Introduction

2. Intégration progressive

1. Le véritable Captain Marvel

3. Un personnage à part entière

1. Le véritable Captain Marvel

Origines d’une commande

Contrairement à l’idée que l’on pourrait se faire, Shazam s’appelait à l’origine Captain Marvel, et était le super-héros vedette d’un petit éditeur appelé Fawcett Publications. Fawcett était à l’origine une maison d’édition spécialisé dans les comics humoristiques, où le style cartoon primait. La compagnie possède cependant une origine très semblable à l’histoire du Major Malcolm Wheeler Nicholson, créateur de National Comics / DC Comics. Le créateur de la maison d’édition est également un militaire. Revenu de divers fronts, parfois blessé, en recherche d’une réinsertion avec un foyer à nourrir, il décide de lancer son propre livre humoristique en 1919. Le recueil d’histoires drôles devient un best-seller et propulse la petite maison d’édition.

Dossier - Shazam : un périple éditorial et juridiqueFawcett Publications se lance alors dans une entreprise plus grande, et place ses pions sur le marché du comics en diversifiant son catalogue : drames, aventure, science-fiction et même le movie-comic. L’entreprise suit son cours, devient une entreprise familiale – évitant les mauvaises surprises qu’a pu subir National Comics dès ses premiers pas. 1938, Superman apparaît. L’année suivante, un certain Bill Parker est engagé pour lancer une ligne de comics de super-héros. L’objectif, comme toute autre maison d’édition de l’époque, est de créer des personnages pour les implanter au plus vite sur le marché.

Captain Marvel n’était qu’une commande. L’idée de Bill Parker a été de multiplier les personnages, chacun ayant son pouvoir. Bien trop compliquée, l’idée est rejetée. Par nécessité, le projet est lancé alors que le concept n’est pas encore fixé. En 1940, c’est au dernier moment que le magazine trouvera son titre (Whiz Comics) et le nom de son super-héros, Captain Marvel. Le personnage réunit deux facteurs importants qui expliquent son succès : le concept de l’enfant super-héros, et le style unique de C. C. Beck qui mêle comics de super-héros et cartoon amusant. Ensemble, ils offrent un esprit unique au personnage qui continue de le définir.

Quand la copie colle à la peau

Avec la couverture du Whizz Comics #2 – qui n’a pas connu de #1 – National Publications reconnait là une copie conforme à son fer de lance, Superman. Qu’il s’agisse des cheveux bruns plaqués en arrière, les pouvoirs similaires, mais plus encore, la couverture qui sonne comme une provocation. Là où Superman soulève une voiture, Captain Marvel la lance sans peine contre un mur. National Publications ne se laisse pas faire, et dépose dès 1941 un dossier d’une bonne centaine de pages contre l’éditeur Fawcett. Le procès dure mais n’aboutie à rien. National Publications relance alors l’affaire.

Dossier - Shazam : un périple éditorial et juridiqueProfitant d’un fort succès, Captain Marvel apparaît dans divers titres de la maison d’édition. Dans America’s Greatest Comics, on le retrouve aux côtés d’un autre succès de la maison d’édition, Bulletman. Captain Marvel introduit même les nouveaux personnages créés par l’éditeur comme Don Winslow of the navy #1 . Dès 1941, il possède déjà son propre serial, au même titre que Batman, Superman ou encore Captain America.

Après cinq années de publications, Fawcett décline sa recette avec le titre Marvel Family, et offre une publication régulière à Mary Marvel. Mais comme pour tout super-héros, l’après-guerre a été une succession de complications. La tendance s’inverse. Le super-héros ne plaît plus. La censure arrive au galop, et Captain Marvel disparaît définitivement des publications Fawcett en 1955. Entre temps, National Publications a obtenu gain de cause. Fawcett verse ses dommages et intérêts à la maison d’édition concurrente et met fin à toute publication de comics.

Dossier - Shazam : un périple éditorial et juridique
En 1953, Wally Wood montrait Superman comme un symbole dors et déjà remplacé par son équivalent chez Fawcett Publications, avec sa parodie de Superduman publiée dans le magazine Mad

Entre autres problèmes de censure, c’est surtout la considération du comics aux yeux du grand public qui dérange, en plus des affaires juridiques que le super-héros implique. La maison d’édition survit avec la publication d’autres magazines et commandes ; et ne touchera plus au comics avant les années 60. L’éditeur y présente un catalogue de comics à l’allure de cartoons, avec par exemple Dennis La Malice. Un retour aux origines du registre comique pour l’éditeur, qui signe un avenir sans le Captain Marvel. L’éditeur ne persistera pas plus de vingt ans. 1980 marque la fin de Fawcett Publications.

Introduction

2. Intégration progressive

1. Le véritable Captain Marvel

3. Un personnage à part entière

1
2
3
4
Article précédentDécouvrez le premier teaser trailer de Joker
Article suivantHIGHLIGHTS DE LA SEMAINE #44 (Rebirth, Vertigo)
Avatar
Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.