Introduction

I – Columbine, a true american story

II – DC Comics in Crisis

III – Bully : Marvel’s Schorlarship Edition

IV – Le grand tabou

V – Vers l’avenir

V – Vers l’avenir…

Pour l’anecdote, quand j’étais au collège, collège privé qui plus est, un gamin s’amusait à tyranniser des élèves. Nous n’étions jamais dans des extrêmes, juste des petites phrases et des moqueries qui usent au fil des heures, des jours, des semaines, des mois. Personne ne disait rien. Il s’en est pris à un élève, puis un autre, puis encor un, et etc… Il n’était pas physiquement imposant, mais tout le monde le laissait faire et le craignait, même les professeurs qui ne disaient pas grand-chose lorsqu’il dérangeait les cours.

Mais un jour, les piques n’ont plus suffi. Accompagné d’un de ses potes, il a chopé un type de ma classe à la sortie, l’a plaqué contre un mur, lui a mis son avant bras sous la gorge, et a commencé à presser. Il y avait des adultes autour qui attendaient l’arrivée de leur gosse. Pas un n’a bougé, et il était pourtant impossible de ne pas le remarquer. Ce n’était tout simplement pas leur problème.

Mon père est arrivé au moment où je sortais du collège et que j’ai vu ce qu’il se passait. Je lui ai tendu mes affaires, et ait tourné les talons. Il n’a pas compris tout de suite. Je me suis approché du type, et lui ait demandé d’arrêter ses conneries. Il m’a répondu en me disant d’aller me faire foutre, et en appuyant avec plus d’insistance son avant-bras sur le coup de l’autre gosse. J’ai vu rouge.

Ma main a agrippé son cou, et je l’ai explosé sur le trottoir. Alors qu’il était à terre, j’ai continué de le frapper. Son pote a eu un mouvement de recul, et a abandonné l’idée d’intervenir. Pour tout avouer, heureusement, à deux contre un, j’aurais perdu. Une main m’a attrapé au niveau du dos, et m’a  projeté en arrière. C’était mon père. Tant mieux, j’avais totalement pété les plombs.

Le lendemain, j’ai été convoqué. La sentence est tombée, j’étais viré. Des négociations ont eu lieu, et finalement, je n’ai été exclu que partiellement. Vous voulez savoir ce qui m’a sauvé ? Mes résultats, et les profs. Ces derniers se sont soudain réveillés, en expliquant que l’autre gosse était un petit tyran, et cela depuis des mois…

Un aveu qui en dit long. Ils savaient, tous savaient, et pourtant, personne n’est intervenu à ce moment. Ils sont intervenus après coup, quand le mal était déjà fait.  Une sorte de « Merci d’avoir réglé son compte à ce petit con, parce que même lorsqu’il foutait la merde en classe, on n’osait pas intervenir ! ». De rien Messieurs Dames, mais ce n’était pas à moi de faire ça, ça n’aurait jamais du arriver.

Chaque année, des centaines d’enfants se donnent la mort ou tentent de se donner la mort à cause du harcèlement scolaire. Des jeunes qui ont préféré orienter toute cette tristesse, cette colère, et ce désespoir accumulés, vers une seule personne, eux-mêmes, et non vers leurs bourreaux. Comprenez de ce fait qu’à chaque suicide du au harcèlement,  une tuerie de masse a potentiellement été évitée.

Les grands éditeurs de comics doivent briser ce tabou.

Il est nécessaire d’être enfin critique et  parler de la réalité du harcèlement scolaire, mais aussi de l’ambiance dans laquelle évoluent les élèves, vivant tous les jours avec une cible derrière leur dos, et s’attendant au pire, tout en essayant de ne pas y penser.

Suite aux événements de Columbine, les éditeurs avaient su démontrer qu’ils avaient compris cette nouvelle réalité touchant le milieu scolaire. S’ils savaient en parler à l’époque, il n’y a aucun raison qu’ils ne puissent pas aujourd’hui le refaire. Marvel a fait le premier pas, il est grand temps que DC fasse de même, et que le Big Two avancent ensemble sur cette voie. Si vous voulez parler à des adolescents, et les faire relativiser, il y aura toujours des séries comme Wonder Twins pour le faire d’une belle manière, mais certains sujets, plus graves, nécessitent de s’y consacrer sérieusement.

Il ne reste maintenant plus qu’à espérer que les chosent changent dans l’industrie du comics, et que cette vague de tragédies soit endiguée le plus rapidement possible.  

Pour conclure, si vous voyez quelqu’un être victime de harcèlement scolaire, réagissez. Si vous êtes vous-même victime de ce genre de pratiques, ne vous laissez pas faire. Parlez-en. Vous trouverez normalement toujours quelqu’un qui vous écoutera. Il n’y a pas de honte à demander de l’aide quand vous sentez que vous en avez vraiment besoin. Mais dans le cas contraire, si vous ne trouvez personne, que personne ne vous écoute, ou si personne n’arrive à gérer cette situation, je laisse à votre disposition ce numéro ainsi que ce site :

Parfaitement gratuit, quelque soit votre situation, des gens sauront vous écouter que vous soyez victimes ou simples témoins. Si vous en êtes au point de penser que vous n’avez plus rien à perdre, que vous estimez que c’est foutu pour vous, au final, juste un coup de téléphone avant d’agir, ça ne coûte rien…


Long sujet qui me tenait à cœur, et que je me suis efforcé tant bien que mal de présenter ici. Une bonne dizaine d’heures d’interviews et de reportages, et des centaines de documents entre rapports de police, articles de presse, et  photos, que ce soit des visages des familles des victimes tordues par le chagrin, mais aussi des scènes de crimes, des cadavres troués par les balles, etc… Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur le manque de décence générale qui entoure ces derniers. Mettre la photo des corps de certains tueurs, après leur suicide, en première page d’un magazine afin de vendre plus de numéro est tout simplement misérable… Mais ce n’est ici pas l’endroit pour discuter de ça. Si l’histoire de Eric Harris et de Dylan Klebold est sans doute celle qui m’a le plus touché, c’est sans doute car je me suis notamment retrouvé à visionner toutes les vidéos d’eux-mêmes qu’ils avaient laissées avant de craquer. Que ce soit celles se contentant de présenter les meilleurs moments de leur vie au lycée en compagnie de leurs amis, ou celles de leur projet de film étudiant, il y en a pour une bonne heure et demi. Et pour être honnête, aussi étranges et décalés soient-ils, ou plutôt étaient-ils, j’ai fini par m’attacher à eux. Ce qu’ils ont fait est impardonnable, harcèlement ou non, mais ce n’étaient pas de mauvais gars, juste des gosses qu’on a poussé à bout, et qui ont disjoncté. Ainsi, le retour à la réalité causé par la vue de leurs cranes explosés, et de leurs corps baignant dans leur sang sur le sol de cette bibliothèque, m’a profondément touché. Puis j’ai vu la photo des corps de leurs camarades, certains visages reconstitués aussi bien que la sciences le permet, afin que les familles les voient une dernière fois avant de pouvoir refermer le cercueil… Bordel, vingt ans que ça dure et le nombre de ces incidents ne cesse d’augmenter, telle une épidémie, telle une tumeur qui prolifère dans ce pays. Faudra-t il attendre que la moitié des gamins se retrouvent à être scolarisé à domicile pour réagir, ou va-t-on sérieusement un jour essayer de se charger de ce problème ? L’avenir nous le dira…