caractérisation de ce personnage, je vois pas ou est le mal de vouloir traiter justement le personnage différemment. Justement le physique qu’elle avait avant était quelque part un peu cliché de par sa position de professeur. Il est vrai que c’était un des rares personnages féminins n’ayant pas un physique de Mannequin, mais il est intéressant de voir ce qu’ils pourront en faire à la longue, c’est toujours pareil c’est surtout la qualité de l’écriture et des idées qui doivent primer.

      • Ou sinon en faire un personnages mannequins dans ces premières années un “bimbo” comme on dit, et avec le temps retrouver son physique d’antan

  14. Géniale ce dossier je trouve qu’il complète super bien une partie des documentaire sur les super héros passé il a peux sur ARTE

    Merci beaucoup =D

  15. Merci pour ce dossier très intéressant !
    Pour ce qui est du systéme d’évaluation, on peut remarquer que par exemple une issue de Birds of Prey qui montre un homme se faire décapiter est notée T, alors qu’une issue de Batwoman où deux femmes font l’amour (en ne montrant rien d’explicite) est notée T+.
    Bon, c’est en partie un autre sujet puisque ça traite plus généralement du rapport des Américains à la violence, au sexe et à l’homosexualité, mais ça montre que ce système n’est pas non plus ce qu’il y a de plus crédible.

  16. Un dossier intéressant, mais qui se focalise un peu trop sur la partie féminine du super-héros. En ce qui concerne l’exagération sexuelle, les héros masculins ne sont pas en reste non plus (ne serait ce qu’au niveau physique, la plupart sont gaulés comme des mannequins ou des demis dieux), et la sexualisation d’un Superman (perpétuellement en slip) ou d’un Batman (coucou costume de cuir) mériterait à mon avis d’être également approfondies. Sans mauvais jeu de mot.
    En ce qui concerne le débat Starfire/Catwoman, pour moi, y a pas d’explications à donner. Ce sont des femmes libres qui assument leurs désirs et leur sexualité. Je vois dans ces deux comics plus que du fanservice ou du porno déguisé. A mes yeux, c’est une revendication féministe, de femmes libres qui font ce qu’elles veulent de leurs corps, comme quand Constantine se réveille à côté d’une prostituée (là, ça choque personne, c’est même presque logique ^^), où que Dick s’envoie en l’air avec sa pote rouquine du cirque (pareil, où est le problème? Ils ont le droit de s’amuser, ces jeunes^^).

    • Par contre Superman ne porte pas de slip hein :-p et je parle pas des News 52, mais bien de Superman de 1938 à 2011, ça n’as donc aucun rapport avec de la sexualisation.

  17. Pour ma part tant que les auteurs, continueront à dessiner les héroïnes comme des poufs assoiffés d’aventure ( cf Power Girl -> ridicule ) pour satisfaire les pulsions lubriques des ados ou des mal baisés de 30 piges et plus, je continuerais à penser que la sexualisation ultra misogyne sera une nuisance à l’art des comics.
    Que les protagoniste est des rapports intimes, ça rentre dans une certaine logique, c’est bien que ça est évolué dans ce sens, mais il serai temps de représenter les héroïnes comme des combattantes avec des tenues fonctionnelles et aux formes moins plantureuse. Une héroïne, à forcément des seins énormes et se bas quasiment à poil, ou les seins à l’air. C’est connu, une femme aux gros seins dans une tenue qui maintient rien du tout, ça facilite le combat contre le crime.
    Les comics doivent évoluer et vite.

    • @Skull57, je pense que tu fais un amalgame quand tu parles de personnages sexualisé (notamment ici Powergirl) et la prétendue fonctionnalité des tenues. On est dans des comics, c’est fantaisiste, la plupart des tenues des Super Héros ne sont pas forcément fonctionnelles, par exemple Batman a beau avoir une tenue adaptée a son activité (dans le contexte du comics), en réalité elle n’a rien de fonctionnelle, dans la réalité aucun mec, même surentrainé n’arriverait a se mouvoir (et aussi vite) avec un costume aussi lourd et une cape (rien que pour faire des salto c’est impossible). C’était notamment évoqué dans “Battle of the cowl”, quand Dick est devenu Batman, il disait être extrêmement gênée par la cape qui le gênait dans ses mouvements et qu’il était bien plus à l’aise (rapide et efficace) dans sa tenue de Nightwing. Le comics est basé sur deux arts, l’écriture et le dessin, et le dessin lui est fantaisiste, la créativité ne doit pas être brimée par des limites ou entraves liées une logique (ici de fonctionnalité), ce qui compte avant tout c’est qu’un personnage et son look soit beau et design. Après c’est dans la manière dont c’est écris, et utilisé qu’il y aura un sens qualitatif ou pas. Si on devait faire des tenues dites fonctionnelles, le comics aurait cessé d’exister à peine 10 ans après avoir démarré et serait déjà mort il y a 65 ans. C’est comme pour le bustier de Wonder Woman, on se doute que dans la réalité une agent des Navy Seal va pas se battre avec un bustier, mais justement on est pas dans la réalité, dans un comics un bustier ne gênera jamais une combattante telle que Wonder Woman, on s’enfiche que s’est sensé tenir ou pas, c’est dans la réalité qu’on se pose ce genre de question. De même on pourrait bien avoir un personnage avec une lance de 6 mètres de long, et il pourrait être capable de se battre avec, la question de sa fonctionnalité ne se poserait pas. Après concernant des personnages comme Power Girl qui est parfois utilisée de manière “sexy”, ça reste quand même limité, je veux dire elle prends pas des poses pin-up a toutes les pages (surtout que c’est le contenu écris qui prédomine, tant qu’elle passe pas pour une bimbo dans son discours c’est pas gênant) et ça dépend également des auteurs, des femmes sexy ou glamour dans les comics il y en a toujours eu et il y en aura toujours, la plupart des personnages de comics (masculins ou féminins), ont des physiques hors normes ou exceptionnels, car c’est justement fantaisiste, c’est pas en faisant des personnages aux physiques communs, que ça attirerait puisque ce serait trop proche de la réalité, dans un comics on crée du rêve (et on vends du rêve). Et puis dernièrement il y a eu de sérieux efforts dans le sens ou des personnages relativement sexy ont eu une apparence plus nuancée, il y a qu’à voir les nouvelles tenues de Zatanna, ou celle de Poison Ivy, et j’en passe.

      • J’approuve totalement tes arguments cependant, je maintiens que c’est trop abusé. Mon discours à un côté extrémiste un peu caricaturale ( volontairement exagéré, mais proportionnel à mon ressenti) mais je suis gêné par le cotê standardisé des héroïnes. Blonde ou brune elles sont toutes foutu pareil avec des seins énorme qui sont dans des tenues ultra “abusé”. Ils veulent attirer quel public avec ça ? Quand je dis dis tenue fonctionnelle, je pense à quelque chose qui se rapproche plus d’une tenue de combat qu’à un bikini pour star du porno. On peut garder le même public en les habillants un peu plus au moins.
        Les femmes de manière générale n’approuve pas la vision qu’on donne d’elles au travers les BD ou les manga, et les mecs qui ne connaissent rien au code du genre, sont d’emblés interpellés par cette aspect que je dénonce. Ça choc tout le monde sauf les consommateurs de Comics.
        Dans les franco-belge, c’est aspect est plus pondéré et ça passe mieux je trouve.
        Après je parle de Power girl qui pour moi à une tenue ridicule, mais si je mentionne Shana de l’univers marvel la on fraule le scandale.
        En résumé je sais que les BD sont censé être une représentation d’une sorte de perfection physique, et je trouve ça bien, mais cette aspect pourrait être au moins pondéré par les tenues.

  18. J’avais pas vu ce dossier ! Sympathique, bon boulot !
    La polémique du début des New 52 sur Catwoman et Red Hood & the Outlaws est intéressante dans le sens où les attentes du public et de l’éditeur n’était pas les même. Le public aurait aimé avoir un titre Catwoman ou Red Hood & the Outlaws accessible aux jeunes filles là où DC avaient plus prévus des titres pour garçons “T+” et “M”.
    Et concernant Catwoman, je crois qu’une partie du public aimait bien le côté non dit de la relation et ne sont pas habitués à voir du sexe dans des comics de super héros. Avoir un truc aussi cru leur à “gâché” un peu le romantisme de la relation Batman – Catwoman. Et concernant la Catwoman prostituée de Miller, je crois que pas mal d’auteurs ont essayé de retconné ça car ça n’allait pas non plus avec l’image qu’ils se faisaient de Catwoman.
    D’ailleurs Miller a un peu tendance à mettre des prostituées partout dans ses récits, c’est assez étrange.

    Bon sinon, personnellement, je suis pour un peu plus de variation physiques pour les corps de nos héros et héroïnes, même si les standardisations sursexualisées héritées des 90′ qu’on se paye encore à l’heure actuelle ne me gênent pas plus que ça. De toute façon, tout une génération d’auteurs, plus jeunes et au trait souvent plus indie, risquent de faire bouger ça à l’avenir. On commence déjà à le voir chez Marvel et ça devrait arriver chez DC aussi.
    Le comics, dans son soucis d’ouverture à un plus large public, risque d’abandonner les représentations les plus outrancières qui peuvent être mal perçues par une partie du public.
    Concernant le fan-serv, je le comprend et je sais que certains dessinateurs aiment dessiner des femmes plantureuses et des poses sexy (Terry Dodson par exemple), ça ne me gêne pas tant que ce n’est pas trop invasif et omniprésent et tant que c’est pas complètement hors sujet.

    Ah, et concernant Wonder Woman, a ses débuts ce n’est pas tant une guerrière comme actuellement. Elle recherche plutôt la paix, et le lasso de vérité et les bracelets protecteurs ne sont pas vraiment des artefacts violents, c’est pas l’épée qu’elle a actuellement.

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