Introduction

Watchful – Claygan – Justafrogg

Mocassin – Blue – myplasticbus

James Edge Grayson – Sledgy7 – Harley

Watchful

planches
Countdown to Infinite Crisis #1

Countdown to Infinite Crisis #1

Scénario : Geoff Johns, Greg Rucka, Judd Winnick
Dessins : Ed Benes, Phil Jemenez, Rags Morales, Ivan Reis, Jesus Saiz
Couleurs : Guy MajorSteve FirchowMoose BaumannHi-Fi
Encrage : Ed BenesJimmy PalmiottiAndy LanningMarc CamposMichael Bair

Qu’est-ce qu’être un héros ? Comment représenter l’héroïsme ? Chacun considère le héros comme un personnage fort et puissant, à l’image d’un Superman. Mais l’héroïsme touche bien plus de personnes, le héros comme son admirateur. L’héroïsme est ce qui émane du héros. Et Blue Beetle est ce type de personnage. Il est un héros de par son courage et sa détermination, force tirée de sa croyance en ses valeurs. Souvent considéré comme un homme riche, voulant jouer aux héros, il en devient véritablement un. Son côté désabusé vient cacher ses motivations véritables, d’une beauté naïve.

Dans cette planche, Blue Beetle a découvert les plans de Maxwell Lord, un ancien compagnon et leader de la Justice League International, révélant son véritable visage. A la tête d’un complot visant à retourner contre la Ligue leurs armes et secrets. Parmi elles, Borther Eye, un satellite créé par Batman avec lequel Maxwell Lord va créer une armée de OMAC. Ted tente d’avertir la Trinité et la Ligue actuelle, mais faute de crédibilité, il tente de l’arrêter seul. Face à un OMAC, Ted se retrouve à terre, au milieu de l’échiquier (référence à l’organisation Checkmate), comme une pièce prête à tomber. La planche, malgré sa composition chargée, joue sur un rapport de force irrégulier.

Si Maxwell Lord domine le héros, Blue Beetle en ressort bien plus grand, malgré sa position à genoux, et est représenté dans des dimensions bien supérieures. Il acquiert cette force iconique qui était jusqu’alors réservée aux personnages puissants et populaires. Tenu en joue, Ted Kord se prépare à mourir, décidé à être fidèle à son titre, et à son prédécesseur, toujours modeste dans son rapport à l’héritage de Blue Beetle en lâchant une dernière punchline aussi héroïque qu’inaperçue. C’est là l’étrange charme du héros qu’est Blue Beetle, trouvant à travers sa mort une fonction héroïque essentielle à la survie de l’univers DC.s

Claygan

planches
Batman Year One #1

Batman Year One #1

Scénario : Frank Miller
Dessins : David Mazzucchelli
Couleurs : Richmond Lewis

Je ne suis pas un fan de Frank Miller, même pas du tout. Cependant, Batman Year One est l’un de mes comics préférés. Il y a quelque chose dans ce Batman Year One qui fonctionne avec moi. Quoi, je ne pourrais pas le dire précisément. Mais il y a une simplicité dans cette origin story qui fait que, pour moi, c’est l’une des meilleures histoires d’origines que l’on ait eu. Et certains ont bien essayé, mais ont échoué à faire mieux, ou même aussi bien. Mais, pour essayer de comprendre les raisons de cette passion, il y a cette page.

Déjà, il faut parler du travail incroyable de David Mazzucchelli. L’artiste est fantastique et tout son travail rend ce Batman Year One magnifique. Ses dessins ont du caractère. Ils ne ressemblent pas à ce que l’on peut retrouver normalement dans les comics américains. Rien qu’à travers cette chauve souris. Il y a chez elle quelque chose de simple, mais qui en même temps marque.

Dans cette page on retrouve un Bruce Wayne défait. Il ne veut plus attendre. Il est prêt à accepter sa mort plutôt qu’attendre une seule seconde de plus. Il a besoin de savoir, de comprendre, comment il devrait mener sa guerre contre le crime. C’est la que la réponse lui vient, tel le destin qui s’avance vers lui, qui vient fracasser sa fenêtre et sa vie. On a ici un premier face à face entre l’homme et la bête. Un face à face qui préfigure de la dualité qui existera entre Bruce Wayne et Batman.

Il ne reste plus pour Bruce qu’à sonner la cloche. Batman était né.


Justafrogg

planches
Arkham Asylum: A Serious House on Serious Earth

Arkham Asylum: A Serious House on Serious Earth

Scénario : Grant Morrison
Dessins, encrage, couleurs : Dave McKean

Arkham Asyslum a été et est toujours une révolution dans le monde des comics. Le Graphic novel a la particularité (auteur oblige) de faire de multiples références à la littérature anglaise. C’est notamment le cas du très célèbre Alice’s Adventures in Wonderland de Lewis Carroll qui sert de fil rouge tout au long du volume. Le parcours initiatique de Batman est similaire à celui d’Alice, rencontrant une multitudes de personnages faisant pleinement référence à sa propre personnalité. Dans ces conditions, un antagoniste s’impose alors comme indispensable : le Chapelier Fou.

On le retrouve alors dans une planche classique en gaufrier, chose étonnante pour ce volume où la composition de Dave McKean repousses les code du comics habituel. Gros plan sur le Chapelier, dépeint comme un psychopathe à tendance pédophile, le visage bouffé et déplaisant. Il tient à la main une poupée de jeune fille, représentée en deux cases par des photographies en gros plan d’habits déchirés. L’ambiance sombre du comics devient encore plus pesante. Un véritable malaise s’installe à la lecture. Puis son discours se fait plus clair et le monologue prend sens.

Il résume en quatre cases le but de l’ouvrage : cette idée de parcours initiatique où tout ce qui arrive dans le monde de Batman est la conséquence de Batman. De ses actes et de sa psyché. Simultanément, le focus s’éloigne du visage du personnage pour laisser apparaître un Batman désemparé, face à son propre reflet. Arkham Asylum est un comics que l’on n’oublie pas, savante harmonie entre une écriture intelligente et une proposition artistique surprenante, entre un auteur et un artiste de talent. Il est marqué de passages dérangeant mais pertinents comme celui-ci qui viennent poser des questions sur  le héros. Impossible d’en ressortir indemne, pour le meilleur ou pour le pire…